Les comptes économiques européens de l'environnement pourraient être encore plus utiles aux responsables politiques
À propos du rapport
Les comptes économiques européens de l'environnement (CEEE) sont une source importante de données pour suivre et évaluer les politiques environnementales telles que le 7e programme d'action pour l'environnement, ainsi que les progrès accomplis en vue de la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies. Les CEEE constituent un cadre statistique qui comprend un ensemble complet de tableaux et de comptes permettant d'examiner la corrélation entre l'environnement et l'économie de l'UE.
Nous avons vérifié si la Commission a mis en place, géré et utilisé les CEEE de façon appropriée. Notre audit a fait apparaître que le potentiel des modules relatifs aux CEEE n'a pas été pleinement exploité pour assurer le suivi des principales politiques environnementales. Sur la base de nos constatations, nous recommandons à la Commission d'améliorer le cadre stratégique mis en place concernant les données pour les CEEE, la pertinence des modules relatifs aux CEEE pour l'élaboration des politiques environnementales, ainsi que l'actualité des données pour les CEEE.
Rapport spécial de la Cour des comptes européenne présenté en vertu de l'article 287, paragraphe 4, deuxième alinéa, du TFUE.
Synthèse
ILes comptes économiques européens de l'environnement (CEEE) sont une source importante de données pour suivre et évaluer les politiques environnementales telles que le 7e programme d'action pour l'environnement, ainsi que les progrès accomplis en vue de la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies. Les CEEE constituent un cadre statistique qui comprend un ensemble complet de tableaux et de comptes permettant d'examiner la corrélation entre l'environnement et l'économie de l'UE.
IINous avons vérifié si la Commission a mis en place, géré et utilisé de façon appropriée les comptes économiques européens de l'environnement. Notre audit a fait apparaître que la Commission n'a pas défini de perspective à long terme concernant les besoins de données pour les CEEE en vue de l'élaboration des politiques environnementales. Elle n'a pas dressé l'inventaire des besoins pour les CEEE, ni présenté de façon détaillée les indicateurs nécessaires. Il existait une stratégie pour les CEEE, mais pas de plan d'action exhaustif pour mettre en œuvre les objectifs. Nous avons constaté que les stratégies successives ont repris plusieurs des objectifs stratégiques pendant plus de dix ans.
IIIPour formuler leurs propositions concernant le caractère obligatoire ou non des modules relatifs aux CEEE, la Commission et les États membres se sont fondés essentiellement sur la disponibilité et la maturité des données, ainsi que sur des réflexions concernant la charge administrative pesant sur les États membres, plutôt que sur les besoins de données recensés. La Commission a établi des modules relatifs aux CEEE sans effectuer d'analyse coûts-avantages exhaustive. Le potentiel des modules relatifs aux CEEE n'a pas été pleinement exploité pour assurer le suivi des principales politiques environnementales.
IVLes données sont d'autant plus utiles si elles sont disponibles rapidement. Nous avons constaté que la Commission n'a pas épuisé toutes les possibilités pour fournir les données plus rapidement, même si elle a publié certaines d'entre elles avant l'expiration du délai requis. Aucun calendrier de publication n'indique quand les données seront disponibles.
VSur la base de nos constatations, nous recommandons à la Commission d'améliorer:
- le cadre stratégique concernant les données pour les CEEE;
- la pertinence des modules relatifs aux CEEE pour l'élaboration des politiques environnementales;
- l'actualité des données pour les CEEE.
Introduction
01Il importe que les responsables politiques disposent d'informations actualisées et fiables pour assurer le suivi des progrès accomplis sur les plans économique, social et environnemental en faveur du développement durable. Les comptes économiques de l'environnement constituent un cadre statistique qui comprend un ensemble complet de tableaux et de comptes. Ces comptes permettent d'examiner la corrélation entre l'environnement et l'économie, y compris l'impact de cette dernière sur l'environnement.
02Au niveau mondial, la Commission de statistique des Nations unies a adopté le système de comptabilité économique et environnementale comme norme statistique internationale pour ce type de comptabilité. Le système utilise des concepts, des définitions et des classifications cohérents par rapport au système des comptes nationaux des Nations unies, élaboré par ces dernières, par la Commission, par le Fonds monétaire international, par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et par la Banque mondiale. Cela facilite la production de statistiques et de comptes qui soient comparables au niveau international.
03En 1994, la Commission européenne a présenté une première stratégie1 sur la «comptabilité verte nationale». Depuis lors, elle collabore avec les États membres, les Nations unies et l'OCDE pour analyser l'éventail de données statistiques disponibles pour les «comptes économiques européens de l'environnement» (CEEE). La Commission et les États membres établissent les CEEE dans le cadre de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale conformément au système de comptabilité économique environnementale des Nations unies.
04Le cadre juridique régissant les CEEE2 définit une norme commune pour la collecte, l'élaboration, la transmission et l'évaluation des comptes. Le tableau 1 présente de façon synthétique les six modules actuels. La Commission collecte des données pour deux autres modules sur une base volontaire: les comptes forestiers européens, ainsi que les comptes sur les subventions et transferts similaires en matière d'environnement. Elle œuvre à l'élaboration de trois modules supplémentaires: la comptabilisation du capital naturel/les comptes des écosystèmes, les comptes de l'eau et les comptes de dépenses de gestion des ressources. Les CEEE servent à communiquer des données pour 64 activités économiques ainsi que pour les ménages. L'annexe I présente d'autres informations plus détaillées sur les CEEE.
Tableau 1 – Modules inclus dans le règlement sur les CEEE
| N° | Modules | Première année de collecte des données | Description |
|---|---|---|---|
| 1 | Comptes des émissions atmosphériques | 2013 | Flux physiques des matières gazeuses et particulaires (six gaz à effet de serre, y compris le CO2 et sept polluants atmosphériques) émis dans l'atmosphère par l'économie. |
| 2 | Taxes environnementales par activité économique | 2013 | Données sur les taxes dans les domaines de l'énergie, des transports, de la pollution et des ressources, qui ont un impact négatif spécifique et avéré sur l'environnement. |
| 3 | Comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie | 2013 | Aperçu global, en milliers de tonnes par an, des flux de matières entrant et sortant d'une économie. Ces comptes couvrent des matières solides, liquides et gazeuses, à l'exception de l'essentiel des flux d'air et d'eau. |
| 4 | Comptes des dépenses de protection de l'environnement | 2017 | Toutes les activités visant directement la prévention, la réduction et l'élimination de la pollution ou de toute autre dégradation de l'environnement. |
| 5 | Comptes du secteur des biens et services environnementaux | 2017 | Données sur la production des fournisseurs de biens et services environnementaux mesurée en valeurs monétaires, sur la valeur ajoutée brute et sur l'emploi lié à cette production. |
| 6 | Comptes des flux physiques d'énergie | 2017 | Flux d'énergie (en térajoules) de l'environnement vers l'économie (ressources énergétiques naturelles), à l'intérieur de l'économie (produits énergétiques), et de l'économie vers l'environnement (résidus énergétiques). |
Source: Cour des comptes européenne.
05Les CEEE montrent la part que représente le secteur des biens et services environnementaux dans l'économie globale, ainsi que la quantité de production et de consommation de ressources naturelles et d'énergie. À titre d'exemple, les comptes recensent les activités les plus polluantes ou celles qui épuisent le plus les ressources naturelles. Les comptes permettent de déterminer les coûts de la protection de l'environnement et qui paie ceux-ci. Les CEEE utilisent et complètent les statistiques existantes sur l'environnement (sur les déchets et sur la forêt) ainsi que les statistiques économiques (les composantes des comptes nationaux, ainsi que les statistiques sur les finances publiques et sur les entreprises). À titre d'exemple, le module relatif aux comptes des émissions atmosphériques peut découler des inventaires des gaz à effet de serre3 ou des statistiques de l'énergie.
06Les CEEE peuvent permettre, entre autres, de répondre aux questions ci-après.
- Quelles sont les implications pour la durabilité de nos modes de production et de consommation actuels?
- Quel impact auraient de nouvelles taxes environnementales? Qui supporte la charge fiscale? Les producteurs (industries) ou les consommateurs (ménages)?
- Quelles pressions sur l'environnement sont causées par nos schémas commerciaux dans les pays tiers?
- Combien de personnes travaillent dans l'industrie de l'environnement, en produisant des biens et services environnementaux tels que des éoliennes ou des panneaux solaires?
Les principaux utilisateurs des CEEE sont la Commission et l'Agence européenne pour l'environnement. À titre d'exemple, les CEEE sont une importante source de données pour suivre et évaluer les politiques environnementales, telles que le 7e programme d'action de l'Union pour l'environnement (7e PAE), ainsi que pour mesurer les progrès accomplis en vue de la réalisation des objectifs de développement durable (ODD)4 (voir figure 1). Les États membres de l'UE et les chercheurs figurent parmi les autres utilisateurs potentiels des CEEE.
Figure 1
Les ODD et le 7e PAE
Source: Cour des comptes européenne, sur la base d'informations transmises par la Commission et par les Nations unies.
©United Nations, source: https://www.un.org/sustainabledevelopment/.
Eurostat encourage l'élaboration et l'utilisation des CEEE. Tous les États membres établissent leurs comptes respectifs et transmettent chaque année les données y afférentes à la Commission. Celle-ci évalue la qualité des comptes en fonction des principes et critères de qualité définis pour les statistiques européennes5 et fournit des orientations méthodologiques destinées à améliorer la qualité et la fiabilité des données. La figure 2 présente de façon synthétique les rôles et responsabilités des différentes parties prenantes.
Figure 2
Répartition des rôles et responsabilités
Source: Cour des comptes européenne.
Les comptes économiques européens de l'environnement sont l'une des méthodes utilisées par la Commission européenne pour recueillir et examiner les informations sur les questions environnementales. Parmi les autres méthodes figurent les inventaires des gaz à effet de serre, le recours accru aux images satellites, des projets spécifiques de recherche, ainsi que les modélisations environnementale et économique par et pour le Centre commun de recherche. L'atout des CEEE est l'intégration avec d'autres données statistiques, notamment avec les données économiques, ce qui permet aux responsables politiques d'évaluer l'interaction entre les questions environnementales et économiques.
Étendue et approche de l'audit
10Les CEEE sont une source importante d'informations pour les politiques environnementales. Leur qualité et leur pertinence s'avèrent donc fondamentales pour en maximiser l'impact. Il est particulièrement pertinent d'évaluer les CEEE maintenant, étant donné que des données sont collectées depuis 2013 pour les trois premiers modules en relevant et depuis 2017 pour la seconde série de trois modules. L'élaboration de nouveaux modules est actuellement envisagée. L'examen des modules mis en œuvre à ce stade peut permettre de tirer des enseignements et de tenir compte des résultats lors de la conception de nouveaux modules.
11L'audit visait à évaluer comment la Commission a géré l'élaboration des CEEE et si ces derniers répondent aux besoins des responsables politiques de l'UE. La question d'audit générale était la suivante: «La Commission a-t-elle élaboré, géré et utilisé de façon appropriée les comptes économiques européens de l'environnement?». Pour y répondre, nous avons vérifié:
- si, lors de la conception et de l'élaboration des CEEE, la Commission a pris en considération les besoins de ses services (notamment de la DG Environnement, du Centre commun de recherche et d'Eurostat) et de l'Agence européenne pour l'environnement;
- l'utilisation des CEEE pour suivre et évaluer les politiques environnementales telles que le 7e PAE de l'UE, ainsi que pour mesurer les progrès accomplis en vue de la réalisation des ODD;
- comment la Commission a évalué la qualité des données des États membres pour les CEEE et si des orientations méthodologiques ont été fournies en temps utile.
Nous avons collecté des éléments probants par différents canaux:
- l'examen des stratégies européennes successives pour la comptabilité environnementale, de documents stratégiques, de comptes rendus de réunions à différents niveaux et des pièces justificatives correspondantes;
- des enquêtes et des entretiens avec les services compétents de la Commission qui élaborent et utilisent les CEEE. Cet audit a intéressé la DG Environnement (DG ENV), le Centre commun de recherche (JRC – Joint Research Centre), l'Office statistique de l'Union européenne (Eurostat) et l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), en leur qualité d'utilisateurs des données. Eurostat était également concerné en tant que principal fournisseur de données pour les CEEE;
- un examen des données de la période 2015‑2017 pour quatre États membres dotés d'ensembles de données relativement complets (la Belgique, la Hongrie, la Pologne et la Suède) pour les modules suivants: comptes des émissions atmosphériques, taxes environnementales par activité économique, ainsi que comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie;
- un examen de l'exhaustivité, de la ponctualité6 et de l'actualité7 pour tous les États membres et pour l'ensemble des six modules relatifs aux CEEE.
Nous n'avons pas réexécuté les procédures d'assurance de la qualité des États membres pour évaluer la fiabilité des données.
Observations
Le cadre stratégique mis en place pour les CEEE n'est pas encore exhaustif
La Commission n'a pas réalisé d'inventaire complet des besoins en matière de données pour les CEEE
14La Commission devrait coordonner ses besoins en matière d'informations sur l'environnement. Elle devrait définir les données requises pour analyser les politiques (en indiquant le niveau de détail, les données les plus récentes et la périodicité), et instaurer une coopération et un dialogue constructif régulier entre les services concernés. Elle devrait consulter les fournisseurs et utilisateurs des données pour garantir la disponibilité de données pertinentes afin de soutenir les évolutions politiques et d'autres initiatives.
15Pour les statistiques et comptes européens de l'environnement, nous avons constaté que les principaux types de données nécessaires pour planifier et mettre en œuvre les politiques environnementales de l'UE sont recensés dans le cadre d'accords spécifiques entre Eurostat et les services compétents de la Commission. Ces accords servent aussi à définir les rôles et responsabilités de chaque partie, les domaines de coopération et les priorités concernant les évolutions en cours et futures en matière de statistiques. Ces accords sont mis à jour chaque année.
16Eurostat et les États membres (en tant que fournisseurs de données nationales) procèdent à un échange de vues aux niveaux stratégique et opérationnel (voir figure 3). Les groupes mentionnés dans cette figure se réunissent une fois par an. Les services de la Commission qui utilisent les CEEE sont invités aux réunions en qualité d'observateurs.
Figure 3
Groupes d'experts opérationnels concernant les données sur l'environnement
Source: Cour des comptes européenne, sur la base d'informations transmises par la Commission.
Les besoins à moyen et à long termes en matière d'informations sur l'environnement sont énoncés dans des documents stratégiques tels que le 7e PAE, qui couvre sept ans. Les besoins de données pour les CEEE sont exprimés dans la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale, qui porte sur cinq ans. Or le processus d'établissement d'un module relatif aux CEEE s'étend sur environ dix ans (voir point 28). Des délais d'exécution aussi longs posent problème lorsqu'il s'agit d'exprimer des besoins en matière de données. Aucun document ne donne une perspective globale à long terme concernant les données pour les CEEE dont la Commission a besoin pour l'élaboration des politiques environnementales. Si un tel document existait, il constituerait la base pour une élaboration proactive, rapide et pertinente des comptes de l'environnement.
18Notre analyse des comptes rendus des réunions organisées entre 2015 et 2018 montre que les utilisateurs des CEEE avaient besoin de données plus exhaustives et plus actuelles, ainsi que de comptes forestiers, de comptes des écosystèmes et de comptes de l'eau. Cependant, les comptes rendus ne faisaient pas état du besoin d'indicateurs ou de la nature de ces derniers. Nous avons constaté que les services de la Commission s'appuient essentiellement sur les informations déjà fournies par Eurostat, qui sont complétées par des données provenant d'autres services ou organisations et de la communauté des chercheurs.
Aucun plan d'action exhaustif ne complète la stratégie
19Dans sa stratégie européenne pour la comptabilité environnementale (SECE), la Commission devrait définir l'évolution des CEEE, sur la base des besoins de nature politique. Pour appliquer efficacement cette stratégie, la Commission devrait hiérarchiser les objectifs et indiquer comment les mettre en œuvre et les atteindre.
20La SECE décrit les priorités et actions qui visent à harmoniser l'évolution et l'utilisation des comptes de l'environnement de façon à ce qu'ils soient appliqués de façon uniforme dans l'ensemble de l'Europe. Jusqu'à présent quatre stratégies ont été élaborées pour les comptes de l'environnement (voir figure 4). Elles comportaient des sections sur les besoins de nature politique et sur les futurs travaux en matière d'environnement, qui ont ensuite été utilisées comme mandat pour les groupes de travail chargés des comptes de l'environnement. Les futurs travaux sont définis en fonction d'objectifs hiérarchisés.
Figure 4
Principaux éléments des quatre stratégies
Source: Cour des comptes européenne, sur la base d'informations transmises par la Commission.
Comme les stratégies précédentes, la SECE pour la période 2019‑2023 mentionne les utilisations potentielles des comptes existants et futurs. Cette stratégie vise essentiellement à faire en sorte que les CEEE répondent aux besoins en données de qualité élevée exprimés par les utilisateurs, et que leur contenu soit largement reconnu et apprécié. À cet effet, des objectifs sont proposés. Cependant, la stratégie ne comporte aucun plan d'action exhaustif couvrant les futurs travaux dans le domaine, y compris des valeurs intermédiaires à atteindre et des prévisions budgétaires. Des points d'action sont proposés dans un document sur la mise en œuvre de la stratégie, lequel n'indique toutefois pas la façon de les exécuter. Certains points sont assortis d'échéances, mais pas tous.
22Plusieurs des objectifs sont repris dans les trois dernières stratégies. L'un d'entre eux est celui qui vise à améliorer la communication sur la pertinence des CEEE et à en encourager l'utilisation. Selon les documents de la Commission, y compris la stratégie, les CEEE ne sont pas très connus et leur potentiel n'est jusqu'à présent pas pleinement exploité par les responsables politiques. L'encadré 1 présente des exemples d'autres objectifs qui sont identiques depuis 2003 ou 2008.
Encadré 1
Objectifs stratégiques repris dans plusieurs SECE
- Étendre les CEEE à de nouveaux domaines, tels que les comptes de l'eau, les comptes forestiers, les comptes des dépenses de gestion des ressources, ainsi que les subventions et transferts similaires concernant des produits environnementaux (depuis 2003);
- améliorer la qualité des CEEE (depuis 2008).
Des lacunes dans l'établissement des modules relatifs aux CEEE en ont réduit la pertinence pour le processus d'élaboration des politiques
La Commission a établi des modules relatifs aux CEEE sans effectuer d'analyse coûts-avantages exhaustive
23La Commission devrait choisir les modules relatifs aux CEEE en fonction de priorités définies d'un commun accord par les utilisateurs des données. Elle devrait effectuer une analyse coûts-avantages avant de proposer le moment où un module devient obligatoire.
24Le processus d'élaboration des comptes commence par l'expression des besoins par les services de la Commission concernés et continue avec une analyse par Eurostat de la disponibilité des données et des méthodologies à utiliser. Avant de proposer de rendre les comptes obligatoires, la Commission peut octroyer aux États membres des subventions pour des études pilotes destinées à établir et/ou à harmoniser des méthodologies, ainsi qu'à tester la collecte de données.
25Pour les trois premiers modules relatifs aux CEEE (voir tableau 1) ajoutés au règlement, la Commission a réalisé une analyse fondée sur les coûts de leur établissement. Cette analyse synthétique n'a pas énoncé d'utilisation concrète ni montré les avantages offerts par ces modules. Pour les trois autres modules ajoutés au règlement, la Commission n'a pas analysé intégralement les coûts ou les avantages.
26Pour formuler leurs propositions concernant le caractère obligatoire ou non des modules relatifs aux CEEE, la Commission et les États membres se sont fondés essentiellement sur la disponibilité et la maturité des données, ainsi que sur des réflexions concernant la charge administrative pesant sur les États membres, plutôt que sur les besoins de données recensés.
L'établissement d'un module relatif aux CEEE prend environ dix ans
27Pour les six modules obligatoires relatifs aux CEEE, nous avons évalué le temps nécessaire à leur établissement, depuis la première étude pilote jusqu'à l'inclusion du module dans le cadre juridique (voir figure 5). Nous avons constaté que le processus d'établissement de quatre des six modules obligatoires s'est étendu sur plus de dix ans.
Figure 5
Temps nécessaire à l'établissement des CEEE
Source: Cour des comptes européenne, sur la base d'informations transmises par la Commission.
En 2003, la Commission a proposé d'inclure, sur une base volontaire, d'autres modules (tels que les comptes forestiers et les comptes de l'eau) en tant que futurs domaines de développement. Les travaux sur ces modules sont actuellement toujours en cours. À titre d'exemple, la DG Environnement a demandé un module sur les comptes forestiers. Au moment où nous avons réalisé notre audit, ce module n'était pas totalement établi (voir encadré 2).
Encadré 2
Comptes forestiers européens
Depuis la fin des années 1990, Eurostat recueille chaque année des données sur les comptes forestiers, sur une base volontaire, au moyen d'un questionnaire sur ceux-ci. Ce dernier a été actualisé plusieurs fois. La dernière version, utilisée depuis 2016, comporte des informations sur les zones boisées et sur les stocks et flux de bois, ainsi que des données économiques sur la sylviculture.
En dépit du grand intérêt manifesté par les responsables politiques, de la maturité de la méthodologie et du fait que les données étaient collectées pendant plus de 20 ans, sur une base volontaire, le module relatif aux comptes forestiers reste inachevé. Le module n'était pas encore inclus dans le cadre juridique des CEEE. Selon Eurostat, la qualité des données collectées reste faible, parce que certaines sont incohérentes ou parce que des ensembles de données ne sont pas communiqués du tout ou sont incomplets.
Les activités proposées afin de mettre en œuvre la SECE pour la période 2019‑2023 pour les comptes forestiers portent essentiellement sur l'utilisation d'autres sources de données (telles que les images satellites) ou sur l'inclusion d'éléments des comptes forestiers dans d'autres modules relatifs aux CEEE. Dans la stratégie, il est proposé que les comptes forestiers deviennent un module obligatoire.
L'établissement d'un nouveau module relatif aux CEEE est un long processus. À court et à moyen termes, la Commission complète les données pour les CEEE grâce, entre autres, à des données recueillies auprès d'autres organisations, élaborées par la communauté des chercheurs ou fondées sur de nouvelles technologies telles que les images satellites.
La Commission n'a pas utilisé les modules relatifs aux CEEE dans le cadre de toutes les politiques pertinentes
30Le règlement n° 691/2011 dispose que les CEEE doivent être «activement et correctement utilisés dans tous les États membres et pour l'élaboration de toutes les politiques pertinentes de l'Union, en tant qu'élément apportant une contribution déterminante aux études d'impact, aux plans d'action, aux propositions législatives et autres produits significatifs du processus politique». La Commission et l'Agence européenne pour l'environnement devraient utiliser les comptes, notamment pour assurer le suivi des ODD en Europe, ainsi que pour suivre et évaluer le 7e PAE, deux des principales initiatives européennes en matière de durabilité environnementale et économique.
31Nous avons constaté que les données de trois modules (comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie, comptes des dépenses de protection de l'environnement et comptes du secteur des biens et services environnementaux) sont utilisées régulièrement. À titre d'exemple, la Commission y a eu recours pour les séances d'information et analyses relatives aux progrès accomplis en vue de l'utilisation efficace des ressources en Europe, à la transition vers une économie circulaire8, à la transition vers une économie verte ou aux dépenses de protection de l'environnement. Bien que la Commission et l'Agence européenne pour l'environnement utilisent des données sur les taxes environnementales, elles ne se servent pas de la ventilation par activité économique fournie par les CEEE (dans le module relatif aux taxes environnementales par activité économique). Lors du processus d'élaboration des politiques, les utilisateurs des CEEE au sein de la Commission que nous avons contrôlés, ainsi que l'Agence européenne pour l'environnement n'ont pas utilisé les modules relatifs aux émissions atmosphériques et aux flux physiques d'énergie.
32Sept des 17 objectifs mondiaux définis par l'Assemblée générale des Nations unies en 2015 pour parvenir à un développement durable dans le monde entier à l'horizon 2030 sont considérés comme essentiellement environnementaux (les ODD 6, 7, 11, 12, 13, 14 et 15), tandis que d'autres ont une dimension environnementale/durable et incluent des composantes environnementales (les ODD 2, 3, 8 et 9). En Europe, Eurostat assure le suivi des progrès accomplis en vue de la réalisation des 17 ODD depuis 2017 au moyen d'un ensemble particulier d'indicateurs de l'UE sur les ODD et par la publication du rapport de suivi sur la réalisation des ODD dans l'UE. Les indicateurs de l'UE sur les ODD sont, dans une large mesure, alignés sur leurs équivalents des Nations unies9.
33L'ensemble d'indicateurs de l'UE sur les ODD comporte environ 100 indicateurs. La Commission examine chaque année cet ensemble au cours d'un processus de consultation. L'ensemble d'indicateurs doit respecter une série de principes, dont les suivants:
- il ne peut y avoir plus de six indicateurs par ODD. L'ensemble d'indicateurs de l'UE sur les ODD peut aussi inclure en sus des indicateurs à objectifs multiples, qui sont utilisés pour suivre plusieurs ODD. Dans l'ensemble d'indicateurs de l'UE sur les ODD pour 2019, le suivi de chaque ODD est donc assuré au moyen d'un total de cinq à 11 indicateurs;
- si un objectif est déjà assorti de six indicateurs, un nouvel indicateur ne peut y être ajouté que si un autre est retiré;
- des indicateurs ne peuvent être remplacés que si les nouveaux permettent une mesure plus précise. Tout nouvel indicateur doit donc être pleinement développé, pertinent pour les politiques et avoir une meilleure qualité statistique que celui qu'il va remplacer.
Eurostat utilise deux modules relatifs aux CEEE pour suivre les progrès accomplis en vue de la réalisation des ODD dans l'UE (voir figure 6). Dans la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale pour la période 2019‑2023, il est toutefois indiqué que tous les modules obligatoires relatifs aux CEEE, sauf les comptes des dépenses de protection de l'environnement, ainsi que les deux comptes pour lesquels les travaux sont en cours (comptes des écosystèmes et comptes de l'eau) pourraient contribuer au suivi des ODD en Europe.
Figure 6
Utilisation des modules relatifs aux CEEE pour assurer le suivi des progrès accomplis par l'UE dans la réalisation des ODD
Source: Cour des comptes européenne, sur la base d'informations transmises par la Commission et par les Nations unies.
©United Nations, source: https://www.un.org/sustainabledevelopment/.
Les différents services de la Commission ont proposé en 2018 et en 2019 deux autres indicateurs, en utilisant les modules sur les émissions atmosphériques et sur le secteur des biens et services environnementaux (les émissions atmosphériques par industrie et l'économie verte). Eurostat a suspendu les indicateurs en raison de désaccords sur les sources de données à utiliser ou sur le remplacement d'indicateurs sur les ODD existants, ou encore en raison de l'indisponibilité de données au niveau des États membres.
36Le 7e PAE constitue la stratégie environnementale de l'UE, qui oriente les politiques environnementales européennes jusqu'en 2020. Il n'indique pas comment les CEEE peuvent être utilisés pour suivre et évaluer ces politiques. L'Agence européenne pour l'environnement fournit des indicateurs dans le cadre du processus de suivi. Elle utilise trois modules relatifs aux CEEE10 dans ses rapports annuels sur les indicateurs pour assurer le suivi de la mise en œuvre du 7e PAE. Dans le cadre de ce 7e PAE, l'Agence choisit les indicateurs à utiliser.
37L'un des trois objectifs principaux du 7e PAE est le suivant: «protéger, conserver et améliorer le capital naturel de l'Union». Pour évaluer la progression vers cet objectif, la Commission s'emploie à élaborer une comptabilisation du capital naturel11 (également appelée comptes des écosystèmes12) en tant que nouveau module relatif aux CEEE. Cette comptabilisation du capital naturel concernerait aussi les ODD axés sur l'environnement tels que les ODD 6, 14 et 15, pour lesquels la Commission ne dispose pas d'une sélection satisfaisante d'indicateurs.
38Pour assurer le suivi du 7e PAE, les responsables politiques ont besoin que les comptes de l'environnement soient présentés dans un cadre intégré. Un tel cadre combinerait les comptes de l'environnement avec d'autres données économiques (par exemple dans des tableaux entrées-sorties13). Il montrerait l'interaction entre l'économie et l'environnement (en ce qui concerne, par exemple, les émissions atmosphériques, les taxes environnementales, l'extraction et l'utilisation des matières, ainsi que les activités de protection de l'environnement). Eurostat publie séparément les modules sur les comptes de l'environnement. Les travaux pour créer ce cadre intégré14 étant en cours, la Commission se sert d'autres sources de données fondées sur des méthodologies différentes (voir encadré 3).
Encadré 3
Indicateurs d'empreinte environnementale
Les indicateurs d'empreinte environnementale traduisent la pression sur l'environnement causée par la consommation finale de produits. Ces indicateurs permettent de recenser les produits à l'origine des plus fortes pressions sur l'environnement et peuvent servir de base aux responsables politiques pour prendre des mesures concernant les pressions sur l'environnement en fonction des modes de consommation. Les indicateurs d'empreinte constituent un exemple d'utilisation des modules relatifs aux CEEE de façon intégrée.
Eurostat calcule les empreintes sur les matières premières et sur les émissions atmosphériques. Dans ses calculs, Eurostat part de l'hypothèse que les pays tiers utilisent les mêmes techniques de production que les États membres de l'UE. Ces calculs peuvent donner lieu à une sous-estimation ou à une surestimation des pressions globales sur l'environnement.
Dans son rapport annuel relatif à l'indicateur environnemental pour le 7e PAE, l'Agence européenne pour l'environnement utilise des empreintes telles que le potentiel de réchauffement de la planète, l'occupation des sols, la consommation d'eau, l'utilisation des matières, la consommation d'énergie, l'acidification et l'eutrophisation. Étant donné que ces indicateurs ne sont pas tous calculés par Eurostat et que ceux qui le sont traduisent les pressions sur l'environnement qui ont pu être évitées, l'Agence européenne pour l'environnement recourt à des outils mis au point par la communauté des chercheurs. Ces outils donnent un large éventail d'empreintes environnementales, mais présentent plusieurs lacunes sur le plan de la qualité. Eurostat développe un système statistique dont les résultats sont attendus d'ici à 2022.
Eurostat connaît des difficultés pour collecter des données actuelles de qualité élevée
39Les États membres devraient présenter leurs données pour les CEEE et le rapport sur la qualité correspondant dans les délais impartis, conformément aux normes comptables convenues, définies au niveau de l'UE. Eurostat devrait évaluer la qualité des données communiquées pour les CEEE en fonction des principes15 et critères16 définis. Il devrait également fournir des orientations méthodologiques pour améliorer la qualité et la fiabilité des données et élaborer et publier des estimations concernant celles qui n'ont pas été transmises par les États membres.
40La figure 7 montre le processus d'évaluation de la qualité, depuis la transmission des données jusqu'à leur publication.
Figure 7
Processus d'évaluation de la qualité des CEEE: de la transmission des données à leur publication
Source: Cour des comptes européenne, sur la base d'informations transmises par la Commission.
Problèmes pour recueillir les données dans les délais
41L'actualité des données est un critère de qualité important. Les pressions sur l'environnement sont en augmentation et des données actuelles aident à comprendre la situation, ce qui permet de prendre des mesures efficaces. Il faudrait collecter des données pour les CEEE et les rendre disponibles pour permettre à la Commission d'utiliser rapidement et largement les CEEE lors de l'élaboration et du suivi des politiques de l'UE.
42Le cadre juridique pour les CEEE prévoit un délai de deux ans pour la transmission des données par les États membres. Nous avons constaté que les principaux services de la Commission qui utilisent les données ont demandé à Eurostat des données plus actuelles que celles requises par la réglementation. Dès lors, Eurostat a élaboré des procédures pour estimer des données plus récentes pour les trois premiers modules. La Commission fournit des estimations dans un délai de six mois pour les comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie et d'un an pour les comptes des émissions atmosphériques. Pour les taxes environnementales par activité économique, Eurostat s'emploie à fournir des estimations dans un délai d'un an. Pour les trois autres modules, la Commission a présenté le 15 mai 2019 un document de réflexion sur la transmission précoce de données à un groupe de travail DIMESA (voir figure 3).
43Nous avons examiné une comparaison effectuée par Eurostat pour un module (les comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie) entre ses estimations et les données réelles envoyées par les États membres pour 2013 et pour 2014. Ce module est utilisé pour obtenir l'indicateur intitulé «Extraction intérieure» (voir encadré 4). L'analyse faite par Eurostat a consisté à calculer la différence entre les estimations de la Commission et les données réelles pour l'indicateur (ainsi qu'à ventiler cette différence par type de matières). La différence en termes absolus est globalement faible au niveau de l'UE, malgré de fortes disparités entre certains éléments pris isolément. Pour améliorer les estimations précoces, il faut davantage œuvrer pour tenir compte des particularités nationales.
Encadré 4
Qu'est-ce que l'extraction intérieure?
L'extraction intérieure correspond aux flux de matières de l'environnement vers l'économie. Les entrées de matières provenant de l'environnement et utilisées dans l'économie désignent l'extraction ou le transport intentionnels de matériaux naturels par des moyens humains ou par des moyens technologiques contrôlés par l'être humain (c'est-à-dire qui impliquent le recours à de la main d'œuvre). Ces flux inscrits dans les comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie sont désignés par le terme «extraction intérieure». L'extraction de matières cause diverses pressions sur l'environnement naturel, par exemple la perturbation des cycles naturels des matières et de l'énergie, ainsi que d'autres services écosystémiques. Le tableau 2 présente de façon synthétique le résultat de cette comparaison pour quatre États membres et pour l'UE prise dans son ensemble.
Tableau 2 – Différences estimatives pour l'indicateur intitulé «Extraction intérieure»
| Part que représente l'État membre dans l'UE (%) | Différence relevée en 2013 (% des données «réelles») |
Différence relevée en 2014 (% des données «réelles») |
|||
|---|---|---|---|---|---|
| 2013 | 2014 | Estimation précoce | Estimation précoce | ||
| Total UE | Biomasse | -0,4 | -2,1 | ||
| Minerais métalliques | -11,9 | 5,1 | |||
| Minerais non métalliques | 1,3 | 2,8 | |||
| Matières/vecteurs énergétiques fossiles | -0,9 | 1,6 | |||
| Extraction intérieure | 0,05 | 1,2 | |||
| Belgique | Biomasse | 2,0 | 2,0 | -4,3 | -4,3 |
| Minerais métalliques | - | - | |||
| Minerais non métalliques | 1,9 | 1,9 | 5,5 | 0,4 | |
| Matières/vecteurs énergétiques fossiles | - | - | |||
| Extraction intérieure | 1,6 | 1,6 | 1,89 | -1,4 | |
| Hongrie | Biomasse | 2,4 | 2,6 | 5,4 | -3,2 |
| Minerais métalliques | 0,1 | 0,0 | 61,6 | 126,8 | |
| Minerais non métalliques | 1,3 | 1,8 | 8,5 | -12,1 | |
| Matières/vecteurs énergétiques fossiles | 1,6 | 1,7 | -19,5 | -2,1 | |
| Extraction intérieure | 1,6 | 2,0 | 3,7 | -7,4 | |
| Pologne | Biomasse | 10,1 | 10,5 | 0,1 | -7,4 |
| Minerais métalliques | 16,8 | 17,7 | -1,4 | -1,0 | |
| Minerais non métalliques | 9,2 | 8,8 | 9,6 | 6,4 | |
| Matières/vecteurs énergétiques fossiles | 18,6 | 18,9 | 0,4 | 0,0 | |
| Extraction intérieure | 11,0 | 10,9 | 4,4 | 0,5 | |
| Suède | Biomasse | 3,5 | 3,6 | -2,2 | -2,8 |
| Minerais métalliques | 40,3 | 43,0 | -9,3 | -0,7 | |
| Minerais non métalliques | 2,7 | 2,8 | 5,4 | 9,0 | |
| Matières/vecteurs énergétiques fossiles | 0,1 | 0,1 | -41,5 | -19,0 | |
| Extraction intérieure | 3,9 | 4,0 | -1,9 | 2,3 | |
Source: Cour des comptes européenne, sur la base d'informations transmises par la Commission.
44En ce qui concerne, respectivement, les comptes nationaux et les comptes économiques de l'agriculture, les États membres et la Commission publient les données en deux étapes. Au cours d'une première phase précoce, des données agrégées comportant des estimations sont présentées. Par la suite, des données plus précises et détaillées sont publiées. Cette procédure en deux étapes améliore l'actualité des comptes et, par suite, leur utilité. Pour les modules relatifs aux CEEE, cette procédure de publication en deux étapes n'est pas utilisée.
45Pour les trois premiers modules (voir tableau 1), la plupart des États membres ont respecté les délais fixés dans la réglementation. À une exception près, tous les États membres ont envoyé les rapports sur la qualité dans les délais en 2016 et en 2017. En 2017, seuls quatre États membres ont transmis les données après l'expiration du délai (deux pour un module et deux pour deux modules).
46Pour la seconde série de trois modules, la Commission a autorisé une prolongation de trois mois du délai de présentation des rapports sur la qualité pour chaque module au cours de la première année d'établissement. Huit17 États membres ont envoyé les rapports après le délai prolongé. L'absence de rapports sur la qualité pendant le processus de validation empêche la Commission de bien évaluer la comparabilité des données. Quatre États membres ont bénéficié de dérogations pour communiquer les données après l'expiration du délai pour un ou plusieurs modules. Un État membre, qui n'avait pas obtenu de dérogation, n'a envoyé aucune donnée sur les comptes du secteur des biens et services environnementaux jusqu'à huit mois après le délai légal.
47Pour certains des six modules obligatoires, la durée entre la validation et la publication a diminué au cours de la période 2015‑2017, ce qui a permis de publier les données plus tôt. Il n'existe cependant aucun calendrier indiquant quand les modules relatifs aux CEEE doivent être publiés. Eurostat publie les données dès qu'elles sont validées. En l'absence d'un calendrier de publication, les principaux services de la Commission qui utilisent les données ne disposent que d'une indication de la chronologie des événements aboutissant à la publication des données pour les CEEE. Si un État membre envoie les données pour les CEEE après l'expiration du délai ou s'il tarde trop à répondre aux demandes d'explications de la Commission, la finalisation du processus de validation risque de durer plus longtemps, ce qui retarderait la publication.
48Le tableau 3 montre le pourcentage de variables qui n'ont pas été envoyées par les États membres au cours de la collecte de données de 2017, aux dates de publication respectives. À quelques exceptions près, les États membres ont transmis les données requises pour les trois premiers modules. Cependant, pour la seconde série de trois modules, les données étaient moins complètes, notamment dans le cas du secteur des biens et services environnementaux, pour lequel 16 États membres, dont trois bénéficiaient d'une dérogation, n'ont pas envoyé les données. Si des données des États membres font défaut, la Commission effectue une estimation des variables spécifiques nécessaires pour calculer les agrégats européens.
Tableau 3 – Transmission des données par les États membres en 2017
Eurostat contacte de manière informelle tout État membre qui n'a pas présenté l'ensemble ou une partie des données pour les CEEE avant l'expiration du délai. Pour les trois années que nous avons examinées, nous avons constaté que 16 États membres n'avaient pas envoyé des données complètes sur le module relatif aux émissions atmosphériques. Eurostat a détecté des problèmes dans certains comptes des flux de matières provenant de Finlande en 2015. Il a remplacé ces données par ses estimations, acceptées par la Finlande, puis les a publiées avec les données relatives aux autres États membres en 2015, en 2016 et en 2017. La Finlande a transmis des données actualisées pour la période 2015‑2017 en 2018.
50Dans cinq cas, Eurostat a envoyé des lettres officielles demandant les données manquantes pour les modules relatifs aux CEEE. La Commission n'a adressé aucune lettre officielle à d'autres États membres pour demander des données manquantes pour les CEEE. Elle est habilitée à engager une action en justice (procédure d'infraction) à l'encontre de tout État membre qui ne met pas en œuvre le droit de l'UE. Nous n'avons trouvé aucun autre élément probant attestant qu'Eurostat a imposé aux États membres de fournir toutes les données requises.
Des problèmes dans la qualité des données
51Eurostat effectue des contrôles de validation sur les données des États membres. Ces contrôles permettent de détecter des problèmes. À titre d'exemple, lors de la collecte de 2015, la Finlande a envoyé les comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie, mais Eurostat a détecté des problèmes lors des contrôles de validation et n'a pas approuvé les données. En guise de solution alternative, et avec l'accord de la Finlande, Eurostat a procédé à des estimations des totaux la concernant pour la période 2015‑2017, afin d'estimer l'agrégat européen.
52Dans notre analyse des dossiers des quatre États membres de notre échantillon, nous avons relevé des lacunes dans la documentation du processus de validation (voir encadré 5 pour de plus amples détails). Les contrôles de validation réalisés par Eurostat comportent des contrôles relatifs à l'exhaustivité, à la cohérence et à la plausibilité. En ce qui concerne la plausibilité, Eurostat compare, à titre d'exemple, les comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie avec la base de données sur le commerce international, ainsi qu'avec les données présentées par les États membres au cours des années précédentes. Les contrôles comportent également des analyses des taux de variation annuels. Les différences importantes déclenchent une alerte lorsqu'un problème nécessite des éclaircissements. Eurostat envoie alors un rapport de validation à l'État membre concerné, assorti d'une demande d'éclaircissement concernant les problèmes relevés.
Encadré 5
Des lacunes dans la documentation d'Eurostat
Les données communiquées en 2017 pour notre échantillon de quatre États membres relatives aux comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie ont fait apparaître de nombreux problèmes de plausibilité. À titre d'exemple, le nombre d'éléments de données qui présentaient une variation supérieure à 40 % par rapport à l'année précédente était de 37 pour la Belgique, de 66 pour la Pologne et de 108 pour la Suède. Les rapports de validation de ces trois États membres ne comportaient aucune question sur ces problèmes. Dans sa documentation, Eurostat n'a indiqué aucune raison pour justifier cette absence de questions.
La comparabilité est l'un des éléments du processus d'évaluation de la qualité mis en œuvre par Eurostat. Comme le prévoit le cadre juridique, les informations incluses dans les rapports sur la qualité établis par les États membres devraient permettre à Eurostat de bien évaluer si les États membres appliquent les définitions de façon comparable. Cependant, les rapports sur la qualité ne comportaient pas suffisamment d'informations pour permettre une évaluation adéquate de la comparabilité. Dans notre échantillon d'États membres, nous avons constaté que les rapports sur la qualité comprenaient des informations sur les principales sources de données utilisées, mais ne détaillaient pas les méthodes appliquées pour les collecter. Cependant, un État membre (la Belgique) a présenté une note méthodologique distincte pour chaque module, qui complétait les rapports sur la qualité.
54La Commission est en mesure de résoudre en temps utile les problèmes concernant les différents États membres. Dans notre échantillon de quatre États membres, nous n'avons relevé qu'un seul cas où elle n'a pas traité un problème d'ordre méthodologique. Dans ses rapports de 2015, de 2016 et de 2017 sur la qualité, la Suède demandait des orientations méthodologiques concernant les émissions de CO2 d'origine biologique à partir de l'utilisation d'un sous-produit du procédé de fabrication de la pâte (désigné par le terme «liqueur noire»).
55Dans certains cas complexes de nature transversale, le processus de transmission d'orientations appropriées sur des problèmes méthodologiques prend plusieurs années, ce qui peut compromettre la qualité des données correspondantes. Nous avons observé que des travaux relatifs à certains problèmes transversaux d'ordre méthodologique sont en cours depuis 2012, comme la mise en place d'une task force pour résoudre les questions méthodologiques liées aux transports. Des problèmes relatifs aux taxes payées par les non-résidents et à l'estimation des éléments de liaison (qui reflètent les différences entre territoire et résidence) avaient déjà été soulignés lors de la première collecte de données en 2013. Des task forces n'ont été mises en place pour résoudre ces problèmes qu'en 2017 et en 2015, respectivement.
Conclusions et recommandations
56Pour assurer le suivi des progrès environnementaux accomplis en faveur du développement durable, il importe que les responsables politiques disposent d'informations actualisées et fiables. Les CEEE permettent d'examiner la corrélation entre l'environnement et l'économie, et sont une source importante de données pour suivre et évaluer les politiques environnementales (voir points 01 à 08).
57Nous avons constaté que la Commission n'a pas défini ses besoins à moyen et long termes en matière de données pour les CEEE en vue de l'élaboration des politiques environnementales. Eurostat et les services de la Commission qui utilisent les comptes collaborent pour élaborer les CEEE, mais ils n'ont pas exprimé clairement leurs besoins en la matière ni précisé les indicateurs nécessaires à la conception et au suivi des politiques environnementales (voir points 14 à 18).
58Un document sur la mise en œuvre de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale propose des activités pour réaliser les objectifs de celle-ci. Or il n'existe pour ce faire aucun plan exhaustif comportant des valeurs intermédiaires à atteindre et des prévisions budgétaires. Nous avons constaté que les stratégies ont repris plusieurs des objectifs stratégiques pendant plus de dix ans (voir points 19 à 22).
Recommandation n° 1 – Améliorer le cadre stratégique mis en place concernant les données pour les CEEELa Commission devrait:
- établir un document présentant les perspectives à long terme concernant les informations requises dans les CEEE pour l'élaboration des politiques environnementales;
- réaliser un inventaire complet des besoins en matière de données pour élaborer les CEEE, y compris les indicateurs nécessaires à l'élaboration des politiques environnementales;
- établir un plan d'action exhaustif (comportant des valeurs intermédiaires à atteindre et des prévisions budgétaires) pour mettre en œuvre la stratégie concernant les CEEE.
Quand? Au plus tard le 31 décembre 2021.
59La Commission n'a pas sélectionné les modules obligatoires relatifs aux CEEE essentiellement sur la base des besoins exprimés par ses services et n'a pas non plus réalisé d'analyse coûts-avantages exhaustive avant d'élaborer ces modules. En raison principalement du temps qu'a pris l'établissement des modules (de huit à 14 ans), la Commission a complété les données pour les CEEE en faisant appel à d'autres sources pour répondre aux besoins à court et à moyen termes en la matière (voir points 23 à 29).
60Le potentiel des modules relatifs aux CEEE n'a pas été pleinement exploité pour assurer le suivi des progrès accomplis en vue de la réalisation des ODD et du 7e PAE. Pour être en mesure de comprendre l'interaction entre l'économie et l'environnement dans toutes ses dimensions, les principaux utilisateurs et les responsables politiques ont besoin que les comptes de l'environnement soient présentés dans un cadre intégré. Or Eurostat publie les modules relatifs aux CEEE séparément, ce qui ne permet pas de disposer d'une telle vision globale. La Commission utilise donc par ailleurs d'autres sources de données fondées sur différentes méthodologies (voir points 31 à 38).
Recommandation n° 2 – Améliorer la pertinence des modules relatifs aux CEEE pour l'élaboration de politiquesLa Commission devrait:
- évaluer les coûts et les avantages liés à la mise au point d'un cadre intégré pour la comptabilité environnementale, afin d'améliorer la cohérence des informations sur l'environnement et de gagner en utilité en vue de l'élaboration de politiques dans l'UE;
- lorsqu'elle propose de nouveaux modules relatifs aux CEEE, évaluer les besoins exprimés par ses services compétents et effectuer des analyses coûts-avantages.
Quand? Au plus tard le 31 décembre 2021 pour la recommandation sous a) et au plus tard le 31 décembre 2023 pour la recommandation sous b).
61Le cadre juridique dispose que la Commission devrait fournir les données pour les CEEE dans un délai de deux ans. Cependant, les CEEE sont d'autant plus utiles si les données sont disponibles plus rapidement. Eurostat communique d'ailleurs déjà certaines données plus actuelles pour deux des six modules relatifs aux CEEE. Des travaux sont en cours pour également procéder de la sorte concernant un autre module. Pour les trois modules restants, la Commission a proposé des mesures le 15 mai 2019. Le fait de recevoir les données plus rapidement aurait permis à Eurostat de les publier plus tôt et d'accroître l'utilité des CEEE. Dans certains cas, les États membres n'ont pas transmis les données requises dans les délais impartis. La publication des données s'est accélérée, mais en l'absence d'un calendrier de publication, les utilisateurs des CEEE ne disposent que d'une indication du moment où les données seront disponibles (voir points 41 à 50).
62En règle générale, Eurostat a détecté des problèmes dans le processus de validation des données des États membres. Nous avons toutefois relevé des lacunes dans la documentation de ce processus. Nous avons constaté que les rapports des États membres sur la qualité, qui accompagnaient les données, ne comportaient pas suffisamment d'informations pour permettre à Eurostat de bien évaluer la qualité des données. Eurostat a fourni des orientations et a traité des problèmes soulevés par les États membres et des questions méthodologiques de nature transversale (voir points 51 à 55).
Recommandation n° 3 – Améliorer l'actualité des données des CEEELa Commission devrait:
- analyser dans quelle mesure une procédure en deux étapes, semblable à celle utilisée pour les comptes nationaux, pourrait s'appliquer à tous les modules relatifs aux CEEE;
- utiliser les outils disponibles pour améliorer la rapidité avec laquelle les États membres fournissent les informations;
- établir un calendrier pour la publication des données des CEEE.
Quand? Au plus tard le 31 décembre 2022.
Le présent rapport a été adopté par la Chambre I, présidée par M. Nikolaos Milionis, Membre de la Cour des comptes, à Luxembourg en sa réunion du 11 septembre 2019.
Par la Cour des comptes,
Klaus-Heiner Lehne
Président
Annexes
Annexe I — Aperçu des six modules obligatoires relatifs aux CEEE
Comptes des émissions atmosphériques
Les comptes des émissions atmosphériques enregistrent les flux de matières gazeuses et particulaires résiduelles émises par l'économie dans l'atmosphère. Les flux naturels, tels que les volcans et les feux de forêt, les émissions résultant de l'utilisation des terres, des changements d'affectation des terres et de la sylviculture, ainsi que toute émission indirecte ne sont pas pris en compte.
Les comptes suivent le principe de résidence, comme les comptes nationaux. Cela signifie qu'ils incluent les émissions des unités économiques résidentes, même si elles se produisent en dehors du territoire (par exemple celles des compagnies aériennes ou maritimes opérant dans le reste du monde).
Les comptes comprennent les éléments ci-après.
- Des données relatives à six gaz à effet de serre et à sept polluants atmosphériques, ventilées pour chaque activité économique ainsi que pour les ménages. Plusieurs polluants atmosphériques sont exprimés en équivalents d'un autre polluant atmosphérique (par exemple le méthane exprimé en équivalents dioxyde de carbone) pour permettre de calculer les indices de pression sur l'environnement tels que le potentiel de réchauffement de la planète, les gaz acidifiants ou les précurseurs d'ozone troposphérique.
- Des données sur les intensités des émissions atmosphériques, à savoir le ratio des émissions en tonnes par million d'euros de valeur ajoutée brute.
- Des données sur les différences entre les totaux nationaux des comptes d'émissions atmosphériques et les totaux provenant des inventaires nationaux des émissions.
Exemple 1 – Émissions de gaz à effet de serre, ventilées pour chaque activité économique ainsi que pour les ménages privés, dans l'EU-28 en 2008 et en 2017
Exprimées en pourcentage du total des émissions en équivalents CO2
Remarque: NACE = activités économiques
Source: Eurostat.
Taxes environnementales par activité économique
Ce module sur la fiscalité environnementale fait état des taxes environnementales regroupées dans quatre catégories: énergie, transports, pollution et ressources. Toutes ces catégories de taxe sont ventilées pour chaque activité économique et pour les ménages.
L'exemple 2 montre comment les données fournies par ce module peuvent être utilisées.
Exemple 2 – Total des recettes des taxes environnementales, ventilé par type de taxe en Europe, en 2016 (en millions d'euros)
Source: Eurostat.
Comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie
Les comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie font état des flux de matières entrant et sortant d'une économie, en milliers de tonnes par an. Ils fournissent des données pour des indicateurs tels que l'extraction des ressources par les économies, la consommation de matières, la productivité des ressources, l'empreinte matérielle et le découplage entre la croissance économique et l'extraction de ressources naturelles.
Les comptes couvrent 50 catégories de matières solides, liquides et gazeuses (biomasse, minerais métalliques, minerais non métalliques et matières énergétiques fossiles). L'air et l'eau ne sont pas pris en compte.
Les entrées de matières dans les économies nationales comprennent l'extraction de matières provenant de l'environnement domestique et les importations physiques en provenance d'autres économies. Les sorties comprennent les matières libérées dans l'environnement domestique et les exportations physiques vers d'autres économies.
L'exemple 3 montre comment sont utilisées les données fournies par les comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie.
Exemple 3 – Évolution de la productivité des ressources dans l'EU-28 au cours de la période 2000-2017
Remarque: PIB déflaté (prix de 2010).
Source: Eurostat.
Comptes des dépenses de protection de l'environnement
Les comptes des dépenses de protection de l'environnement font état des dépenses effectuées par des unités économiques résidentes à des fins de protection de l'environnement. Ils présentent la dépense nationale pour la protection de l'environnement, la production et la consommation de services de protection de l'environnement, ainsi que d'autres transferts pour la protection de l'environnement.
Les activités de protection de l'environnement comportent la protection de l'air ambiant et du climat, la gestion des eaux usées, la gestion des déchets, la protection et l'assainissement du sol, des eaux souterraines et des eaux de surface, la lutte contre le bruit et les vibrations, la protection de la biodiversité et des paysages, la protection contre les radiations, ainsi que la recherche et développement dans le domaine de l'environnement. Les comptes quantifient les efforts déployés par la société et les entreprises pour mettre en œuvre le «principe du pollueur-payeur».
L'exemple 4 présente une utilisation des comptes des dépenses de protection de l'environnement.
Exemple 4 – Dépenses de protection de l'environnement dans l'EU-28, ventilées par secteur, en milliards d'euros et en pourcentage du PIB
Source: Agence européenne pour l'environnement.
Comptes du secteur des biens et services environnementaux
Les comptes du secteur des biens et services environnementaux font état d'informations sur la production de biens et services spécifiquement conçus et produits pour la protection de l'environnement ou pour la gestion des ressources.
Les comptes présentent des données sur la production des fournisseurs de produits environnementaux (biens et services) mesurés en valeurs monétaires, sur la valeur ajoutée brute et sur l'emploi lié à cette production. Les données sont ventilées par activité économique et par activité de protection de l'environnement.
L'exemple 5 montre comment les données fournies par les comptes du secteur des biens et services environnementaux peuvent être utilisées.
Exemple 5 – Emploi et valeur ajoutée dans le secteur des biens et services environnementaux, par rapport à l'ensemble de l'économie, dans l'EU-28 au cours de la période 2000-2015
Remarque: 2000 = 100
Source: Eurostat.
Comptes des flux physiques d'énergie
Les comptes des flux physiques d'énergie font état des flux physiques d'énergie (exprimés en térajoules) de l'environnement vers l'économie, au sein de l'économie et de l'économie vers l'environnement. Les flux sont ventilés par activité économique et indiqués pour les ménages. Les activités économiques englobent la production, la consommation et l'accumulation.
Ils présentent l'origine et la destination:
- des ressources énergétiques naturelles (telles que l'énergie naturelle provenant de matériaux fossiles non renouvelables, de matières nucléaires non renouvelables, ou celle issue de l'eau, du vent, du soleil et de la biomasse),
- des produits énergétiques (tels que le charbon, le biogaz, les biocarburants liquides, l'énergie électrique, le bois, le combustible nucléaire, les produits pétroliers, le gaz naturel sans biogaz, etc.),
- des résidus énergétiques (tels que les déchets renouvelables, les déchets non renouvelables et l'énergie contenue dans les produits d'utilisation non énergétique).
L'exemple 6 présente une utilisation des comptes des dépenses de protection de l'environnement.
Exemple 6 – Production intérieure totale de produits énergétiques en Europe en 2016
Source: Eurostat.
Acronymes, sigles et abréviations
7e PAE – 7e programme d'action pour l'environnement
CEEE – Comptes économiques européens de l'environnement
CFM-EE – Comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie
CO2 – Dioxyde de carbone
DG CLIMA – Direction générale de l'action pour le climat
DG ENV – Direction générale de l'environnement
DIMESA – Directeurs responsables des statistiques et des comptes de l'environnement
États de l'AELE – États de l'Association européenne de libre-échange (à savoir l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse)
Eurostat – Office statistique de l'Union européenne
JRC – Centre commun de recherche (Joint Research Centre)
OCDE – Organisation de coopération et de développement économiques
ODD – Objectif(s) de développement durable
SECE – Stratégie européenne pour la comptabilité environnementale
UE – Union européenne
Réponses de la Commission
Synthèse
IOutre les comptes économiques européens de l’environnement (CEEE), la Commission utilise un large éventail de données et de systèmes de notification dans le cadre des directives environnementales qui servent à contrôler et à évaluer les politiques environnementales (en application des lignes directrices pour une meilleure réglementation), et notamment les directives «Oiseaux» et «Habitats», la directive-cadre sur l’eau et la directive-cadre sur la stratégie pour le milieu marin. Ces sources et beaucoup d'autres, telles que la recherche, les études d’experts, les méta-études, sont utilisées pour évaluer les politiques environnementales.
IILes besoins à long terme de la Commission en matière de données sont définis dans des documents stratégiques, tels que le 7e programme d’action pour l’environnement et la stratégie en faveur de la biodiversité, entre autres, et ont également été examinés dans le cadre d’un bilan de qualité du suivi et de la communication d’informations, voir COM (2017) 312.
Les éditions successives de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale sont un corpus continu d'une vision évolutive. Lorsqu'ils sont restés identiques, les objectifs stratégiques renvoient à des comptes différents. En particulier, aucun module juridique n’était en place à l'époque des deux premières éditions de la stratégie. Grâce à la mise en œuvre de ces premières éditions de la stratégie, un premier ensemble de modules était en place au cours de la troisième édition et un ensemble plus large de modules était disponible au cours de la quatrième.
IIILa Commission a proposé les modules obligatoires relatifs aux CEEE sur la base de plusieurs critères, y compris les besoins exprimés par ses services, la disponibilité des données et la maturité, ainsi que la charge administrative pour les États membres.
IVLa Commission convient que la mise à disposition plus rapide des données améliore leur utilité.
VLa Commission accepte l’ensemble des recommandations.
Introduction
01La Commission convient que les CEEE sont importants pour les décideurs politiques. La couverture de la comptabilité environnementale a pour finalité de déterminer les liens entre l’environnement et l’économie, information utile et l’un des principaux domaines d’application.
Étendue et approche de l’audit
10La Commission convient qu’une évaluation des CEEE est d’autant plus pertinente aujourd'hui, les trois premiers modules obligatoires des CEEE étant mis en œuvre depuis 2013, la seconde série de trois modules obligatoires ayant été mise en œuvre en 2017 et l'élaboration de nouveaux modules étant actuellement envisagée pour la communication des informations à l'avenir.
Observations
17Les besoins d’informations à moyen et à long termes pour les CEEE sont exprimés dans des éditions successives de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale, et dans différentes initiatives politiques (par exemple, l’utilisation efficace des ressources, l’économie circulaire, l’union de l’énergie, la stratégie en faveur de la biodiversité, etc.) qui sont assorties de cadres de suivi spécifiques.
21En mai 2019, la Commission a examiné avec les États membres un projet de plan de mise en œuvre de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale 2019-2023.
22Réponse commune de la Commission au point 22 et à l'encadré 1.
Les éditions successives de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale sont un corpus continu d'une vision évolutive, dans lequel les objectifs sont maintenus, le cas échéant. Lorsqu'ils sont restés identiques, les objectifs stratégiques renvoient à des séries de comptes différentes. En particulier, aucun module juridique n’était en place à l'époque des deux premières éditions de la stratégie. Grâce à la mise en œuvre de ces premières éditions de la stratégie, un premier ensemble de modules était en place au cours de la troisième édition et un ensemble plus large de modules était disponible au cours de la quatrième.
26La Commission a sélectionné les modules CEEE sur la base de plusieurs critères, notamment les besoins exprimés par ses services et les coûts estimés.
27La Commission convient que l’élaboration et la mise en œuvre de nouveaux modules de CEEE peuvent prendre beaucoup de temps. Ce temps est nécessaire pour 1) tester et démontrer leur faisabilité et analyser les coûts et les avantages, 2) mettre en place une méthodologie saine et efficace au regard des coûts, 3) examiner et approuver la méthodologie à l’échelle internationale et 4) engager et achever les procédures législatives, dans lesquelles interviennent le Parlement européen et le Conseil, après des consultations approfondies avec les offices statistiques des États membres. Les ressources limitées constituent également une contrainte, étant donné que les experts qui doivent élaborer de nouveaux modules sont également ceux qui produisent des données régulières pour les modules existants. La Commission note qu’en introduisant de nouveaux modules, l’Union européenne ouvre la voie à des CEEE au niveau mondial. En effet, la norme statistique internationale mentionnée au point 2, qui date de 2012, s’appuie sur l’expérience européenne des années précédant le règlement adopté en 2011.
28Réponse commune de la Commission au point 28 et à l'encadré 2.
Depuis de nombreuses années, Eurostat collecte et publie des données sur les comptes forestiers. Il est nécessaire d’adapter régulièrement les questionnaires pour tenir compte de la réalité économique (par exemple, nouveaux produits qui apparaissent sur le marché), des progrès technologiques et de l’évolution des nomenclatures et des normes statistiques.
L’aspect le plus important de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale 2019-2023 est que les comptes forestiers constituent l’un des sept modules proposés en tant que candidats à l’inscription dans le règlement (UE) n° 691/2011.
36La Commission a récemment publié son évaluation du 7e programme d’action pour l’environnement, voir COM (2019) 233. Le cas échéant, elle a élaboré des séries d'indicateurs, tels que le tableau de bord sur l’efficacité de l'utilisation des ressources, les indicateurs clés de l’union de l’énergie, les indicateurs de biodiversité et le cadre de suivi de l’économie circulaire, et utilise également des indicateurs dans le processus d’examen de la mise en œuvre de la politique environnementale et dans le cadre du semestre européen.
42La Commission prévoit d’améliorer encore l’actualité des données de tous les modules.
44Des estimations précoces sont déjà publiées pour plusieurs modules des CEEE. Il n’est pas toujours nécessaire que les estimations précoces soient moins détaillées que les données réelles.
50Bien qu'elle dispose de toute une série d’instruments, y compris des actions en justice (procédure d’infraction), la Commission choisit ceux qui sont le mieux à même d’atteindre l’objectif visé. Une procédure d’infraction suivie d'une procédure devant la Cour de justice de l’Union européenne est un processus consommateur de temps et de ressources, qui peut facilement durer plus d’un an. Si l’objectif est que les données des États membres soient communiquées dans les meilleurs délais, l’aide ou la pression des pairs est souvent plus efficace, plus effective et plus proportionnée. Dans la plupart des cas, il est possible de résoudre un problème dans un délai d’un an.
Encadré 5 — Des lacunes dans la documentation d’Eurostat
Afin de réduire autant que faire se peut la charge administrative, Eurostat demande uniquement aux États membres de fournir des explications si les problèmes sont importants et si les explications ne peuvent être trouvées dans la documentation déjà disponible.
Conclusions et recommandations
56En plus des CEEE, la Commission utilise un large éventail de données et de systèmes de communication des informations dans le cadre des directives environnementales qui servent à contrôler et évaluer les politiques environnementales (en application des lignes directrices pour une meilleure réglementation), et notamment les directives «Oiseaux» et «Habitats», la directive-cadre sur l’eau et la directive-cadre sur la stratégie pour le milieu marin. Ces sources et beaucoup d'autres, telles que la recherche, les études d’experts, les méta-études, sont utilisées pour évaluer les politiques environnementales.
57La Commission considère que la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale fournit un cadre stratégique pour les CEEE, y compris les besoins en matière de données à moyen et à long termes.
58En mai 2019, la Commission a examiné avec les États membres un projet de plan de mise en œuvre de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale 2019-2023.
Les éditions successives de la stratégie pour la comptabilité environnementale sont un corpus continu d'une vision évolutive, dans lequel les objectifs sont maintenus, le cas échéant. Lorsqu'ils sont restés identiques, les objectifs stratégiques renvoient à des séries de comptes différentes. En particulier, aucun module juridique n'était en place à l'époque des deux premières éditions de la stratégie, un premier ensemble de modules était en place au cours de la troisième et un ensemble plus large de modules était disponible au cours de la quatrième.
Recommandation n° 1 — Améliorer le cadre stratégique concernant les données pour les CEEELa Commission accepte la recommandation n° 1, point a), et établira un document exposant une stratégie à long terme pour les CEEE.
La Commission accepte la recommandation n° 1, point b), et réunira les données nécessaires pour poursuivre l'élaboration des CEEE, y compris les indicateurs nécessaires à l’élaboration des politiques environnementales.
La Commission accepte la recommandation n° 1, point c), et élaborera un plan d’action global pour la mise en œuvre de la stratégie européenne pour la comptabilité environnementale.
59La Commission a sélectionné les modules des CEEE sur la base de plusieurs critères, et notamment les besoins exprimés par ses services et les coûts estimés.
60La Commission convient qu’une conception et une présentation plus intégrées des modules relatifs aux CEEE ainsi qu'une mise à disposition de chaque module aussi rapidement que possible seraient positives et renforceraient le recours aux CEEE. La Commission est disposée à poursuivre cet objectif.
Recommandation n° 2 — Améliorer la pertinence des modules relatifs aux CEEE pour l’élaboration des politiquesLa Commission accepte la recommandation n° 2, point a), et évaluera les coûts et les avantages de l’élaboration d’un cadre intégré pour la comptabilité environnementale afin d’améliorer la cohérence des informations environnementales et de faciliter l’élaboration des politiques dans l’UE.
La Commission accepte la recommandation n° 2, point b); elle évaluera les besoins exprimés par les services compétents de la Commission et réalisera des analyses des coûts et des avantages avant de proposer les nouveaux modules pour les CEEE, attendus pour 2023.
61La Commission prévoit d’améliorer encore l’actualité des données de tous les modules.
62La Commission considère que les États membres ont fourni suffisamment d’informations à Eurostat pour lui permettre d'évaluer la plupart des aspects relatifs à la qualité des données.
Recommandation n° 3 — Améliorer l'actualité des données des CEEELa Commission accepte la recommandation n° 3, point a), et convient d’analyser dans quelle mesure une procédure en deux étapes similaire à celle des comptes nationaux pourrait être utilisée pour des modules supplémentaires des CEEE.
La Commission accepte la recommandation n° 3, point b), et utilisera les instruments disponibles pour améliorer la ponctualité avec laquelle les États membres fournissent les informations.
La Commission accepte la recommandation n° 3, point c), et élaborera un calendrier pour la publication des données des CEEE.
Équipe d'audit
Les rapports spéciaux de la Cour présentent les résultats de ses audits relatifs aux politiques et programmes de l'UE ou à des questions de gestion concernant des domaines budgétaires spécifiques. La Cour sélectionne et conçoit ces activités d'audit de manière à maximiser leur incidence en tenant compte des risques pour la performance ou la conformité, du niveau des recettes ou des dépenses concernées, des évolutions escomptées ainsi que de l'importance politique et de l'intérêt du public.
L'audit de la performance objet du présent rapport a été réalisé par la Chambre I, présidée par M. Nikolaos Milionis, Membre de la Cour, et compétente pour les domaines de dépenses relatifs à l'utilisation durable des ressources naturelles. L'audit a été effectué sous la responsabilité de M. João Figueiredo, Membre de la Cour; ainsi que de: M. Robert Markus, manager principal; Mme Maria Isabel Quintela, chef de mission; M. Ioan Alexandru Ilie et Mme Mihaela Văcărașu, auditeurs. L'assistance linguistique a été assurée par Mme Fiona Urquhart.
De gauche à droite: Maria Isabel Quintela, João Figueiredo, Mihaela Văcărașu.
Notes
1 Communication – Orientations pour l'Union européenne concernant les indicateurs environnementaux et la comptabilité verte nationale, COM(1994) 670.
2 Règlement (UE) n° 691/2011 du Parlement européen et du Conseil, modifié par le règlement (UE) n° 538/2014 du Parlement européen et du Conseil (JO L 158 du 27.5.2014, p. 113).
3 Plus tard au cours de cette année, nous prévoyons de publier un rapport spécial sur les émissions de gaz à effet de serre de l'UE.
4 Voir étude de cas rapide intitulée «Établissement de rapports sur la durabilité: bilan au niveau des institutions et agences de l'Union européenne», juin 2019.
5 Critères définis à l'article 12, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 223/2009 du Parlement européen et du Conseil (JO L 87 du 31.3.2009, p. 164).
6 L'article 12 du règlement (CE) n° 223/2009 dispose que, par «ponctualité», il faut entendre le délai compris entre la date de publication des données et la date à laquelle les données auraient dû être fournies.
7 L'article 12 du règlement (CE) n° 223/2009 dispose que, par «actualité», il faut entendre le délai compris entre la date de disponibilité de l'information et l'événement ou le phénomène qu'elle décrit.
8 Les données des comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie sont utilisées pour élaborer les deux indicateurs clés du tableau de bord de l'UE sur l'utilisation efficace des ressources, qui mesurent la productivité des ressources et la consommation intérieure de matières. Les données de ce même module servent aussi à calculer le taux d'utilisation circulaire des matières inclus dans le cadre de suivi de l'économie circulaire.
9 Voir étude de cas rapide intitulée «Établissement de rapports sur la durabilité: bilan au niveau des institutions et agences de l'Union européenne», juin 2019.
10 Comptes des flux de matières à l'échelle de l'économie, comptes des dépenses de protection de l'environnement et comptes du secteur des biens et services environnementaux.
11 La comptabilisation du capital naturel est un outil utilisé pour mesurer les changements du stock de capital naturel à des échelles diverses et pour intégrer la valeur des services écosystémiques dans les systèmes de comptabilité et de notification aux niveaux de l'UE et des États membres.
12 Les comptes des écosystèmes mesurent l'étendue et l'état des écosystèmes ainsi que les services écosystémiques qu'ils fournissent, afin de soutenir la prise de décision dans le contexte de la gestion durable des ressources et de l'environnement et d'autres domaines d'action pertinents.
13 Les tableaux entrées-sorties sont des matrices par produit ou par industrie, fondées sur des données économiques et des données sur le commerce extérieur. Ils servent à étayer les analyses d'impact économique.
14 La Commission développe une base de données intégrée des entrées-sorties pour plusieurs pays.
15 L'article 2, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 223/2009 énonce les principes statistiques: indépendance professionnelle, impartialité, objectivité, fiabilité, secret statistique et rapport coût-efficacité.
16 L'article 12, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 223/2009 dispose ce qui suit: « […] les statistiques européennes sont développées, produites et diffusées sur la base de normes uniformes et de méthodes harmonisées. […] les critères […] suivants s'appliquent: […] la «pertinence», […] l'«exactitude», […] l'«actualité», […] la «ponctualité», […] l'«accessibilité», […] la «comparabilité», […] la «cohérence» […].»
17 Huit États membres dans le cas des comptes du secteur des biens et services environnementaux, six dans celui des comptes des flux physiques d'énergie et cinq dans celui des comptes des dépenses de protection de l'environnement.
Calendrier
| Étape | Date |
|---|---|
| Adoption du plan d'enquête / Début de l'audit | 3.10.2018 |
| Envoi officiel du projet de rapport à la Commission (ou à toute autre entité auditée) | 17.6.2019 |
| Adoption du rapport définitif après la procédure contradictoire | 11.9.2019 |
| Réception des réponses officielles de la Commission (ou de toute autre entité auditée) dans toutes les langues | 26.9.2019 |
Contact
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Luxembourg: Office des publications de l’Union européenne, 2019
| ISBN 978-92-847-3518-1 | ISSN 1977-5695 | doi:10.2865/82093 | QJ-AB-19-013-FR-N | |
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