Rapport spécial
17 2018

Les actions engagées par la Commission et les États membres dans les dernières années des programmes de la période 2007-2013 visaient bien à améliorer l'absorption, mais n'étaient pas suffisamment centrées sur les résultats

En ce qui concerne le rapport Les États membres absorbent les fonds lorsqu'ils perçoivent un paiement prélevé sur le budget de l'UE à titre de cofinancement de projets éligibles. Environ un tiers du budget de l'Union est réservé au domaine de la cohésion.

Nous avons examiné l'efficacité des actions engagées par la Commission et les États membres pour améliorer l'absorption des financements fournis par le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE) et le Fonds de cohésion (FC) au cours de la période de programmation 2007-2013, tout en établissant une comparaison avec les périodes 2000-2006 et 2014-2020.

Nous avons constaté qu'au début de la période 2007-2013, la mise en œuvre était lente en raison, entre autres, de l'adoption tardive du cadre législatif et des programmes opérationnels (PO), ainsi que du chevauchement des périodes de programmation. Si la Commission a bel et bien assuré un suivi de l'absorption des fonds, ce n'est que 13 mois environ avant la fin de la période d'éligibilité qu'elle a mis en place un groupe de travail pour assister les États membres qui rencontraient des difficultés à absorber l'argent disponible dans le cadre de leurs PO. Les mesures prises se sont traduites par une nette amélioration de l'absorption des fonds, même si certaines d'entre elles portaient essentiellement sur l'absorption proprement dite et le respect des règles, sans grande considération pour les résultats. En particulier, les remaniements fréquents des PO mettent en question la qualité des analyses sous-tendant le processus de programmation, ainsi que la capacité à atteindre les objectifs poursuivis par les PO et par la politique de cohésion.

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Synthèse

À propos de l'absorption

I

La politique de cohésion vise à réduire les déséquilibres de développement qui existent entre les différentes régions de l'Union européenne. Elle représente environ un tiers du budget de l'UE et est mise en œuvre par l'intermédiaire de programmes opérationnels (PO). La mise à disposition des fonds intervient au début de la période de programmation pluriannuelle. La capacité d'absorption désigne l'aptitude d'un État membre à dépenser de manière efficiente et efficace les ressources financières qui lui ont été allouées. Les États membres absorbent les fonds lorsqu'ils perçoivent un paiement prélevé sur le budget de l'UE à titre de cofinancement de projets éligibles. Afin que l'accent reste mis sur l'obtention de résultats efficaces, il est primordial que les États membres évitent de devoir absorber une partie significative des fonds à la fin de la période de programmation, étant donné que cette précipitation forcée risque de nuire à une utilisation optimale des ressources. En d'autres termes, si l'absorption est importante pour réaliser les objectifs des interventions, elle ne constitue pas une fin en soi.

Comment avons-nous réalisé notre audit?

II

Nous avons examiné l'efficacité des actions engagées par la Commission et les États membres pour améliorer l'absorption des financements fournis par le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE) et le Fonds de cohésion (FC) au cours de la période de programmation 2007-2013. Dans le cadre de notre audit, nous nous sommes rendus dans quatre États membres: la République tchèque, la Hongrie, l'Italie et la Roumanie. Notre audit a porté sur la période de programmation 2007-2013, mais nous avons établi une comparaison avec les périodes de programmation 2000-2006 et 2014-2020 tout en soulignant les risques en matière d'absorption pour la période en cours.

Qu'avons-nous constaté?

III

Nous avons constaté que, dans le cas des périodes de programmation 2007-2013 et 2014-2020, l'adoption tardive du cadre législatif, respectivement six mois et deux semaines avant le début desdites périodes, s'est traduite par un retard dans celle des PO. Dans les deux cas, la plupart des PO n'ont pas été adoptés avant la fin de la première année de la période de programmation, ce qui a eu des répercussions inévitables sur le lancement des dépenses des fonds alloués.

IV

La mise en œuvre avait débuté lentement lors de la période de programmation 2007-2013, mais elle a été encore plus lente pour 2014-2020. Outre les répercussions évoquées au point précédent, le chevauchement des périodes de programmation explique lui aussi pourquoi le démarrage a pris autant de temps, les États membres n'ayant pas fini de dépenser les fonds de la période précédente alors que le nouveau programme avait commencé.

V

Durant la période de programmation 2007-2013, la Commission a bel et bien assuré un suivi de l'absorption des fonds, mais ce n'est que 13 mois environ avant la fin de la période d'éligibilité qu'elle a mis en place un groupe de travail pour assister les États membres qui rencontraient des difficultés à absorber l'argent disponible dans le cadre de leurs PO. Huit États membres ont bénéficié du soutien du «groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre». Les mesures prises ont permis d'accroître notablement le niveau d'absorption dans ces États membres. Début 2018, le taux d'absorption moyen dans l'UE était de 97,2 %. Plusieurs États membres n'ont pas réussi à absorber tous les fonds disponibles. Fin 2017, l'argent inutilisé représentait un montant de 4,4 milliards d'euros. Le taux d'absorption définitif et le montant final des fonds inutilisés seront connus une fois la clôture achevée.

VI

Les révisions de PO, l'échelonnement de projets sur deux périodes de programmation, le cofinancement rétrospectif de projets, le versement d'avances aux instruments financiers et le paiement d'avances contractuelles sont autant de mesures utilisées pour améliorer l'absorption. Certaines d'entre elles portaient essentiellement sur l'absorption proprement dite et le respect des règles, sans grande considération pour les résultats. En particulier, les PO ont été fréquemment remaniés, ce qui met en question la qualité des analyses sous-tendant le processus de programmation et les révisions ultérieures, ainsi que la capacité à atteindre les objectifs poursuivis par les PO et par la politique de cohésion.

VII

La Commission ne dispose pas d'une vue d'ensemble des mesures prises et ignore l'impact de chacune d'elles sur l'absorption, parce que les informations fournies par les États membres ne sont pas suffisantes et que, pour certaines mesures (comme les projets rétrospectifs et les avances contractuelles), le cadre législatif n'impose pas à ceux-ci de lui rendre compte.

Quelles sont nos recommandations?

VIII

La Commission devrait:

  • proposer au Conseil et au Parlement européen un calendrier de négociation et d'adoption du cadre législatif et des documents de programmation en vue de garantir que la mise en œuvre des PO puisse être lancée dès le début de la période de programmation;
  • lorsque des éléments de performance clés sont concernés, veiller à ce que la révision des PO se fonde sur une évaluation rigoureuse et complète des PO, des accords de partenariat et des besoins connexes, et à ce que cette révision vise en premier lieu à améliorer les résultats; faire en sorte de disposer des moyens qui lui permettront d'obtenir les informations pour suivre l'absorption, déceler si celle-ci est lente ou rapide, et évaluer au préalable la nécessité et l'impact des mesures pour déterminer s'il faut les utiliser ou non;
  • lorsqu'elle fournit un appui ciblé pour accélérer la mise en œuvre, veiller à ce que les actions entreprises mettent l'accent sur l'obtention de bons résultats.

Introduction

Objectifs des politiques, financement et gestion

01

La politique de cohésion vise à réduire les déséquilibres de développement qui existent entre les différentes régions, à restructurer les zones industrielles en déclin et à renforcer la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale au sein de l'Union européenne1. Afin de réaliser ces objectifs, des fonds de l'UE sont utilisés pour développer certains domaines, comme l'économie à faibles émissions de carbone, les infrastructures de transport, l'aide aux PME, l'insertion sur le marché du travail et l'inclusion sociale des personnes défavorisées.

02

Le cadre financier pluriannuel (CFP) indique les montants annuels maximaux que l'UE peut consacrer aux différentes politiques, notamment dans le domaine de la cohésion. Près d'un tiers du budget de l'Union est affecté à la politique de cohésion. La politique de cohésion est financée par l'intermédiaire du Fonds européen de développement régional (FEDER), du Fonds social européen (FSE) et du Fonds de cohésion (FC). À prix courants, l'enveloppe totale allouée à ces trois Fonds représentait environ 261 milliards d'euros pour la période de programmation 2000-2006, 346 milliards d'euros pour la période 2007-2013 et quelque 365 milliards d'euros pour la période 2014-20202. La dotation allouée au titre de la cohésion est ensuite pré-répartie entre les différents États membres.

03

Les règles régissant la politique de cohésion au cours de la période de programmation 2007-2013 figurent dans un règlement général3 et dans ses modalités d'exécution4, ainsi que dans des règlements spécifiques au FEDER, au FSE et au FC5. Elles sont complétées par des règlements d'exécution, des actes délégués et des documents d'orientation de la Commission. Chaque période de programmation fait l'objet d'un nouveau paquet législatif.

04

Ces Fonds sont mis en œuvre au moyen de programmes opérationnels (PO), qui définissent les priorités d'investissement et les objectifs spécifiques. Ces PO décrivent également comment l'argent sera utilisé au cours de la période de programmation6 pour financer les projets. Les États membres répartissent leur enveloppe nationale entre les différents PO nationaux ou régionaux, en fonction de leurs objectifs stratégiques nationaux et de ceux relevant de la politique de cohésion de l'UE.

05

La politique de cohésion est mise en œuvre conjointement par les États membres et la Commission européenne. L'actuel collège des commissaires a entamé son mandat de cinq ans en novembre 2014. Les services de la Commission en charge de la gestion globale de ces domaines d'action sont la direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO) ainsi que celle de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion (DG EMPL). Ils peuvent fournir un appui administratif et technique aux États membres dans le but de garantir la mise en œuvre correcte des Fonds7. Dans les États membres, les autorités chargées des programmes nationaux et/ou régionaux dans le cadre de la cohésion ont pour mission d'utiliser au mieux les fonds de l'UE alloués et de s'assurer de la légalité et la régularité des opérations cofinancées, tandis que la surveillance et la responsabilité ultime sont du ressort de la Commission8.

06

La figure 1 décrit les phases principales d'une période de programmation. Celle-ci fait systématiquement l'objet d'un nouveau cadre législatif, dont l'adoption précède la soumission et l'approbation des documents de programmation. La mise en œuvre peut commencer dès le 1er janvier de la première année de la période de programmation ou à la date de soumission du PO à la Commission pour approbation, si elle est antérieure. Cependant, les paiements effectués sur le budget de l'UE en faveur d'un PO ne peuvent débuter qu'une fois que le PO a été adopté. Par conséquent, les retards dans l'adoption du cadre juridique ou des PO ont des répercussions sur les paiements provenant du budget de l'UE. La clôture est la dernière étape du cycle d'un PO et donne lieu à un paiement final au bénéficiaire ou au recouvrement des montants indûment perçus par celui-ci.

07

Le calendrier de ces phases ne se limite pas à la période 2007-2013. Ainsi, une partie de la mise en œuvre et la clôture de la période de programmation en question ont eu lieu après 2013, c'est-à-dire alors que la période 2014-2020 avait déjà commencé. En d'autres termes, il y a eu un chevauchement entre les périodes de programmation.

Figure 1

Phases principales de la période de programmation 2007-2013

08

Les fonds alloués à un PO sont répartis en tranches annuelles sur la période de programmation de sept ans9. Chaque tranche donne lieu à un engagement budgétaire, qui correspond au financement de l'UE prévu pour un PO servant à cofinancer des dépenses éligibles relatives à des projets. Les dépenses exposées par un bénéficiaire feront l'objet d'une demande de remboursement adressée par un État membre à la Commission, qui autorisera ensuite un paiement sur les engagements. Une fois que celle-ci a effectué le paiement, les fonds sont considérés comme absorbés10.

09

Au cours de la période de programmation 2007-2013, les engagements devaient être utilisés (c'est-à-dire couverts par un préfinancement ou un paiement intermédiaire) dans les deux ans. En d'autres termes, les dépenses exposées par les bénéficiaires pouvaient être payées jusqu'au 31 décembre 2015 et les demandes de remboursement, introduites ultérieurement. Passé cette date, les fonds non dépensés ont été dégagés, ce qui signifie que les États membres ne pouvaient plus les utiliser, conformément à la «règle n + 2»11. Le délai a été prolongé d'un an (règle n + 3) pour certains États membres12 et certaines tranches13.

Étendue et approche de l'audit

10

Notre audit visait à évaluer l'efficacité des actions engagées par la Commission et les États membres pour améliorer l'absorption des fonds provenant du FEDER, du FSE et du FC au cours de la période de programmation 2007-2013. En particulier, nous avons examiné si:

  • la Commission avait relevé des problèmes d'absorption et les avait résolus en temps opportun grâce à des mesures visant à améliorer l'absorption et en assistant les États membres dans leur mise en œuvre;
  • les États membres avaient appliqué ces mesures en tenant dûment compte de la conformité et d'une utilisation optimale des ressources (voir encadré 1).
11

Notre audit a couvert la période de programmation 2007-2013, mais, dans le présent rapport, nous faisons également référence aux périodes 2000-2006 et 2014-2020, et ce dans le but d'établir des comparaisons et de souligner les risques en matière d'absorption pour la période en cours.

12

Nos travaux d'audit ont consisté en:

  • une analyse des dispositions du cadre juridique de la période de programmation 2007–2013 ayant un impact sur l'absorption;
  • un examen des orientations techniques pertinentes de la Commission sur la mise en œuvre de certaines dispositions juridiques influençant l'absorption et la clôture;
  • une évaluation des procédures de suivi de la Commission pour la période de programmation 2007-2013 relatives à l'absorption, y compris les travaux réalisés par le «groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre»14;
  • une analyse de 16 PO relevant du FEDER et du FC et de quatre PO bénéficiant d'un soutien du FSE dans sept États membres: la Bulgarie, la République tchèque, l'Espagne, l'Italie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie. Parmi ces PO, sept relevant du FEDER et du FC ainsi que deux du FSE ont été examinés en détail. L'annexe présente une liste des PO concernés;
  • des missions d'audit dans quatre États membres: la République tchèque, la Hongrie, l'Italie et la Roumanie;
  • des entretiens avec des fonctionnaires de la DG REGIO et de la DG EMPL, y compris ceux qui ont pris part au groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre.

Encadré 1

L'absorption est un moyen d'atteindre des résultats, mais n'est pas une fin en soi

La capacité d'absorption renvoie à l'aptitude d'un État membre à dépenser de manière efficiente et efficace les ressources financières qui lui ont été allouées15. La Cour a déjà fait observer qu'obtenir des résultats de bonne qualité avec des systèmes dans lesquels les fonds sont préaffectés aux États membres et où l'absorption est un objectif implicite constitue un défi permanent pour l'Union16. Nous avons également souligné que le cadre législatif 2007-2013 portait principalement sur la conformité des dépenses aux règles et ne mettait guère l'accent sur la performance17.

L'absorption ne devrait pas être une fin en soi mais plutôt un moyen d'investir dans des actions favorisant la réalisation des objectifs des politiques nationales et de l'UE. Le financement de la politique de cohésion est considérable et devrait se traduire par des avantages substantiels pour les citoyens de l'Union. À cette fin, il est particulièrement important que les fonds soient dépensés d'une manière optimale.

Observations

La Commission a réagi tardivement à la lenteur de la mise en œuvre, mais les mesures qu'elle a prises ont contribué à accroître l'absorption

13

Nous avons comparé les calendriers d'adoption du cadre juridique pour les périodes de programmation 2007-2013 et 2014-2020 afin de déterminer le temps dont les États membres disposaient avant le début de la période de programmation pour soumettre les PO. Nous avons analysé en outre les calendriers d'adoption des PO relevant des périodes de programmation 2007-2013 et 2014-2020 afin d'établir le moment auquel les États membres ont pu commencer à absorber les fonds. Nous nous sommes également penchés sur les taux d'absorption des périodes de programmation 2000-2006, 2007-2013 et 2014-2020 afin de déceler d'éventuelles similitudes dans les modèles de dépenses et de prédire à quoi s'attendre pour la période en cours. Enfin, nous avons examiné comment la Commission avait assuré le suivi de l'absorption au cours de la période 2007-2013, tout en essayant d'établir si elle avait agi en temps opportun et de déterminer pour quels résultats.

L'adoption tardive du cadre législatif et la lenteur de la mise en œuvre ont compliqué davantage encore l'absorption des fonds

14

L'adoption du cadre législatif est une condition préalable essentielle à l'élaboration des PO, car elle établit le cadre réglementaire et fournit aux États membres la certitude juridique que leurs plans de dépenses et les objectifs fixés dans les PO correspondent aux objectifs de l'UE. Par ailleurs, l'adoption des PO par la Commission marque le début des paiements, sur le budget de l'UE, en leur faveur. Pour que ces dernières puissent commencer dès le début de la période, il est nécessaire que la Commission propose – et que le législateur adopte – le cadre législatif de la période de programmation suivante bien avant qu'elle ne démarre. Sur la base de l'expérience acquise, nous considérons le calendrier ci-après comme raisonnable:

  • proposition du cadre législatif par la Commission 30 mois (deux ans et demi) avant le début de la période;
  • adoption du cadre par le législateur dans les 18 mois suivant la proposition de la Commission;
  • soumission, par les États membres, et adoption, par la Commission, des stratégies nationales («accords de partenariat» pour la période de programmation 2014-2020) et des PO dans l'année qui suit l'adoption du cadre légal.
15

C'est là un point important pour éviter un retard dans la mise en œuvre et une pression inutile pour absorber les fonds en fin de période, avec le risque de voir cette absorption se faire au détriment du respect des règles et d'une utilisation optimale des ressources.

L'adoption tardive du cadre juridique et des PO ont eu des répercussions sur la mise en œuvre

16

En ce qui concerne la période 2007-2013, la proposition de règlement général émanant de la Commission a été présentée près de 30 mois avant le début de la période de programmation et a été adoptée par le législateur près de 24 mois plus tard, soit environ six mois avant le début de la période. Pour ce qui est de la période de programmation 2014-2020, la proposition de la Commission concernant le règlement portant dispositions communes (RDC) a été présentée environ 27 mois avant le début de la période de programmation et il a fallu 26 mois au législateur pour l'adopter, soit deux semaines à peine avant le début de la période de programmation18. La figure 2 donne une vue d'ensemble du calendrier prévu pour la procédure législative.

17

Par rapport à la période de programmation 2007-2013, le délai supplémentaire qu'a nécessité l'adoption du règlement portant dispositions communes pour 2014-2020 était dû:

  • au fait que la proposition législative de la Commission avait été présentée trois mois plus tard (c'est-à-dire en octobre 2011, contre juillet 2004);
  • au fait que le processus de négociation entre le Conseil et le Parlement européen avait pris deux mois et demi de plus parce qu'il avait fallu attendre l'adoption du règlement financier (en octobre 2012) et du CFP (en décembre 2013 seulement), ainsi que l'issue des négociations résultant d'une nouvelle procédure législative19.
18

Dans sa communication relative au CFP au-delà de 202020, la Commission a admis que l'adoption tardive du CFP 2014-2020 avait retardé les investissements sur le terrain dans plusieurs domaines d'action (dont celui de la cohésion). Elle a appelé à parvenir à un accord politique précoce sur le CFP postérieur à 2020 afin de fournir une sécurité juridique et financière aux autorités nationales et régionales et de permettre une mise en œuvre effective dès le début de la période de programmation.

Figure 2

Délais de proposition et d'adoption du cadre législatif des périodes de programmation 2007-2013 et 2014-2020

Source: Cour des comptes européenne.

19

En ce qui concerne les périodes de programmation 2007-2013 et 2014-2020, aucun PO n'avait été adopté au moment où elles ont démarré (le 1er janvier 2007 et le 1er janvier 2014 respectivement). Le nombre de PO adoptés avant la fin de la première année de la période a toutefois été plus élevé dans le premier cas que dans le second (voir encadré 2). Cela s'explique principalement par le retard dans l'adoption du paquet législatif et peut-être aussi par des négociations plus ardues pour l'adoption des accords de partenariat et des PO par rapport à la période de programmation précédente21,22.

Encadré 2

Adoption des PO après le début des périodes de programmation 2007-2013 et 2014-2020

Au 31 décembre 2007, 98 % des PO (432 sur 44023) de la période de programmation 2007-2013 avaient été soumis par les États membres et 95 % (416 sur 440), adoptés par la Commission. La majeure partie (91 %) des PO ont été adoptés entre juillet et décembre 2007 (voir figure 3). Le délai moyen entre la date de soumission et la date d'adoption d'un PO avoisinait sept mois.

Au 31 décembre 2014, 95,5 % des PO (371 sur 38724) de la période de programmation 2014-2020 avaient été soumis par les États membres, mais seuls 55,8 % (216 sur 387) avaient été adoptés par la Commission. Le délai moyen entre la date de soumission et la date d'adoption d'un PO avoisinait huit mois.

L'absorption a été lente au cours des premières années

20

La figure 3 présente l'évolution des dépenses au fil des ans pour la période de programmation 2007-2013. Le niveau des engagements au début de la période était nettement supérieur à celui des paiements, étant donné que les États membres en étaient toujours à épuiser les engagements disponibles hérités de la période de programmation 2000-2006, que les PO étaient encore en cours d'adoption ou que les procédures de sélection des projets n'étaient pas encore finalisées. À la fin de la période de programmation 2007-2013, alors qu'il restait deux années pour arriver au bout de la période d'éligibilité (le 31 décembre 2015), moins de deux tiers des engagements avaient été absorbés par des paiements.

Figure 3

Évolution des dépenses au cours de la période de programmation 2007-2013 pour le FEDER, le FSE et le FC

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données fournies par la Commission.

21

Une comparaison de l'absorption au cours des périodes de programmation 2000-2006 et 2007-2013 donne des profils similaires. En ce qui concerne la période de programmation 2014-2020, l'absorption à la fin de 2017 (quatrième année de la période de programmation) était plus faible. La figure 4 présente le taux d'absorption cumulé25 pour ces trois périodes de programmation depuis le début de la période (année 1) jusqu'à l'année où la déclaration de clôture devrait être soumise (année 11).

Figure 4

Taux d'absorption au cours des périodes de programmation 2000-2006, 2007-2013 et 2014-2020 pour le FEDER, le FSE et le FC

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données fournies par la Commission.

22

Outre l'adoption tardive du cadre législatif et des PO, nous avons recensé au moins deux facteurs supplémentaires qui ont ralenti davantage encore l'absorption au cours des premières années de la période de programmation 2007-2013, par rapport à la période précédente. Tout d'abord, dans le cas de la période de programmation 2000-2006, la période d'éligibilité des dépenses et, par conséquent, le délai de clôture ont été prorogés de six mois (jusqu'en juin 2009 et septembre 2010 respectivement) pour la plupart des États membres26. Cela a retardé la mise en œuvre de la période de programmation 2007-2013, puisque les États membres en étaient toujours à utiliser les engagements disponibles hérités de la période précédente. Ensuite, durant la période de programmation 2000-2006, le préfinancement était effectué dans son intégralité une fois le premier engagement pris27, alors que lors de la période suivante, il était échelonné sur les années 2007 à 2009.

23

La Cour a déjà signalé que les retards dans l'exécution budgétaire pour la période de programmation 2014-2020 risquaient d'être plus importants que ceux constatés pour la période 2007-201328. Fin 2016 (soit trois ans après le début de la période de programmation), 77 % à peine des autorités avaient été désignées pour les PO relevant du FEDER, du FSE et du FC. Cela a encore accentué la lenteur du démarrage (voir points 16 et 19 et encadré 2), parce que, si les autorités des États membres peuvent lancer des appels et sélectionner des projets, elles ne peuvent soumettre des déclarations de dépenses à la Commission qu'une fois qu'elles ont été désignées. En mai 2018, le processus de désignation était presque achevé.

24

Au 1er mars 2018, les comptes définitifs concernant les trois premiers exercices soumis par les États membres présentaient des dépenses cumulées correspondant seulement à 5 % environ du budget alloué pour l'ensemble de la période de programmation29.

25

La Commission a indiqué que la sélection des projets pour la période de programmation 2014-2020 a démarré lentement. Toutefois, en juillet 2017, le niveau atteint était identique à celui de la période précédente30 et, depuis, la Commission s'attend à des taux de mise en œuvre globalement similaires à ceux de la période de programmation 2007-2013. Cela étant, en raison des difficultés d'absorption rencontrées durant la période de programmation 2007-2013 et du démarrage plus lent de la période 2014-2020, il est probable que des problèmes d'absorption se posent également lors de cette dernière période.

26

La Cour a observé que, dans le cas de neuf États membres31, les engagements restant à liquider en ce qui concerne les Fonds structurels et d'investissement européens (Fonds ESI) de la période de programmation 2014-2020 équivalaient, à la fin de 2016, à plus de 15 % des dépenses publiques de l'exercice en question. Compte tenu du montant élevé des crédits d'engagement encore disponibles au titre du CFP 2014-2020, les États membres dans lesquels les Fonds ESI représentent un pourcentage significatif des dépenses publiques risquent d'éprouver des difficultés à déterminer un nombre suffisant de projets de haute qualité auxquels consacrer les fonds disponibles32 ou à cofinancer.

Au cours de la période de programmation 2007-2013, les modèles d'absorption ont varié d'un État membre à l'autre, et plusieurs pays n'ont pas été en mesure d'utiliser tous les fonds disponibles

27

Notre examen de l'absorption par les États membres pour la période de programmation 2007-2013 indique que certains d'entre eux ont absorbé les fonds plus rapidement que d'autres. Nous faisons toutefois observer que, si l'absorption est un moyen d'atteindre des objectifs et des résultats, elle ne constitue pas une fin en soi. La figure 5 montre les disparités entre les taux d'absorption d'un État membre à l'autre.

Figure 5

Comparaison entre le taux d'absorption par État membre et la moyenne de l'UE pour la période programmation 2007-2013 pour le FEDER, le FSE et le FC

Remarque: en ce qui concerne l'examen de l'évolution de l'absorption des États membres pour la période de programmation 2007-2013, nous avons tenu compte des paiements effectués entre 2009 et 2015. Nous avons ignoré les paiements de 2007 et de 2008, car il ne s'agissait pratiquement que de paiements de préfinancement. Ceux de 2014 et de 2015 ont été inclus selon la règle n + 2.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données fournies par la Commission (situation de février 2018).

28

Sur la base des informations disponibles début 2018 et fournies par la Commission, le taux d'absorption moyen dans l'UE s'élevait à 97,2 %33. Certains États membres n'ont pas réussi à absorber tous les fonds disponibles dans le délai imparti (règle n + 2/3) ou ne disposaient pas d'un montant de dépenses éligibles suffisant pour déclarer l'intégralité des fonds alloués à la clôture (voir figure 6). Toujours sur la base des informations fournies par la Commission, l'argent inutilisé représentait, fin 2017, un montant de 4,4 milliards d'euros34. Le montant total correspondant aux projets suspendus à la suite d'une procédure administrative ou judiciaire avoisinait 853,8 millions d'euros, dont l'absorption par les États membres dépendra de l'issue des procédures en question35. Le taux d'absorption définitif et la valeur totale des fonds non utilisés ne pourront être confirmés qu'une fois que tous les PO auront été clôturés et les éventuels recouvrements et corrections financières, déterminés.

Figure 6

Fonds non utilisés et projets suspendus pour la période de programmation 2007-2013 (en millions d'euros)

Remarque: ce tableau n'inclut pas les dégagements relatifs aux PO de la coopération territoriale européenne, qui représentent un montant total de 229,4 millions d'euros.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données fournies par la Commission.

La Commission a réagi tardivement pour remédier aux difficultés d'absorption, mais ses actions ont eu un impact

29

La Commission devrait assurer un suivi régulier de l'exécution budgétaire et intervenir de manière appropriée lorsque des retards sont constatés. En outre, elle devrait exploiter les enseignements tirés des périodes de programmation précédentes afin d'améliorer la mise en œuvre des Fonds.

La Commission a assuré un suivi régulier de l'exécution budgétaire

30

La Commission dispose de différentes sources d'information pour assurer le suivi de la mise en œuvre des Fonds de l'UE dans les États membres. Au cours de la période de programmation 2007-2013, l'autorité de gestion a élaboré des rapports annuels de mise en œuvre pour chaque PO et les a soumis à la Commission pour le 30 juin de l'année suivante (et pour la première fois en juin 2008)36.

31

Le règlement général précise les informations qui doivent figurer dans le rapport annuel de mise en œuvre, en l'occurrence les informations relatives à l'exécution financière, à la progression réalisée par rapport à l'objectif fixé ainsi qu'à tout problème sérieux rencontré, avec les mesures prises pour l'atténuer. Les informations communiquées dans les rapports annuels de mise en œuvre sont complétées par les déclarations de dépenses éligibles. Les États membres ont également fait part, semestriellement, de leurs prévisions en matière de demandes de paiement. La Commission a obtenu de plus amples informations lors des réunions du comité de suivi (deux par an en moyenne), des réunions de réexamen annuel et des réunions techniques.

32

La DG EMPL et la DG REGIO ont effectué un suivi régulier de l'exécution financière des programmes par les États membres, y compris au moyen d'un rapport mensuel d'exécution budgétaire couvrant tous les États membres et tous les PO. Le suivi s'est opéré aux niveaux de l'UE, de l'État membre et du programme. À mesure que la fin de la période de programmation 2007-2013 approchait, la Commission a renforcé son contrôle en suivant régulièrement la mise en œuvre du plan de gestion annuel interne de la DG.

Certains États membres ont pris assez rapidement des mesures pour résoudre leurs difficultés d'absorption, mais le problème a persisté

33

Certains des États membres dans lesquels nous nous sommes rendus ont constaté à un stade relativement précoce qu'ils rencontraient des difficultés à mettre en œuvre les Fonds structurels, et ont mis en place des plans d'action ou pris des mesures pour y remédier. C'est ainsi que, dès 2011, la République tchèque, l'Italie et la Roumanie ont établi des plans d'action. Fin 2014, alors qu'il ne restait qu'une année pour utiliser l'argent disponible, le taux d'absorption pour le FEDER, le FSE et le FC avoisinait 77 % pour l'EU-28. Dans le cas de la République tchèque de l'Italie et de la Roumanie, mais aussi de la Bulgarie et de la Slovaquie, le taux d'absorption se situait entre 61 % et 68 %, soit bien en deçà de la moyenne, tandis que pour la Croatie37, il était de 46 % environ.

Bien que constitué tardivement, le groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre s'est révélé efficace

34

En novembre 2014, soit 11 mois après la fin de la période de programmation, la Commission38 a créé le groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre, destiné à aider les États membres éprouvant des difficultés à utiliser les fonds résiduels de la période 2007-2013 lors de l'exécution de leurs PO.

35

Composé d'agents de la DG REGIO39, le groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre couvrait les États membres dont le taux d'absorption global était inférieur à la moyenne de l'UE, à savoir la Bulgarie, la République tchèque, la Croatie, l'Italie, la Roumanie et la Slovaquie40. Il s'est également occupé de la Hongrie, qui risquait de perdre des financements en 2014 à la suite d'un dégagement d'office, bien que le niveau d'absorption de ce pays fût proche de la moyenne de l'UE. En tout, le groupe de travail a centré son attention sur 38 PO du FEDER et du FC. L'encadré 3 décrit brièvement en quoi consistaient ses travaux.

Encadré 3

Le groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre

Ce groupe de travail avait pour mission d'élaborer des plans d'action (ou de les revoir s'ils étaient déjà en place) avec chaque État membre concerné dans le but d'améliorer la mise en œuvre. À cette fin, il a déterminé quelles mesures autorisées par le cadre législatif étaient susceptibles d'accroître l'absorption (voir points 41 à 78 pour une vue détaillée des mesures les plus importantes utilisées par les États membres). Il a organisé des réunions techniques avec les autorités nationales pour assurer le suivi de la mise en œuvre des plans d'action, mais aussi des séminaires sur des thèmes particuliers (par exemple la clôture, les grands projets, etc.) dans le but de permettre un échange de bonnes pratiques et d'accroître les capacités administratives.

36

Notre examen des documents techniques41 fournis par le groupe de travail aux États membres a confirmé qu'ils portaient sur l'absorption et sur les risques en matière de légalité et de régularité. Cependant, ces documents ne précisaient pas comment bien dépenser les fonds ni comment arriver à de meilleures réalisations et à de bons résultats.

37

Le groupe de travail a suivi les progrès des États membres par rapport aux mesures convenues. Toutefois, en raison de la manière dont ceux-ci ont fait part de leurs résultats, il était difficile d'obtenir une vue d'ensemble de toutes les mesures utilisées et de l'impact de chacune d'entre elles sur l'absorption.

38

Cela étant, en l'espace d'une année (de décembre 2014 à décembre 2015), l'EU-28 a vu son taux d'absorption passer de 77 % environ à près de 90 %. Comme l'indique le tableau 1, le taux d'absorption des États membres assistés par le groupe de travail a considérablement progressé (de plus de 20 points de pourcentage dans certains cas).

Tableau 1

Augmentation du taux d'absorption des États membres assistés par le groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre

État membre Taux d'absorption
Décembre 2014
(%)
Taux d'absorption
Décembre 2015
(%)
Augmentation
de l'absorption
(points de pourcentage)
République tchèque 64,4 85,3 20,9
Slovaquie 61,7 87,6 25,9
Bulgarie 68,0 87,5 19,5
Italie 63,8 79,9 16,1
Hongrie 76,1 88,4 12,3
Roumanie 62,1 77,0 14,9

Remarque: la Slovénie et la Croatie ne figurent pas dans le tableau, car leur situation n'était pas comparable à celle des autres États membres (voir notes de bas de page 37 et 40).

39

Les États membres visités ont déclaré que le groupe de travail avait été utile en raison de l'orientation technique et de l'assistance qu'il a fournies, notamment en matière d'échelonnement des grands projets (voir points 60 à 62). Ils ont également expliqué qu'il avait créé un forum formel pour exposer les problèmes de mise en œuvre et qu'il avait facilité le partage des connaissances. Selon la République tchèque et la Hongrie, qui avaient déjà commencé à prendre des mesures pour accroître l'absorption, le groupe de travail a été mis en place trop tard.

40

Le groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre a achevé ses travaux fin 2015. Son approche et sa méthode de travail ont été efficaces, selon la Commission, qui a décidé de le transformer en une unité permanente chargée d'assister les États membres à mettre les PO en œuvre au cours de la période de programmation 2014-2020.

Plusieurs mesures ont permis d'accélérer l'absorption, mais elles n'étaient pas suffisamment centrées sur les résultats

41

Nous avons examiné les principales mesures appliquées par les États membres, ainsi que leur effet sur l'amélioration de l'absorption et leur impact sur la performance et la conformité avec les règles d'éligibilité.

42

Les financements de l'UE mis à la disposition des États membres devraient être utilisés dans leur intégralité et de la meilleure manière possible pour atteindre les objectifs des PO. À cette fin, les États membres devraient appliquer les mesures autorisées par la réglementation en tenant dûment compte du principe d'utilisation optimale des ressources et de la régularité des dépenses.

La reprogrammation était un outil efficace pour optimiser l'absorption, mais elle a entraîné d'importantes modifications des plans initiaux, avec le risque d'une utilisation non optimale des ressources

43

La révision (ou la reprogrammation) des PO est un outil important pour optimiser l'absorption et éviter le dégagement, c'est-à-dire une non-utilisation des fonds. Elle offre en outre davantage de flexibilité aux États membres pour s'adapter à l'évolution de la situation sur le terrain. Elle a été fréquemment utilisée au cours de la période de programmation 2007-2013 et s'est traduite par d'importantes modifications des plans de financement initiaux. Toutefois, nous avons constaté que cette pratique n'était pas sans risques pour une utilisation optimale des ressources (voir points 53 et 55).

44

Les méthodes de reprogrammation permettent de transférer des fonds entre PO et entre priorités (y compris l'introduction de nouvelles priorités ou la suppression de priorités existantes), de modifier les taux de cofinancement ou encore de modifier les parts publique et privée de la contribution nationale.

45

Dans les sections suivantes (points 46 à 59); nous examinons la modification apportée au cadre réglementaire afin de faciliter la reprogrammation, analysons l'impact de la reprogrammation sur la planification initiale et illustrons l'utilisation de chaque méthode de reprogrammation sur la base de notre échantillon de 20 PO.

Une modification de la réglementation a facilité la révision des PO

46

Les PO peuvent être révisés sur l'initiative des États membres ou sur celle de la Commission, en accord avec l'État membre concerné. Les conditions d'une telle révision sont énoncées à l'article 33 du règlement général, couvrent un large spectre et laissent aux États membres une marge de manœuvre considérable. Il est possible de réviser un PO en cas de changements socioéconomiques importants, de modifications majeures des priorités régionales, nationales ou de l'UE, ou encore à l'issue d'une évaluation faisant apparaître un écart significatif par rapport aux objectifs fixés au départ, ou à la suite de difficultés de mise en œuvre. La Commission doit approuver ou rejeter la révision du PO dans les trois mois de la soumission officielle de ce dernier par l'État membre. Au départ, les États membres étaient tenus d'effectuer une évaluation lors de la révision du PO. Cette obligation a été assouplie en 2010, les États membres étant désormais priés de fournir une analyse justifiant la révision du PO, avec une estimation de l'impact escompté. Cette modification du règlement général visait à faciliter l'adaptation des PO42.

Les révisions fréquentes des PO remettent la programmation en question

47

Au cours de la période de programmation 2007-2013, les États membres ont fréquemment eu recours à la reprogrammation. Dix-neuf des 20 PO composant notre échantillon ont été reprogrammés à plusieurs reprises pendant cette période, parfois même plusieurs fois au cours de la même année. Par ailleurs, nous avons constaté que, dans huit cas, l'intervalle entre deux reprogrammations était inférieur à cinq mois. À titre d'exemple, le PO tchèque «Entreprises et innovations» relevant du FEDER comptait huit versions différentes, dont deux soumises en 2013 et deux autres en 2015. La figure 7 donne une vue d'ensemble du nombre de versions soumises pour chaque PO de la période de programmation 2007-2013.

Figure 7

Nombre de versions soumises pour chaque PO

Source: Cour des comptes européenne.

48

La reprogrammation permet aux États membres de réorienter leurs activités pour tenir compte de l'évolution de la situation sur le terrain et des modifications des politiques de l'UE. Toutefois, sa fréquence élevée remet en question la qualité des analyses sous-tendant le processus de programmation (par exemple l'analyse initiale des besoins et l'évaluation ex ante) et les révisions qui s'ensuivent.

La reprogrammation a donné lieu à des modifications importantes dans l'affectation des fonds aux axes prioritaires, ce qui ne s'est pas toujours reflété dans les valeurs cibles des indicateurs de performance

49

La reprogrammation des PO consiste fréquemment à transférer une dotation financière d'un PO à l'autre ou entre les axes prioritaires à l'intérieur des PO. Cela permet aux États membres de transférer des fonds vers des mesures exigeant davantage de moyens ou plus faciles à appliquer. En général, une modification significative de la dotation financière requiert une révision correspondante des indicateurs de performance et des valeurs cibles afin de pouvoir déterminer si l'argent investi l'a été de manière optimale.

50

Neuf des 20 PO de notre échantillon étaient caractérisés par un transfert de fonds (vers d'autres PO et inversement). Pour la plupart d'entre eux (huit sur neuf), ce dernier représentait moins de 10 % de la contribution initiale de l'UE au PO. Cependant, pour le PO slovaque «Compétitivité et croissance économique», la contribution de l'UE au PO a augmenté de 25,4 %.

51

Les États membres ont également transféré des fonds entre axes prioritaires, ce qui, dans certains cas, a donné lieu à des modifications importantes des montants programmés initialement (voir encadré 4).

Encadré 4

Transferts importants des contributions de l'UE entre axes prioritaires

Dans le cas du PO tchèque «Entreprises et innovations» relevant du FEDER, le financement de la priorité 3.2 (Développement des entreprises) a été relevé de 52,2 % (passant de 663 millions d'euros à plus de 1 milliard d'euros) et celui de la priorité 3.4 (Innovation), de 35,8 % (passant de 680,1 à 923,7 millions d'euros) pour une absorption plus rapide.

Dans le cas du PO italien «Sicile» relevant du FEDER, le financement de la priorité 6 (Développement urbain durable) a été revu à la hausse de 17,5 % (passant de 539,5 à 634 millions d'euros) pour contribuer à accélérer l'absorption.

52

Dans un PO hongrois, une modification de la dotation financière n'a pas donné lieu à une modification de la valeur cible de l'indicateur de performance (voir encadré 5).

Encadré 5

Transferts importants des contributions de l'UE entre axes prioritaires sans adaptation proportionnelle de la valeur cible de l'indicateur de performance

Le PO hongrois «Environnement et énergie» relevant du FEDER a été révisé à quatre reprises. En 2012, un transfert a été effectué à partir d'un autre PO, tandis qu'en 2013, 2015 et 2016, les transferts réalisés étaient entre axes prioritaires. Des fonds ont été réaffectés à des priorités caractérisées par des projets susceptibles d'être mis en œuvre plus rapidement. Par conséquent, la contribution de l'UE à la priorité 5 «Utilisation efficiente de l'énergie» a été relevée de 390 % (passant de 131,2 à 642,6 millions d'euros). Dans le même temps, la valeur cible de l'indicateur «ressources énergétiques économisées grâce à l'efficacité énergétique» a été ramenée en 2012 à moins d'un tiers, soit 2,7 pétajoules par an au lieu de 11, mais elle n'a pas été revue lorsque des fonds supplémentaires ont été alloués à l'axe prioritaire.

53

À la lumière des exemples fournis plus haut, il apparaît que se focaliser sur l'absorption et l'utilisation rapide des fonds peut nuire à l'obtention de meilleurs résultats.

Relever le taux de cofinancement de l'UE favorise l'absorption, mais réduit la valeur ajoutée susceptible d'être obtenue avec les fonds de l'UE

54

L'augmentation du taux de cofinancement de l'UE permet aux États membres d'absorber plus rapidement l'argent mis à leur disposition et de réduire le montant des fonds exposés à un risque de dégagement. Un État membre peut se faire rembourser au taux révisé toutes les dépenses déclarées antérieurement. L'augmentation du taux de cofinancement permet d'absorber immédiatement et rapidement les fonds avec effet rétroactif.

55

Elle allège la pression qui pèse sur le budget national, étant donné qu'elle réduit la contribution de l'État membre au PO initialement prévue. Elle diminue toutefois aussi la valeur ajoutée globale du PO. Cela signifie que l'ampleur (nombre ou importance) des interventions est également réduite, à moins que les États membres ne décident d'investir les fonds initialement prévus au niveau national. Par conséquent, les objectifs et résultats susceptibles d'être atteints par les PO risquent de s'en ressentir, ce qui a, à son tour, un impact sur l'utilité potentielle des fonds de l'UE versés.

56

Plus de la moitié des PO de notre échantillon (11 PO sur 20) ont été programmés dès le début au taux de cofinancement maximal de l'UE prévu dans le règlement43. Dans le cas de huit PO, le taux de cofinancement a été relevé en cours de période. Le tableau 2 présente l'augmentation du taux de cofinancement de l'UE et la diminution de la contribution nationale. Pour les huit PO concernés, la baisse de la contribution nationale correspond à un montant total de 4,8 milliards d'euros.

Tableau 2

Diminution de la contribution nationale sous l'effet de la hausse du taux de cofinancement

État membre Programme opérationnel Taux de cofinancement initial de l'UE
(%)
Taux de cofinancement révisé de l'UE
(%)
Diminution de la contribution nationale
(millions d'euros)
Roumanie Environnement 80 85 302,1
Bulgarie Environnement 81 85 75,5
Espagne Recherche, développement et innovation (RDI) pour et par les entreprises – Fonds de technologie 67 75 356,8
Économie fondée sur la connaissance 70 80 259,0
Italie Calabre FSE 50 75 286,8
Sécurité pour le développement 50 75 386,0
Calabre 50 75 999,4
Sicile 50 75 2 179,8
  Total     4 845,4

Remarque: le taux de cofinancement maximal réglementaire de l'UE est de 85 % pour la Bulgarie et la Roumanie, de 80 % pour l'Espagne et de 75 % pour l'Italie.

Source: Cour des comptes européenne.

Les États membres ont introduit des contributions privées pour améliorer leurs taux d'absorption, mais cette démarche s'est soldée elle aussi par une baisse des interventions

57

La part de cofinancement national des États membres peut être fournie au travers d'une contribution publique nationale, mais elle peut aussi comporter une contribution privée. Dans le second cas, le plan de financement du PO44 tient compte du financement fourni par les bénéficiaires de subventions du secteur privé.

58

Une augmentation des contributions du secteur privé peut aider à absorber plus rapidement les fonds, étant donné qu'elles viennent s'ajouter aux dépenses publiques nationales à rembourser dans le cadre du cofinancement de l'UE, et/ou remplacer la contribution publique nationale nécessaire pour compléter le cofinancement de l'Union. L'effet est immédiat et a un impact positif unique sur l'absorption des fonds de l'UE par l'augmentation du montant des dépenses privées éligibles entrant en ligne de compte pour un remboursement. Toutefois, comme une partie de la contribution privée se compose de dépenses qui auraient de toute façon été exposées avec ou sans contribution publique, le remplacement de celle-ci par une participation privée réduit l'investissement global des États membres. Comme cela a été précisé plus haut (voir point 55), cette pratique réduit l'ampleur de l'intervention pour réaliser les objectifs de la politique de cohésion.

59

Au début de la période de programmation, aucun des 20 PO de notre échantillon ne comportait de composante privée dans son plan de financement. Avant la fin de la période, cinq PO ont introduit une contribution privée, réduisant de facto la contribution publique nationale. Le tableau 3 indique la contribution privée introduite ainsi que la contribution théorique de l'UE que cela a pu générer.

Tableau 3

Contribution privée remplaçant la contribution publique et contribution théorique de l'UE ainsi générée

État membre PO Contribution privée introduite
(millions d'euros)
Taux
de cofinancement

(%)
Contribution théorique de l'UE générée par la contribution privée
(millions d'euros)
Espagne Recherche, développement et innovation (RDI) pour et par les entreprises – Fonds de technologie 500,5 75 375,4
République tchèque Entreprises et innovations 472,5 85 401,6
Environnement 97,2 85 82,7
Hongrie Environnement et énergie 85,1 85 72,3
Hongrie septentrionale 54,2 85 46,0

Remarque: la contribution théorique de l'UE générée par l'inclusion de dépenses privées est calculée en appliquant le taux de cofinancement de l'UE à la contribution privée. La contribution définitive générée par les dépenses privées ne sera connue qu'au moment de la clôture.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données fournies par la Commission.

L'échelonnement des projets réduit le risque de dégagement si ces derniers ne sont pas totalement achevés à la clôture

60

Le cadre réglementaire applicable à la période de programmation 2007-2013 prévoyait la mise en œuvre d'un grand projet45 sur deux périodes de programmation. En d'autres termes, le projet était réparti en deux phases, la première au cours de la période 2007-2013 et la seconde au cours de la période 2014-202046. Seul l'échelonnement des grands projets était prévu dans le règlement général, mais les orientations de la Commission en matière de clôture allaient plus loin en étendant le principe d'échelonnement aux projets de moindre envergure d'une valeur d'au moins 5 millions d'euros47.

61

L'échelonnement présente l'avantage de réduire le risque de voir de grands projets qui ne sont pas opérationnels au 31 mars 2017 (soit la date de soumission des documents de clôture) ou au 31 mars 2019 au plus tard48 être considérés comme inéligibles, avec, comme corollaire, la non-utilisation du financement de l'UE. Dans notre échantillon, les grands projets ou ceux d'une valeur supérieure à 5 millions d'euros étaient échelonnés dans neuf des 14 PO49 qui en comportaient. Le recours à l'échelonnement a permis de réduire le risque de non-utilisation du cofinancement de l'UE pour ces projets (4,5 milliards d'euros, dont 3,8 milliards d'euros pour les grands projets et 0,7 milliard d'euros pour les projets de plus de 5 millions d'euros) au terme de la période de programmation 2007-2013.

62

Si l'échelonnement est une bonne chose pour l'absorption et permet d'éviter que la mise en œuvre d'un projet en cours ne s'arrête à l'issue de la période de programmation, un audit récent a fait apparaître qu'il était plus compliqué et plus restrictif dans le domaine de la cohésion que dans celui du développement rural, même si ces deux domaines d'action sont très similaires50.

Des projets rétrospectifs ont servi à absorber les financements de l'UE, mais représentent un risque d'effet d'aubaine considérable

63

Les projets ou opérations rétrospectifs sont ceux qui ont fait l'objet de dépenses ou qui ont été achevés avant la demande ou l'attribution officielle du cofinancement de l'UE. En d'autres termes, ils sont financés rétrospectivement. Ils constituent un autre moyen d'absorber les fonds en créant de nouvelles dépenses ou en remplaçant des dépenses inéligibles.

64

Les projets rétrospectifs posent des risques clairs pour l'utilisation optimale des ressources, puisqu'ils sont souvent sélectionnés, lancés ou exécutés sans avoir été expressément liés aux objectifs d'un programme ou aux exigences juridiques spécifiques relatives à l'assistance de l'UE. Dans ses orientations sur l'aide rétrospective de l'UE51, la Commission décourage leur utilisation en raison du risque élevé de non-conformité qu'ils entraînent par rapport aux règles nationales et de l'UE concernées.

65

En outre, comme les projets rétrospectifs sont déjà mis en œuvre au moyen de financements nationaux, la valeur ajoutée de l'utilisation de fonds de l'UE pour cofinancer ces projets peut être mise en doute. Il existe également un risque d'effet d'aubaine, étant donné que ces projets auraient de toute façon été lancés sans le financement de l'UE.

66

Des quatre États membres que nous avons visités, trois (l'Italie, la Hongrie et la Roumanie) ont indiqué qu'ils avaient eu recours à des projets rétrospectifs (voir encadré 6).

Encadré 6

Recours à des projets et dépenses rétrospectifs

L'autorité de gestion du PO italien «Sicile» a précisé que, en 2014, le coût total éligible pour les projets rétrospectifs s'était élevé à 437,3 millions d'euros. En ce qui concerne 2015, elle a estimé que les dépenses pourraient atteindre 250 millions d'euros.

Dans le cas de deux PO hongrois («Transports» et «Environnement et énergie»), les autorités nationales ont indiqué que les projets rétrospectifs identifiés avaient représenté un coût éligible total de 195,1 millions d'euros et de 74,5 millions d'euros respectivement.

En ce qui concerne le PO roumain «Ressources humaines et développement», les autorités nationales ont déclaré avoir recensé sept projets rétrospectifs pour un coût éligible total de 166,7 millions d'euros. Pour les financer, elles ont transféré en tout 110 millions d'euros de certains axes prioritaires vers celui avec lequel les projets rétrospectifs pouvaient cadrer.

67

Les États membres ne sont pas tenus d'informer la Commission des dépenses déclarées rétrospectivement. Par conséquent, celle-ci n'a pas connaissance du volume ni de l'impact financier des dépenses déclarées rétrospectivement, en dépit des risques évidents d'un tel financement. Nos travaux en vue de la déclaration d'assurance montrent que de nombreux États membres recourent à des dépenses rétrospectives et que le cofinancement, par l'UE, des projets rétrospectifs est sans doute important pour la période de programmation 2007-2013.

68

Dans le cadre des travaux que nous avons effectués pour établir le rapport annuel 2015, nous avons décelé des erreurs dans les dépenses relatives aux projets rétrospectifs (voir encadré 7). Dans un précédent rapport, la Cour avait indiqué que les projets de ce type étaient davantage exposés au risque d'erreur que ceux sélectionnés de façon normale52.

Encadré 7

Dépenses inéligibles effectuées au titre d'un projet rétrospectif

Un projet italien visant à améliorer le réseau d'assainissement d'une municipalité a été approuvé et financé au moyen de ressources nationales. Les dépenses liées au projet, soit 2,5 millions d'euros, ont ensuite été intégrées dans le PO «Campanie» comme projet destiné à un cofinancement rétrospectif.

Lors de notre audit, nous avons constaté une modification dans le champ d'application d'un contrat de marché public, qui s'est traduite par une violation des dispositions applicables. De ce fait, près de 30 % des dépenses déclarées étaient inéligibles et n'auraient pas dû faire l'objet d'une déclaration en vue d'un cofinancement.

69

En ce qui concerne la période de programmation 2014-2020, le recours à des projets rétrospectifs a été quelque peu limité. Les opérations (composées d'un ou de plusieurs projets) pour lesquelles des dépenses ont commencé à être engagées, mais qui n'ont pas été complètement achevées ou mises en œuvre avant que le bénéficiaire ne soumette à l'autorité de gestion la demande de financement au titre du programme sont éligibles à un financement de l'UE53. Cela étant, le risque de dépenses inéligibles ainsi que la question de la valeur ajoutée du cofinancement de l'UE demeurent.

Malgré l'extension de la période d'éligibilité, 8 % des dotations aux instruments financiers n'ont pas été utilisées et n'ont pas eu d'effet de renouvellement

70

Au cours de la période de programmation 2007-2013, les États membres pouvaient absorber l'argent temporairement en le versant dans un instrument financier et en en percevant le remboursement auprès de la Commission, ce qui leur permettait d'éviter le risque de dégagement au cours de la phase de mise en œuvre. Par ailleurs, pour contribuer à améliorer l'absorption, la Commission a prolongé la période d'éligibilité pour les décaissements des instruments financiers vers les bénéficiaires finals, laquelle est passée du 31 décembre 2015 au 31 mars 201754. Il s'en est suivi des paiements supplémentaires aux bénéficiaires finals pour un montant total de 1,6 milliard d'euros55. La Cour a déjà traité cette question dans des rapports antérieurs56.

71

L'un des avantages importants de l'utilisation des instruments financiers est leur effet de renouvellement, c'est-à-dire la possibilité pour les dotations aux instruments en question d'être utilisées plusieurs fois. Il est dès lors important que les dotations intégrales aux instruments financiers soient utilisées pendant la période de programmation pour permettre à l'effet de renouvellement de se concrétiser.

72

Par le passé, nous avons déjà signalé que les faibles taux de décaissement, en particulier au cours des premières années de la période de programmation 2007-2013, ont limité l'effet de renouvellement57. En octobre 2017, la Commission a établi un rapport sur l'exécution financière au 31 mars 2017 (à la clôture) pour les instruments financiers. Un examen documentaire des chiffres mentionnés dans ce rapport a révélé un certain nombre d'incohérences et d'imprécisions dans les informations transmises par les États membres58. Étant donné que le processus de clôture n'est pas terminé, la Commission devrait être en mesure de vérifier la fiabilité des chiffres utilisés pour clôturer les PO.

73

Néanmoins, sur la base des données communiquées par les États membres à la Commission au moment de la clôture, nous estimons qu'environ 8 % (soit 0,9 milliard sur un total de 11,3 milliards d'euros) du montant des dotations aux instruments financiers n'avaient pas été utilisés à la date butoir du 31 mars 2017 et doivent être restitués aux PO59. Ces fonds pourraient être transférés de l'axe prioritaire des instruments financiers moins performants à un autre axe prioritaire, pour autant que des dépenses excédentaires suffisantes soient disponibles, conformément à la règle de flexibilité des 10 % définie dans les lignes directrices relatives à la clôture. Dans le cas des PO pour lesquels ces conditions ne sont pas réunies, les fonds qui leur sont restitués en tout ou en partie doivent être reversés au budget de l'UE. Les fonds restitués aux PO n'ont eu aucun effet de renouvellement, et les frais de gestion y afférents, même s'ils étaient conformes aux accords financiers, n'ont apporté aucune valeur ajoutée au budget de l'UE.

Les avances contractuelles versées vers la fin de la période d'éligibilité peuvent présenter un risque pour l'utilisation optimale des ressources et la conformité

74

Le versement d'avances contractuelles est une pratique de marché courante, qui permet au contractant de couvrir les dépenses initiales destinées à mobiliser les ressources nécessaires pour fournir les services ou les travaux faisant l'objet du marché. Selon la Commission, de telles avances représentent en général entre 10 et 40 % de la valeur du contrat.

75

Le versement d'une avance contractuelle au contractant est éligible dès lors qu'il a été effectué pour le 31 décembre 2015 au plus tard et qu'il a donné lieu à des dépenses réelles avant le 31 mars 2017. Ce paiement doit également être conforme aux règles nationales et aux obligations contractuelles. Cependant, en ce qui concerne les projets approuvés en fin de période d'éligibilité (en l'occurrence aux alentours du 31 décembre 2015), la nécessité de les finaliser avant la date de clôture (le 31 mars 2017 dans le cas de la période concernée) peut se traduire par une affectation des fonds à des projets susceptibles de les dépenser rapidement plutôt qu'à des projets prometteurs en matière de résultats.

76

Des quatre États membres visités, deux (la République tchèque et la Hongrie) ont eu recours au versement d'avances contractuelles pour accroître l'absorption des fonds. À titre d'exemple, l'autorité de gestion tchèque a indiqué qu'en septembre 2016, les factures d'avances relatives au PO «Environnement» représentaient un montant total de 133 millions d'euros de contributions de l'UE, soit environ 5 % de l'absorption totale en 2014 et 2015 (voir encadré 8).

Encadré 8

Avances dont le montant total correspond à un pourcentage élevé de la valeur du marché

Dans le cas du PO tchèque «Environnement», des avances contractuelles ont été utilisées pour éviter un dégagement et améliorer l'absorption. Entre novembre 2013 et mars 2016, les règles nationales ont été progressivement assouplies et les bénéficiaires, encouragés à recourir à des avances et soutenus en ce sens. En 2014 et en 2015, des avances jusqu'à 90 % de la valeur contractuelle étaient autorisées sans factures d'apurement justificatives. Après novembre 2015, des avances correspondant à 100 % de la valeur contractuelle ont été autorisées, même si les autorités nationales ont précisé qu'aucune certification n'était possible sans la preuve du règlement des factures. Cela va au-delà de ce que la Commission a identifié comme la pratique du marché (voir point 74). En ce qui concerne l'absorption, le pourcentage élevé de la valeur du marché accroît le risque de voir l'avance ne pas être utilisée avant l'échéance, ce qui peut donner lieu à une perte ou à un versement incorrect du financement de l'UE.

77

Nous avons déjà souligné par le passé que la déclaration des avances contractuelles, en particulier quand celles-ci représentent un pourcentage élevé de la valeur du marché, induit un risque de dépenses inéligibles au moment de la clôture. Comme les avances pouvaient être converties en dépenses réelles jusqu'au 31 mars 2017, plus cette conversion était proche de l'échéance, moins les autorités d'audit disposaient de temps pour en vérifier le bien-fondé et fournir une assurance d'éligibilité60.

78

Les États membres étaient tenus d'assurer un suivi des avances contractuelles, mais pas d'en faire rapport à la Commission. De ce fait, celle-ci n'est pas en mesure de connaître leur utilisation ni leur impact globaux. Au moment de l'audit, nous avons constaté que la Hongrie ne suivait ni l'utilisation ni l'impact de ces avances.

Dans l'ensemble, le taux d'erreur a baissé depuis 2007 dans le domaine de la cohésion, même si les projets rétrospectifs ont donné lieu à certaines erreurs

79

Nous avons examiné l'évolution du cadre de contrôle de la cohésion au cours de la période de programmation 2007-2013, ainsi que l'ampleur de son impact sur le taux d'erreur. Nous avons également vérifié si l'accent mis sur l'absorption, en particulier vers la fin de la période de programmation, s'était traduit par davantage d'erreurs.

80

Notre examen des taux d'erreur relevés par la Cour depuis 2007 indique une baisse importante du taux d'erreur dans les dépenses de la période 2007-2013 par rapport à la période de programmation précédente. Le taux d'erreur a systématiquement diminué entre 2011 et 2016 pour arriver à un taux d'erreur le plus probable de 4,8 % en 2016 (avec une limite inférieure du niveau d'erreur de 3,1 %, contre 11 % en 2007 et 2008 pour les paiements de la période de programmation 2000-2006).

81

L'évolution du taux d'erreur peut s'expliquer par une série de facteurs. Comme nous l'avons précisé plus haut, certaines mesures destinées à améliorer l'absorption, comme le recours aux projets rétrospectifs (voir encadré 7), ont donné lieu à certaines erreurs. En revanche, d'autres facteurs importants, tels que les améliorations générales apportées à la gestion assurée par les États membres, aux systèmes de contrôle et de surveillance ainsi qu'à l'utilisation, par la Commission, de mesures préventives (interruptions et suspensions) et correctives pour la période de programmation 2007-2013, ont permis de réduire le taux d'erreur.

Conclusions et recommandations

82

En ce qui concerne la politique de cohésion, le montant maximal des dépenses au titre des différentes rubriques du CFP est ventilé en enveloppes annuelles par État membre. Ces enveloppes facilitent le processus de programmation et permettent la fixation ex ante des objectifs au sein des PO. Toutefois, la Cour a constaté que c'est un véritable défi d'obtenir de bons résultats avec des systèmes dans lesquels les fonds sont préaffectés aux États membres et où leur absorption est une priorité et devient de ce fait un objectif en soi. Afin que l'accent reste mis sur l'obtention de bons résultats, il est primordial que les États membres évitent de devoir encore absorber une partie significative des fonds à la fin de la période de programmation, étant donné que cette précipitation forcée risque de nuire à une utilisation optimale des ressources. En d'autres termes, si l'absorption est importante pour réaliser les objectifs des politiques, elle ne constitue pas une fin en soi.

83

En ce qui concerne les deux dernières périodes de programmation en date, l'adoption tardive du cadre législatif a retardé celle des PO. Ce décalage a eu des répercussions inévitables sur la mise en œuvre des fonds alloués et explique le faible niveau des paiements au cours des premières années. La Commission a encouragé un accord politique précoce sur le CFP postérieur à 2020 afin de fournir une sécurité juridique et financière aux autorités nationales et régionales et de permettre une mise en œuvre effective dès le début de la période de programmation (voir points 16 à 19).

84

Outre les répercussions susmentionnées, la lenteur des dépenses au début de la période s'explique aussi par le fait qu'à mi-parcours, les États membres utilisaient toujours des fonds hérités de la période de programmation précédente (voir point 22). C'est la raison pour laquelle, dans un rapport spécial antérieur, nous recommandions à la Commission de veiller, dans ses propositions législatives relatives à la période après 2020, à ce que les périodes d'éligibilité n'empiètent plus sur la période de programmation suivante et que la procédure de clôture des programmes soit rapidement finalisée une fois la période d'éligibilité écoulée61.

85

Pour arriver à une mise en œuvre fluide et stable tout au long de la période de programmation, il conviendrait de prendre, à un stade précoce, des mesures pour accélérer l'absorption. Certains États membres et la Commission ont cerné relativement tôt au cours de la période de programmation 2007-2013 les difficultés à absorber les fonds disponibles. Toutefois, la Commission n'a pris un véritable train de mesures qu'en novembre 2014, soit près d'un an avant la fin de la période d'éligibilité, en mettant en place un groupe de travail pour aider les États membres dont les taux d'absorption se situaient sous la moyenne de l'UE (voir points 34 et 35).

86

Les États membres ont eu recours à plusieurs mesures, dont celles établies par le groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre, et, en l'espace d'une année, ils sont parvenus à accroître leur taux d'absorption (de plus de 20 points de pourcentage dans certains cas). Début 2018, le taux d'absorption moyen dans l'UE était de 97,2 %. Plusieurs États membres n'ont pas réussi à absorber tous les fonds disponibles. Fin 2017, l'argent inutilisé représentait un montant de 4,4 milliards d'euros. Le taux d'absorption définitif et le montant final des fonds inutilisés seront connus une fois la clôture achevée (voir point 28).

87

Nos travaux ont montré que les actions engagées par la Commission et les États membres pour améliorer l'absorption étaient surtout centrées sur celle-ci et sur la légalité, mais ne tenaient pas dûment compte des considérations de performance. Sur la base de notre échantillon, nous avons constaté pour certaines des mesures appliquées:

  • que les PO avaient été révisés fréquemment, ce qui s'est traduit par des modifications non négligeables des plans initiaux et a mis en question la qualité des analyses sous-tendant la programmation et la capacité à réaliser les objectifs du PO et de la politique de cohésion (voir points 43 à 59);
  • que les États membres visités avaient identifié des dépenses rétrospectives pour un montant avoisinant le milliard d'euros. La valeur de ces projets pour l'ensemble des PO relevant de la période de programmation 2007-2013 sera probablement beaucoup plus élevée. Ce type de projets s'accompagne d'un risque élevé d'effet d'aubaine (car ils auraient pu être mis en œuvre sans le financement de l'UE) et présente donc une valeur ajoutée européenne limitée (voir points 63 à 69);
  • que les avances, telles que les dotations aux instruments financiers, avaient contribué à accroître considérablement l'absorption au cours de la période de programmation, mais que la lenteur de la mise en œuvre avait miné leur effet de renouvellement. Environ un milliard d'euros étaient inutilisés à la fin de la période d'éligibilité. Par conséquent, ces fonds n'ont eu aucun effet de renouvellement, et les frais de gestion y afférents, même s'ils étaient conformes aux accords financiers, n'ont apporté aucune valeur ajoutée au budget de l'UE (voir points 70 à 73).
  • que les avances contractuelles avaient également contribué à améliorer l'absorption. Cependant, en ce qui concerne les projets approuvés en fin de période d'éligibilité, la nécessité de les finaliser avant la date de clôture peut se traduire par une affectation des fonds à des projets susceptibles de les dépenser rapidement plutôt qu'à des projets prometteurs en matière de résultats. Par ailleurs, plus la conversion en dépenses réelles est proche de la date limite d'éligibilité, moins les autorités d'audit disposent de temps pour en vérifier l'éligibilité (voir points 74 à 78).
88

Le groupe de travail a suivi les progrès des États membres par rapport aux mesures convenues pour améliorer l'absorption. Toutefois, en raison de la manière dont ceux-ci ont fait part des résultats, il était difficile d'obtenir une vue d'ensemble de toutes les mesures utilisées et de l'impact de chacune d'entre elles. Pour certaines de ces mesures (par exemple les projets bénéficiant d'un cofinancement rétrospectif ou le recours à des avances contractuelles), le cadre législatif n'impose pas aux États membres de faire rapport à la Commission. La combinaison de ces deux facteurs a empêché cette dernière d'avoir une vue d'ensemble claire des mesures appliquées et de l'impact financier de chacune d'elles (voir points 37, 67 et 78).

89

Bien que la pression exercée à la fin de la période 2007-2013 pour dépenser l'argent ait donné lieu à certaines erreurs, le taux d'erreur estimatif dans le domaine de la cohésion n'a cessé de diminuer entre 2011 et 2016, par rapport à 2007 et à 2008. Cela tient peut-être à l'effet net de multiples facteurs (voir points 80 et 81).

90

En ce qui concerne la période de programmation 2014-2020, la mise en œuvre a démarré plus lentement que dans le cas de la période de programmation précédente. En raison de ce retard, combiné avec le fait que des difficultés de mise en œuvre ont également été rencontrées au cours de la période 2007-2013, il est probable que les États membres devront également faire face à des problèmes d'absorption pendant la période en cours (voir points 23 à 26).

Recommandation n° 1: un calendrier pour le cadre législatif et les documents de programmation

La Commission devrait élaborer un calendrier comportant les dates des grandes étapes (par exemple la proposition et l'adoption du cadre législatif) en vue de garantir que la mise en œuvre des PO commence à temps, au début de la période de programmation. Elle devrait ensuite le proposer au Conseil et au Parlement européen afin de parvenir à un accord.

Délai de mise en œuvre recommandé: immédiatement (pour le cadre législatif après 2020).

Recommandation n° 2: des demandes bien étayées de révision des programmes (avec une analyse de l'impact sur les résultats)

Avant d'adopter ses décisions relatives à la révision des programmes opérationnels dans lesquels des éléments clés de la performance sont concernés, la Commission devrait veiller:

  1. à ce que la demande soit fondée sur une évaluation approfondie et de qualité de la mise en œuvre du PO et de l'accord de partenariat ainsi que des besoins connexes au moment de la révision;
  2. à ce que la révision serve avant tout à donner de meilleurs résultats et, dès lors, à ce que les modifications apportées au niveau du financement des priorités se reflètent dans les indicateurs de performance.

Délai de mise en œuvre recommandé: applicable aux futures demandes de révision des PO introduites par les États membres.

Recommandation n° 3: des moyens d'obtenir des informations permettant un meilleur suivi de l'absorption

La Commission devrait veiller à disposer des moyens pour:

  1. obtenir les informations qui lui sont nécessaires pour un suivi approfondi et complet de l'absorption pour chaque PO;
  2. déterminer les causes de la lenteur ou de la rapidité de l'absorption, sans perdre de vue la légalité et la régularité des dépenses ainsi que la nécessité de dépenser les fonds de manière efficace;
  3. évaluer au préalable la nécessité et l'impact des mesures destinées à accroître l'absorption afin de décider si elles doivent être utilisées ou pas.

Délai de mise en œuvre recommandé: d'ici à fin 2018 pour a) et b). D'ici à fin 2020 pour c).

Recommandation n° 4: mettre l'accent sur la performance et les bons résultats

La Commission devrait veiller à ce que les actions entreprises mettent l'accent sur l'obtention de bons résultats, lorsqu'elle fournit un appui ciblé aux États membres et aux PO pour accélérer la mise en œuvre de la période de programmation 2014-2020 (lors de la révision des PO, par exemple).

Délai de mise en œuvre recommandé: immédiatement.

Le présent rapport a été adopté par la Chambre II, présidée par Mme Iliana IVANOVA, Membre de la Cour des comptes, à Luxembourg en sa réunion du 30 mai 2018.

Par la Cour des comptes,

Klaus-Heiner LEHNE
Président

Annexe

Liste des programmes opérationnels sélectionnés en vue d'un examen

État membre Programme opérationnel Fonds Couvert par le groupe de travail
Bulgarie Environnement (2007BG161PO005) FC et FEDER x
République tchèque1 Environnement (2007CZ161PO006)2 FC et FEDER x
Bohême centrale (2007CZ161PO009) FEDER  
Entreprises et innovations (2007CZ161PO004) FEDER  
Ressources humaines et emploi (2007CZ05UPO001)2 FSE  
Hongrie1
Environnement et énergie (2007HU161PO002)2 FC et FEDER x
Hongrie septentrionale (2007HU161PO006) FEDER  
Transports (2007HU161PO007)2 FC et FEDER x
Italie1
Calabre (2007IT161PO008) FEDER x
Sécurité pour le développement (2007IT161PO007)2 FEDER  
Sicile (2007IT161PO011)2 FEDER x
Calabre FSE (2007IT051PO002) FSE  
Roumanie1 Développement sectoriel des ressources humaines (2007RO051PO001)2 FSE x
Renforcement de la compétitivité économique (2007RO161PO002)2 FEDER x
Environnement (2007RO161PO004)2 FC et FEDER x
Slovaquie Compétitivité et croissance économique (2007SK161PO006) FEDER x
Transports (2007SK161PO004) FC et FEDER  
Éducation (2007SK05UPO001) FSE x
Espagne Recherche, développement et innovation (RDI) pour et par les entreprises – Fonds de technologie
(2007ES16UPO001)
FEDER  
Économie fondée sur la connaissance (2007ES16UPO003) FEDER  

1 États membres ayant fait l'objet d'une visite sur place.

2 PO ayant fait l'objet d'un examen approfondi.

Réponses de la Commission

Synthèse

I

La Commission assure le suivi de la mise en œuvre au niveau des États membres et des programmes et, le cas échéant, au niveau des projets. Dans le cadre de la mise en œuvre, la Commission suit également de près l’exécution financière, en accordant une attention particulière aux paiements accordés par l’UE aux programmes. Les modalités de transmission des données pour la période 2014-2020 permettent à la Commission de disposer d’une image fiable et actualisée de la mise en œuvre globale, y compris des produits et des résultats des programmes.

III

La date d’adoption du cadre législatif dépend fortement des colégislateurs; pour la période 2021-2027, la Commission a présenté sa proposition 30 mois avant le début prévu de la période d’éligibilité. La Commission souligne que si l’adoption anticipée est importante pour le démarrage de la mise en œuvre du programme, d’autres facteurs entrent également en ligne de compte en matière de performance et d’absorption sur la période – le régime n+2/3, le niveau de préfinancement ou les exigences de désignation ont un effet plus important.

IV

Les programmes approuvés relativement tard par rapport à la moyenne peuvent encore facilement rattraper leur retard en fonction des circonstances et atteindre des niveaux d’absorption supérieurs à la moyenne à la fin de la période. La règle n+2 renforce la discipline budgétaire et encourage une exécution budgétaire plus rapide. Une liste de projets prêts à être mis en œuvre est également un élément de réussite important pour l’exécution et l’absorption du programme.

V

La Commission est satisfaite des résultats du «groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre». Les fonds à risque à la fin de 2014 se situaient dans une fourchette de 10 à 13 milliards d’EUR et le montant du dégagement a été ramené en dessous de 5 milliards d’EUR à la clôture. La Commission aide les États membres à dépenser les fonds disponibles, ce qui a permis d’atteindre un niveau d’absorption de 97 % pour la période 2007-2013, soit 2 pp. de plus que les niveaux de 2000-2006.

VI

La Commission a proposé aux États membres exposés à des risques en matière d’absorption des mesures conformes au cadre juridique 2007-2013 et adaptées à leur situation et aux programmes spécifiques. Elles étaient également conformes aux objectifs des programmes, y compris leurs indicateurs, à la logique d’intervention et aux procédures de sélection appliquées par les programmes, etc. Par conséquent, il ne semblait pas nécessaire de prendre exceptionnellement en considération les résultats uniquement pour s’assurer que les résultats proposés étaient effectivement obtenus. La pratique courante en matière de gestion des programmes veut que, lorsqu’un programme indique un taux d’absorption plus faible, les mesures prises pour résoudre ces problèmes se concentrent sur l’absorption dans le cadre des objectifs existants. La Commission considère également que la flexibilité est une caractéristique importante de la politique de cohésion. Les modifications des programmes sont essentielles pour tenir compte de l’évolution des circonstances, des défis émergents, des priorités nouvelles ou ajustées auxquels doivent faire face les programmes couvrant une période de dix ans.

VII

La Commission dispose d’une vue d’ensemble détaillée des programmes et des mesures appliquées dans le cadre de la gestion régulière des programmes tout au long de la période. Le cas échéant, la Commission recueille des informations sur des questions importantes pour la gestion des programmes lorsque celles-ci ne sont pas incluses dans les rapports réguliers.

VIII

Premier tiret: la Commission accepte cette recommandation.

Deuxième tiret: la Commission accepte cette recommandation.

Troisième tiret: la Commission accepte cette recommandation.

Quatrième tiret: la Commission accepte cette recommandation.

Étendue et approche de l’audit

Encadré 1 – L’absorption est un moyen d’atteindre des résultats, mais n’est pas une fin en soi

La Commission a déjà répondu à cette constatation dans le rapport annuel de la CCE de 2013. Elle avait indiqué ce qui suit:

«La Commission fait observer que les critères de performance sont intégrés dans le processus de sélection de chaque projet à financer. L’application de critères de sélection pondérés devrait permettre aux États membres de déterminer les projets susceptibles de contribuer au mieux à l’obtention de résultats.»

Pour la période 2014-2020, le cadre juridique a mis davantage l’accent sur les performances avec l’introduction d’exigences de concentration thématique, le cadre de performance et les conditions de réserve et les conditions ex ante. L’accord politique sur la proposition omnibus de la Commission a encore amélioré les possibilités de paiement sur la base de résultats prédéfinis, de conditions remplies ou de résultats obtenus1.

Observations

14

La Commission souligne également que, parallèlement à la négociation du cadre juridique, elle entame des négociations informelles sur les programmes afin de progresser d’ici l’adoption du cadre juridique. En 2014-2020, ce processus s’est appuyé sur des documents de prise de position établis par État membre.

16

La Commission souligne que la date d’adoption du cadre législatif est principalement déterminée par les colégislateurs.

Pour la période 2021-2027, la Commission a présenté sa proposition 30 mois avant le début prévu de la période d’éligibilité. Néanmoins, la Commission n’est pas en mesure de contrôler le rythme d’adoption des propositions législatives par les colégislateurs.

19

La Commission souligne que si l’adoption rapide est importante pour la mise en œuvre des programmes, d’autres facteurs importants entrent en ligne de compte en matière d’absorption au cours de la période. Les programmes adoptés relativement tard par rapport à la moyenne peuvent atteindre des niveaux d’absorption supérieurs à la moyenne à la fin de la période.

Le fait que les programmes soient soumis à une règle n+2 ou n+3 est un facteur plus décisif concernant le niveau d’absorption atteint à la fin de la période de programmation.

Encadré 2 – Adoption des PO après le début des périodes de programmation 2007-2013 et 2014-2020

La Commission observe qu’il est également possible d’apprécier ses performances en matière de négociations et d’adoption de programmes par rapport à la période de programmation précédente en comparant les 12 premiers mois suivant l’adoption du cadre juridique. L’examen de cette période de 12 mois à compter de l’adoption des trains de mesures législatives concernés au cours des deux périodes offrirait un tableau plus exact. Il en ressortirait que, pour la période 2014-2020, durant les 12 premiers mois après l’adoption de la réglementation, 40 % des PO étaient adoptés, en comparaison de 6 % des PO dans le même laps de temps pour la période de programmation 2007-2013.

21

La Commission considère que l’absorption (définie en termes de paiements de l’UE) est plus lente étant donné que les montants globaux des préfinancements en 2014-2020 sont sensiblement plus élevés qu’en 2007-2013. Cela n’incite pas les États membres à présenter des demandes de paiement, en particulier parce qu’à cette fin, la désignation doit être achevée. Le passage de la règle n+2 à n+3 pour 2014-2020 ne favorise pas non plus la présentation rapide des demandes de paiement. Cette explication est étayée par le fait que le taux de sélection des projets dans les États membres est, jusqu’à présent, comparable entre les deux périodes de programmation.

22

La Commission considère que le chevauchement des périodes d’éligibilité est l’un des nombreux facteurs qui contribuent au retard dans la mise en œuvre de la période suivante. D’autres facteurs jouent un rôle important, comme le niveau de préfinancement et la règle n+. Ces facteurs influencent fortement l’absorption telle qu’elle est perçue au travers des paiements de l’UE, mais pas le niveau réel de mise en œuvre sur le terrain.

23

La Commission ne constate pas de risque plus élevé en matière d’absorption à la fin de la période de programmation 2014-2020 par rapport à 2007-2013. Compte tenu des taux de sélection n+3 et actuels ainsi que des paiements certifiés par les bénéficiaires, la Commission estime que le niveau d’absorption pour 2014-2020 pourrait être potentiellement identique à celui de 2007-2013. La Commission note également que la procédure des comptes annuels a été introduite dans le cadre juridique 2014-2020 (ce qui a nécessité des États membres qu'ils s’y habituent) et que le niveau relativement élevé du préfinancement ne constitue pas une incitation suffisante pour accélérer la présentation des demandes de paiement de l’UE.

25

En 2016, la Commission a mis en place un système de suivi étroit pour les programmes 2014-2020 qui semblent progresser lentement.

26

La Commission considère que la qualité des projets n’est pas nécessairement liée au niveau des engagements restant à liquider. La Commission renvoie à sa réponse au point 2.14 du rapport annuel 2016 de la CCE.

28

Bien qu’il soit toujours possible d’améliorer l’absorption, la Commission estime que le taux moyen de 97 % est comparable à celui des périodes précédentes, et est satisfaite de ce résultat. Pour être plus précis, ce niveau d’absorption dépasse le taux enregistré pour les programmes FEDER et FSE pour la période 2000-2006 (96 %).

Les travaux du «groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre» et la coopération de ce dernier avec les autorités compétentes des États Membres ont eu une incidence positive sur le dégagement et le taux d’absorption.

34

La Commission souligne qu’avant cette date, elle a pris un certain nombre de mesures en faveur des États membres exposés à des risques en matière d’absorption, sur la base d’intenses dialogues politiques bilatéraux. L’action politique coordonnée à haut niveau, couvrant de manière systématique tous les États membres à risque, a commencé 14 mois avant la date limite d’éligibilité.

36

Les actions étaient principalement concentrées sur la gestion de projets déjà sélectionnés ou d’appels à projets dont le lancement était prévu. L’objectif principal était donc de préserver les objectifs stratégiques des programmes.

37

La Commission renvoie à sa réponse à l’encadré 1.

39

La Commission fait observer que les premières orientations sur l’échelonnement des grands projets ont été publiées dès 2012 et présentées aux États membres lors de la réunion du COCOF (COCOF_12-0047-02-EN). Les règles ont été expliquées plus en détail dans les lignes directrices en matière de clôture publiées en 2013 et modifiées en 2015 afin d’offrir une sécurité juridique aux États membres.

47

La Commission est d’avis que la reprogrammation est un outil nécessaire pour garantir la flexibilité des interventions définies dans les programmes pour une période de près de dix ans.

Un certain nombre d’éléments détaillés nécessitent une modification du programme conformément au cadre réglementaire, et les États membres ne peuvent pas s’y soustraire. Cela permet à la Commission de s’assurer que les interventions restent ciblées et que le fondement de la mise en œuvre du programme reste solide (voir les éléments énumérés à l’article 37 du règlement général et ceux qui font partie du programme approuvé).

Il appartient aux États membres de décider de la quantité d’informations supplémentaires à inclure dans leurs programmes par rapport au minimum légal requis. Un plus grand nombre de détails (sur les bénéficiaires, les groupes cibles, les grands projets, etc.) nécessitent une modification plus fréquente, sans toutefois remettre en question l’orientation stratégique.

49

Pour la période 2014-2020, tous les changements liés aux performances des programmes sont soigneusement examinés par la Commission, et le bien-fondé de la justification est évalué de manière approfondie par les unités géographiques en coopération avec le centre de compétence d’évaluation/l’unité d’évaluation. Chaque fois que des changements sont apportés au niveau de financement, une réflexion est menée sur la nécessité de modifier également les indicateurs.

52

La valeur cible réduite était déjà incluse dans la première modification en 2012, sur la base d’un examen des indicateurs entrepris par les autorités hongroises et présenté au comité de suivi en novembre 2011. L’expérience des premiers appels a montré que les résultats des investissements étaient inférieurs aux estimations au moment de l’élaboration du PO et qu’il convenait de les adapter à la réalité.

Le rapport final indique qu’au moins 4,6 pétajoules ont finalement été économisés. C’est moins que prévu en 2007, mais cette économie équivaut au double du résultat prévu de 2012, ce qui coïncide avec le doublement du budget entre 2012 et 2016.

Encadré 5 – Transferts importants des contributions de l’UE entre axes prioritaires sans adaptation proportionnelle de la valeur cible de l’indicateur de performance

Il y a eu une première modification en 2012 [C(2012) 6310]. Celle-ci a réduit la cible à 2,7 pétajoules, sur la base des expériences de 2011 (justification disponible dans SFC 2007), lorsqu’il s’est avéré que la cible était largement surestimée par rapport aux résultats des premiers projets concrets approuvés et mis en œuvre en 2011. Le budget a été augmenté en 2012. La cible a été maintenue malgré le budget supplémentaire alloué ultérieurement.

Réponse groupée de la Commission aux points 55 et 56:

le cadre juridique permet aux États membres d’augmenter le cofinancement de l’UE jusqu’à un niveau maximal. Si les États membres avaient programmé dès le début le niveau maximal du taux de cofinancement de l’UE, le budget total disponible pour la politique de cohésion aurait été nettement inférieur au montant finalement programmé pour 2007-2013.

58

La Commission souligne que la fin de la période 2007-2013 correspond à la période d’après-crise marquée par l’austérité des budgets/investissements publics. Par conséquent, l’inclusion de contributions privées et l’augmentation des niveaux de cofinancement de l’UE ont constitué un élément important qui a permis de poursuivre la mise en œuvre des programmes. Le cadre juridique permet aux États membres de passer d’une base de coûts publics à une base de coûts totaux. Les États membres auraient pu programmer dès le départ des interventions sur la base d’un coût total. S’ils l’avaient fait, le budget total disponible pour la politique de cohésion aurait été nettement inférieur au montant finalement programmé pour 2007-2013.

60

La Commission renvoie à sa réponse au point 91 du rapport spécial nº 36/2016 de la CCE sur les modalités de clôture.

63

Pour la période 2007-2013, la Commission a énuméré les règles auxquelles les autorités de gestion devraient accorder une attention particulière lorsqu’elles incluent des opérations rétrospectives dans les programmes opérationnels (voir note COCOF 12-0050-01). La Commission a également sensibilisé les autorités de gestion et les autorités d’audit à plusieurs reprises (par exemple, lors de la réunion des homologues) aux risques inhérents aux projets rétrospectifs. En outre, la liste de contrôle utilisée par la Commission pour analyser la déclaration de clôture et le rapport de contrôle final comprend une question sur les projets rétrospectifs lorsqu’ils présentent un risque particulier pour le programme.

68

La Commission réitère ses réponses précédentes au rapport annuel de la Cour relatif à l’exercice 20082.

69

La Commission précise que le cadre juridique 2007-2013 n’interdisait pas la sélection d’opérations déjà achevées («opérations rétrospectives»), à condition que celles-ci aient été achevées après la date à laquelle commençait l’éligibilité3.

En vertu du cadre juridique 2014-2020, les opérations ne doivent pas avoir été matériellement achevées ou totalement mises en œuvre avant que la demande de financement ne soit soumise par le bénéficiaire à l’autorité de gestion4. En outre, le RPDC a introduit une obligation5 spécifique à l’égard de l’autorité de gestion qui doit s’assurer du respect du droit applicable avant la sélection de ces opérations. L’approche de la période de programmation 2014-2020 est donc plus restrictive que celle de la période 2007-2013.

70

En ce qui concerne les instruments financiers, la décision de modification des lignes directrices de la Commission relatives à la clôture des programmes ne remettait pas en cause les dispositions du règlement (CE) nº 1083/2006, selon lesquelles la contribution des Fonds aux instruments financiers devait avoir été versée au plus tard le 31 décembre 2015. Ces lignes directrices ont donc clarifié des règles existantes. Voir également les réponses de la Commission au point 6.45 et à la recommandation nº 3 du rapport annuel de la Cour relatif à l’exercice 2015, ainsi que la réponse de la Commission au point 91 du rapport spécial nº 36/2016 de la CCE.

72

La Commission confirme qu’elle est actuellement en train de vérifier la fiabilité des chiffres utilisés pour clôturer les PO. Les problèmes pertinents ont été pleinement abordés au cours de la période de programmation 2014-2020.

73

Les taux de décaissement au cours de la période de programmation 2007-2013 ont suivi le cycle de vie des instruments financiers.

Lors de la clôture, les autorités de gestion ont estimé les ressources restituées imputables aux Fonds structurels ou devant être restituées à l’avenir à partir des investissements en faveur des bénéficiaires finaux à un héritage d'un montant total de 8,4 milliards d’EUR, démontrant ainsi un effet de renouvellement considérable.

75

La Commission reconnaît certains risques liés aux versements d’une avance au contractant, mais souligne que la base juridique tient compte de ceux qui sont éligibles tout au long de la période de programmation. Toutefois, la Commission estime que les éclaircissements apportés sur le plan de l’éligibilité et les conseils en matière de bonnes pratiques fournis en ce qui concerne l’utilisation et l’éligibilité des versements d’avances contractuelles dans les questions-réponses relatives à la clôture et par l’intermédiaire du «groupe de travail pour une meilleure mise en œuvre» ont permis d’atténuer suffisamment le risque. La Commission n’a pas connaissance de versements d’avances contractuelles ayant conduit à la sélection de projets de mauvaise qualité.

76

La Commission rappelle que les autorités tchèques ont décidé d’autoriser des avances afin d’accélérer l’absorption. La Commission a recommandé de ne pas aller au-delà des pratiques courantes de marché.

77

À ce stade du processus de clôture, la Commission constate que le risque d’irrégularités ne s’est pas concrétisé et qu’aucun problème majeur lié aux versements d’avances n’a influencé la mise en œuvre du programme.

78

La Commission précise que les programmes hongrois ont pour la plupart surengagé des ressources au moment de la clôture et qu’une liste de projets non opérationnels a été demandée pour chaque programme opérationnel. Il n’y a donc aucun risque que les avances contractuelles ne soient pas utilisées pour des projets efficaces.

En tout état de cause, la Commission a recommandé de ne pas aller au-delà des pratiques courantes de marché en ce qui concerne les avances.

Conclusions et recommandations

82

Sur la base des résultats de l’évaluation ex post de la période de programmation 2007-2013 et du 7e rapport sur la cohésion économique, sociale et territoriale, la politique de cohésion a donné de bons résultats globaux. La Commission s’est engagée à maintenir l’obtention de bons résultats et à poursuivre ses efforts pour accélérer l’absorption dans les États membres.

83

La Commission souligne que, si l’approbation rapide des programmes est importante pour la mise en œuvre, d’autres facteurs importants entrent en ligne de compte en matière d’absorption au cours de la période. Les programmes approuvés relativement tard par rapport à la moyenne peuvent encore atteindre des niveaux d’absorption supérieurs à la moyenne à la fin de la période. L’un de ces facteurs est de savoir si les programmes sont soumis à une règle n+2 ou n+3 plutôt que de savoir si la date d’adoption a lieu quelques mois plus tôt ou plus tard. Par rapport aux règles n+3, la règle n+2 renforce la discipline budgétaire et encourage une exécution budgétaire plus rapide.

84

La Commission reconnaît l’effet dissuasif sur l’absorption de la règle n+3 et du niveau élevé du préfinancement, notamment à la lumière des systèmes de comptes annuels et du processus de désignation. La Commission en a tenu compte lorsqu’elle a présenté ses propositions pour la période après 2020.

La Commission réitère les réponses qu'elle a fournies au rapport spécial nº 36/20166. Le chevauchement entre deux périodes est nécessaire étant donné que la mise en œuvre de nombreuses opérations se déroule sur plusieurs années et qu’il y a nécessairement une phase de lancement et une phase de conclusion. De plus, l’abandon du chevauchement des périodes d’éligibilité entraînera une diminution de la mise en œuvre des politiques. La Commission renforce la continuité entre les périodes au moyen d’un certain nombre de mesures, notamment l’échelonnement des projets de plus grande envergure.

85

La Commission a commencé à prendre des mesures en faveur de certains États membres dès 2010, immédiatement après avoir constaté un risque d’absorption lente7. Pour certains États membres, des actions supplémentaires ont dû être entreprises à partir de 2014.

87

La Commission rappelle que les questions de performance sont abordées tout au long de la période de programmation. La pratique courante en matière de gestion des programmes veut que, lorsqu’un programme indique un taux d’absorption plus faible, les mesures prises pour résoudre ces problèmes se concentrent sur l’absorption dans le cadre des objectifs existants.

Premier point: la reprogrammation est un outil nécessaire pour garantir la flexibilité des interventions définies dans les programmes pour une période de près de dix ans.

Quatrième point: la Commission n’a pas connaissance de versements d’avances contractuelles ayant conduit à la sélection de projets de mauvaise qualité.

La sélection des projets vers la fin de la période d’éligibilité suit les mêmes critères (y compris la performance) que ceux établis dans un programme.

88

Même si la Commission ne vérifie pas l’incidence de chaque mesure individuellement, elle obtient les résultats globaux de l’amélioration du taux d’absorption des programmes concernés. Le taux d’absorption moyen des trois fonds (FEDER, FSE, FC) de 97 % pour 2007-2013 est supérieur de 2 pp. à celui de 2000-2006. De plus, la période 2007-2013 a représenté la première période de programmation complète pour 12 États membres.

90

Sur la base des taux de sélection des projets et des dépenses déclarées par les bénéficiaires, la Commission considère que la mise en œuvre est à un niveau comparable au cours des années correspondantes des deux périodes de programmation, même si le bon niveau de sélection des projets ne s’est pas encore entièrement traduit par des demandes de paiement.

Recommandation nº 1: un calendrier pour le cadre législatif et les documents de programmation

La Commission accepte cette recommandation.

La Commission a présenté sa proposition pour le cadre législatif d’après 2020 le 29 mai 2018, c’est-à-dire 30 mois avant le début de la période de programmation pour l’après-2020. La recommandation a déjà été abordée dans une large mesure, en particulier dans la communication de la Commission COM(2018)98 du 14 février 2018 intitulée «Un cadre financier pluriannuel nouveau et moderne pour une Union européenne qui met en œuvre ses priorités avec efficience au-delà de 2020», et plus spécifiquement à la section 6, qui souligne l’importance d’un accord en temps utile sur le CFP pour l’après-2020.

Recommandation nº 2: des demandes bien étayées de révision des programmes (avec une analyse de l’impact sur les résultats)

La Commission accepte cette recommandation.

Recommandation nº 3: des moyens d’obtenir des informations permettant un meilleur suivi de l’absorption

La Commission accepte cette recommandation.

Recommandation nº 4: centrer l’attention sur la performance et les bons résultats

La Commission accepte cette recommandation.

Glossaire, sigles et acronymes

Absorption: Les fonds de l'UE sont considérés comme absorbés une fois que la Commission les a versés au programme opérationnel d'un État membre au titre du cofinancement de projets éligibles. Il comprend les avances ainsi que les paiements intermédiaires et final.

Accords de partenariat: Accords conclus entre la Commission européenne et chaque État membre pour la période de programmation 2014-2020. Ils décrivent la manière dont les autorités nationales prévoient d'utiliser les financements des Fonds structurels et d'investissement européens et exposent les objectifs stratégiques et les priorités d'investissement pour chaque pays, en les rapprochant des objectifs généraux de la stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive. Ils comportent également des précisions sur les éventuelles conditions ex ante (les conditions préalables à l'utilisation efficace et efficiente des fonds) et sur les cadres de gestion de la performance. Ils sont élaborés par l'État membre en concertation avec la Commission et doivent être adoptés par cette dernière.

Autorité d'audit: Autorité fournissant à la Commission une assurance quant au fonctionnement efficace des systèmes de gestion et des contrôles internes d'un PO (et, par suite, quant à la légalité et à la régularité des dépenses certifiées). Les autorités d'audit sont désignées par les États membres. Il s'agit en général de départements au sein des services du premier ministre ou du chef de l'État, du ministère des finances (ou d'organismes de contrôle interne relevant de son autorité), d'un autre ministère ou de l'institution supérieure de contrôle. Elles doivent être fonctionnellement indépendantes des organismes qui gèrent les fonds. Les autorités d'audit transmettent aux autorités de gestion et de certification les constatations relatives à leurs audits des systèmes et à leurs contrôles des opérations pour les PO concernés. Une fois par an, elles rendent compte à la Commission des travaux effectués au cours de l'exercice dans leur rapport de contrôle annuel. Si l'autorité d'audit estime que l'autorité de gestion n'a pas pris les mesures correctrices appropriées, elle doit attirer l'attention de la Commission sur cette question.

Autorité de certification: Autorité désignée par l'État membre pour réaliser les contrôles de premier niveau des dépenses déclarées par les autorités de gestion et certifier la légalité et la régularité de ces dépenses.

Autorité de gestion: Autorité publique nationale, régionale ou locale (ou tout autre organisme public ou privé) désignée par un État membre pour gérer un programme opérationnel. Elle a, entre autres, pour tâche de sélectionner les projets à subventionner, d'assurer le suivi de leur mise en œuvre et de faire rapport à la Commission sur les aspects financiers et sur les résultats obtenus. C'est également elle qui impose des corrections financières aux bénéficiaires à la suite d'audits réalisés par la Commission, par la Cour des comptes européenne ou par toute autorité de l'État membre.

Axe prioritaire: L'une des priorités de la stratégie retenue dans un programme opérationnel. L'axe prioritaire consiste en un groupe d'opérations liées entre elles et ayant des objectifs spécifiques mesurables.

Cadre de référence stratégique national: Document de référence pour la programmation des Fonds de l'Union européenne au niveau national pour la période 2007-2013. Il garantit que l'assistance fournie par les Fonds est conforme aux orientations stratégiques de l'UE en matière de cohésion. Il fait le lien entre les priorités de l'UE, d'une part, et les priorités nationales et régionales, d'autre part. Pour la période de programmation 2014-2020, les accords de partenariat (voir définition plus haut) ont remplacé le cadre de référence stratégique national.

Cadre financier pluriannuel (CFP): Cadre établissant les priorités en matière de dépenses ainsi que les montants maximaux que l'UE peut allouer à des domaines particuliers pendant une période déterminée de plusieurs années. Le CFP actuel couvre la période 2014-2020, tandis que les précédents concernaient les périodes 2007-2013 et 2000-2006 (Agenda 2000).

Cadre stratégique commun (CSC): Cadre fournissant des orientations et contribuant à harmoniser les objectifs assignés aux différents Fonds de la politique de cohésion de l'UE et aux autres instruments et politiques de l'Union.

Clôture: Liquidation d'un programme par le paiement du solde final à l'État membre concerné ou par le recouvrement des trop-perçus versés par la Commission. La clôture est la dernière étape du cycle de vie d'un programme.

COCOF: Le Comité de coordination des Fonds (COCOF) est un comité permanent de la Commission européenne. Il est chargé d'examiner les questions relatives à la mise en œuvre des règlements qui régissent les Fonds structurels et le Fonds de cohésion. Les notes d'orientation du COCOF, qui sont assorties d'exemples pratiques et d'informations, servent de recommandations sans être juridiquement contraignantes ni limitatives.

Dégagement: Annulation de la totalité ou d'une partie d'un engagement qui n'a pas été utilisé. Le dégagement est automatique après un certain délai, en général deux ou trois ans (règle n + 2/3).

Échelonnement: Manière d'organiser le financement d'un projet sur deux périodes de programmation afin de limiter le risque de projets inachevés (et donc inéligibles) et d'accroître l'absorption au cours de la première phase (2007-2013).

Effet d'aubaine: L'effet d'aubaine se produit lorsqu'un financement est octroyé afin de soutenir un bénéficiaire qui aurait effectué le même choix en l'absence d'aide. En pareil cas, le résultat ne saurait être imputé à la politique menée, et l'aide versée au bénéficiaire n'a eu aucun impact. En conséquence, la part des dépenses générant un effet d'aubaine est, par définition, improductive, puisqu'elle ne contribue pas à la réalisation des objectifs.

Engagement: Promesse juridique de fournir un financement sous certaines conditions, par laquelle l'UE s'engage à rembourser sa part dans le coût d'un projet qu'elle cofinance une fois que celui-ci est achevé.

Enveloppe allouée: Montant total affecté à un État membre ou à un programme opérationnel au cours d'une période de programmation donnée. Il s'agit en théorie du montant maximal susceptible d'être versé.

Fonds de cohésion (FC): Le Fonds de cohésion vise à renforcer la cohésion économique et sociale en finançant des projets liés à l'environnement et au transport dans les États membres dont le PNB par habitant est inférieur à 90 % de la moyenne de l'Union.

Fonds européen de développement régional (FEDER): Fonds visant à renforcer la cohésion économique et sociale dans l'Union européenne en corrigeant les principaux déséquilibres régionaux par un soutien financier à la création d'infrastructures et par des investissements porteurs en matière de création d'emplois, principalement pour les entreprises.

Fonds social européen (FSE): Fonds ayant pour mission de renforcer la cohésion économique et sociale dans l'Union européenne en améliorant l'emploi et les possibilités d'emploi (essentiellement grâce à des mesures de formation) ainsi qu'en encourageant un niveau élevé d'emploi et la création d'emplois plus nombreux et de meilleure qualité.

Grand projet: Projet qui comprend un ensemble de travaux, d'activités ou de services économiquement indivisibles remplissant une fonction technique précise et visant des objectifs clairement définis, et dont le coût total excède 50 millions d'euros, voire 75 millions d'euros dans le cas d'un projet dans le domaine des transports. L'approbation de la Commission est requise pour chaque projet.

Orientations stratégiques communautaires en matière de cohésion: Les orientations stratégiques communautaires énoncent les principes et les priorités de la politique de cohésion, et suggèrent, à l'intention des régions européennes, des pistes pour utiliser au mieux les fonds disponibles pour les programmes d'aide nationaux et régionaux de la période 2007-2013. Les autorités nationales étaient tenues d'en tenir compte lors de l'élaboration de leurs priorités stratégiques nationales et de la planification y afférente pour la période 2007-2013, lesquelles constituent le cadre de référence stratégique national.

Période de programmation: Cadre pluriannuel dans lequel les dépenses des Fonds structurels et du Fonds de cohésion sont planifiées et effectuées.

Programme opérationnel (PO): Programme établissant les priorités et les objectifs spécifiques d'un État membre, ainsi que les modalités d'utilisation des fonds (cofinancement public et privé par l'UE et l'État membre) au cours d'une période déterminée (actuellement sept ans) pour financer des projets. Les projets relevant d'un PO doivent contribuer à la réalisation d'un certain nombre d'objectifs. Les PO sont financés au titre du FEDER, du FC et/ou du FSE. Ils sont élaborés par les États membres et doivent être approuvés par la Commission préalablement à tout paiement sur le budget de l'UE. Pendant la période de programmation, ils ne peuvent être modifiés que par accord entre les deux parties.

Projet rétrospectif: Les projets ou opérations rétrospectifs sont ceux qui ont fait l'objet de dépenses financées au moyen de sources nationales ou qui ont été achevés avant la demande ou l'attribution officielle du cofinancement de l'UE. En d'autres termes, ils sont financés rétrospectivement. Pour la période de programmation 2014-2020, les projets ou opérations physiquement terminés ou intégralement mis en œuvre avant que le bénéficiaire ne soumette sa demande de financement ne sont pas éligibles à un financement de l'UE.

Taux d'absorption: Pourcentage absorbé, c'est-à-dire payé, du montant total engagé en faveur d'un programme opérationnel.

Valeur ajoutée européenne: Valeur qu'une action de l'UE ajoute à la valeur qui aurait été créée par la seule action des États membres.

Notes

1 Articles 174 et 176 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) et article 89 du règlement (UE) n° 1303/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen, au Fonds de cohésion, au Fonds européen agricole pour le développement rural et au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, portant dispositions générales applicables au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen, au Fonds de cohésion et au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, et abrogeant le règlement (CE) n° 1083/2006 du Conseil (JO L 347 du 20.12.2013, p. 320).

2 Les fonds engagés en faveur du FEDER, du FC et du FSE durant la période de programmation 2007-2013 correspondaient à un montant de 342,5 milliards d'euros. Les montants finals engagés ne seront connus qu'une fois toutes les procédures clôturées.

3 Règlement (CE) n° 1083/2006 du Conseil portant dispositions générales sur le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen et le Fonds de cohésion, et abrogeant le règlement (CE) n° 1260/1999 (JO L 210 du 31.7.2006, p. 25).

4 Règlement (CE) n° 1828/2006 de la Commission du 8 décembre 2006 établissant les modalités d'exécution du règlement (CE) n° 1083/2006 du Conseil, et du règlement (CE) n° 1080/2006 (JO L 371 du 27.12.2006, p. 1).

5 Règlement (CE) n° 1080/2006 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 relatif au Fonds européen de développement régional (JO L 210 du 31.7.2006, p. 1) et règlement (CE) n° 1081/2006 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 relatif au Fonds social européen (JO L 210 du 31.7.2006, p. 12). Règlement (CE) n° 1084/2006 du Conseil du 11 juillet 2006 instituant le Fonds de cohésion (JO L 210 du 31.7.2006, p. 79).

6 Le cadre pluriannuel dans lequel les dépenses des Fonds structurels et du Fonds de cohésion sont planifiées et exécutées est appelé «période de programmation».

7 Article 45 du règlement (CE) n° 1083/2006.

8 Article 317 du TFUE.

9 Article 75 du règlement (CE) n° 1083/2006.

10 Les paiements de la Commission incluent le préfinancement, conformément aux dispositions des articles 76 et 82 du règlement (CE) n° 1083/2006.

11 Article 93 du règlement (CE) n° 1083/2006.

12 Bulgarie, République tchèque, Estonie, Grèce, Croatie, Chypre, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Malte, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie et Slovaquie.

13 Dans le cas de la période de programmation 2014-2020, la règle n + 3 s'applique à tous les États membres, conformément aux dispositions de l'article 136 du règlement (UE) n° 1303/2013.

14 Ce groupe de travail a été créé pour assister les États membres qui rencontraient des difficultés à utiliser le solde de financement provenant de la période de programmation 2007-2013. Il a centré ses efforts sur 38 PO relevant du FEDER et du FC et a couvert huit États membres.

15 Parlement européen, commission du développement régional, «Rapport sur l'absorption des Fonds structurels et de cohésion: enseignements tirés en vue de la future politique de cohésion de l'UE», document 2010/2305(INI) du 25 juillet 2011.

16 Avis n° 7/2011 (JO C 47 du 17.2.2012, p. 1).

17 Voir rapport annuel 2013, chapitre 10 («Le budget de l'UE: obtenir des résultats»), point 10.10 (JO C 398 du 12.11.2014).

18 En ce qui concerne la période de programmation 2007-2013, le règlement général a été adopté au moyen de la procédure législative spéciale, ce qui signifie que le Conseil était en principe le seul législateur et que le Parlement européen ne disposait que d'un pouvoir d'intervention limité. Dans le cas de la période de programmation 2014-2020, le RDC a été adopté au terme d'une procédure législative ordinaire, le Conseil et le Parlement européen intervenant sur un pied d'égalité dans les négociations.

19 Rapport spécial n° 2/2017 intitulé «Négociation, par la Commission, des accords de partenariat et des programmes relevant de la cohésion pour la période 2014-2020: les dépenses ciblent davantage les priorités d'Europe 2020, mais les dispositifs destinés à mesurer la performance sont de plus en plus complexes», points 36 et 37.

20 Commission européenne, «Un cadre financier pluriannuel nouveau et moderne pour une Union européenne qui met en œuvre ses priorités avec efficience au-delà de 2020», COM(2018) 98 final du 14.2.2018.

21 Rapport spécial n° 2/2017, points 49 et 53 à 55.

22 Si la phase de négociation a pris plus de temps, c'est peut-être à cause des nouvelles exigences imposées par le nouveau cadre juridique, des problèmes informatiques rencontrés avec le nouveau système électronique d'échange d'informations et de la procédure plus complexe d'adoption des PO à la Commission. (Voir rapport spécial n° 2/2017, point 55, de la Cour des comptes européenne.)

23 Soit: 249 PO relevant du FEDER et du FC; 118 PO relevant du FSE et 73 PO relatifs à la coopération territoriale européenne.

24 Soit: 124 PO relevant du FEDER et du FC; 95 PO relevant du FSE; 92 PO concernés par plusieurs Fonds et 76 PO relatifs à la coopération territoriale européenne.

25 Le taux d'absorption s'obtient en divisant les paiements cumulés par le montant total des engagements relevant du FEDER, du FC et du FSE. Dans le cas de la période de programmation 2014-2020, la réserve de performance n'est pas incluse dans le montant total des engagements, étant donné qu'elle dépend du résultat de l'examen de la performance.

26 En raison des difficultés économiques persistantes, la période d'éligibilité de 13 programmes grecs et de 18 programmes INTERREG III a été prorogée jusqu'au 31 décembre 2009, ce qui a reporté les délais de soumission au 31 mars 2011. À la suite du tremblement de terre dans les Abruzzes, le PO régional et le programme INTERREG III A Italia-Adriatico ont été prolongés jusqu'au 30 juin 2010, avec un délai de soumission au 30 septembre 2011.

27 Cela correspondait à 7 % de la contribution des Fonds. Article 32 du règlement (CE) n° 1260/1999 du Conseil du 21 juin 1999 portant dispositions générales sur les Fonds structurels (JO L 161 du 26.6.1999, p. 1).

28 Voir les rapports annuels 2015 et 2016 de la Cour, chapitre 6 (Cohésion économique, sociale et territoriale).

29 Les comptes définitifs relatifs au troisième exercice, qui couvrent la période allant du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017, doivent être soumis à la Commission pour examen et acceptation, celle-ci devant intervenir pour le 31 mai 2018 au plus tard. Par conséquent, les dépenses cumulées peuvent évoluer.

30 «Ma région, mon Europe, notre futur – Septième rapport sur la cohésion économique, sociale et territoriale», septembre 2017, p. 177.

31 Bulgarie, Estonie, Croatie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Slovaquie.

32 Voir le rapport annuel 2016 de la Cour, chapitre 2 (Gestion budgétaire et financière), points 2.24 et 2.25.

33 Le taux d'absorption s'obtient en divisant les paiements cumulés (332,9 milliards d'euros) par le montant total des engagements relevant du FEDER, du FC et du FSE (342,5 milliards d'euros). Il est provisoire, étant donné que les demandes de paiement final sont toujours en cours d'apurement et que cela aura une incidence sur le montant des paiements cumulés.

34 FEDER/FC: 3,5 milliards d'euros; FSE: 0,9 milliard d'euros

35 FEDER/FC: 743,5 millions d'euros; FSE: 110,3 millions d'euros.

36 Article 67 du règlement (CE) n° 1083/2006.

37 La Croatie a adhéré à l'UE en juillet 2013 et sa période d'éligibilité courait jusqu'au 31 décembre 2016.

38 Communiqué de presse MEMO/15/4654 du 24 mars 2015.

39 La DG EMPL a fourni des données à la DG REGIO au travers d'une évaluation des systèmes de gestion du FSE, a été tenue informée des travaux effectués et a participé aux missions dans les États membres.

40 Ainsi que la Slovénie, dont le taux d'absorption de la partie relevant du Fonds de cohésion dans le PO relatif aux infrastructures dans les domaines de l'environnement et des transports était très inférieur à la moyenne de l'UE.

41 Les sujets couverts sont: les projets rétrospectifs, l'échelonnement, les erreurs commises dans les marchés publics, les avances contractuelles, ainsi que la soumission et l'approbation des grands projets.

42 Considérant 6 et article 48, paragraphe 3, du règlement (UE) n° 539/2010 du Parlement européen et du Conseil du 16 juin 2010 modifiant le règlement (CE) n° 1083/2006 du Conseil portant dispositions générales sur le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen et le Fonds de cohésion, en ce qui concerne la simplification de certaines exigences et certaines dispositions relatives à la gestion financière (JO L 158 du 24.6.2010, p. 1).

43 Annexe III du règlement (CE) n° 1083/2006.

44 Article 37, paragraphe 1, point e), du règlement (CE) n° 1083/2006.

45 Un grand projet comprend un ensemble de travaux, d'activités ou de services économiquement indivisibles remplissant une fonction technique précise et visant des objectifs clairement définis, et dont le coût total excède 50 millions d'euros, voire 75 millions d'euros dans le cas d'un projet dans le domaine des transports. L'approbation de la Commission est requise pour chaque projet.

46 Article 40, point d), du règlement (CE) n° 1083/2006.

47 C(2015) 2771 final.

48 C(2015) 2771 final.

49 Parmi les 20 PO composant notre échantillon, 14 comportaient de grands projets ou des projets d'une valeur supérieure à 5 millions d'euros.

50 Rapport spécial n° 36/2016 intitulé «Une évaluation des modalités de clôture des programmes de cohésion et de développement rural pour la période 2007-2013», tableau 5.

51 Document COCOF 12/0050/01.

52 Rapport annuel 2008, chapitre 6 (Cohésion), point 6.19.

53 Article 65, paragraphe 6, du règlement (UE) n° 1303/2013.

54 C(2015) 2771 final.

55 Rapport de la Commission européenne intitulé Summary of data on the progress made in financing and implementing financial instruments reported by the managing authorities in accordance with Article 67(2)(j) of Regulation (EC) No 1083/2006: Programming period 2007-2013, Situation as at 31 December 2015, EGESIF. 16-0011-00, 20 septembre 2016.

56 Voir rapport spécial n° 19/2016 intitulé «Instruments financiers et exécution du budget de l'UE: quels enseignements tirer de la période de programmation 2007-2013?», points 42 à 44, et chapitre 6 des rapports annuels 2014, 2015 et 2016.

57 Voir rapport spécial n° 19/2016 intitulé «Instruments financiers et exécution du budget de l'UE: quels enseignements tirer de la période de programmation 2007-2013?», points 95 et 96, ainsi que les rapports annuels 2014, 2015 et 2016.

58 Rapport de la Commission européenne intitulé Summary of data on the progress made in financing and implementing financial instruments reported by the managing authorities in accordance with Article 67(2)(j) of Regulation (EC) No 1083/2006: Programming period 2007-2013, Situation as at 31 March 2017 (closure), EGESIF 17-0014-00, 20 septembre 2017.

59 Rapport de la Commission européenne intitulé Summary of data on the progress made in financing and implementing financial engineering instruments reported by the managing authorities in accordance with Article 67(2)(j) of Regulation (EC) No 1083/2006: Programming period 2007-2013, Situation as at 31 March 2017 (at closure), EGESIF. 17-0014-00, 20 septembre 2017.

60 Rapport spécial n° 36/2016.

61 Rapport spécial n° 36/2016.

 

1 COM (2016) 605 du 14.9.2016, Proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union.

2 Référence: réponse de la Commission au point 6.19 du rapport annuel de la Cour relatif à l’exercice 2008.

3 Article 56, paragraphe 1, du règlement (CE) nº 1083/2006.

4 Article 65, paragraphe 6, du règlement (UE) nº 1303/2013.

5 Article 125, paragraphe 3, point e), du règlement (UE) nº 1303/2013.

6 Voir les réponses de la Commission aux points 129 et 130 du rapport spécial nº 36/2016 de la CCE.

7 Par exemple, un suivi régulier de la performance des programmes a été entrepris dès le début de la période. La Commission a également utilisé un réseau d’experts chargés de l’évaluation pour fournir une vue d’ensemble annuelle de la mise en œuvre. Sa synthèse et les rapports annuels sont disponibles à l’adresse suivante: http://ec.europa.eu/regional_policy/fr/policy/evaluations/ec/2007-2013 La Commission a commencé à prendre des mesures en faveur de certains États membres dès 2010, immédiatement après avoir constaté un risque d’absorption lente. Le rapport annuel 2013 met en lumière les défis à relever et définit clairement les problèmes conduisant à une absorption lente dans certains pays. Disponible à l’adresse suivante: http://ec.europa.eu/regional_policy/sources/docgener/evaluation/pdf/eval2007/2013_een_task2_synthesis_final.pdf
Les rapports stratégiques adoptés par la Commission en 2010 et 2013 ont fourni une vue d’ensemble de la mise en œuvre au niveau de l’UE et ont fait passer des messages sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre et la réalisation des objectifs d’investissement.

Étape Date
Adoption du plan d'enquête/début de l'audit 2.3.2016
Envoi officiel du projet de rapport à la Commission (ou à toute autre entité auditée) 28.3.2018
Adoption du rapport définitif après la procédure contradictoire 30.5.2018
Réception des réponses officielles de la Commission (ou de toute autre entité auditée) dans toutes les langues 23.7.2018

Équipe d'audit

Les rapports spéciaux de la Cour présentent les résultats de ses audits relatifs aux politiques et programmes de l'UE ou à des questions de gestion concernant des domaines budgétaires spécifiques. La Cour sélectionne et conçoit ces activités d'audit de manière à maximiser leur incidence en tenant compte des risques pour la performance ou la conformité, du niveau des recettes ou des dépenses concernées, des évolutions escomptées ainsi que de l'importance politique et de l'intérêt du public.

Le présent audit de la performance a été réalisé par la Chambre II (Investissements en faveur de la cohésion, de la croissance et de l'inclusion), présidée par Mme Iliana Ivanova, Membre de la Cour. L'audit a été effectué sous la responsabilité de M. Henri Grethen, Membre de la Cour, assisté de: M. Marc Hostert, chef de cabinet; MM. Niels-Erik Brokopp et Emmanuel Rauch, managers principaux; Mmes Anna Fiteni et Peggy Vercauteren, chefs de mission; Mmes Alessandra Falcinelli, Agota Krenusz et Radka Papouskova, auditrices, ainsi que MM. Adrian Rosca et Piotr Senator, auditeurs.

De gauche à droite: Anna Fiteni, Marc Hostert, Radka Papouskova, Piotr Senator, Peggy Vercauteren, Niels-Erik Brokopp et Henri Grethen.

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12, rue Alcide De Gasperi
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