Rapport spécial
20 2018

Aide de l’Union européenne à l’architecture africaine de paix et de sécurité: un recentrage s’impose

En ce qui concerne le rapport En 2002, les États membres de l’Union africaine ont créé l’architecture africaine de paix et de sécurité (ci-après «l’AAPS») en tant que réponse structurelle et à long terme aux défis à relever en matière de paix et de sécurité sur le continent africain. Cette AAPS permet à l’Union africaine et à des organisations sous-régionales dotées d’un mandat d’avoir accès à des outils qui les aident à prévenir, gérer et régler les conflits.

Nous avons examiné l’aide de l’UE au développement de l’AAPS et avons conclu qu’elle n’avait guère eu d’effet et qu’un recentrage s’imposait. Pendant de nombreuses années, l’AAPS est restée très dépendante du financement des donateurs et l’aide apportée par l’UE a été centrée sur la participation aux coûts opérationnels de base de cette architecture. Nous formulons plusieurs recommandations destinées à améliorer l’approche de l’UE, afin qu’elle vise à encourager la participation de l’Union africaine à l’AAPS, à recentrer l’aide de l’Union européenne et à faire en sorte que les interventions de la Commission soient constamment fondées sur les résultats.

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Synthèse

I

En 2002, les États membres de l’Union africaine (UA) ont créé l’architecture africaine de paix et de sécurité (ci-après «l’AAPS») en tant que réponse structurelle et à long terme aux défis à relever en matière de paix et de sécurité sur le continent africain. Cette AAPS permet à l’Union africaine (UA) et à des organisations sous-régionales (OSR) dotées d’un mandat d’avoir accès à des outils qui les aident à prévenir, gérer et régler les conflits.

II

Lors de notre audit, nous avons examiné l’aide apportée par l’UE à l’AAPS. Nous avons examiné si cette aide était bien conçue et ciblée, si elle contribuait à l’obtention de résultats durables et si elle était mise en œuvre de façon appropriée. Nous avons audité des contrats dont la valeur totale dépassait 100 millions d’euros, conclus par la Commission au cours de la période 2014-2016.

III

Globalement, nous estimons, en conclusion, que l’aide apportée par l’UE à l’AAPS a eu peu d’effets et qu’elle doit être recentrée. Bien qu’un cadre stratégique général soit en place, nous avons constaté que cette aide avait pendant longtemps été centrée sur la participation aux coûts opérationnels de base. Étant donné le faible appui financier de l’Union africaine à l’AAPS, cette dernière est restée pendant de nombreuses années très dépendante de l’aide de donateurs. L’UE a apporté une contribution financière aux composantes de l’AAPS, mais leurs capacités sont de qualité extrêmement variable et plusieurs problèmes subsistent.

IV

Nous avons constaté que l’UE ne s’était fixé aucune priorité claire en matière de soutien à l’AAPS et que sa stratégie manquait de vision à long terme concernant l’évolution de cette aide. Au cours de la période sur laquelle l’audit a porté, l’UE n’a pas suffisamment veillé à assurer le passage d’une aide servant à payer les rémunérations à un soutien centré sur le renforcement des capacités. Cela aurait permis d’assurer le succès à long terme de l’aide apportée par l’UE. L’UE a soutenu les plans que l’UA a établis pour atteindre son indépendance financière et être ainsi en mesure d’assumer une part accrue des coûts opérationnels de l’AAPS, mais leur mise en œuvre en était encore à un stade précoce.

V

Nous avons également constaté qu’au moment de l’audit, six des 14 contrats que nous avons contrôlés, qui portaient principalement sur les frais de personnel, avaient permis d’obtenir la plupart des résultats attendus. Deux ne l’avaient fait que partiellement et un n’avait abouti à aucun des résultats escomptés. Dans cinq cas, des retards dans la mise en œuvre nous ont empêchés de vérifier si les contrats avaient donné les résultats prévus. En outre, la conclusion tardive des contrats, les cas de financement rétroactif et le manque d’informations sur les résultats obtenus ont constitué autant d’obstacles à la fourniture de l’aide par l’UE. Au cours de la période sur laquelle l’audit a porté, les instruments de financement n’ont pas toujours été utilisés de façon cohérente.

VI

Sur la base des observations formulées dans le présent rapport, la Cour recommande:

  1. à la Commission et au SEAE d’encourager l’UA à renforcer sa participation dans l’AAPS de manière à ce qu’elle soit financièrement indépendante et de recentrer l’aide de l’UE afin qu’elle soit davantage axée sur des mesures de renforcement des capacités plutôt que sur le financement des coûts opérationnels;
  2. à la Commission de faire en sorte que les interventions soient constamment fondées sur les résultats, que les retards dans la conclusion des contrats et le nombre de cas de financement rétroactif diminuent, que le suivi soit amélioré et que l’utilisation des instruments de financement soit cohérente.

Introduction

L’architecture africaine de paix et de sécurité

01

L’architecture africaine de paix et de sécurité (ci-après «l’AAPS») est un ensemble d’institutions, de textes législatifs et de procédures, conçu pour prévenir les conflits et pour promouvoir la paix et la sécurité sur le continent africain. L’Acte constitutif de l’Union africaine1 établit la base juridique de l’AAPS, et le Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, adopté par les États membres de l’UA en 2002, en définit la structure, les objectifs et les principes. Dix organisations sous-régionales (OSR) africaines, auxquelles leurs États membres respectifs ont conféré un mandat pour agir dans le domaine de la paix et de la sécurité, jouent aussi un rôle dans l’AAPS. Huit sont des communautés économiques régionales (ci-après les «CER») et deux sont des mécanismes régionaux pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits (ci-après les «MR»)2. La coopération entre ces organisations et l’UA dans le cadre de l’AAPS doit respecter les principes de subsidiarité et de complémentarité3.

02

L’élément central de l’AAPS est le Conseil de paix et de sécurité, établi par les États membres de l’UA en tant qu’«organe de décision permanent pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits». Ce Conseil bénéficie de l’appui de la Commission de l’Union africaine, d’un Groupe des sages, d’un système continental d’alerte rapide et d’un Fonds pour la paix4, (voir figure 1).

Figure 1

Composantes de l’architecture africaine de paix et de sécurité au niveau de l’Union africaine

Source: Cour des comptes européenne, sur la base du Protocole de l’UA de 2002.

03

L’AAPS vise à fournir un cadre et des outils pour que l’UA et les OSR puissent jouer un rôle actif en matière de prévention et de règlement des conflits en Afrique, qui ont différentes causes (voir encadré 1).

Encadré 1

Les causes de conflits

Selon l’Institut d’études de sécurité, la faiblesse de l’État est la principale source d’insécurité en Afrique5. Cette fragilité conduit aussi à affaiblir les mécanismes régionaux de sécurité. Dans ce contexte, les conflits sont causés par un ensemble complexe de facteurs, mais trois principaux éléments déclencheurs ont été recensés: les changements de gouvernement, les contestations entre États et les mouvements extrémistes violents.

Les contestations lors d’un changement de gouvernement sont l’une des principales sources de conflit. L’exercice d’un mandat électif comporte des avantages financiers considérables et les systèmes de gouvernance présentent souvent des faiblesses. Cela incite fortement à recourir à la violence pour s’assurer la victoire aux élections. Ces dernières années, la violence en période d’élections a augmenté.

Contestation entre États – En Afrique, l’antagonisme (ou la contestation) entre États est courant(e). Souvent, il se produit lorsqu’un État soutient l’utilisation de la violence dans les pays voisins afin de favoriser ses propres objectifs politiques. Cela peut prendre la forme d’opérations militaires transfrontalières secrètes ou d’une aide discrète ou franche en faveur de rebelles de l’autre côté de la frontière. Beaucoup de conflits traditionnellement considérés comme «internes» sont en réalité déclenchés ou entretenus par ce type d’influence étrangère.

Les mouvements extrémistes violents causent une grande partie des conflits violents en Afrique. Lorsqu’ils parviennent à prendre pied dans un pays, ils ont tendance à passer les frontières. À titre d’exemple, la violence exercée par des combattants en Libye, au Mali, dans le nord-est du Nigeria et en Somalie s’est étendue aux pays voisins, des attaques ayant également eu lieu en Algérie, au Burkina Faso, au Kenya et en Ouganda6.

04

Dans le cadre de l’AAPS, l’UA et les OSR sont intervenues dans 28 des 67 conflits violents (42 %) qui se sont produits en Afrique en 2016. Les interventions ont été effectuées par la voie diplomatique ou sous la forme de médiations et d’opérations de soutien à la paix, ou encore d’une combinaison de ces trois éléments. Il ressort des évaluations de ces 28 interventions que 21 d’entre elles étaient au moins partiellement parvenues à éviter ou à apaiser des conflits7 (voir encadré 2).

Encadré 2

Exemple d’intervention dans le cadre de l’AAPS

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est intervenue pour restaurer l’ordre pendant la crise constitutionnelle qui a suivi l’élection présidentielle de 2016 en Gambie. La CEDEAO a d’abord mené des initiatives diplomatiques et une médiation de haut niveau impliquant les présidents du Ghana, de la Guinée, du Liberia, de la Mauritanie et du Nigeria. Ces efforts n’ont pas été couronnés de succès et, par suite, la CEDEAO a émis un ordre d’intervention militaire. Quelque 7 000 soldats de la Force en attente de la CEDEAO se sont préparés à pénétrer sur le territoire gambien. La combinaison de la diplomatie et de la menace du recours à la force militaire a conduit à un règlement rapide et efficace du conflit en Gambie, sans que la moindre victime soit à déplorer.

05

Les États membres de l’UA ont créé le Fonds africain pour la paix afin de pouvoir lever les fonds nécessaires au financement des missions de soutien à la paix de l’UA et de ses activités opérationnelles liées à la paix et à la sécurité8. Les fonds devaient provenir essentiellement du budget de l’UA, avec la possibilité d’apports supplémentaires sous la forme de contributions volontaires d’autres donateurs. Or moins de la moitié des États africains ont versé la totalité de leur contribution au budget de l’UA dans les délais9, ce qui a amputé ce dernier de 33 % sur la période 2011-201510. Les donateurs financent donc une grande partie du budget de l’UA11 (54 % en 201712).

06

En outre, seule une faible proportion du budget de l’UA est versée au Fonds africain pour la paix. Les États membres de l’UA ont convenu d’augmenter les ressources financières allouées au Fonds africain pour la paix en faisant passer sa dotation à 12 % du budget ordinaire de l’UA en 2014. Cependant, le montant versé en 2016 correspondait à 7 % du budget ordinaire (à savoir moins de 6 millions d’euros)13.

07

L’UA et les OSR ont établi des feuilles de route pour orienter l’évolution de l’AAPS. En décembre 2015, elles en ont adopté la feuille de route actuelle, qui couvre la période 2016-2020. Elle comporte cinq priorités stratégiques: la prévention des conflits, la gestion des crises et des conflits, la reconstruction après les conflits et la consolidation de la paix, les questions de sécurité stratégique14, ainsi que la coordination et les partenariats dans le cadre de l’AAPS.

L’aide de l’Union européenne à l’architecture africaine de paix et de sécurité

08

L’UE a inscrit la paix et la sécurité sur le continent africain parmi ses priorités et a défini les principes fondamentaux de son approche en 199615. Elle a réaffirmé ces principes et son propre intérêt à se concentrer sur la paix et la sécurité sur le continent africain dans plusieurs stratégies de haut niveau concernant la prévention des conflits et la sécurité16, puis, plus récemment, dans la stratégie globale de l’Union européenne de 201617. En 2007, l’UA et l’UE ont lancé la stratégie commune UE-Afrique (SCUA) en tant que cadre pour la coopération et le dialogue politique et ont souligné l’importance de la paix et de la sécurité pour les deux Unions. Depuis lors, la priorité des plans d’action relatifs à la SCUA était de rendre l’AAPS opérationnelle.

09

L’UE achemine son aide financière en faveur du développement de l’AAPS par l’intermédiaire du Fonds européen de développement (FED)18. Les principaux canaux par lesquels l’aide au titre du FED est transmise sont la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique (FPA), créée par l’UE en 200319, ainsi que les programmes indicatifs régionaux (PIR)20. Pour la période 2014-2020 relative au FED, trois PIR concernent l’Afrique et couvrent l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, ainsi que la région englobant l’Afrique orientale, l’Afrique australe et l’océan Indien. Le montant alloué à la paix et à la sécurité aussi bien au titre de la FPA que des PIR a plus ou moins doublé entre les périodes précédente et actuelle (voir figure 2). La plupart des fonds (environ 80 %) ont été utilisés pour financer des opérations de soutien à la paix comme la mission de l’Union africaine en Somalie.

Figure 2

Montants alloués à la paix et à la sécurité au titre des programmes indicatifs régionaux (PIR) et de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique (FPA), période 2008-2020* (millions d’euros)

*Les montants indiqués au titre de la FPA pour la période 2019-2020 sont provisoires.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base d’informations fournies par la Commission européenne.

10

Environ 14 % du financement global pour la paix et la sécurité au titre de la FPA et des PIR pour la période 2014-2020, à savoir en moyenne 50 millions d’euros par an, ont été alloués à la mise en œuvre de l’AAPS. Cela représente une augmentation de 150 % par rapport à la période de programmation précédente. L’UE estime que l’appui accordé à l’AAPS peut permettre de limiter les opérations de soutien à la paix à financer, opérations onéreuses dont le coût atteint jusqu’à 720 millions d’euros21 par an, notamment grâce au renforcement de la capacité de l’UA et des OSR à prévenir et à régler les conflits sur le continent. Parallèlement, le montant alloué à l’AAPS au titre des PIR a été multiplié par six, ce qui traduit l’attention accrue accordée par l’UE à la prévention des conflits et à la médiation au niveau sous-régional (voir figure 3).

Figure 3

Fonds alloués par l’UE à la mise en œuvre de l’AAPS au titre de la FPA et des PIR, période 2008-2020 (millions d’euros)

*Pour les prochaines périodes, les montants actuellement alloués font encore l’objet de discussions et de modifications. Pour les périodes précédentes, les montants inscrits aux contrats qui ont été passés sont utilisés, lorsqu’ils sont disponibles, à la place des montants alloués.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base d’informations transmises par la Commission européenne.

Étendue et approche de l’audit

11

Au cours de notre audit, nous avons examiné si l’UE avait efficacement soutenu l’AAPS. Pour ce faire, nous avons essayé de répondre aux trois sous-questions ci-après.

  1. L’aide de l’UE à l’AAPS a-t-elle été bien conçue et ciblée?
  2. L’aide de l’UE à l’AAPS a-t-elle contribué à l’obtention de résultats durables?
  3. L’aide de l’UE à l’AAPS a-t-elle été mise en œuvre de manière satisfaisante?
12

L’audit a couvert les dépenses du FED effectuées dans le cadre de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique (FPA) ainsi que des programmes indicatifs régionaux (PIR). Nous avons examiné l’aide apportée par l’UE à partir de 2014 et faisons référence à des évaluations et appréciations d’activités antérieures à cette année lorsqu’elles sont disponibles et pertinentes. Nous avons audité l’ensemble des 14 contrats conclus par la Commission au cours de la période 2014-2016, d’une valeur totale de 102,5 millions d’euros. Neuf d’entre eux ont été financés au titre de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique, quatre relevaient du PIR pour l’Afrique de l’Ouest et un, du PIR pour l’Afrique centrale22. Les plus gros contrats ont été signés avec l’UA, par exemple les accords de financement conjoint destinés à financer les rémunérations des agents du Département Paix et Sécurité de la Commission de l’UA et des bureaux de liaison de l’UA. D’autres contrats ont été conclus avec des organisations régionales, comme la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). L’annexe I présente une ventilation des fonds octroyés à chaque organisation soutenue.

13

Nous avons exclu de notre audit les opérations de soutien à la paix, parce que ces dépenses concernent principalement des remboursements d’indemnités versées aux troupes et non l’aide en faveur de l’AAPS. Nous n’avons pas audité les autres instruments de financement de l’UE relatifs à la paix et à la sécurité en Afrique, dès lors qu’aucune de leurs activités n’a concerné directement l’AAPS au cours de la période sur laquelle l’audit a porté.

14

Nous avons réalisé nos travaux d’audit entre janvier et novembre 2017. Nous avons recueilli des éléments probants au moyen de contrôles documentaires et d’entretiens avec des agents du Service européen pour l’action extérieure, de la Commission européenne, ainsi que des parties prenantes concernées, telles que d’autres donateurs et les bénéficiaires de l’aide apportée par l’UE (à savoir l’UA et les OSR). Nous avons effectué des visites auprès de la Commission de l’Union africaine, de la CEDEAO et de la CEEAC.

Observations

L’aide de l’Union européenne est restée centrée sur les coûts opérationnels

15

Dans la présente section, nous examinons si l’aide fournie par l’UE à l’AAPS s’inscrivait dans le cadre d’une stratégie claire. Nous évaluons dans quelle mesure cette aide a permis de répondre aux besoins de l’AAPS et comment elle a évolué pour cibler les problèmes actuels et futurs de cette architecture.

L’Union européenne a conçu son aide en faveur de l’architecture africaine de paix et de sécurité sur la base d’un cadre stratégique

16

L’UE a analysé la situation en matière de paix et de sécurité sur le continent africain et a développé une approche sur laquelle fonder son aide. Reconnaissant le rôle important joué dans le domaine de la paix et de la sécurité à la fois par l’Union africaine (UA) et par les organisations sous-régionales (OSR) africaines, l’UE a noué un dialogue à ces deux niveaux. Elle a revu et actualisé ses stratégies du fait que de nouvelles menaces pour la paix et la sécurité sont apparues (voir point 8).

17

Conformément à ce cadre stratégique, l’UE a fourni une aide sur les plans politique et financier à l’UA et aux OSR, y compris pour la création de l’AAPS. L’UE a contribué à l’élaboration des feuilles de route successives par l’UA et par les OSR, qui contenaient des plans pour la mise en œuvre de l’AAPS23. L’Union européenne a également prêté son concours pour les évaluations régulières de l’AAPS. Cela signifie que celle-ci a régulièrement bénéficié d’informations en retour (sous la forme d’évaluations la concernant) et d’orientations en vue d’évolutions futures (énoncées dans les «feuilles de route de l’AAPS»). Les feuilles de route ont également fourni un cadre pour la coordination des donateurs. Cependant, une évaluation de la FPA effectuée en 2017 a permis de mettre en évidence des faiblesses dans la dernière feuille de route de l’AAPS. Il y était indiqué que cette feuille de route était trop complexe à utiliser et dépourvue de perspective globale et que la Commission de l’UA ne se l’était pas encore réellement appropriée24.

18

L’UE a mis en place des mécanismes pour le dialogue politique au niveau régional et à celui de l’UA. Le dialogue politique et stratégique sur les questions de paix et de sécurité, y compris concernant la mise en œuvre de l’AAPS, se déroule lors de réunions régulières avec l’UA dans le cadre de la stratégie commune UE-Afrique établie en 2007. Toutefois, l’UA et les différentes OSR n’ont pas adopté de position claire sur la stratégie relative à la répartition des responsabilités entre elles, notamment en ce qui concerne la question de la subsidiarité (voir point 34).

19

Les mécanismes établis par l’UE pour le dialogue avec les organisations régionales ont moins bien fonctionné. Dans le cas de la CEDEAO par exemple, les réunions au niveau ministériel n’étaient pas organisées régulièrement (plusieurs ont eu lieu en 2017, mais aucune en 2016, malgré les efforts déployés). Dans d’autres cas, le dialogue stratégique était compliqué (par exemple en raison de l’absence de réformes institutionnelles, de la très faible progression en matière d’intégration régionale ou de la lente réactivité des autres interlocuteurs concernant les propositions ou demandes). Il fallait améliorer, renforcer et consolider le dialogue, par exemple en ce qui concerne les stratégies sous-régionales de l’UE sur le Sahel et sur le golfe de Guinée. Le dialogue politique s’est parfois avéré difficile parce que les organisations manquaient de capacités administratives. C’était par exemple le cas de la CEEAC.

Le financement de l’architecture africaine de paix et de sécurité dépend des contributions des donateurs

20

L’AAPS a été sous-financée, les contributions des États membres de l’UA au budget de l’Union africaine (voir point 5) et au Fonds pour la paix (voir point 6) n’ayant pas été intégralement versées. Ce problème a été souligné dans la dernière feuille de route de l’AAPS: «Malgré plusieurs décisions prises par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA et/ou les dispositions prises lors de la création du CPS, l’AAPS subit encore le manque de participation financière de l’UA et des CER/MR et est fortement dépendante à l’égard des donateurs»25. En outre, des experts ont souligné que les Africains ne pourront s’approprier l’agenda pour la paix et la sécurité du continent que si son autonomie financière est assurée26.

21

En reconnaissant les problèmes causés par la dépendance à l’égard des donateurs, les États membres de l’UA ont décidé, en juillet 2016, d’instituer un nouveau mécanisme pour financer le budget opérationnel et le Fonds pour la paix27. L’UE a soutenu cette initiative, qui consiste à imposer, à compter de 2017, une taxe de 0,2 % sur toutes les marchandises éligibles importées en Afrique. En janvier 2018, 14 États membres de l’UA avaient commencé à percevoir la taxe28, le Fonds pour la paix commençait à fonctionner et était doté d’une structure de gouvernance. En juin 2017, l’UA a invité l’UE à faire partie du conseil de direction du Fonds pour la paix.

22

Au moment de l’audit, il était trop tôt pour évaluer l’efficacité des nouvelles dispositions. Par ailleurs, la taxe ne résout pas les difficultés financières des OSR, financées par d’autres mécanismes. Citons par exemple le manque cruel de financement de la CEEAC29. De plus, il se peut que plusieurs États africains soient amenés à se demander si leurs ressources limitées doivent servir à financer l’UA ou les OSR30.

L’Union européenne a financé les coûts opérationnels sans aucun plan pour le recentrage de l’aide

23

Pendant la période sur laquelle l’audit a porté, les fonds alloués par l’UE à l’AAPS ont été essentiellement utilisés pour couvrir des coûts opérationnels tels que les frais de personnel (voir figure 4). Au cours des premières années où elle apportait son aide (à partir de 2010), l’UE justifiait le financement des coûts opérationnels par la nécessité de rendre la nouvelle structure opérationnelle. Or, quelque sept ans plus tard, l’aide de l’UE restait axée sur le financement des coûts opérationnels de base. De ce fait, l’AAPS risque d’être tributaire de l’aide fournie par les donateurs. En effet, la dépendance d’un projet à l’égard de ce type de soutien est d’autant plus grande que la période d’octroi de l’aide est longue et que la part du financement couverte par les donateurs est élevée31.

Figure 4

Financement de l’UE en faveur de l’AAPS (période 2014-2016)

Source: Cour des comptes européenne, sur la base d’informations transmises par la Commission européenne.

24

Nous nous attendions à ce que l’UE ait élaboré un plan à long terme montrant comment son aide était appelée à évoluer dans le temps avant d’être finalement supprimée progressivement. Nous n’avons trouvé aucun élément probant attestant l’existence d’un document de ce type. L’UE n’a pas non plus convenu avec l’UA et les OSR de la façon dont elle adapterait graduellement le montant de son aide et dont elle réaffecterait les fonds vers davantage de mesures de renforcement des capacités (par exemple pour la prévention des conflits, la réaction efficace à ces derniers et la reconstruction post-conflit) et de mesures d’aide stratégiques (telles que des réformes sur les plans organisationnel et opérationnel, des améliorations des systèmes, la fourniture d’un savoir-faire et de formations spécifiques, etc.), afin de développer des capacités à long terme.

25

L’UE n’avait pas subordonné l’octroi de son aide au respect de certaines conditions. Elle n’avait, par exemple, pas imposé à l’UA ou aux OSR de continuer à financer les initiatives quand elle cesserait de soutenir celles-ci financièrement. Dans un contrat pour lequel la convention de financement comportait une telle disposition, l’OSR n’a pas respecté l’accord passé et n’a pas continué de financer les emplois dont le coût était auparavant pris en charge par le FED (voir encadré 3).

Encadré 3

Points positifs et négatifs d’un système régional d’alerte rapide

Un système d’alerte rapide est un système d’instruments et de procédures utilisé pour collecter et analyser des données, afin d’anticiper et de prévenir les conflits. Les systèmes d’alerte rapide centraux et régionaux sont indispensables au bon fonctionnement de l’AAPS. Dans la région centrale de l’Afrique, un système de ce type, le Mécanisme d’Alerte Rapide de l’Afrique Centrale (MARAC), a été créé en 2007. L’UE a alloué des fonds provenant du FED pour permettre l’extension du système, l’installation des systèmes de technologies de l’information et de communication, ainsi que le recrutement et la formation des membres du personnel. Un réseau de 30 correspondants a été mis en place dans plusieurs États d’Afrique centrale. Plusieurs parties prenantes que nous avons interrogées ont indiqué que le MARAC avait contribué de manière positive et efficace à l’anticipation et à la prévention des conflits.

Lorsque le soutien de l’UE a pris fin en 2016, l’OSR n’a toutefois pas respecté son obligation de continuer à financer les dépenses concernant le personnel affecté au système d’alerte rapide, contrairement à ce qui avait été convenu; en conséquence, les capacités ainsi développées ont été perdues. Seule une aide financière minimale a été fournie dans le cadre de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique au cours de l’exercice 2017 et, au moment de l’audit, le nombre d’agents affectés au MARAC avait été ramené au niveau qui était le sien avant le concours de l’UE. Les agents permanents n’étaient plus que trois (contre les 15 nécessaires pour que le système soit pleinement opérationnel) et le réseau de correspondants n’était plus actif.

L’UE est de nouveau intervenue en 2017 et a signé une nouvelle convention de financement qui devait servir à financer un renforcement de l’effectif du MARAC pour qu’il comporte quatre analystes, des agents de soutien supplémentaires et un réseau de 20 correspondants.

26

Nous nous attendions aussi à ce que les contrats comportent des dispositions concernant à la fois la réduction du financement global et la réorientation de l’aide de manière à ce qu’elle serve à rémunérer des agents spécialisés plutôt que du personnel opérationnel. Si l’UA et les OSR prenaient en charge les frais de fonctionnement courant32, l’UE pourrait alors se concentrer sur l’apport d’une valeur ajoutée en finançant des agents formés à des compétences spécialisées, comme la prévention et le règlement des conflits. Dans la plupart des contrats que nous avons audités, ce n’était pas le cas. L’encadré 4 présente un exemple où cette approche a réussi.

Encadré 4

Augmenter la valeur ajoutée de l’aide apportée par l’UE

En 2015, les donateurs rémunéraient tous les agents engagés pour une courte durée au sein du département Paix et Sécurité de la Commission de l’UA dans le cadre d’un contrat relatif aux rémunérations relevant d’un accord de financement conjoint. En 2017, à la suite de discussions avec l’UE et les autres donateurs, la Commission de l’UA a fait passer de 200 à 172 le nombre d’agents rémunérés dans le cadre de la FPA alimentée par des donateurs et a augmenté la part des frais de personnel que les États membres de l’UA doivent prendre en charge33. Parallèlement, le rapport entre le personnel de soutien et les agents professionnels financés au titre de ce contrat est passé de un pour un à pratiquement un pour deux. La valeur cible à atteindre à compter de 2017 était un rapport de un pour trois34.

L’Union européenne n’a pas alloué son aide en fonction de priorités suffisamment bien définies

27

Consciente des risques que font peser les conflits en Afrique sur les citoyens de l’UE (terrorisme violent, accès à des armes de destruction massive et criminalité organisée), l’UE a commencé à orienter son aide vers la prévention de ce type de conflits et vers leur règlement lorsqu’ils surviennent35. Conformément à la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide36 et aux principes définis dans le cadre de la stratégie commune UE-Afrique, l’Union européenne a généralement apporté son soutien à l’AAPS en fonction des besoins exprimés par l’UA et par les OSR dans la feuille de route de l’AAPS. Or les besoins étaient définis de manière très générale et les priorités n’étaient ni spécifiques ni claires.

28

Le SEAE et la Commission européenne n’ont pas défini de priorités précises en matière de financement de l’UE ni élaboré de lignes directrices pour l’affectation des ressources aux différentes composantes de l’AAPS. Cependant, la Commission européenne et le SEAE ont examiné les propositions de financement transmises par l’UA et par les OSR, puis le Comité politique et de sécurité du Conseil de l’UE a évalué la «pertinence politique» de l’octroi des fonds. L’annexe II présente, à titre d’exemple, la procédure décisionnelle concernant la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique.

29

Nous avons analysé les 14 contrats audités afin de savoir comment ils traduisaient les priorités définies pour l’AAPS. Nous avons constaté que, dans huit cas, la façon dont les fonds étaient présentés dans les budgets relatifs aux contrats empêchait de déterminer les montants alloués à chaque pilier ou priorité de l’AAPS. Nous avons aussi relevé que les différents contrats couvraient trop de priorités à la fois: 11 des 14 contrats ciblaient au moins quatre des cinq priorités stratégiques de l’AAPS (voir annexe III).

La majoration des dotations des organisations régionales comporte des risques

30

Au cours de la dernière période de programmation, l’UE a décidé d’acheminer une plus grande partie du financement en faveur de l’AAPS par l’intermédiaire des PIR (voir point 10). L’objectif était de donner aux OSR un rôle plus important dans la prise de décision, conformément au principe de subsidiarité. Cela permet aussi aux OSR de travailler directement avec l’UE et d’éviter ainsi les retards liés à la coordination du financement assurée par l’UA pour le programme de soutien à l’AAPS. Nous avons constaté que ce changement comportait des risques.

  1. Au moment de l’audit, les OSR ne disposaient pas de suffisamment d’agents dotés des compétences nécessaires pour gérer efficacement les fonds supplémentaires.
  2. Le cadre institutionnel régional est très complexe. Dix OSR ont un mandat en matière de paix et de sécurité et certains pays sont membres de plusieurs d’entre elles. En moyenne, les États membres de l’UA adhèrent à au moins deux OSR, mais quelques-uns vont jusqu’à faire partie de quatre OSR en même temps. Les choses étant peu claires, plusieurs États africains ne souhaitent pas s’engager dans leur OSR, ce qui en affaiblit les capacités. La stratégie de la Commission européenne pour faire face à la complexité de ce cadre régional consistait à soutenir un PIR conjoint dans chaque région. Actuellement, l’UE finance les OSR au titre de trois PIR.
  3. Quatre des dix OSR dotées d’un mandat en matière de paix et de sécurité ne sont pas couvertes par un PIR et deux de ces quatre continueront d’être financées dans le cadre de la FPA. En outre, le fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne en faveur de l’Afrique finance des mesures de renforcement des capacités pour une OSR (l’Autorité intergouvernementale pour le développement) et pour des organisations créées en dehors de l’AAPS (par exemple le G5 Sahel37). Cela pourrait compromettre la cohérence de l’approche adoptée par l’UE en matière de financement.
  4. Si l’UA devait jouer un rôle moins important, la cohérence et la coordination globales de l’aide de l’UE à l’AAPS risqueraient de s’en trouver affaiblies.
  5. Malgré la hausse significative des montants alloués aux mesures relatives à la paix et à la sécurité dans le cadre des PIR, le nombre d’agents au sein des délégations régionales compétentes de l’UE n’a pas augmenté en conséquence. À titre d’exemple, les délégations auprès de la CEDEAO et de la CEEAC ne comptaient aucun expert militaire dans leurs rangs. En d’autres termes, elles s’appuient sur l’expertise militaire disponible dans les ambassades des États membres de l’UE.

Malgré l’aide de l’Union européenne, l’architecture africaine de paix et de sécurité connaît des difficultés et son fonctionnement dépend de la poursuite de l’aide extérieure

31

Dans la présente section, nous vérifions si l’aide apportée par l’UE a contribué à l’obtention de résultats. Nous examinons dans quelle mesure les contrats financés par l’UE ont permis d’apporter l’aide conformément aux objectifs fixés pour ces contrats. Nous analysons aussi les difficultés auxquelles sont confrontées les différentes composantes de l’AAPS. Enfin, nous évaluons dans quelle mesure le SEAE et la Commission ont détecté et traité les risques qui pèsent sur la durabilité des résultats obtenus grâce à l’aide de l’UE.

Au moment de l’audit, la moitié des contrats avaient donné les résultats attendus

32

Nous avons audité 14 contrats relatifs à l’aide de l’UE. Au moment de l’audit, six d’entre eux, qui portaient essentiellement sur les frais de personnel, ont permis d’obtenir globalement les résultats escomptés. Cependant, nous ne disposions pas de suffisamment d’informations pour déterminer si chaque réalisation a été produite (voir points 59 et 60). Deux autres contrats ont partiellement donné lieu aux réalisations prévues et un n’y est clairement pas parvenu. Dans cinq cas, des retards dans la mise en œuvre nous ont empêché de vérifier si les contrats avaient permis d’obtenir les réalisations attendues (voir point 53 et annexe IV).

L’architecture africaine de paix et de sécurité connaît plusieurs difficultés

33

Les parties prenantes et les donateurs attendent beaucoup de l’AAPS. Des évaluations38 ont permis de conclure que l’UA et les OSR jouaient un rôle important dans la gestion des conflits en Afrique. L’AAPS constitue potentiellement un cadre efficace pour assurer la paix et la sécurité en Afrique, même si elle est confrontée à de nombreux défis épineux et si elle doit poursuivre le développement de ses capacités, de ses instruments et de son fonctionnement général.

34

L’AAPS doit relever, entre autres, les défis suivants:

  1. les capacités financières et institutionnelles des principaux organes (l’UA et les OSR) doivent être renforcées,
  2. des mesures spécifiques doivent être prises afin de surmonter le manque de volonté politique pour résoudre certaines questions et crises39;
  3. aucun mécanisme n’est en place pour faire respecter les décisions prises;
  4. il faut améliorer la coopération entre les différents organes et institutions;
  5. les relations entre l’UA et les OSR doivent être clarifiées, notamment en ce qui concerne la subsidiarité40;
  6. il faudrait une meilleure coordination entre l’AAPS et les initiatives complémentaires comme l’architecture de gouvernance africaine41.
35

Le Fonds africain pour la paix n’a pas couvert les coûts opérationnels de l’AAPS, contrairement à ce qui était prévu (voir points 5 et 6). C’est pourquoi l’essentiel de l’aide apportée par l’UE a servi à financer ces derniers. Les points 36 à 47 présentent les défis que posent le fonctionnement des composantes de l’AAPS et la contribution fournie par l’aide de l’UE.

Conseil de paix et de sécurité
36

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) joue le rôle de principal organe décisionnel de l’AAPS et a pris position sur des questions clés en condamnant les coups d’État et en imposant des sanctions. Il a aussi contribué à régler des conflits, par exemple au Burundi, au Mali et en Somalie42.

37

Cependant, le CPS est confronté à des difficultés et plusieurs problèmes se posent encore en ce qui concerne ses travaux. À titre d’exemple, la Conférence des chefs d’État de l’Union africaine n’a souvent pas appliqué les principes définis dans le Protocole relatif à la création du CPS, qui lui imposaient de vérifier le respect de certains critères par les États membres postulant pour devenir membre du CPS. Des pays connus pour bafouer ouvertement les décisions de l’UA ou pour adopter un comportement inconstitutionnel ont siégé au sein du Conseil. Cela a restreint la qualité et l’efficacité des décisions prises par le CPS. Ce dernier a également connu des problèmes en raison de l’importance accordée à l’obtention de l’unanimité lors de la prise de décisions. Cette situation est aggravée par le manque de volonté politique de certains États membres de l’UA lorsqu’il s’agit de prendre position sur des questions dont ils ne reconnaissent pas l’intérêt pour eux ou lorsqu’ils ne souhaitent pas s’opposer ouvertement à un autre État membre43.

Commission de l’Union africaine
38

La Commission de l’UA met en œuvre les décisions du CPS et son Département Paix et sécurité (DPS) soutient les autres piliers de l’AAPS, ainsi que d’autres programmes concernant la paix et la sécurité tels que la démarcation des frontières et la stratégie en matière d’armes légères et de petit calibre. Le DPS coordonne également les relations entre l’UA et les OSR sur les questions de paix et de sécurité.

39

Le DPS joue un rôle important dans le fonctionnement de l’AAPS, mais deux tiers de ses emplois sont vacants, les fonds alloués par l’UA étant insuffisants. En 2010, l’UE, l’UA et d’autres partenaires internationaux ont remédié à cela en créant un mécanisme commun de financement appelé «accord de financement conjoint»44. Il a permis de couvrir les coûts salariaux de 172 agents supplémentaires «engagés à court terme» au sein du DPS (voir figure 5). Même si tous les emplois n’étaient pas pourvus, les nouveaux membres du personnel ont permis au DPS de continuer à fonctionner45.

Figure 5

Emplois pourvus et postes vacants au sein du Département Paix et Sécurité de la Commission de l’UA

Type de contrat Emplois pourvus Emplois vacants Total Remarques
Budget ordinaire de l’UA 25 42 67 Processus de recrutement pour les postes clés au quatrième trimestre de 2016
Personnes engagées à court terme (accord de financement conjoint) 137 35 172 Recrutement en cours pour 12 emplois
Détachements 12 12 Estimation, mars 2017
Total 174 77 251

Source: Compte rendu de la 11e réunion du comité de pilotage relative à l’accord de financement conjoint destiné à soutenir l’engagement du personnel de la CUA affecté au programme pour la paix et la sécurité, avril 2017, et synoptique des effectifs du Département Paix et Sécurité, juillet 2016.

40

Le DPS comporte un nombre limité d’agents «professionnels» qui traitent des questions fondamentales sur la paix et la sécurité concernant le continent africain. La figure 6 montre le type d’agents recrutés et comment leurs emplois ont été financés en 2016. La mission principale des agents consiste à mettre en œuvre la feuille de route élargie de l’AAPS pour la période 2016-2020, un document qui énonce cinq priorités stratégiques, 32 objectifs spécifiques et 116 réalisations. L’insuffisance des ressources allouées et la politique consistant à engager des agents «à court terme» en font une mission difficile (voir point 57).

Figure 6

Sources de financement des emplois au sein du Département Paix et Sécurité de la Commission de l’UA

Répartition des emplois par bureau/unité JFA Budget ordinaire de l’UA Total
Services généraux Agents professionnels Services généraux Agents professionnels
Bureau du Commissaire 2 2 1 2 7
Bureau du directeur, y compris les bureaux de liaison de l’UA auprès des CER/MR 9 10 3 1 23
Division Prévention des conflits et alerte rapide 6 15 7 6 34
Division Gestion des conflits et de la reconstruction post-conflit 4 8 1 18 31
Division des opérations de soutien à la paix 3 32 6 12 53
Division Défense et Sécurité 2 6 1 3 12
Secrétariat du CPS 2 6 1 2 11
Équipe chargée de la gestion des projets 2 9 1 2 14
Division du financement de la paix et de la sécurité 10 14 - - 24
Autres (service d’enregistrement, ressources humaines, audit interne, etc.) 20 10 s.o. – Il s’agit d’autres départements
Total 60 112 21 46 239

Source: Compte rendu de la 11e réunion du comité de pilotage relative à l’accord de financement conjoint destiné à soutenir l’engagement du personnel de la CUA affecté au programme pour la paix et la sécurité, avril 2017, et synoptique des effectifs du Département Paix et Sécurité, juillet 2016.

41

Par l’intermédiaire de la Commission de l’UA, l’Union européenne et d’autres donateurs acheminent également des fonds conjointement vers un réseau de bureaux de liaison de l’UA situés dans 14 pays africains en situation de conflit ou de post-conflit. La contribution annuelle de l’UE au financement des bureaux de liaison de l’UA s’élève à environ 3,5 millions d’euros (à savoir approximativement 25 % de leur budget annuel). Le réseau comporte quelque 200 agents, le rapport entre agents de soutien et agents opérationnels étant élevé (environ 70 pour 30). Le DPS définit les mandats des bureaux de liaison, qui vont du suivi de crises émergentes à la reconstruction post-conflit, en passant par la diplomatie préventive et la gestion de crises. Les bureaux représentent l’UA sur le terrain et jouent un rôle politique de premier plan46.

42

Une évaluation récente financée par l’UE47 a souligné le rôle constructif et significatif des bureaux de liaison de l’UA dans des situations de crise au Mali, en République centrafricaine, au Soudan, au Soudan du Sud, aux Comores, en Guinée-Bissau et à Madagascar. Cependant, cette évaluation a également montré que l’insuffisance des fonds et les problèmes d’effectifs avaient entraîné un manque d’efficience sur le plan opérationnel. L’évaluation a permis de constater que l’impact des bureaux de liaison avait été «mitigé», mais que leurs travaux avaient apporté «une contribution raisonnable à la paix et à la sécurité». De même, la World Peace Foundation fait observer, dans un rapport récent, que les bureaux de liaison sont «importants et qu’il faut continuer de les soutenir»48.

Groupe des sages
43

Le Protocole relatif à la création du CPS a institué un Groupe des sages en tant qu’organe consultatif composé de cinq personnalités africaines respectées. Son rôle consiste à œuvrer en faveur de la prévention des conflits, par exemple en organisant des ateliers et des retraites de haut niveau. Le rôle du Groupe a été étendu pour inclure des missions préélectorales et des travaux de médiation49. Malgré l’accroissement de la charge de travail, les ressources du Groupe n’ont pas été augmentées. À titre d’exemple, le secrétariat du Groupe ne comporte qu’un analyste politique, dont la rémunération est prise en charge par l’UE dans le cadre de l’accord de financement conjoint. Le Groupe a également connu des problèmes de coordination avec le CPS et d’autres organes chargés de la prévention et du règlement des conflits.

Système continental d’alerte rapide (SCAR)
44

Le système continental d’alerte rapide (SCAR) est utilisé pour collecter et analyser des données, afin d’anticiper et de prévenir les conflits. L’UE a fourni un appui technique et une aide financière pour sa mise en place et continue de financer ses coûts opérationnels au titre des contrats que nous avons audités, qui relevaient de l’accord de financement conjoint sur les rémunérations et du programme de soutien à l’AAPS (voir annexe IV).

45

Le rapport sur l’impact de l’AAPS pour l’exercice 2015 indiquait, en conclusion, que le SCAR était «techniquement fonctionnel» et prenait acte des progrès significatifs réalisés en matière de coopération entre les OSR et l’UA en ce qui concerne les alertes rapides50. Cependant, certains facteurs limitent l’efficacité du système.

  1. La feuille de route de l’AAPS souligne la nécessité de remédier aux différents niveaux de développement des systèmes régionaux d’alerte rapide, ainsi que d’améliorer les connexions entre les systèmes centraux, régionaux et nationaux51.
  2. Le Conseil de paix et de sécurité a mis en lumière l’existence d’«un fossé persistant entre l’alerte rapide et la réponse rapide»52 et a conclu que les États membres de l’UA n’accordaient souvent aucune attention aux signaux d’alerte rapide annonçant des crises, compromettant ainsi la capacité du Conseil de prévenir les conflits, ce qui aboutit fréquemment à des conflits53.
Force africaine en attente
46

La Force africaine en attente (FAA) est une force de réserve composée de contingents multidisciplinaires prêts à être déployés rapidement dans des zones de conflits par la Conférence de l’UA et par le CPS. Elle est constituée de composantes militaire, policière et civile54. L’aide de l’UE a permis de financer des mesures de renforcement des capacités de la Force africaine en attente et de ses composantes régionales au titre de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique et des PIR. L’aide a couvert les frais de personnel et les activités opérationnelles (amélioration de la planification, logistique, élaboration de stratégies et renforcement des composantes policière et civile) ainsi que ceux relatifs au marché public pour une infrastructure informatique (C3IS) (voir la liste des contrats à l’annexe IV). L’UE a aussi financé des formations dispensées aux forces en attente, y compris un soutien aux exercices sur le terrain (programme de soutien AMANI AFRICA II).

47

Au moment de l’audit, l’UA n’avait pas encore déployé la FAA. Les parties prenantes que nous avons interrogées ont émis des doutes concernant le caractère opérationnel de cette force, en soulignant que:

  1. le système de commandement, de contrôle, de communication et d’information de la FAA n’était pas encore opérationnel (voir encadré 6);
  2. la FAA n’était pas capable de déployer rapidement ses unités, en raison de contraintes logistiques telles qu’un manque de capacités de transport aérien stratégique;
  3. des problèmes linguistiques et culturels étaient susceptibles de réduire l’efficacité du déploiement dans plusieurs régions.

Menaces pour la durabilité des résultats

48

Les principaux risques pour la durabilité des résultats obtenus en matière de renforcement des capacités de l’AAPS trouvent leur origine dans la faible capacité financière, institutionnelle et opérationnelle de l’UA et des OSR, ainsi que dans le manque d’engagement politique de plusieurs États africains (voir point 34).

49

Les réformes prévues pour corriger les faiblesses des cadres institutionnels de la Commission de l’UA55, de la CEDEAO56 et de la CEEAC57 n’ont donné que peu de résultats à ce jour. La Commission européenne encourage et soutient financièrement ces initiatives. À titre d’exemple, elle apporte actuellement son concours à la réforme institutionnelle de la CEDEAO au moyen de l’aide octroyée par l’UE au projet intitulé «Aide aux réformes de la gestion des finances publiques». Elle cible aussi les réformes institutionnelles de la CEEAC dans le cadre d’un projet de paix et d’aide relevant du FED.

50

Pour corriger les faiblesses institutionnelles et opérationnelles de la Commission de l’UA et des OSR, l’assistance technique financée par l’UE a souvent été centrée sur la gestion générale, une forme d’aide qui n’a guère d’impact à long terme sur le développement de l’AAPS. Les experts en assistance technique ont souvent agi en tant que gestionnaires de projets, en apportant une «solution à court terme» aux faiblesses internes des organisations chargées de la mise en œuvre. Cela a souvent eu un coût considérable: à titre d’exemple, le montant de la subvention pour la paix, la sécurité et la stabilité octroyée à la CEDEAO par l’UE était de 6,7 millions d’euros, alors que l’assistance technique pour la mise en œuvre de cette subvention a représenté un coût supplémentaire de 4,9 millions d’euros, soit 73 % de la subvention initiale.

La mise en œuvre de l’aide apportée par l’UE a accusé des retards et a été caractérisée par une utilisation incohérente des instruments de financement et par un manque d’informations sur les résultats obtenus

51

Dans la présente section, nous examinons si la Commission a octroyé l’aide de l’UE à l’AAPS de manière prévisible, cohérente et rapide et si les contrats audités ont été mis en œuvre comme prévu. Nous évaluons les mécanismes de suivi et d’informations mis en place par la Commission et vérifions s’ils ont fourni des informations satisfaisantes sur les résultats obtenus.

La conclusion tardive des contrats et le financement rétroactif ont perturbé la mise en œuvre des activités prévues

52

Les bénéficiaires des contrats que nous avons audités étaient l’UA et les OSR. L’objectif de l’aide était de financer et de former du personnel pour effectuer des tâches complexes en matière de paix et de sécurité, ainsi que de garantir que les activités étaient mises en œuvre de façon cohérente sur tout le continent. Les contrats, dont la liste figure à l’annexe IV, visaient à:

  1. augmenter les effectifs de la Commission de l’UA et des organisations sous-régionales (CER et MR) afin de prévenir et/ou de régler les crises en Afrique;
  2. aider les bureaux de liaison de l’UA à suivre la mise en œuvre des accords de paix, à soutenir la préparation et le suivi des élections, ainsi qu’à représenter l’Union africaine lors de réunions avec les organismes nationaux et avec les organisations internationales;
  3. mettre en place une structure continentale permettant à l’UA de déployer rapidement des capacités de communication, de commandement et de contrôle stratégiques et opérationnelles entre le siège de l’UA à Addis-Abeba, le niveau régional et les missions sur le terrain;
  4. fournir à la Commission de l’UA et aux OSR une expertise pour leurs initiatives concernant la paix et la sécurité;
  5. aider les OSR à renforcer leurs capacités et à s’acquitter de leur mission en matière de prévention et de règlement des conflits.
53

Pour que le soutien institutionnel produise les résultats attendus, il est essentiel qu’il soit prévisible et fourni en temps utile. Étant donné que les contrats n’ont pas été conclus à temps, la mise en œuvre a été retardée, rendant le financement des activités imprédictible. Dix des 14 contrats que nous avons audités ont été signés tardivement pour une ou plusieurs des raisons suivantes:

  1. la Commission de l’UA et les OSR ont présenté tardivement leurs propositions de financement ou celles-ci étaient de mauvaise qualité;
  2. les négociations sur les budgets, les activités et la gestion financière des contrats ont été compliquées;
  3. le système d’information de la Commission européenne a connu des problèmes techniques.
54

En outre, huit de ces dix contrats avaient servi à financer des activités rétroactivement58. Trois d’entre eux n’avaient été signés que quelques jours avant la date à laquelle les activités financées devaient être terminées. Nous avons constaté que les retards dans la signature des contrats, associés aux faiblesses internes de l’UA et des OSR, avaient nui à la mise en œuvre des activités pour six des 14 contrats (voir annexe IV). L’encadré 5 illustre l’impact négatif des retards dans la conclusion des contrats et du financement rétroactif sur les deux programmes de soutien à l’AAPS.

Encadré 5

Financement rétroactif des programmes de soutien à l’AAPS

Dans le cadre des programmes de soutien à l’AAPS, l’UE fournit une aide financière à la Commission de l’UA et aux OSR pour leur permettre de faire fonctionner cette architecture. Nous avons audité les deuxième et troisième de ces contrats, d’un montant de 5 227 335 euros et de 28 770 000 euros, respectivement.

Le deuxième contrat relevant du programme de soutien à l’AAPS a servi à financer des activités telles que la finalisation de la feuille de route de l’AAPS pour la période 2016-2020. Étant donné que le contrat a été signé tardivement, bon nombre d’activités prévues n’ont pas été mises en œuvre ou ont dû être financées à partir d’autres sources. Bien qu’elles aient reçu les fonds tardivement, les OSR ont conservé la plupart des agents dont l’emploi était financé dans le cadre de ce contrat. Plusieurs membres du personnel ont toutefois été licenciés, ce qui a entraîné la perte d’une partie des capacités créées. Dès lors, 56 % seulement du budget prévu dans le contrat ont été consommés.

Le troisième contrat relevant du programme de soutien à l’AAPS n’a été signé qu’en décembre 2016, alors que la période de mise en œuvre s’étendait sur 36 mois à compter de janvier 2016. La Commission de l’UA n’a versé les fonds prévus au contrat aux OSR qu’en mai 2017, parce qu’elle-même a accusé des retards dans la conclusion des contrats. Dans certains cas, le déficit de financement a été comblé par d’autres donateurs ou a entraîné le report des activités planifiées.

55

L’encadré 6 donne un exemple de retard dans l’acquisition d’un système d’information pour la Force africaine en attente. En l’occurrence, les faiblesses internes de l’UA ont aggravé le retard causé par la signature tardive du contrat.

Encadré 6

Retards dans la mise en place d’un système de commandement, de contrôle, de communication et d’information (C3IS) pour la Force africaine en attente

L’UE a soutenu la mise sur pied de la Force africaine en attente (FAA) et la gestion des opérations de soutien à la paix sous commandement africain dans le cadre du contrat C3IS. Le C3IS était l’une des principales priorités de la feuille de route de l’AAPS pour la période 2011-2013. Ce système a été conçu pour permettre à l’UA de déployer rapidement des moyens de communication stratégique et opérationnelle. À titre d’exemple, il devait permettre à l’UA sise à Addis-Abeba de transmettre des ordres, ainsi que de produire des rapports et des cartes pour la gestion d’opérations sur le terrain.

L’UA a finalisé sa proposition de financement en février 2013 et a signé un accord portant sur 12,5 millions d’euros d’aide de l’UE en février 2014. L’UE a financé rétroactivement les activités préparatoires de la Commission de l’UA débutées en mars 2013 et a délégué la gestion de la procédure complexe de marché public à cette dernière afin de l’encourager à s’approprier le système. Or cela a fortement retardé la procédure de marché public, qui était encore en cours au moment de l’audit. L’UE a prolongé la période de mise en œuvre du contrat pour la porter à 67 mois, au lieu des 24 mois initialement prévus.

Ce retard est préjudiciable aux autres activités planifiées. Par exemple, l’un des principaux volets d’un exercice essentiel de la Force africaine en attente (AMANI AFRICA II, également soutenu par l’UE) a été abandonné.

Les instruments de financement n’ont pas toujours été utilisés de façon cohérente

56

Ni la Commission européenne ni le SEAE n’ont analysé les avantages comparatifs de l’ensemble des instruments à leur disposition dans le domaine de la paix et de la sécurité (voir point 9). Nous avons constaté que les instruments n’étaient pas toujours utilisés de façon cohérente. La FPA est bien adaptée aux besoins de financement à court terme, étant donné que ses cycles de financement durent de deux à trois ans. En revanche, les PIR se prêtent plus aisément aux besoins de financement à long terme, car leur cycle de financement est de sept ans.

57

Nous avons relevé des cas où des contrats à court terme relevant de la FPA ont été utilisés pour financer des emplois à long terme, par exemple dans le cadre de l’accord de financement conjoint sur les rémunérations (voir point 39). En l’occurrence, le recours à des contrats successifs de un à deux ans a nui à la gestion des ressources humaines et a entraîné une renégociation presque annuelle du nombre et du type d’emplois. Cela a contribué à retarder la conclusion de contrats (voir point 53), a rendu les emplois précaires et, par suite, a entraîné le départ d’agents expérimentés. Dans d’autres cas, les PIR ont été utilisés pour répondre à des besoins à court terme, pour lesquels ils conviennent moins.

58

La Commission européenne et le SEAE n’ont pas établi de cadre de coordination couvrant tous leurs instruments dans le domaine de la paix et de la sécurité. Depuis 2015, ils ont toutefois pris des mesures pour que la FPA et les PIR se complètent plus efficacement. Pour ce faire, ils ont notamment:

  1. précisé la façon dont les emplois au sein des OSR sont financés. À cet effet, ils ont décidé que le coût des emplois non militaires des organisations régionales soutenues par l’UE devait être pris en charge par les PIR et non plus par la FPA. Or cette décision a été prise après l’adoption des PIR, ce qui en a compliqué la mise en œuvre. Finalement, le transfert de charge a été reporté à janvier 2018;
  2. fait participer les délégations régionales de l’UE à l’examen des plans de travail régionaux relevant du programme de soutien à l’AAPS financés au titre de la FPA, afin de s’assurer qu’ils complètent les programmes financés dans le cadre des PIR;
  3. inclus, depuis 2017, les délégations régionales de l’UE dans le comité de pilotage du programme de soutien à l’AAPS.

Des mécanismes de suivi et d’information ont été mis en place, mais ils n’ont pas fourni suffisamment d’informations sur les résultats

59

La Commission a mis en place des mécanismes de suivi et d’information pour tous les contrats que nous avons audités. Ces mécanismes comportaient la présentation périodique (en général deux fois par an) de rapports descriptifs et financiers, des réunions régulières du comité de pilotage et des audits externes indépendants concernant les dépenses. Dans la pratique, les mécanismes de suivi de la Commission ont présenté des faiblesses et n’ont pas permis d’obtenir suffisamment de données sur les résultats. Nous avons trouvé les exemples ci-après dans les contrats que nous avons audités:

  1. les réalisations prévues n’étaient ni spécifiques ni mesurables dans six des 14 contrats. À titre d’exemple, les départements ou instruments soutenus étaient censés disposer d’une «capacité accrue», jouer un «rôle renforcé» ou devenir «pleinement opérationnels». Dans certains de ces cas, il n’existait aucun lien direct entre les activités sous-jacentes et les réalisations;
  2. pour 12 des contrats, certains indicateurs énuméraient des intrants et des activités au lieu de définir des réalisations à obtenir. Ils n’étaient donc guère utiles aux fins du suivi. Dans d’autres cas, les valeurs de référence et les objectifs chiffrés utiles pour mesurer l’état d’avancement faisaient défaut;
  3. Dans trois cas, le financement rétroactif a ôté toute pertinence aux dispositions en matière de suivi, car les contrats avaient été signés pendant les tout derniers jours des périodes de mise en œuvre;
  4. les rapports établis par l’UA et par les OSR arrivaient souvent tardivement. Pour six contrats, ces rapports ne comportaient pas assez de détails sur les réalisations et indicateurs figurant dans le contrat.
60

En règle générale, les agents de l’UE avec lesquels nous nous sommes entretenus avaient une bonne vue d’ensemble de la mise en œuvre des contrats, même si les rapports ne faisaient pas toujours état de ces connaissances. Pour les contrats audités, la Commission européenne n’avait pas encore réalisé de «suivi axé sur les résultats»59. Un seul contrat avait fait l’objet d’une évaluation externe. De ce fait, aucune autre source ne permettait de compenser le fait que les informations sur les résultats fournies par l’UA et les OSR n’étaient pas suffisantes.

Conclusions et recommandations

61

Les États membres de l’UA ont créé l’AAPS en tant que réponse structurelle et à long terme aux défis à relever en matière de paix et de sécurité sur le continent africain. Cette AAPS permet à l’UA et à des OSR dotées d’un mandat d’avoir accès à des outils qui les aident à prévenir, gérer et régler les conflits. L’UE a acheminé son aide à l’AAPS par l’intermédiaire du Fonds européen de développement. Nous avons contrôlé l’aide apportée par l’UE au cours de la période 2014-2016 et avons constaté qu’elle n’a guère eu d’effets et qu’un recentrage s’imposait.

62

L’UE ne s’est fixé aucune priorité claire en matière de soutien à l’AAPS et sa stratégie manque de vision à long terme concernant l’évolution de cette aide. À titre d’exemple, au cours de la période sur laquelle l’audit a porté, elle n’a pas suffisamment veillé à assurer le passage d’une aide servant à payer les rémunérations à un soutien centré sur le renforcement des capacités. Cela aurait permis d’assurer le succès à long terme de l’aide apportée par l’UE. L’AAPS dépend fortement de l’aide des donateurs, y compris de l’UE, car certaines contributions d’États membres de l’UA au budget de l’Union africaine et au Fonds pour la paix n’ont pas été versées. L’UE a soutenu les plans que l’UA a établis formellement dans sa décision de 2016 pour que l’AAPS soit financièrement indépendante, mais leur mise en œuvre en était encore à un stade précoce (voir points 16 à 30).

63

Nous avons constaté qu’au moment de l’audit, environ la moitié des contrats financés par l’UE avaient produit la plupart ou une partie des résultats escomptés. L’UE a soutenu des réformes destinées à améliorer les capacités financière, opérationnelle et institutionnelle de l’UA et des OSR, mais ces réformes n’ont donné que peu de résultats à ce jour. Les capacités des composantes de l’AAPS variaient considérablement et étaient mises à mal du fait d’un manque d’engagement politique et de moyens de financement (voir points 32 à 50)

Recommandation n° 1 — Encourager l’appropriation de l’AAPS par l’UA et recentrer l’aide apportée par l’UE

Le SEAE et la Commission devraient déterminer conjointement quelle doit être l’évolution à long terme de l’aide de l’UE à l’AAPS, afin:

  • de diminuer progressivement, puis finalement de supprimer l’aide de l’UE servant à financer les coûts opérationnels de base de l’AAPS au profit de programmes plus ciblés de renforcement des capacités;
  • de subordonner l’aide en faveur du renforcement des capacités de l’AAPS à des améliorations du fonctionnement de l’UA et des OSR;
  • de surveiller étroitement que l’UA respecte son engagement de parvenir à son indépendance financière.

Délai de mise en œuvre de cette recommandation: fin 2020.

64

Nous avons audité l’ensemble des 14 contrats conclus entre 2014 et 2016, dans le cadre desquels l’UE soutenait l’AAPS. Nous avons constaté qu’ils n’étaient pas toujours gérés de façon efficiente. Étant donné que dix des contrats ont été signés tardivement, il était impossible de savoir à l’avance si les fonds seraient disponibles et, le cas échéant, s’ils le seraient en temps utile. Cela a entraîné le départ d’agents expérimentés et des retards dans la mise en œuvre des activités de l’AAPS (voir points 52 à 55). Nous avons aussi constaté que les mécanismes de suivi étaient en place, mais qu’ils ne fonctionnaient pas bien, par exemple lorsque les contrats étaient financés rétroactivement. Les rapports établis étaient incomplets et ne comportaient pas suffisamment d’informations sur les résultats. Au cours de la période sur laquelle l’audit a porté, les instruments de financement n’ont pas toujours été utilisés de façon cohérente. Nous avons relevé plusieurs améliorations à cet égard à compter de 2015 (voir points 56 à 60).

Recommandation n° 2 — Les interventions devraient constamment être fondées sur les résultats

La Commission devrait:

  • limiter davantage les retards dans la conclusion des contrats et éviter de recourir au financement rétroactif;
  • fonder les mécanismes de suivi et d’information prévus dans les contrats sur des résultats spécifiques et mesurables, assortis d’indicateurs permettant d’apprécier les progrès accomplis;
  • intensifier le «suivi axé sur les résultats» des programmes de renforcement des capacités de l’AAPS, et évaluer ceux-ci plus souvent;
  • effectuer une analyse comparative des instruments de financement disponibles dans le domaine de la paix et de la sécurité, et les utiliser de façon cohérente.

Délai de mise en œuvre de cette recommandation: fin 2019.

Le présent rapport a été adopté par la Chambre III, présidée par Mme Bettina JAKOBSEN, Membre de la Cour des comptes, à Luxembourg en sa réunion du 26 juin 2018.

Par la Cour des comptes

Klaus-Heiner LEHNE
Président

Annexes

Annexe I

Ventilation des fonds alloués par l’Union européenne à chaque organisation soutenue

(euros)

Organisation soutenue/contrat C3IS Contrat de services relevant de la FPA 2e accord de financement conjoint sur les rémunérations 2e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’UA 3e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’UA 4e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’UA 3e accord de financement conjoint sur les rémunérations 2e programme de soutien à l’AAPS 3e programme de soutien à l’AAPS Projet de la CEDEAO et de l’UE sur les armes légères ASSISTANCE TECHNIQUE CEDEAO (aide à la mise en œuvre) 1e subvention octroyée à la CEDEAO 2e subvention octroyée à la CEDEAO CEEAC – Devis programme n°4 Total
UA Bureaux de liaison 6 000 000 3 000 000 7 000 000 16 000 000
Département Paix et Sécurité 12 500 000 10 000 000 5 000 000 1 384 238 4 455 516 33 339 754
CEN-SAD - - 0
COMESA 595 562 3 019 999 3 615 561
CAE 337 564 2 833 320 3 170 884
Secrétariat de la FAAE 525 379 3 383 092 3 908 471
CEEAC 465 795 3 428 102 1 865 674 5 759 571
CEDEAO 617 014 3 550 000 5 560 000 4 896 500 6 724 594 2 757 182 24 105 291
IGAD 279 152 1 700 000 1 979 152
CRAN 511 218 1 899 971 2 411 189
CDAA 509 413 4 500 000 5 009 413
Aide transversale/non allouée 3 235 400 2 000 0 3 237 400
Total 12 500 000 3 235 400 10 000 000 6 000 000 3 000 000 7 000 000 5 000 000 5 227 335 28 770 000 5 560 000 4 896 500 6 724 594 2 757 182 1 865 674 102 536 686

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des contrats audités.

Annexe II

Processus décisionnels concernant la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique

Source: Cour des comptes européenne, sur la base du programme d’action de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique au cours de la période 2014-2016, annexe 1.

Annexe III

Liste des contrats audités et des priorités stratégiques de l’architecture africaine de paix et de sécurité

Contrats Priorités stratégiques de l’AAPS
Programme Numéro du contrat Titre du contrat Organisation soutenue Budget alloué au contrat (euros) Montant versé* (euros) Pourcentage versé* (%) Prévention des conflits (y compris alerte rapide et diplomatie préventive) Gestion des crises/conflits – Force africaine en attente Reconstruction après les conflits et consolidation de la paix Questions de sécurité stratégique Coordination et partenariats
Programme d’action relevant de la FPA pour la période 2011-2013 325231 C3IS pour les opérations de soutien à la paix sous commandement africain UA 12 500 000 10 534 027 84 % X
336871 Contrat de services relevant de la FPA UA et CER/MR 3 235 400 1 976 133 61 % X X X X X
327360 2e accord de financement conjoint sur les rémunérations UA 10 000 000 9 000 000 90 % X X X X X
327370 2e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’Union africaine UA 6 000 000 5 500 000 92 % X X X X
Programme d’action relevant de la FPA pour la période 2014-2016 371416 3e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’UA UA 3 000 000 2 400 000 80 % X X X X
375189 4e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’UA UA 7 000 000 3 171 431 45 % X X X X
373209 3e accord de financement conjoint sur les rémunérations UA 5 000 000 4 000 000 80 % X X X X X
366481 Programme intermédiaire de soutien en faveur de l’architecture africaine de paix et de sécurité (2e programme de soutien en faveur de l’AAPS) UA et CER/MR 5 227 335 4 181 868 80 % X X X X
380897 3e programme de soutien en faveur de l’architecture africaine de paix et de sécurité (3e programme de soutien en faveur de l’AAPS) UA et CER/MR 28 770 000 7 674 227 27 % X X X X X
PIR Afrique de l’Ouest 345376 Projet de la CEDEAO et de l’UE sur les armes légères CEDEAO 5 560 000 4 185 614 75 % X X
355873 Assistance technique pour la mise en œuvre du soutien de l’UE au mandat régional de la CEDEAO pour la paix, la sécurité et la stabilité CEDEAO 4 896 500 1 780 903 36 % X X X X X
368246 Subvention octroyée à la CEDEAO pour le renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique de l’Ouest CEDEAO 6 724 594 2 662 174 40 % X X X X X
380850 2e subvention octroyée à la CEDEAO pour le renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique de l’Ouest CEDEAO 2 757 182 1 313 599 48 % X
PIR Afrique centrale 359795 CEEAC – Devis programme n° 4 de croisière et de clôture CEEAC 1 865 674 789 007 42 % X X X X
Total 102 536 686 59 168 983 58 % 12 12 9 10 11

* Montant versé au 30 juin 2017.

Annexe IV

Vue d’ensemble des évaluations de contrats effectuées par la Cour des comptes européenne

Programme Numéro du contrat Titre du contrat Objectif du contrat Caractère approprié de la conception Mise en œuvre et suivi Résultats et durabilité de ceux-ci
Pertinence pour l’AAPS Autres aspects liés à la conception (par exemple les enseignements tirés, la coordination et le cadre de suivi) Signature du contrat en temps voulu Mise en œuvre des activités Communication d’informations et suivi Résultats obtenus Problèmes de durabilité
Programme d’action relevant de la FPA pour la période 2011-2013 325231 C3IS pour les opérations de soutien à la paix sous commandement africain Mettre en place une structure continentale permettant à l’UA de déployer rapidement des capacités de communication, de commandement et de contrôle stratégiques et opérationnelles entre le siège de l’UA à Addis-Abeba, le niveau régional et les missions sur le terrain. Le C3IS est l’un des facteurs essentiels pour mener l’exercice AMANI AFRICA II, pour rendre la FAA opérationnelle et pour gérer les opérations de soutien à la paix sous commandement africain.
336871 Contrat de services relevant de la FPA Fournir en temps voulu à la CUA et aux CER/MR une expertise externe de qualité élevée, afin de faciliter la mise en œuvre de programmes relatifs au plan d’action du partenariat pour la paix et la sécurité. Il s’agit en particulier de veiller au développement de l’AAPS, au moyen de différentes missions à long terme, ainsi que d’une assistance technique à court terme dans une large gamme d’activités relatives à la prévention/au règlement des crises et postérieures aux crises, y compris la formulation de stratégies. Au besoin, cette assistance technique peut aussi servir à renforcer la cohérence entre la FPA et les PIR dans les domaines de la paix et de la sécurité.
327360 2e accord de financement conjoint sur les rémunérations Faire en sorte que le Département Paix et Sécurité de la CUA continue de jouer un rôle moteur au niveau de l’agenda de l’UA pour la paix et la sécurité sur le continent, grâce à un renforcement de sa capacité et de son organisation conforme à ses ambitions.
327370 2e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’Union africaine Les bureaux de liaison de l’Union africaine sont des structures non permanentes de l’Union africaine présentes dans les régions d’Afrique les plus pertinentes sur le plan de la sécurité et de la paix. Leur rôle consiste à soutenir le Conseil de paix et de sécurité (CPS) et la Commission de l’UA, à participer aux mécanismes de suivi prévus par les accords de paix, ainsi qu’à soutenir leur mise en œuvre. Le programme est une activité relevant de plusieurs donateurs, qui prend en charge les frais de personnel et les coûts opérationnels des bureaux de liaison de l’UA.
Programme d’action relevant de la FPA pour la période 2014-2016 371416 3e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’UA Les bureaux de liaison de l’Union africaine sont des structures non permanentes de l’Union africaine présentes dans les régions d’Afrique les plus pertinentes sur le plan de la sécurité et de la paix. Leur rôle consiste à soutenir le Conseil de paix et de sécurité (CPS) et la Commission de l’UA, à participer aux mécanismes de suivi prévus par les accords de paix, ainsi qu’à soutenir leur mise en œuvre. Le programme est une activité relevant de plusieurs donateurs, qui prend en charge les frais de personnel et les coûts opérationnels des bureaux de liaison de l’UA.
375189 4e accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’UA Les bureaux de liaison de l’Union africaine sont des structures non permanentes de l’Union africaine présentes dans les régions d’Afrique les plus pertinentes sur le plan de la sécurité et de la paix. Leur rôle consiste à soutenir le Conseil de paix et de sécurité (CPS) et la Commission de l’UA, à participer aux mécanismes de suivi prévus par les accords de paix, ainsi qu’à soutenir leur mise en œuvre. Le programme est une activité relevant de plusieurs donateurs, qui prend en charge les frais de personnel et les coûts opérationnels des bureaux de liaison de l’UA.
373209 3e accord de financement conjoint sur les rémunérations Assurer que le Département Paix et Sécurité de la CUA continue de jouer un rôle moteur au niveau de l’agenda de l’UA pour la paix et la sécurité sur le continent, grâce à un renforcement de sa capacité et de son organisation conforme à ses ambitions.
366481 Programme intermédiaire de soutien en faveur de l’architecture africaine de paix et de sécurité (2e programme de soutien en faveur de l’AAPS) L’intervention vise à renforcer la capacité et l’efficience de la CUA, des CER et des MR, afin de prévenir les crises en Afrique et/ou d’y réagir. L’action est centrée sur les activités nécessaires pour permettre à la CUA et aux CER/MR de soutenir leurs activités, ainsi que de finaliser et d’approuver politiquement les principales stratégies africaines pour la paix et la sécurité, telles que la feuille de route de l’AAPS.
380897 3e programme de soutien en faveur de l’architecture africaine de paix et de sécurité (3e programme de soutien en faveur de l’AAPS) Contribuer à la paix et à la sécurité en Afrique et, par suite, réunir les conditions nécessaires et indispensables pour le développement, conformément à l’objectif de l’UA qui consiste à «faire taire les armes d’ici 2020».
PIR Afrique de l’Ouest 345376 Projet de la CEDEAO et de l’UE sur les armes légères Réduire les effets des conflits et de la violence au moyen d’une prévention institutionnalisée et coordonnée, ainsi que par la gestion et la mise en place d’une architecture de paix pour les communautés résilientes.
355873 Assistance technique pour la mise en œuvre du soutien de l’UE au mandat régional de la CEDEAO pour la paix, la sécurité et la stabilité Fournir une équipe d’assistance technique (dotée d’une expertise à long terme et à court terme) afin de jouer un rôle de conseil, de gestion et de supervision de projets soutenus par l’UE et par la CEDEAO en matière de paix, de sécurité et de stabilité.
368246 Subvention octroyée à la CEDEAO pour le renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique de l’Ouest Soutenir la CEDEAO pour lui permettre de remplir durablement son mandat relatif à la prévention et au règlement des conflits, notamment en passant d’une méthode réactive à une méthode préventive grâce à l’acquisition de capacités accrues en matière de gestion ainsi que sur les plans stratégique et opérationnel.
380850 2e subvention octroyée à la CEDEAO pour le renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique de l’Ouest La subvention permet de financer trois projets: 1. Gestion des armes légères et de petit calibre au Nigeria (ce projet a reçu l’essentiel du budget consacré à la subvention et complète le projet de la CEDEAO et de l’UE sur les armes légères), 2. Visite d’étude à Lyon pour l’initiative du système d’information policière pour l’Afrique de l’Ouest (SIPAO), 3. Renforcement de la capacité opérationnelle de la CEDEAO, afin d’intégrer la question de l’égalité entre les genres dans l’architecture de paix et de sécurité de la CEDEAO.
PIR Afrique centrale 359795 CEEAC – Devis programme n° 4 de croisière et de clôture L’action intitulée «Devis programme n° 4» est le dernier devis programme relevant du «Programme d’appui à la CEEAC en matière de paix et de sécurité» (PAPS II). Elle vise à poursuivre l’aide en faveur de la CEEAC, afin de soutenir les capacités dans le domaine de la paix et de la sécurité.

Légende:

Les normes ont été respectées dans tous leurs aspects significatifs.
Certaines normes ne sont pas respectées.
Écarts importants par rapport aux normes.
Il était trop tôt pour évaluer ou les informations disponibles n’étaient pas suffisantes.

Réponses de la Commission et du Service européen pour l’action extérieure

Résumé

III

L’aide de l’UE à l’architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS), tant en termes de capacités que d’appropriation financière, a contribué de manière essentielle au développement de cette architecture – bien que les résultats escomptés n’aient pas été systématiquement obtenus.

La participation aux rémunérations ou à d’autres coûts opérationnels n’est pas un problème en soi tant qu’elle est liée à l’obtention de résultats et qu’elle s’inscrit dans une stratégie de soutien plus large avec une stratégie de sortie claire.

IV

L’UE a bien fixé des priorités précises en matière de soutien à l’AAPS. Il est dans le propre intérêt de l’UE de soutenir des solutions africaines aux problèmes de paix et de sécurité en Afrique afin de stabiliser le continent. Il s’agit du principal objectif de l’aide de l’UE à l’architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS) et d’une entreprise de longue haleine, dont les résultats ne peuvent être mesurés tout de suite.

Sur le plan opérationnel, l’objectif de l’UE doit être atteint dans le cadre d’une stratégie clairement définie: la feuille de route de l’AAPS pour la période 2016-20201. La mise en œuvre de cette feuille de route est directement soutenue par une série de programmes, notamment la troisième phase en cours du programme de soutien à l’AAPS («AAPS III»)2. Les activités menées dans le cadre de l’AAPS III sont présentées plus en détail dans les plans de travail annuels, qui permettent de fixer des priorités en matière d’aide de l’UE et de comparer les résultats concrets par rapport aux objectifs concrets.

Afin d’obtenir ces résultats, la Commission couvre une série d’activités, dont la mise en œuvre nécessite de soutenir des coûts opérationnels tels que les formations, les déplacements et les rémunérations du personnel du département Paix et sécurité de la Commission de l’Union africaine (CUA). Le financement de ces coûts a été essentiel pour atteindre le principal objectif de l’aide de l’UE.

V

Le manque d’informations sur les résultats ne signifie pas qu’il y ait un manque de résultats. Il ne peut donc en lui-même être considéré comme un obstacle à la fourniture de l’aide par l’UE.

La signature tardive des contrats et les cas de financement rétroactif sont très souvent dus à des demandes tardives et à un manque d’informations adéquates de la part des organisations chargées de la mise en œuvre de l’aide de l’UE.

Au sujet de la cohérence, la Commission souligne que des progrès significatifs ont été accomplis en ce qui concerne une utilisation plus cohérente des instruments de financement.

La Commission a notamment mis en place un réseau informel de points focaux de l’AAPS. Le réseau mène les consultations au sein de la Commission durant la définition et l’élaboration des programmes de soutien à l’AAPS de la FPA (Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique) et des programmes indicatifs régionaux (PIR). En outre, tous les services de la Commission compétents/le SEAE participent à des groupes internes d’appui à la qualité durant lesquels les programmes concernant la paix et la sécurité et la complémentarité entre les instruments sont examinés.

VI
  1. La Commission et le SEAE acceptent la recommandation. Toutefois, le soutien ad hoc aux coûts opérationnels pourrait toujours s’avérer approprié dans certaines conditions.
  2. La Commission accepte la recommandation.

Introduction

Encadré 2: Exemple d’intervention dans le cadre de l’AAPS

Ce cas est un exemple de bonnes pratiques concernant l’utilisation cohérente des outils de l’UE en vue de soutenir l’intervention positive de l’AAPS en Gambie dans le cadre de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest): le renforcement des capacités à long terme de la CEDEAO dans le domaine de la paix et de la sécurité dans le cadre de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique et du programme régional indicatif, combinés à une aide à la mission de la CEDEAO en Gambie (MICEGA), elle-même au titre de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique (d’abord dans le cadre du mécanisme de réaction rapide, puis de l’enveloppe des opérations de soutien à la paix3).

06

Le montant actuel des contributions financières des États membres de l’UA au Fonds pour la paix est de 42,4 millions de dollars des États-Unis. 39,9 millions de dollars des États-Unis ont été récoltés pour la seule année 2017 – soit la plus grande contribution des États membres de l’Union africaine depuis sa création en 1993.

07

L’élaboration des feuilles de route de l’AAPS a été effectivement un processus mené par l’Afrique, mais qui a été soutenu par l’UE grâce à la fourniture d’une assistance technique et à l’animation de réunions et de séminaires dans le cadre du programme de soutien à l’AAPS II.

Observations

23

Sur la question de l’appropriation et de la viabilité financières, la Commission et le SEAE reconnaissent l’importance pour l’Union africaine et les OSR africaines d’augmenter progressivement leur contribution aux fonds nécessaires. C’est la raison pour laquelle l’UE soutient les initiatives de l’UA sur la question par des moyens de financement hors budget (art. 41.2 TUE), notamment le processus de Kaberuka et l’application de la taxe de 0,2 % sur les biens importés. Par conséquent, l’appropriation financière de l’AAPS par l’AU progresse déjà. En 2018, par exemple, 57 % des rémunérations du personnel à court terme de la CUA travaillant sur des programmes concernant la paix et la sécurité seront couverts par les contributions des États membres de l’UA, et seulement 15 % par l’UE (contre 34 % au cours des 16 derniers mois). Dans l’ensemble, ces efforts ont déjà permis à l’UA d’assumer une plus grande part de son budget 2018: 41,3 % en 2018 (318 millions de dollars des États-Unis sur 770 millions) au lieu de 26,2 % en 2017 (205 millions de dollars des États-Unis sur 783 millions). Parmi les autres donateurs soutenant activement l’AAPS figurent la Norvège, le Royaume-Uni, le Danemark, l’Allemagne et les Pays-Bas.

La part des coûts opérationnels de l’AAPS financés par les États membres de l’UA augmente donc progressivement. Les chiffres indiquent une tendance à la baisse de la dépendance envers l’aide fournie par les donateurs, et non à la hausse.

On ne peut raisonnablement s’attendre à ce que l’aide fournie par les donateurs aux partenaires africains de l’UE dans le domaine de l’AAPS cesse complètement dans un avenir proche. En outre, l’enjeu de l’appropriation et de la viabilité financières est une question d’opportunité et de choix politique. Comme indiqué ci-dessus, étant donné qu’il est dans le propre intérêt de l’UE de soutenir l’AAPS, il n’y a aucune raison directe de cesser de financer ses coûts opérationnels de base tant que la Commission, le SEAE et les États membres de l’UE continuent de considérer cette aide comme un outil stratégique important afin de stabiliser l’Afrique.

24

La Commission et le SEAE font référence au principe d’appropriation par les partenaires tel qu’il est défini dans plusieurs accords internationaux comme l’accord de Monterrey de 20034. Ces principes signifient que l’appropriation globale de l’aide devrait incomber aux partenaires (voir également notre réponse au point 28).

L’Union africaine a adopté un plan clair pour parvenir à la viabilité financière d’ici à 2020. L’UE, qui a financé des experts techniques recrutés par la CUA pour aider à l’élaboration du plan, a salué les mesures qu’il contient. La future aide apportée par l’UE sera alignée sur le plan. Les mesures prévues dans le plan pour parvenir à la durabilité consistent notamment à garantir les contributions des États membres de l’UA de telle sorte que 100 % des coûts opérationnels de la CUA et 25 % des coûts des opérations de soutien à la paix soient couverts par ces derniers d’ici à 2020. Une taxe spéciale de 0,2 % sur les importations éligibles est actuellement mise en place par les États membres de l’UA à cette fin (plan de Kaberuka).

En outre, l’UE soutient la réforme menée par la Commission de l’Union africaine pour conformer ses systèmes de gestion financière et administrative aux normes internationales. La Commission a soutenu ces réformes au moyen d’une assistance technique visant à renforcer la comptabilité, l’audit interne, les marchés publics et la gestion des actifs et des progrès ont été reconnus dans un examen des systèmes de la CUA réalisé en avril 20185. La Commission a l’intention de réaliser un nouvel examen approfondi des systèmes de la CUA avant la fin de l’année 2018.

Encadré 3 - Points positifs et négatifs d’un système régional d’alerte rapide

Deuxième alinéa: dans le cadre de l’aide de l’UE (principalement le PAPS II - Affaires politiques, paix et sécurité - au titre du PIR relevant du 10ème FED), les capacités du MARAC (Mécanisme d’alerte rapide d’Afrique Centrale) ont été renforcées. Cette aide a notamment permis l’acquisition et la fourniture d’équipements pour sa salle d’alerte stratégique. Toutefois, après la fin du PAPS II, la CEEAC n’a pas capitalisé sur ces progrès, notamment en raison du licenciement d’une grande partie du personnel technique.

Reconnaissant ce problème, l’UE et la CEEAC ont décidé qu’un niveau minimal de continuité des activités devait être soutenu dans le cadre du programme de soutien à l’AAPS III financé par la FPA. C’est la raison pour laquelle ce programme contient des dispositions spéciales visant à soutenir certaines activités de renforcement des capacités du MARAC dans les plans de travail 2017 et 2018 de la CEEAC.

Il s’agit d’une mesure qui se conçoit comme étant de nature à combler les trous, tandis que les préparatifs de la contractualisation du programme pour la paix et la sécurité relevant du PIR du 11ème FED pour l’Afrique centrale s’achèvent. L’un des résultats escomptés de ce futur programme est de continuer à renforcer les capacités du MARAC, tout en tenant compte des enseignements tirés du PAPS II en termes de viabilité.

26

La Commission et le SEAE considèrent que des mesures sont déjà prises en ce sens. Prenant l’exemple du programme de l’accord de financement conjoint sur les rémunérations, les progrès suivants ont été accomplis pour 2018:

* Par rapport à la précédente phase de cette aide de l’UE (4e accord de financement conjoint sur les rémunérations), la part de l’UE dans le budget total est passée de 34 % à 15 %. En outre, la part des engagements des États membres de l’UA pour 2018 représente la majorité du budget total à la suite des efforts consentis par la CUA pour réduire le nombre d’emplois que les partenaires doivent financer.

* Les emplois financés par les partenaires sont limités à P3 et P4 (c’est-à-dire le personnel spécialisé), tandis que tous les emplois généraux sont désormais pris en charge par la CUA. À l’heure actuelle, ils représentent 12,6 % des emplois financés au titre de l’accord de financement conjoint actuel, ce qui est un progrès majeur par rapport aux années précédentes.

* Les partenaires et la CUA ont décidé que cette dernière continuerait de prendre en charge progressivement les frais de son personnel chargé de la mise en œuvre des programmes concernant la paix et la sécurité pour permettre aux partenaires de transférer leur aide des coûts opérationnels aux coûts de programmation. Cet accord fait partie de la stratégie de sortie de l’accord de financement conjoint.

28

La Commission et le SEAE font référence au principe d’appropriation par les partenaires et considèrent qu’ils ont bien défini des priorités précises en matière de soutien à l’AAPS. Ces dernières ont été examinées et adoptées avec la Commission de l’Union africaine et les Communautés économiques régionales africaines lors de l’élaboration de la feuille de route de l’AAPS pour la période 2016-20206. La feuille de route a établi clairement comme objectif de soutenir des solutions africaines aux problèmes de paix et de sécurité en Afrique. La mise en œuvre de cette feuille de route est soutenue par une série de programmes, notamment la troisième phase en cours du programme de soutien à l’AAPS («AAPS III»). Les activités menées dans le cadre de l’AAPS III sont présentées plus en détail dans les plans de travail annuels7, qui permettent de fixer des priorités en matière d’aide de l’UE et de comparer les résultats concrets par rapport aux objectifs concrets.

Afin d’obtenir ces résultats, la Commission couvre une série d’activités, dont la mise en œuvre nécessite de soutenir des coûts opérationnels tels que les formations, les déplacements et les rémunérations. Le financement de ces coûts a été essentiel pour atteindre l’objectif de l’aide de l’UE.

30 c)

L’UE a décidé de transférer l’intégralité de l’enveloppe du PIR relevant de l’IGAD au fonds fiduciaire à des fins de cohérence, entre autres. L’essentiel de l’enveloppe est destiné à des activités relatives à la paix et à la sécurité, à la résilience et à la migration. L’utilisation du fonds fiduciaire a permis de renforcer la cohérence – par exemple, dans les cas où les actions prévues dans le cadre du PIR étaient plus appropriées ou contribuaient de manière significative aux objectifs relatifs à la migration dans des situations d’urgence du fonds fiduciaire.

d)

Les inquiétudes concernant ce risque sont l’une des raisons pour lesquelles l’UE reste engagée à poursuivre la coopération avec l’UA.

e)

Une expertise militaire est disponible au sein de la délégation de l’Union auprès de l’UA, où le programme est géré. Cette expertise militaire peut s’appuyer, si nécessaire, sur l’expertise disponible dans les délégations régionales de l’UE. Des experts supplémentaires ont été recrutés au siège du SEAE en 2018.

Pour les activités menées dans le cadre du PIR, il n’est pas nécessaire de recruter du personnel avec un profil militaire dans la mesure où ces programmes sont des programmes de développement.

En outre, plusieurs nouveaux postes de la Commission ont été alloués aux délégations afin de gérer les travaux relatifs au fonds fiduciaire en faveur de l’Afrique, dont une partie est liée à des objectifs de paix et de stabilité.

37

S’agissant de l’unanimité, l’article 13 du protocole relatif à la création du CPS (Conseil de paix et de sécurité) de l’UA dispose que la majorité simple (sur les points de procédure) et la majorité des deux tiers (sur tout autre point) suffisent.

49

Un examen externe réalisé en avril 20188 indique que les systèmes de la CUA ont été renforcés.

Les chefs d’État de la CEEAC ont examiné en mars 2018 une réorientation vers un mandat clairement axé sur la paix et la sécurité et la CEEAC travaille actuellement sur une nouvelle «Commission d’Afrique centrale» pour reprendre les activités de la CEEAC.

S’agissant de la CEDEAO, les réformes ont été bloquées en raison de l’absence de consensus entre ses États membres et par conséquent, les changements apportés à ses processus de travail ont été reportés au mois de juin 2018. Une évaluation fondée sur les piliers de l’UE de la Commission de la CEDEAO est prévue au premier trimestre 2019.

50

L’approche de la Commission concernant la fourniture de l’assistance technique à la Commission de l’UA a été révisée. L’assistance technique est désormais fournie de manière ciblée et en fonction des demandes faites par la Commission de l’UA. Au cours de l’année 2017, 9 experts ont été déployés. Leur affectation n’était pas propre aux programmes, mais plutôt axée sur des aspects transversaux et organisationnels essentiels au fonctionnement de la Commission de l’UA pour le développement de l’AAPS.

53

La plupart des retards dans la conclusion des contrats sont dus aux difficultés de la CUA et des OSR à présenter des propositions de financement de qualité acceptable en temps voulu.

À la suite des discussions lors du comité de pilotage de la Commission de l’Union africaine/Commission européenne du 24 mai 2017, la CUA a renforcé en 2018 l’équipe de gestion du programme chargé des programmes financés par l’UE en recrutant 4 nouveaux membres du personnel. La Commission espère que cela permettra d’améliorer la qualité des propositions et des informations communiquées à l’UE.

c)

Les problèmes techniques rencontrés avec le système d’information de la Commission ont eu un effet très marginal sur les retards dans la conclusion des contrats, dans les financements et dans la mise en œuvre – notamment par rapport aux problèmes soulignés aux points 53 a) et b). Concrètement, ces problèmes techniques n’ont concerné que deux des contrats audités et ont retardé leur signature de quelques semaines chacun.

54

La plupart des retards dans la conclusion des contrats et des cas de financement rétroactif sont souvent dus à des demandes tardives et à un manque d’informations de la part des organisations chargées de la mise en œuvre de l’aide de l’UE.

Des mesures spéciales ont été déjà mises en place par la Commission, notamment une augmentation des ressources humaines disponibles pour gérer les programmes de la FPA. La CUA a également pris des mesures à cet égard en renforçant en 2018 son équipe de gestion du programme du département Paix et Sécurité, qui est chargé de gérer les programmes de renforcement des capacités financés par l’UE.

Encadré 5 – Financement rétroactif des programmes de soutien à l’AAPS

Deuxième alinéa: S’agissant du deuxième contrat relevant du programme de soutien à l’AAPS, il convient de noter que malgré les retards dans la conclusion des contrats, le principal résultat a été obtenu, étant donné que la continuité des activités a permis de finaliser la feuille de route de l’AAPS.

56

La Commission et le SEAE reconnaissent qu’il existe un large éventail d’instruments potentiels et confirment que des mesures ont été prises pour optimiser les avantages comparatifs de ces instruments. Une coordination est assurée, par exemple, entre la FPA et les PIR – notamment la récente évaluation des frais de personnel et l’exercice de transfert. Depuis 2016, il existe une répartition claire du travail, fondée sur les avantages comparatifs entre les PIR et la FPA, afin que le rôle des deux instruments soit clairement défini. La Commission a mis en place un réseau informel de points focaux de l’AAPS qui comprend des délégations régionales, des unités géographiques et l’unité chargée de la gestion de la FPA. Le réseau mène des consultations au sein de la Commission durant la définition et l’élaboration des programmes de soutien à l’AAPS de la FPA et des programmes indicatifs régionaux (PIR). En outre, tous les services de la Commission compétents / le SEAE participent à des groupes internes d’appui à la qualité durant lesquels les programmes concernant la paix et la sécurité et la complémentarité entre les instruments sont examinés. Dans le cadre établi par la feuille de route de l’AAPS, les besoins pour la mise en œuvre de l’AAPS au niveau régional sont hiérarchisés par les programmes régionaux relevant des PIR du 11ème FED.

En outre, la FPA n’est pas seulement bien adaptée aux besoins de financement à court terme. Les rôles des différents instruments sont bien définis dans leurs actes de base respectifs ainsi que dans les notes d’orientation. La FPA couvre un champ plus large que le financement d’OSP militaires menées par l’Afrique à court terme étant donné que son objectif final est de renforcer les capacités africaines dans les domaines de la paix et de la sécurité, notamment autour de l’AAPS. Il s’agit – par définition – d’une entreprise de longue haleine, que la FPA finance essentiellement dans le cadre des programmes de soutien à l’AAPS pluriannuels. Voir également la réponse au point 58.

57

Le financement des contrats dans le cadre de l’accord de financement conjoint sur les rémunérations pour les emplois à long terme est une mesure transitoire convenue par les partenaires internationaux pour couvrir les emplois à long terme, pendant que la CUA conçoit et mène sa réforme en cours des ressources humaines.

58

En plus du réseau informel mentionné au point 56, il existe de multiples instances de coordination ad hoc pour une utilisation complémentaire et cohérente de tous les instruments pertinents.

C’est notamment le cas dans les instances suivantes:

* pour la Somalie, le SEAE et la Commission se réunissent régulièrement pour définir et appliquer une approche globale en vue de soutenir la transition entre la phase de conflit et la phase de rétablissement. Cela implique notamment d’analyser en permanence l’utilisation coordonnée des instruments les plus appropriés: la FPA pour soutenir l’AMISOM, le fonds fiduciaire d’urgence en faveur de l’Afrique (EUTF) pour le rétablissement, le PIN (programme indicatif national) pour le renforcement de l’État, la PESC pour la formation de l’armée nationale somalienne et l’IcSP (instrument contribuant à la stabilité et à la paix) pour les mesures de stabilisation rapide.

* La même coordination régulière a été mise en place dans la région du Sahel, où le soutien de la FPA à la force conjointe G5 s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encourager la stabilisation à l’aide du fonds fiduciaire de l’UE, de l’IcSP et des PIN afin de garantir la présence des différents services de l’État dans les zones de conflit.

Plus généralement, cette coordination ad hoc est mise en place dès qu’une crise spécifique se produit (Gambie, Guinée-Bissau).

59

La Commission reconnaît que le suivi pourrait être encore renforcé notamment en ce qui concerne la définition des indicateurs, mais souligne que les systèmes en place ont fourni des informations qualitatives précieuses.

  1. La Commission reconnaît que les indicateurs pourraient être renforcés de manière à être plus précis dans les futurs programmes. Toutefois, ils ont fourni des informations qualitatives précieuses qui ont permis d’améliorer la conception des programmes de renforcement des capacités, comme l’a souligné l’évaluation externe de 2017 sur la FPA.
  2. Même si les indicateurs étaient parfois trop axés sur les activités et donc guère utiles pour mesurer les résultats, ils ont contribué à l’objectif visant à faciliter le suivi de l’obtention des résultats convenus et, in fine, à la cohérence entre la mise en œuvre du programme et la conception approuvée du programme.
  3. Les contrats ont été signés tardivement compte tenu des difficultés des organisations chargées de la mise en œuvre à présenter des propositions de financement de qualité acceptable en temps voulu.
60

Une évaluation externe globale de la FPA pour la période 2014-2016 a été réalisée en 2017 (rapport publié en mars 20189). Elle contient des conclusions et des recommandations spécifiques sur les programmes de renforcement des capacités relatifs à l’AAPS. La Commission et le SEAE les prendront en compte dans l’élaboration du programme d’action de la FPA pour la période 2019-2020.

Conclusions et recommandations

61

Depuis sa création en 2004, l’aide de l’UE à l’AAPS, tant en termes de capacités que d’appropriation financière, a contribué de manière essentielle au développement de cette architecture – bien que les résultats escomptés n’aient pas été systématiquement obtenus.

62

L’UE a bien fixé des priorités précises en matière de soutien à l’AAPS. La Commission, le SEAE et les États membres de l’UE reconnaissent qu’il est dans le propre intérêt de l’UE de soutenir des solutions africaines aux problèmes de paix et de sécurité en Afrique afin de stabiliser le continent. Il s’agit de l’activité principale de l’architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS), soutenue par l’UE, et d’une entreprise de longue haleine, dont les résultats ne peuvent être mesurés tout de suite.

Sur le plan opérationnel, l’objectif de l’UE doit être atteint dans le cadre d’une stratégie clairement définie: la feuille de route de l’AAPS pour la période 2016-2020. La mise en œuvre de cette feuille de route est directement soutenue par une série de programmes, notamment la troisième phase en cours du programme de soutien à l’AAPS («AAPS III»). Les activités menées dans le cadre de l’AAPS III sont présentées plus en détail dans les plans de travail annuels, qui permettent de fixer des priorités en matière d’aide de l’UE et de comparer les résultats concrets par rapport aux objectifs concrets.

Afin d’obtenir ces résultats, la Commission couvre une série d’activités, dont la mise en œuvre nécessite de soutenir des coûts opérationnels tels que les formations, les déplacements et les rémunérations. Le financement de ces coûts a été essentiel pour atteindre le principal objectif de l’aide de l’UE. La participation aux rémunérations ou à d’autres coûts opérationnels n’est pas un problème en soi tant qu’elle est liée à l’obtention de résultats, qu’elle s’inscrit dans une stratégie de soutien plus large et qu’une stratégie de sortie claire est définie.

63

La Commission et le SEAE considèrent que les réformes administratives de l’Union africaine ont commencé à produire des résultats.

La Commission a soutenu les réformes de la Commission de l’UA au moyen de contrats d’assistance technique spécifique visant à renforcer la comptabilité, l’audit interne, les marchés publics et la gestion des actifs, notamment, dans le cadre de deux contrats spécifiques. Pour plus d’informations, voir la réponse au point 23.

Recommandation nº 1: Encourager l’appropriation de l’AAPS par l’UA et recentrer l’aide apportée par l’UE

La Commission et le SEAE acceptent la recommandation. Toutefois, le soutien ad hoc aux coûts opérationnels pourrait toujours s’avérer approprié dans certaines conditions. La participation aux rémunérations ou à d’autres coûts opérationnels n’est pas un problème en soi tant qu’elle est liée à l’obtention de résultats, qu’elle s’inscrit dans une stratégie de soutien plus large et qu’une stratégie de sortie claire est définie.

64

La signature tardive des contrats est essentiellement due à des demandes tardives et à un manque d’informations de la part des organisations chargées de la mise en œuvre de l’aide de l’UE.

Les retards dans la conclusion des contrats n’ont pas empêché, dans la plupart des cas, d’obtenir les principaux résultats. La signature tardive du deuxième contrat relevant du programme de soutien à l’AAPS n’a pas empêché, par exemple, la finalisation de la feuille de route de l’AAPS.

Sur la question du suivi, une évaluation externe globale de la FPA pour la période 2014-2016 a été réalisée en 2017 (rapport publié en mars 2018). Elle contient des conclusions et des recommandations spécifiques sur les programmes de renforcement des capacités relatifs à l’AAPS. La Commission et le SEAE les prendront en compte dans l’élaboration du programme d’action de la FPA pour la période 2019-2020.

S’agissant de l’utilisation cohérente des instruments de financement, des progrès significatifs ont été déjà accomplis – notamment en ce qui concerne la complémentarité entre la FPA et les PIR (systèmes de suivi informels visés aux points 56 et 58, consultation mutuelle durant les groupes d’appui à la qualité, mais également entre la FPA et l’IcSP et coordination ad hoc visée au point 58).

Recommandation nº 2: Les interventions devraient constamment être fondées sur les résultats

La Commission accepte la recommandation.

Liste des sigles, acronymes et abréviations

AAPS: Architecture africaine de paix et de sécurité

CEDEAO: Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest

CEEAC: Communauté économique des États de l’Afrique centrale

CPS: Conseil de paix et de sécurité

CUA: Commission de l’Union africaine

DPS: Département Paix et Sécurité

FPA: Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique

JFA: Accord de financement conjoint (Joint Financing Arrangement)

OSR: Organisation sous-régionale

PIR: Programme indicatif régional

SCAR: Système continental d’alerte rapide

SCUA: Stratégie commune UE-Afrique

UA: Union africaine

Notes

1 L’UA a été créée en 2000 et a succédé à l’Organisation de l’Unité Africaine. En 2017, les 55 pays africains étaient tous membres de l’Union africaine.

2 Les CER sont: l’Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA).

Les MR sont: le Mécanisme de coordination de la Force en attente de l’Afrique de l’Est (EASFCOM) et la Capacité régionale de l’Afrique du Nord (CRAN).

3 Protocole d’accord de coopération dans le domaine de la paix et de la sécurité entre l’Union africaine, les Communautés économiques régionales et les mécanismes de coordination des brigades régionales en attente de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique du Nord, article IV.

4 En vertu du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.

5 Institut d’études de sécurité, How EU Support of the African Peace and Security Architecture Impacts Democracy Building and Human Security Enhancement in Africa, 2009.

6 World Peace Foundation, African Politics, African Peace, 2016.

7 Institut d’études sur la paix et la sécurité, Université d’Addis-Abeba, APSA Impact Report 2016, octobre 2017.

8 Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, article 21.

9 En décembre 2016, seuls 25 des 54 États membres de l’UA avaient versé la totalité de leurs contributions de 2016. Source: S.E.M. Paul Kagame, Rapport sur les propositions de recommandations relatives à la réforme institutionnelle de l’Union africaine, 29 janvier 2017, p. 13.

10 Union africaine, Background Paper on Implementing the Kigali Decision on Financing the Union, septembre 2016.

11 Le budget annuel (2017) de l’UA, soit 446 millions de dollars des États-Unis (environ 395 millions d’euros), équivaut à quelque 0,018 % de son PIB total (à savoir 2 257 milliards d’euros en 2016).

12 Ce chiffre ne tient pas compte des opérations de soutien à la paix en Somalie. Voir la décision du Conseil exécutif de l’UA sur le budget de l’Union africaine pour l’exercice 2017, document EX.CL/956(XXIX).

13 Fonds de l’UA pour la paix, Assurer un financement prévisible et durable pour la paix en Afrique, août 2016.

14 Les questions de sécurité stratégique concernent l’afflux illégal d’armes de petit calibre et d’armes légères, les mesures contre les engins explosifs improvisés/la gestion des explosifs, le désarmement et la non-prolifération des armes de destruction massive, les mesures de lutte contre le terrorisme, les flux financiers illicites, l’incorporation de la stratégie maritime intégrée de l’Afrique dans l’AAPS, ainsi que la lutte contre la criminalité transnationale organisée et la cybercriminalité.

15 Le document intitulé «L’Union européenne et le problème des conflits africains: le rétablissement de la paix, prévention des crises et au-delà» (SEC(1996) 332) définit l’approche générale concernant les conflits en Afrique (importance de l’analyse politique des causes structurelles profondes, attention accordée à la stabilité structurelle), ainsi que l’approche pour l’avenir (prévention des conflits, système d’alerte rapide, coopération avec l’UA, les organisations régionales et les Nations unies, et renforcement des capacités africaines de maintien de la paix), et dresse la liste des mesures que l’UE pourrait prendre dans diverses situations de conflits.

16 Par exemple les documents suivants: communication sur la Prévention des conflits (COM(2001) 211); Stratégie européenne de sécurité 2003; L’approche globale de l’UE à l’égard des crises et conflits extérieurs (JOIN(2013) 30).

17 Document intitulé «Une stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne 2016 – Vision partagée, action commune: une Europe plus forte».

18 Le FED est le principal instrument dont dispose l’UE pour fournir une aide au développement aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, ainsi qu’aux pays et territoires d’outre-mer. Créé en 1959 en vertu d’un accord interne, il est financé par des contributions directes des États membres de l’UE et ne fait pas partie du budget de celle-ci. Les ressources financières allouées au FED représentent un total de 30,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020.

19 Décision n° 3/2003 du Conseil des ministres ACP-CE du 11 décembre 2003 concernant l’utilisation des ressources de l’enveloppe du 9e Fonds européen de développement consacrée au développement à long terme pour créer une facilité de soutien à la paix pour l’Afrique (https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:22003D0003(01)&from=FR).

20 L’UE soutient également la paix et la sécurité en Afrique au moyen du budget général, en utilisant des instruments tels que le programme panafricain (PANAF), l’instrument contribuant à la stabilité et à la paix (IcSP), les missions relevant de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), ainsi que le «fonds fiduciaire d’urgence de l’UE en faveur de l’Afrique».

21 Un montant de 900 millions de dollars des États-Unis, d’après l’étude d’évaluation sur l’AAPS de 2014, p. 78.

22 Au cours de la période couverte par l’audit, aucun contrat de soutien à l’AAPS n’a été passé dans le cadre des autres PIR.

23 Une feuille de route pour la période 2011-2013 et une autre pour la période 2016-2020. Le plan de travail pour la feuille de route relative à la période 2011-2013 couvrait aussi certaines activités à mettre en œuvre en 2014 et en 2015. En 2015 (avant l’établissement de la seconde feuille de route), l’UE n’avait conclu avec l’UA aucun nouveau grand contrat pour le développement de l’AAPS, à l’exception du «programme intermédiaire de soutien à l’AAPS», dont l’un des objectifs principaux était l’élaboration d’une seconde feuille de route pour l’AAPS.

24 Centre européen de gestion des politiques de développement, Evaluation of the implementation of the African Peace Facility as an instrument supporting African efforts to manage conflicts on the continent, décembre 2017, p. 24 et 30.

25 Feuille de route de l’AAPS pour la période 2016-2020, p. 58.

26 World Peace Foundation, African Politics, African Peace, 2016, p. 53.

27 Voir le document Assembly/AU/Dec.605 (XXVII) (https://au.int/sites/default/files/decisions/31 274-assembly_au_dec_605_-620_xxvi_f.pdf).

28 https://www.tralac.org/news/article/12 591-mahamat-calls-for-urgency-in-self-financing.

29 Fin 2016, dix des 11 États membres de la CEEAC avaient des arriérés à payer, qui représentaient un montant total d’environ 52,3 millions d’euros, à savoir plus de trois ans de contributions au budget. Source: CEEAC, par l’intermédiaire de la Commission européenne.

30 Institut d’études de sécurité, rapport n° 89 sur le CPS intitulé The new funding model tests the commitment of AU member states, mars 2017.

31 Victoria Stanford, Aid Dependency: The Damage of Donation, Université d’Édimbourg, 2015.

32 L’évaluation de 2013 sur la FPA comportait la recommandation suivante: «L’UE devrait envisager d’élaborer, conjointement avec l’UA, un plan pour que celle-ci prenne progressivement en charge les emplois et les coûts opérationnels des composantes essentielles de l’AAPS actuellement financées au titre de la FPA».

33 Voir le compte rendu de la 11e réunion du comité de pilotage de l’accord de financement conjoint (27 avril 2017): «les rémunérations de plus de 50 % des agents du Département Paix et Sécurité engagés pour une courte durée au siège de l’UA sont payées au moyen de fonds provenant des États membres [de l’UA]».

34 Compte rendu de la réunion du comité de pilotage de l’accord de financement conjoint.

35 À cet égard, voir notamment les documents suivants: «L’Union européenne et le problème des conflits africains: le rétablissement de la paix, la prévention des crises et au-delà» (SEC(1996) 332); «Stratégie européenne de sécurité 2003»; «L’approche globale de l’UE à l’égard des crises et conflits extérieurs» (JOIN(2013) 30).

36 La Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement (OCDE, 2005) comporte l’engagement des donateurs à «respecter le rôle prédominant des pays partenaires et [à] les aider à renforcer leur capacité à exercer ce rôle», ainsi qu’à faire «reposer l’ensemble de leur soutien sur les stratégies nationales de développement, les institutions et les procédures des pays partenaires», afin d’augmenter l’efficacité et l’impact de l’aide.

37 Le G5 Sahel est un cadre institutionnel pour la coordination de la coopération régionale relative aux stratégies de développement et aux questions de sécurité. Il a été constitué en 2014 par le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger.

38 Voici plusieurs exemples d’évaluations: Tana Copenhagen ApS, The Inter-relationship between the African Peace and Security Architecture, the Global Peace and Security Architecture and Regional Initiatives, 2013; Agence suédoise de recherche pour la défense, The APSA – Discussing the remaining challenges, 2016; document de réflexion n° 211 du Centre européen de gestion des politiques de développement, Conflict management under the African Peace and Security Architecture (APSA), avril 2017.

39 Institut d’études de sécurité, rapport n° 90 sur le CPS intitulé Denialism plagues Africa’s early warning system, 19 avril 2017.

40 L’application du principe de subsidiarité et la question du rôle de chef de file entre l’UA et les OSR restent des points extrêmement sensibles. Pour que l’AAPS puisse être mise en œuvre efficacement, il est donc fondamental que les rôles et responsabilités des institutions aux niveaux national, régional, continental et multilatéral soient définis de manière précise. L’application du principe de subsidiarité était recommandée dans les évaluations de 2010 et de 2013 de la FPA. Les choses n’ont cependant guère progressé à cet égard: la feuille de route de l’AAPS pour la période 2016-2020 soulignait encore que l’une des faiblesses de cette architecture était l’absence de concordance de vues sur le principe de subsidiarité.

41 L’architecture de gouvernance africaine est une plateforme de dialogue entre les différentes parties prenantes qui ont pour mission d’encourager la bonne gouvernance et de renforcer la démocratie en Afrique (http://aga-platform.org/about).

42 Étude d’évaluation sur l’AAPS de 2014.

43 Institut d’études sur la paix et la sécurité, The African Union Peace and Security Council (PSC): Challenges and Policy Options, mars/avril 2017.

44 Les accords de financement conjoint sont une forme de mécanisme renforcé de soutien des donateurs, au moyen duquel des partenaires intéressés peuvent contribuer en commun, de façon prévisible et transparente, au financement de coûts convenus. Les donateurs qui ont participé à l’accord de financement conjoint pour couvrir les rémunérations des agents du DPS de la CUA pendant la période 2015-2016 étaient l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège, l’Allemagne et les Pays-Bas.

45 Pour garantir une utilisation efficiente de ces fonds, la Commission de l’UA et ses partenaires ont régulièrement discuté des emplois à financer au titre de cet accord au cours de réunions semestrielles du comité de pilotage.

46 Le rôle et les activités sont décrits dans les documents relatifs aux projets pour l’accord de financement conjoint sur les bureaux de liaison de l’UA et dans les rapports descriptifs conjoints de la Commission de l’UA.

47 Évaluation à mi-parcours, Sustaining and strengthening African Union’s Liaison Offices in post-conflict countries, Union africaine, janvier 2017.

48 World Peace Foundation, African Politics, African Peace, 2016.

49 À titre d’exemple, il ressort du rapport final concernant le contrat relevant du 2e accord de financement conjoint sur les rémunérations (couvrant la période allant du 1er avril 2013 au 1er juillet 2015) que le Groupe des sages a ensuite réalisé neuf missions dans des pays qui préparaient des élections et qu’il a mené six missions de médiation, de médiation préventive et de «bons offices». L’un des membres du Groupe a effectué des missions de bons offices en République démocratique du Congo en 2015 et en 2016.

50 Rapport sur l’impact de l’AAPS, 2016, parties 2.1.1 et 2.1.4, point b).

51 Feuille de route de l’AAPS pour la période 2016-2020, p. 16.

52 601e réunion du CPS (30 mai 2016), communiqué de presse (www.peaceau.org/uploads/cps-601-comm-presse-early-warning-30.5.2016.pdf).

53 669e réunion du CPS (21 mars 2017), communiqué (http://www.peaceau.org/uploads/669eme-cps-com-ar-fr.pdf).

54 Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, article 13.

55 Décision sur la réforme institutionnelle de l’Union africaine, juillet 2016, réf. Assembly/AU/DEC.606 (XXVII), suivie du rapport sur les propositions de recommandations relatives à la réforme institutionnelle de l’Union africaine, par S.E.M. Paul Kagame (29 janvier 2017).

56 La CEDEAO a débuté sa réforme institutionnelle en 2013 et a commandé un audit institutionnel interne à un cabinet international. Cet audit a duré deux ans et a abouti à la formulation de trois options en matière de réforme institutionnelle présentées en interne, mais ni les constatations d’audit ni les recommandations n’ont été partagées avec l’UE ou avec les autres donateurs. Au moment de l’audit, la CEDEAO n’avait pas encore officiellement fait son choix entre ces trois options. L’audit institutionnel a entraîné un gel des recrutements qui a donné lieu à une centralisation excessive et à des goulets d’étranglement, ce qui a compliqué bon nombre d’initiatives et de financements en cours.

57 En ce qui concerne la CEEAC, des dispositions avaient été prises, dans le cadre du programme financé par le PIR relevant du FED, pour une réforme des textes fondamentaux du Conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale, mais aucun résultat n’a été obtenu en raison du manque de volonté politique des États membres de la CEEAC. L’activité est de nouveau inscrite dans l’actuel programme du FED.

58 La Commission peut utiliser des fonds provenant du FED pour financer des activités qui ont déjà eu lieu, afin «de garantir un démarrage rapide des projets, d’éviter les vides entre les projets séquentiels et des retards», conformément aux dispositions de l’article 19 de l’annexe IV de l’accord de Cotonou.

59 Le système de suivi axé sur les résultats est le système de suivi externe de la Commission européenne, qui met fortement l’accent sur les résultats. Les projets financés par l’UE sélectionnés font l’objet d’une évaluation par des experts externes en fonction de quatre critères CAD: pertinence, efficience, efficacité et durabilité (https://ec.europa.eu/europeaid/results-oriented-monitoring_en).

 

1 http://www.peaceau.org/uploads/2015-en-apsa-roadmap-final.pdf

2 https://ec.europa.eu/europeaid/sites/devco/files/annex-9-ausp-3_en_0.pdf

3 Décision C(2017)8294 final de la Commission du 12.12.2017

4 http://www.un.org/esa/ffd/monterrey/MonterreyConsensus.pdf

5 L’évaluation a été réalisée par Ernst & Young et le rapport a été publié le 16/4/2018 (Ares(2018)2249815).

6 http://www.peaceau.org/uploads/2015-en-apsa-roadmap-final.pdf

7 https://ec.europa.eu/europeaid/sites/devco/files/annex-9-ausp-3_en_0.pdf

8 L’évaluation a été réalisée par Ernst & Young et le rapport a été publié le 16/04/2018 (Ares(2018)2249815)

9 https://ec.europa.eu/europeaid/sites/devco/files/apf-evaluation-2017-vol._1_en.pdf

Étape Date
Adoption du plan d’enquête/début de l’audit 24.1.2017
Envoi officiel du projet de rapport à la Commission (ou à toute autre entité auditée) 27.4.2018
Adoption du rapport définitif après la procédure contradictoire 26.6.2018
Réception des réponses officielles de la Commission (ou de toute autre entité auditée) dans toutes les langues 18.7.2018

Équipe d’audit

Les rapports spéciaux de la Cour présentent les résultats de ses audits relatifs aux politiques et programmes de l’UE ou à des questions de gestion concernant des domaines budgétaires spécifiques. La Cour sélectionne et conçoit ces activités d’audit de manière à maximiser leur incidence en tenant compte des risques pour la performance ou la conformité, du niveau des recettes ou des dépenses concernées, des évolutions escomptées ainsi que de l’importance politique et de l’intérêt du public.

Le présent audit de la performance a été réalisé par la Chambre III (Action extérieure/Sécurité et justice), présidée par Mme Bettina Jakobsen, Membre de la Cour. L’audit a été effectué sous la responsabilité de M. Juhan Parts, Membre de la Cour, assisté de: M. Ken-Marti Vaher, chef de cabinet; M. Margus Kurm, attaché de cabinet; Mme Sabine Hiernaux-Fritsch, manager principal; M. Karel Meixner, chef de mission; Mme Alina Milasiute, M. Dirk Neumeister et M. Piotr Zych, auditeurs. Mme Torielle Perreur-Lloyd a apporté une assistance rédactionnelle.

De gauche à droite: Karel Meixner, Margus Kurm, Ken-Marti Vaher, Torielle Perreur-Lloyd, Juhan Parts, Dirk Neumeister, Piotr Zych et Alina Milasiute.

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Luxembourg: Office des publications de l’Union européenne, 2018

PDF ISBN 978-92-847-0407-1 ISSN 1977-5695 doi:10.2865/601791 QJ-AB-18-016-FR-N
HTML ISBN 978-92-847-0362-3 ISSN 1977-5695 doi:10.2865/655231 QJ-AB-18-016-FR-Q

© Union européenne, 2018

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