Rapport spécial
20 2017

Instruments de garantie de prêts financés par l'Union européenne: des résultats positifs, mais un ciblage des bénéficiaires et une coordination avec les dispositifs nationaux à améliorer

En ce qui concerne le rapport: Dans ce rapport, nous examinons si les garanties de prêts de l'UE ont aidé les entreprises de petite taille à se développer et à innover en leur donnant accès au financement. Nous avons constaté que la «facilité de garantie de prêts» avait aidé les entreprises bénéficiaires à se développer davantage du point de vue du total du total du bilan, du chiffre d'affaires, de la masse salariale et de la productivité. Par contre, le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin n'était pas suffisamment centré sur les entreprises menant des activités d'innovation à fort potentiel d'excellence. À cela s'ajoute que, dans les deux cas, un grand nombre d'entreprises bénéficiaires n'avaient pas réellement besoin d'une garantie. Les activités d'évaluation ont été améliorées, mais diverses faiblesses persistent. Nous adressons plusieurs recommandations à la Commission européenne afin qu'elle améliore le ciblage des garanties sur les entreprises viables sans accès suffisant au financement et sur les entreprises plus innovantes. Nous soulignons également l'importance de veiller à un bon rapport coût-efficacité, puisqu'il existe déjà des instruments similaires dans les États membres.

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Synthese

À propos des garanties de prêts en faveur des petites et moyennes entreprises

I

Depuis près de 20 ans, l'Union européenne apporte des garanties de prêts afin d'aider les petites et moyennes entreprises européennes à accéder au financement par l'emprunt. Ces garanties sont fournies à des intermédiaires financiers censés intensifier, de ce fait, leur activité de crédit en faveur d'entreprises viables qui, sans cela, rencontreraient des difficultés pour obtenir des prêts. Pour aider ces entreprises, l'UE finance deux instruments de garantie en gestion centralisée et, dans le contexte de la politique de cohésion, apporte un cofinancement à des instruments similaires mis en place par les autorités nationales ou régionales. Les États membres disposent en outre de leurs propres instruments de garantie financés au niveau national ou régional.

Comment avons-nous réalisé notre audit?

II

Nous nous sommes intéressés aux deux instruments en gestion centralisée actuellement en vigueur: le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, qui vise les entreprises axées sur la recherche et l'innovation, et la facilité de garantie de prêts. Au cours de la période 2014-2020, une contribution se montant à 1,78 milliard d'euros (et allant jusqu'à 3,13 milliards d'euros si l'on tient compte du complément à verser par le Fonds européen pour les investissements stratégiques) devrait être prélevée sur le budget de l'Union européenne pour couvrir les pertes potentielles sur les prêts, mais aussi les coûts de gestion des instruments dont la mise en œuvre a été déléguée au Fonds européen d'investissement (FEI).

III

Nous avons examiné si les garanties de prêts de l'UE aidaient les entreprises de petite taille à se développer et à innover en leur donnant accès au financement.

IV

Nos auditeurs ont effectué des visites auprès d'intermédiaires financiers couverts par la facilité de garantie de prêts (en République tchèque, en Roumanie et au Royaume-Uni) et par le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin (en Allemagne et en Suède) ainsi que dans des banques commerciales et auprès d'organismes publics en Grèce. Ils ont également analysé un échantillon aléatoire de 50 prêts garantis par les deux instruments et ont mené des entretiens téléphoniques avec un échantillon de 46 entreprises bénéficiaires du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin.

Qu'avons-nous constaté?

V

Les instruments de garantie ont commencé à fonctionner plus rapidement que dans le passé. Bien que le montant des fonds de l'UE disponibles ait fortement augmenté, l'évaluation des besoins du marché réalisée n'a ni couvert tous les instruments ni montré comment les utiliser pour répondre aux besoins et la Commission n'a, à ce jour, guère fourni d'éléments probants attestant l'efficacité des précédents instruments de garantie de prêts. Certes, des dispositions améliorées ont été prises pour l'évaluation des instruments actuels, mais diverses faiblesses persistent, par exemple le manque de données pour apprécier leur effet sur les activités d'innovation et le caractère limité des possibilités d'examen des dispositifs dans le cadre de la recherche universitaire. En outre, la Commission n'avait guère d'éléments probants à sa disposition lorsqu'elle a engagé les négociations concernant le niveau des frais avec le Fonds européen d'investissement.

VI

Le principal objectif assigné à la facilité de garantie de prêts et à ses prédécesseurs consiste à favoriser la croissance. Les données économétriques montrent que les garanties de prêts ont produit les résultats attendus: elles ont aidé les entreprises bénéficiaires à se développer davantage du point de vue du total du bilan, du chiffre d'affaires, du nombre de salariés et de la productivité. Les effets ont été plus marqués dans le cas des entreprises qui auraient probablement rencontré des difficultés pour obtenir un prêt sans ces garanties. Cette constatation a des implications importantes pour le ciblage des bénéficiaires des dispositifs.

VII

Nous avons toutefois observé, tant pour les instruments actuels que pour leurs prédécesseurs, qu'une grande partie des entreprises bénéficiaires comprises dans notre échantillon n'auraient pas peiné à obtenir un financement sans ces instruments et n'avaient donc pas besoin d'un prêt garanti. Les intermédiaires financiers privés recourant au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin se sont montrés particulièrement enclins à octroyer des prêts à des entreprises qui avaient accès au financement. Celles-ci tirent également avantage de la garantie, qui leur permet par exemple d'obtenir un taux d'intérêt minoré. Cependant la réduction de taux d'intérêt est limitée et présente un coût. En outre, en soutenant des entreprises qui ont accès à des prêts commerciaux, les instruments de l'UE risquent de faire concurrence au secteur privé.

VIII

Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est censé cibler prioritairement les entreprises qui mènent des activités de recherche et d'innovation à fort potentiel d'excellence. Or les deux tiers des entreprises de notre échantillon se cantonnaient au développement de produits et de processus standard ou n'avaient pas d'activité d'innovation du tout. Ici encore, nous avons observé une différence considérable entre les intermédiaires publics et les intermédiaires privés: les intermédiaires publics obtiennent de bien meilleurs résultats lorsqu'il s'agit de privilégier les entreprises des secteurs à forte intensité de connaissances, c'est-à-dire celles qui sont le plus susceptibles d'innover. Dans le domaine de l'innovation, l'Europe accuse un retard.

Quelles sont nos recommandations?

IX

Nous formulons plusieurs recommandations visant à améliorer le ciblage des instruments sur les «entreprises viables sans accès suffisant au financement». Dans le cas du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, il conviendrait que les entreprises ciblées soient plus innovantes.

X

Eu égard à la diversité et à la taille accrue des instruments de garantie financés par l'UE, nous recommandons à la Commission d'établir une évaluation de l'efficacité des instruments de garantie anciens et actuels, de même qu'une évaluation ex ante des instruments ultérieurs envisageables, avec une analyse approfondie et exhaustive des besoins du marché ainsi que du rapport coût-efficacité. L'évaluation devrait également indiquer comment répondre au mieux aux besoins du marché avec les instruments en gestion centralisée, en assurant la coordination tant avec les instruments financés à la fois au niveau national ou régional et par les Fonds structurels de l'UE qu'avec les instruments similaires financés exclusivement par les autorités nationales ou régionales.

XI

Enfin, nous recommandons à la Commission d'améliorer son système d'évaluation.

Introduction

Les instruments visant à faciliter l'accès au financement des entreprises de petite taille

01

Les petites et moyennes entreprises1 (PME, ou, dans le présent rapport, «entreprises de petite taille») sont souvent reconnues comme un important élément moteur de la croissance, de l'innovation et de la compétitivité en Europe, ainsi que comme un acteur clé de l'intégration sociale. Toutefois, une idée veut que les banques et les marchés financiers ne répondent pas de façon satisfaisante aux besoins financiers des entreprises de petite taille, limitant ainsi leurs investissements de même que leur croissance. La principale raison d'être des garanties de prêts consiste à influer sur cette situation en incitant les prêteurs à proposer davantage de crédit, à de meilleures conditions. Lorsqu'un tiers fournit une garantie, il s'engage à rembourser tout ou partie de la dette d'un emprunteur si ce dernier ne peut pas l'honorer lui-même.

02

Selon la Commission européenne, les instruments financiers, qui comprennent principalement les prêts et les garanties, représentent «un moyen astucieux de financer l'économie réelle et de stimuler la croissance et l'emploi»2. Des instruments financiers sont ainsi utilisés à différents niveaux du budget de l'UE:

  1. les instruments financiers en gestion centralisée sont financés au titre de divers domaines budgétaires tels que ceux de la recherche, des entreprises et de l'industrie, ou de l'éducation et de la culture. La Commission intervient directement dans la conception et l'élaboration de ces instruments, de leur stratégie d'investissement et de la contribution de l'UE à ces instruments. Ils sont créés par décision de l'autorité budgétaire (qui se compose du Parlement européen et du Conseil) sur proposition de la Commission;
  2. les instruments financiers en gestion partagée3, utilisés dans le contexte de la politique de cohésion, sont financés par l'intermédiaire du Fonds européen de développement régional, pour l'essentiel, et, dans une moindre mesure, du Fonds social européen (ces deux Fonds sont réunis, dans le présent rapport, sous l'appellation de «Fonds structurels») ainsi que du Fonds européen agricole pour le développement rural et du Fonds européen pour la pêche. Au cours de la période de programmation 2014-2020, ils peuvent aussi être financés sur le budget du Fonds de cohésion. Chaque instrument doit être mis en œuvre dans le cadre d'un programme opérationnel administré par une autorité de gestion, à laquelle incombe la responsabilité de concevoir l'instrument financier et de déterminer sa taille financière.
03

Au cours de la période 2014-2020, les deux principaux instruments en gestion centralisée auxquels la Commission recourt pour faciliter l'accès à l'emprunt des entreprises européennes de petite taille sont:

  1. la facilité de garantie de prêts, qui relève du programme pour la compétitivité des entreprises et des petites et moyennes entreprises4;
  2. le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, qui relève du programme Horizon 20205.
04

Les deux instruments diffèrent par leur objectif premier. La facilité de garantie de prêts vise à aider les entreprises de petite taille qui rencontrent des difficultés pour accéder à l'emprunt en raison du risque élevé qui y semble associé ou parce qu'elles ne disposent pas de sûretés suffisantes6. Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin vise à soutenir les entreprises axées sur l'innovation ou sur la recherche-développement qui comptent moins de 500 salariés.

05

Ils ont succédé aux instruments suivants:

  1. le mécanisme de garantie pour les PME, mis en œuvre de 1998 à 20137, dont l'objectif et la conception financière étaient analogues à ceux de la facilité de garantie de prêts;
  2. l'instrument de partage des risques8, lancé à titre de projet pilote en 2012, qui était similaire au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin.

Cadre opérationnel

06

La Commission assume la pleine responsabilité de ces instruments de garantie en gestion centralisée, depuis la présentation de la proposition de programme jusqu'aux rapports sur la mise en œuvre et l'évaluation, en passant par les programmes de travail annuels. Leur mise en œuvre est toutefois confiée au Fonds européen d'investissement (FEI), moyennant une rémunération convenue, fixée dans la convention de délégation.

07

Le FEI sélectionne des intermédiaires financiers (tels que des banques commerciales, des institutions nationales de développement ou des organismes de cautionnement mutuel) avec lesquels il passe, en son nom propre, des accords de garantie. Les intermédiaires octroient directement des prêts à des entreprises ou apportent des garanties à d'autres intermédiaires financiers qui accordent des prêts à des entreprises. Lorsqu'une entreprise manque à son engagement de solder un prêt, le FEI rembourse une partie de la perte à l'intermédiaire conformément aux stipulations de l'accord de garantie.

08

Le FEI tient une liste des prêts que les intermédiaires ont décidé de faire relever de la garantie et contrôle le respect, par les intermédiaires, des accords de garantie. En outre, il informe régulièrement la Commission des progrès accomplis dans la mise en œuvre des instruments.

Organisation financière

09

Le FEI garantit partiellement les prêts attribués par les intermédiaires aux petites entreprises (le portefeuille de prêts). L'objectif est d'encourager les intermédiaires financiers à octroyer davantage de prêts aux entreprises de petite taille. Aussi les accords de garantie entre le FEI et les intermédiaires stipulent-ils que ces derniers doivent accroître le montant de leurs prêts jusqu'à dépasser un seuil préétabli. Le seuil est fixé au niveau que l'intermédiaire aurait atteint sans l'accord de garantie ou à zéro si l'intermédiaire ne consentait pas de prêts de ce type auparavant. Dans le cas du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, aucun seuil ne s'applique.

10

Les deux instruments diffèrent du point de vue de la couverture du risque de crédit. Dans les deux cas, le FEI dédommage les intermédiaires financiers jusqu'à concurrence de la moitié des pertes qu'ils subissent du fait des différents prêts de leur portefeuille (ce qui revient à dire que le taux de garantie s'élève à 50 % au maximum). Cependant, en ce qui concerne la facilité de garantie de prêts, le montant total du dédommagement est contractuellement plafonné (dans les accords de garantie conclus avant le 31 décembre 2016, les taux plafonds varient entre 4 % et 20 % du montant du portefeuille de prêts garanti). Au delà du plafond, les pertes sont supportées dans leur intégralité par l'intermédiaire. En d'autres termes, pour chaque prêt non soldé, le FEI rembourse la perte au taux de garantie jusqu'à concurrence du montant plafond et se fait lui-même rembourser par la Commission (la «contribution de l'UE»). Le plafond fixé pour chaque intermédiaire limite les risques pour le budget de l'UE. Par contre, avec le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, il n'existe pas de plafond de ce type et le FEI est obligé de couvrir la totalité des pertes au taux de garantie contractuel, qui est généralement voisin de 50 % (voir figure 1).

Figure 1

La couverture du risque de crédit dans le cadre des deux instruments

Note: La situation illustrée est celle où les pertes réelles sont plus élevées que les pertes attendues.

Source: Cour des comptes européenne.

11

Pour limiter le montant des pertes devant être couvertes par la garantie au titre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, les intermédiaires doivent s'engager à maintenir un niveau minimal de qualité des prêts dans leur portefeuille. Ce niveau est défini i) par une notation minimale de crédit des emprunteurs et ii) compte tenu d'autres caractéristiques du portefeuille. En outre, alors que les garanties partielles au titre de la facilité de garantie de prêts sont fournies gratuitement, une commission de garantie à un taux de 0,5 % ou de 0,8 % par an (selon la taille de l'emprunteur) sur le montant garanti non remboursé couvert par le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est facturée à l'intermédiaire.

12

Puisque le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ne comporte pas de plafonnement, la Commission et le FEI sont convenus de partager les risques correspondants, le FEI étant en droit de percevoir une prime de risque établie d'un commun accord.

Fonds de l'UE engagés

13

Le montant des ressources de l'UE allouées aux instruments de garantie de prêts en gestion centralisée destinés aux entreprises de petite taille a augmenté au fil du temps, comme le montre le tableau 1.

Tableau 1

Données financières relatives aux instruments en gestion centralisée (en milliards d'euros)

Instrument et période Contribution de l'UE
(voir point 10)
Montants garantis Total des portefeuilles de prêts des intermédiaires couverts par la garantie (montant maximal du portefeuille)
(voir point 9)
Anciens instruments
Mécanisme de garantie pour les PME, période 1998-2000 0,14 2,40 6,17
Mécanisme de garantie pour les PME, période 2001-2006 0,27 4,68 10,22
Mécanisme de garantie pour les PME, période 2007-2013 0,64 7,34 14,40
Instrument de partage des risques, période 2012-2013 0,27 1,13 3,18
Instruments actuels(1)
Facilité de garantie de prêts, période 2014-2020
  • Situation au 31 décembre 2016
6,71 13,67
(montant prévu des prêts aux entreprises: 18,90(2))
  • Situation escomptée lorsque la contribution de l'UE aura été utilisée dans son intégralité
0,72 7,31 14,89
(montant prévu des prêts aux entreprises: 20,59)
Volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, période 2014-2020
  • Situation au 31 décembre 2016
4,08 8,65
(= montant prévu des prêts aux entreprises)
  • Situation escomptée lorsque la contribution de l'UE aura été utilisée dans son intégralité
1,06 4,76 9,53
(= montant prévu des prêts aux entreprises)
Total
pour les instruments actuels

  • Situation au 31 décembre 2016
10,79 22,32
(montant prévu des prêts aux entreprises: 27,55)
  • Situation escomptée lorsque la contribution de l'UE aura été utilisée dans son intégralité
1,78 12,07 24,42
(montant prévu des prêts aux entreprises: 30,12)

(1)Le délai imparti pour conclure des accords de garantie au titre des anciens instruments a expiré. Concernant les instruments actuels, il est possible de signer des accords au titre de la facilité de garantie de prêts jusqu'au 30 juin 2021 et au titre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin jusqu'au 30 juin 2022. Pour ce qui est de la situation au 31 décembre 2016, les montants garantis ainsi que le portefeuille de prêts correspondent aux accords de garantie conclus à cette date.

(2)Le montant prévu des prêts aux entreprises est plus élevé que le montant maximal du portefeuille, car la garantie de l'UE est également accordée à des organismes de cautionnement qui garantissent à leur tour une partie des prêts consentis par des intermédiaires financiers.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données suivantes: pour les instruments en vigueur jusqu'à 2006, informations fournies par la Commission; pour le montant de la contribution de l'UE aux instruments en vigueur à partir de 2007, budget de l'UE; pour la situation au 31 décembre 2016, rapports du FEI; pour la situation escomptée une fois la contribution de l'UE intégralement utilisée, calculs de la Commission.

14

Au cours de la période 2014-2020, une contribution de 1,78 milliard d'euros devrait donc être prélevée sur le budget de l'UE pour couvrir les pertes à venir sur le portefeuille garanti, mais aussi les coûts de gestion des instruments. Au 31 décembre 2016, la perte moyenne attendue concernant les accords de garantie déjà conclus se montait à 9 %9 (soit 0,98 milliard d'euros). Ce taux est plus élevé qu'il ne l'était dans le cadre du mécanisme de garantie pour les PME des périodes précédentes (le taux de perte moyen attendu se chiffrait à 5,4 % pour la période 1998-2000, à 5,1 % pour la période 2001-2006 et à 6,8 % pour la période 2007-2013).

15

Parmi les intermédiaires financiers ayant recouru au mécanisme de garantie pour les PME de la période 1998-2000, 52 % ont subi des pertes atteignant au moins 90 % de la perte attendue sur leur portefeuille. Parmi ceux qui ont recouru au mécanisme équivalent de la période 2001-2006, 53 % ont été dans ce cas. Il est encore trop tôt pour fournir des données similaires concernant le mécanisme de garantie pour les PME de la période 2007-2013.

16

Pour ce qui a trait aux instruments actuels (voir tableau 1), le portefeuille de prêts (22,32 milliards d'euros) des intermédiaires avec lesquels des accords avaient été conclus était garanti, au 31 décembre 2016, pour un montant de 10,79 milliards d'euros, soit un taux de garantie avoisinant les 50 %. Le montant total prévu des prêts aux entreprises s'élevait à 27,55 milliards d'euros.

17

En 2015, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI)10 a été établi. En 2016, la Commission, la Banque européenne d'investissement (BEI) et le FEI ont décidé de mettre une partie des ressources budgétaires de l'EFSI à disposition pour apporter un complément à la contribution de l'UE affectée aux deux instruments en gestion centralisée. La dotation de la facilité de garantie de prêts sera accrue de 0,55 milliard d'euros et celle du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin le sera de 0,88 milliard d'euros. Le montant total des ressources fournies par l'UE passera ainsi de 1,78 milliard d'euros (voir tableau 1) à 3,13 milliards d'euros. En juillet 2017, les conventions de délégation entre la Commission et le FEI étaient en cours de modification.

18

L'UE a également affecté d'importantes ressources aux instruments financiers dans le cadre de la gestion partagée (voir point 2). Au 31 mars 2017, sa contribution réelle aux instruments de garantie sur l'ensemble de la période 2007-2013 s'élevait à 2,5 milliards d'euros, pour un montant des prêts consentis évalué à 18 milliards d'euros minimum11. La Commission a estimé que le montant de la contribution de l'UE allouée à tous les types d'instruments financiers en gestion partagée serait nettement plus élevé au cours de la période 2014-2020 qu'il ne l'a été durant la période 2007-2013. Toutefois, les dernières informations disponibles (données au 31 décembre 2015) ne permettent pas encore de mettre en évidence les montants liés aux instruments de garantie.

19

Au cours de la période 2007-2013, le poids relatif des montants de garantie (co)financés par l'UE est resté faible par rapport au montant total des garanties accordées dans les États membres (voir annexe I pour de plus amples informations). Cependant, compte tenu de l'augmentation des ressources budgétaires allouées à ces instruments de garantie pour la période 2014-2020 (voir points 13, 17 et 18), ce poids devrait augmenter. Du reste, sur l'ensemble de la période 2007-2013, le montant annuel moyen des prêts garantis par l'UE a représenté moins de 0,5 % du montant total des prêts octroyés par les banques aux PME, quoique avec d'importantes variations d'un État membre à l'autre (voir annexe II pour de plus amples informations).

Approche d'audit

20

L'audit a visé à déterminer si les garanties de prêts de l'UE aidaient les entreprises de petite taille à se développer et à innover en améliorant leur accès au financement. Pour ce faire, nous avons examiné:

  1. si la mise en place des instruments de garantie actuels a été assurée de manière appropriée;
  2. si, en l'absence d'une garantie, les bénéficiaires auraient peiné à obtenir un prêt;
  3. si les instruments de garantie ont atteint leurs objectifs ou ont permis d'aider ceux à qui ils étaient véritablement destinés;
  4. si le système d'évaluation de la Commission a fourni des éléments probants attestant l'efficacité des instruments de garantie.
21

Nous avons axé notre analyse des résultats à long terme et du système d'évaluation sur les instruments de garantie de prêts de la période 2001-2013. Pour tous les autres aspects, nous nous sommes focalisés sur la facilité de garantie de prêts et sur le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin.

22

Les critères d'audit ont été tirés des règlements établissant ces instruments, des documents préparatoires correspondants, des précédents rapports de la Cour ayant trait aux questions examinées, des règles et procédures internes de la Commission et de la littérature universitaire. Ils sont présentés plus en détail dans les différentes sections du présent rapport.

23

La collecte des éléments probants a comporté:

  1. une analyse documentaire;
  2. une analyse d'un échantillon aléatoire de 50 prêts couverts par les deux instruments de garantie actuels, avec notamment des visites auprès de trois intermédiaires financiers couverts par la facilité de garantie de prêts (en République tchèque, en Roumanie et au Royaume-Uni) et auprès de deux intermédiaires financiers couverts par le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin (en Allemagne et en Suède);
  3. des entretiens téléphoniques avec un échantillon aléatoire de 46 bénéficiaires finals du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin (correspondant à sept intermédiaires financiers en République tchèque, en Espagne, en France, en Italie et au Luxembourg);
  4. des visites dans deux banques commerciales et dans des organismes publics en Grèce;
  5. une étude économétrique des effets à long terme des prédécesseurs de la facilité de garantie de prêts sur des entreprises bénéficiaires, en France;
  6. une analyse des données du FEI et de la Commission concernant les garanties ainsi que les programmes de subventions relevant d'Horizon 2020 qui sont axés sur les entreprises de petite taille;
  7. des entretiens avec des agents de la Commission et du FEI.

Observations

La mise en place des instruments de garantie a été affectée par des faiblesses

24

Lorsqu'elle met en place un instrument financier, la Commission doit se pencher, entre autres: i) sur les besoins du marché et la taille de l'instrument (c'est-à-dire le montant de la contribution de l'UE à allouer) et ii) sur le coût de gestion de l'instrument.

25

Une fois établi, l'instrument devrait commencer à fonctionner rapidement pour tirer le meilleur parti possible de sa période de validité.

26

Nous avons donc examiné:

  1. si la détermination de la taille des instruments a reposé sur une évaluation appropriée des besoins du marché;
  2. si la Commission s'est fondée sur des éléments probants pour négocier le niveau des coûts et frais avec le FEI;
  3. si les instruments ont commencé à fonctionner sans délai.

La détermination de la taille des instruments n'a pas reposé sur une évaluation complète et à jour des besoins du marché

27

Puisque l'UE soutient un grand nombre d'instruments financiers utilisés parallèlement à des instruments financés au niveau national ou régional, il s'avère crucial d'analyser les besoins du marché pour garantir l'efficacité des instruments.

28

Les analyses d'impact ainsi que les évaluations ex ante réalisées par la Commission avant le lancement d'une nouvelle génération d'instruments financiers devraient apporter des informations sur les besoins du marché et permettre de tirer des conclusions sur le montant d'aide nécessaire pour répondre à ces besoins. C'est pourquoi nous avons examiné ces analyses/évaluations effectuées pour les instruments de garantie.

29

Pour l'un et l'autre programmes dans lesquels s'intègrent les deux instruments en gestion centralisée (à savoir le programme pour la compétitivité des entreprises et des petites et moyennes entreprises et le programme Horizon 2020), des évaluations ont été menées, en 2011 et en 2013 respectivement. Cependant, en ce qui concerne les instruments financiers relevant du programme Horizon 2020 (y compris le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin), la proposition législative relative au programme avait déjà été présentée, et la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil avaient déjà débattu d'une enveloppe budgétaire indicative, lorsque l'évaluation spécifique a été réalisée.

30

Les évaluations ont toutes les deux comporté un examen analytique des besoins du marché (c'est-à-dire du déficit de financement). Faute de données complètes, ce déficit s'est avéré difficile à chiffrer avec exactitude, et plusieurs estimations et hypothèses ont été adoptées pour l'apprécier (voir encadré 1). De ce fait, le nombre de PME présumées rencontrer des difficultés pour accéder à un financement (2 à 3,5 millions, sur un total d'environ 23 millions) pour des raisons ne résidant pas dans des faiblesses fondamentales, mais dans un manque de sûretés ou de sûretés suffisantes (pourcentage supposé de 20 %) a été exprimé sous la forme d'une fourchette (de 0,4 à 0,7 million de PME). Les chiffres relatifs au déficit de financement utilisés lors de l'évaluation de 2011 n'ont pas été actualisés lors de celle de 2013.

Encadré 1

Quantification des besoins du marché: estimations et hypothèses

Faute de données, plusieurs facteurs ont dû faire l'objet d'estimations, par exemple:

  • i) le nombre de PME dont les demandes de financement bancaire avaient été rejetées ou n'avaient été que partiellement acceptées et ii) le nombre de PME qui n'avaient pas présenté de demande de financement bancaire par crainte d'un refus. Ces chiffres ont été estimés sur la base d'une enquête, et ces PME sont présumées ne pas être couvertes par des instruments existants, financés par l'UE ou au niveau national. D'après les données de l'enquête12, le pourcentage de PME considérant l'accès au financement comme problématique est passé de 17 % en 2009 à 10 % en 2016, avec toutefois d'importantes variations d'un pays à l'autre;
  • le pourcentage de refus d'opérations bancaires potentiellement judicieuses. L'estimation a été établie à partir de données et d'études du secteur.

Les évaluations ont été fondées, par exemple, sur des hypothèses telles que:

  • l'hypothèse que le déficit de financement était sous-estimé, car de nouvelles PME entrent sur le marché chaque année. Cette hypothèse a été adoptée sans aucune évaluation du nombre d'entreprises passant dans la catégorie des PME et en sortant pour l'étayer;
  • l'idée que l'aide publique aux garanties de prêts au niveau des États membres diminuerait, aggravant ainsi le déficit de financement. Les événements ultérieurs ont montré que cette hypothèse est erronée: d'après les données disponibles13, le montant des garanties accordées a été plus élevé pour les années de la période 2010-2015 que pour l'ensemble des années allant de 2000 à 2008, et un niveau record a été atteint en 2009;
  • l'hypothèse que la taille des instruments de garantie de prêts en gestion partagée augmenterait, mais pas jusqu'à compenser totalement la réduction escomptée de l'aide fournie par les États membres. D'après les données de la Commission, la contribution de l'UE aux instruments financiers en gestion partagée de tous les types devrait être nettement plus élevée (environ 75 % de plus) au cours de la période 2014-2020 qu'elle ne l'a été durant la période 2007-2013 (voir point 18).
31

L'évaluation de 2011 et, plus précisément, l'étude préparatoire14 réalisée au nom de la Commission comprenait un examen détaillé de diverses options (différents instruments financiers et différents budgets) avec une analyse de leur impact. Dans l'évaluation de 2013, les options et les informations sur l'impact n'étaient pas aussi détaillées. En particulier, alors que la contribution de l'UE allouée au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin devait être bien plus importante que son équivalent de la période précédente (voir tableau 1), aucune analyse de l'impact sur le déficit de financement et de la capacité d'absorption15 tenant également compte de l'incidence combinée de tous les autres instruments de garantie financés par l'UE n'était présentée.

32

La contribution de l'UE allouée aux deux instruments financiers en gestion centralisée n'est pas ventilée par État membre, par région ou par secteur. Comme le veut leur base juridique, ces instruments sont axés sur la demande, les intermédiaires financiers répondant aux appels à manifestation d'intérêt lancés par le FEI. Bien que les besoins du marché et, par conséquent, l'impact que peuvent produire les garanties varient d'un État membre à l'autre, l'analyse du déficit de financement réalisée pour les deux instruments l'a été au niveau de l'UE uniquement. Les évaluations de 2011 et de 2013 n'ont pas tenu compte des informations, pourtant disponibles, concernant les besoins du marché dans différents États membres et régions. Entre 2006 et 2008, le FEI avait en effet établi, dans le cadre de l'initiative JEREMIE16 (Joint European Resources for Micro to Medium Enterprises, ressources européennes conjointes pour les PME et les micro-entreprises), une «analyse des déficits» au niveau national pour 19 États membres qui en avaient fait la demande. En outre, en 2012, une étude visant à donner une vue d'ensemble des instruments de prêt, de garantie et de fonds propres financés par des ressources nationales dans les États membres de l'UE a été réalisée pour le compte de la Commission. Une nouvelle étude a été menée en 2014, mais en raison de limitations du champ assigné à ces études, les «tours d'horizon» relatifs aux différents États membres sont incomplets.

33

D'après l'évaluation de 2011, l'effet catalyseur était appelé à culminer dans les États membres ayant adhéré à l'UE depuis 2004. Cependant, les accords de garantie conclus entre le FEI et les intermédiaires financiers au titre des deux instruments jusque fin 2016 laissent présager que près des trois quarts des prêts attendus seront octroyés dans quatre États membres ayant adhéré à l'UE avant 2004. Pour la plupart des États membres ayant adhéré à l'UE depuis cette date, l'impact des deux instruments, au niveau de la résorption du déficit de financement, est moins fort que pour ces principaux États membres bénéficiaires.

34

L'EFSI (voir point 17) apportera un important complément de fonds aux deux instruments. Nous avons déjà fait observer, dans notre avis n° 2/201617, qu'il n'existait pour l'EFSI aucune évaluation ou analyse des causes du retard et des besoins du marché, ni de la manière dont il serait possible d'y remédier au mieux.

35

En ce qui concerne les instruments cofinancés par les Fonds structurels, un rapport spécial antérieur18 a souligné que, pour la période 2007-2013, les autorités compétentes dans les États membres n'avaient pas toujours évalué correctement les besoins du marché. Partant, un nombre élevé d'instruments financiers ont été surdimensionnés.

Les éléments probants fournis pour justifier le niveau des coûts et frais n'étaient pas suffisants

36

Le FEI perçoit des frais administratifs, en rétribution des services fournis, et une commission liée aux résultats, à titre d'incitation à la réalisation d'objectifs spécifiques. Le montant total des frais administratifs et de la commission liée aux résultats que le FEI peut facturer pendant la durée de vie de chaque instrument s'élèvera, au maximum, à 6 % de la contribution de l'UE. Il a atteint 9 % pour les instruments des périodes 1998-2000 et 2001-2006, et la Commission est parvenue à le ramener à 6 % par la suite.

37

Par ailleurs, la Commission i) règle au FEI des frais de gestion de trésorerie19 pour les montants alloués aux deux instruments sur le budget de l'UE et ii) lui rembourse d'autres coûts de gestion imprévus, sur présentation de justificatifs. L'ensemble de ces frais et coûts est plafonné à 1 % de la contribution de l'UE pour la facilité de garantie de prêts et à 1,5 % de sa contribution pour le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin.

38

Le montant maximal des coûts et frais de gestion qui devront être acquittés du fait des deux instruments sur l'ensemble de la durée de vie de ces derniers s'élève à 129,7 millions d'euros (le détail de ce montant est présenté dans le tableau 2). Les coûts augmenteront lorsque le versement, par l'EFSI, d'un complément à la contribution aura été acté au moyen d'avenants aux conventions de délégation (voir point 17).

Tableau 2

Montant maximal des coûts et frais de gestion pouvant être facturés (en millions d'euros)

  Facilité de garantie de prêts Volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin TOTAL
Contribution de l'UE 717,00 1 060,00 1 777,00
Montant total des coûts et frais de gestion, dont 50,18 79,50 129,68
  • Frais administratifs
20,07 29,68 49,75
  • Commission liée aux résultats
22,94 33,92 56,86
  • Frais de gestion de trésorerie et autres coûts
7,17 15,90 23,07
Contribution de l'UE, après déduction des coûts et des frais 666,82 980,50 1 647,32

Source: Cour des comptes européenne, sur la base d'informations relatives au budget de l'UE et des conventions de délégation entre la Commission et le FEI.

39

Les coûts et frais de gestion annuels20 relatifs aux deux instruments avoisineront 6,5 millions d'euros (compte non tenu du complément à verser par l'EFSI). S'il est vrai que le FEI est, pour l'essentiel, un Fonds public21 – l'UE détenant 29,81 % du capital social –, il importe toutefois de faire en sorte que les frais soient raisonnables.

40

Préalablement à toute négociation avec le FEI, la Commission devrait donc disposer d'informations sur i) les coûts supportés par le FEI dans le cadre de la gestion d'anciens instruments de garantie de prêts, ii) les coûts liés à la gestion des instruments de garantie de prêts, supportés par des organismes nationaux de cautionnement, iii) les frais facturés par le FEI à d'autres organismes lui ayant confié un mandat de gestion (par exemple, la BEI ou certaines autorités nationales). Nous avons examiné si de telles données avaient été obtenues.

41

Nous avons constaté que la Commission ne disposait pas d'informations détaillées sur le coût réel des instruments mis en œuvre précédemment et qu'elle n'avait guère de données sur les frais réglés par les autres organismes ayant chargé le FEI de gérer des instruments financiers pour leur compte. En outre, elle a peu fait pour comparer les frais qu'elle acquittait avec ceux qu'engendraient différents instruments de garantie gérés au niveau national.

42

De son côté, le plafond en matière de coûts et de frais de gestion défini dans les règlements applicables, en ce qui concerne les instruments de garantie cofinancés par les Fonds structurels, est plus élevé que les 6 % facturés dans le cas des instruments en gestion centralisée. Les coûts réels n'ont cependant pas atteint le plafond. D'après des données indicatives sur la mise en œuvre des instruments de garantie cofinancés par les Fonds structurels22 au cours de la période 2007-2013, les coûts et frais de gestion annuels moyens23 sont actuellement du même ordre que ceux acquittés par la Commission pour les deux instruments couverts par l'audit.

43

Dans le cas du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, le FEI est en droit de percevoir, outre les frais mentionnés ci-dessus, une prime de risque destinée à rétribuer le partage d'une partie des risques liés à l'instrument (voir point 12 et figure 1).

44

Le risque associé aux engagements du FEI dépend du profil de risque du portefeuille sous-jacent et du montant de la contribution de l'UE, qui est payée par tranches annuelles avant que les garanties soient approuvées. La couverture du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin pouvant être étendue à de nouveaux prêts jusqu'en 2022, le profil de risque du portefeuille est susceptible de continuer à évoluer.

45

Les intermédiaires financiers doivent verser une commission de garantie (voir point 11) qui constitue une recette pour l'instrument. La contribution de l'UE ne sera utilisée pour payer une prime de risque que si la commission de garantie ne suffit pas à couvrir le montant total de la prime que le FEI est en droit de percevoir.

46

Le niveau annuel de la prime est fixé à 1,25 % de 80 % du montant garanti non remboursé (puisque la contribution de l'UE doit correspondre à 20 % du montant total garanti à l'ensemble des intermédiaires). Le montant total de la prime de risque que le FEI peut facturer sur toute la durée de vie de l'instrument s'élève, au maximum, à 10 % de la contribution de l'UE (soit 106 millions d'euros).

47

Il est possible que la prime apporte au FEI une compensation excessive par rapport au risque réellement pris. En effet, la prime payée l'est sur 80 % du montant garanti non remboursé même si la contribution versée par l'UE dépasse 20 % du montant garanti (c'est-à-dire si la part des risques encourus par le FEI est en fait inférieure à 80 %). Il n'existe cependant pas de mécanisme de révision de la prime de risque versée au FEI jusqu'en 2022. Ainsi, en 2014 et 2015, la contribution de l'UE a excédé le montant garanti non remboursé, si bien que le FEI n'a pris aucun risque, mais a néanmoins touché près de 0,5 million d'euros de primes de risque.

La phase de mise en œuvre a commencé rapidement

48

Nos audits précédents ont montré que mettre en fonctionnement des instruments financiers constitue un défi majeur et que les retards compromettent la réalisation des objectifs24. Nous avons donc examiné si ces retards avaient été évités.

49

La facilité de garantie de prêts était, fondamentalement, la continuation de l'ancien mécanisme de garantie pour les PME, ce qui a limité les difficultés pour la rendre rapidement opérationnelle. Le démarrage rapide du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, qui constituait, à certains égards, un instrument innovant, a par contre été une grande réussite.

50

Pour l'un et l'autre instruments, les accords entre la Commission et le FEI ont été signés dès juillet 2014. À la fin de 2014, le FEI avait déjà passé des accords de garantie avec six intermédiaires, pour un volume de prêts attendu avoisinant 1,4 milliard d'euros. Fin 2016, le taux de mise en œuvre (en l'occurrence, le pourcentage de la contribution de l'UE utilisé) s'élevait à 80 % et les intermédiaires financiers avaient accordé des prêts équivalant à quelque 27 % de leur volume de prêts attendu.

Les instruments de garantie de prêts n'ont pas été suffisamment centrés sur les entreprises qui peinaient à obtenir des prêts

51

Lorsque l'emprunteur présente un profil de risque élevé, les prêteurs appliquent généralement des taux d'intérêt et des frais majorés en proportion. Cependant, ils peuvent également hésiter à facturer des intérêts élevés ainsi qu'à prendre des risques au delà d'un certain niveau et, au lieu de cela, décider de restreindre leur activité de crédit. Il est donc possible que des projets viables ne soient pas financés parce que les banques les jugent trop risqués, en particulier lorsque les emprunteurs ne possèdent aucun moyen de montrer qu'ils sont solvables et/ou que leur projet offre de réelles perspectives25. Pour les besoins du présent rapport, les entreprises viables qui ne sont pas en mesure d'obtenir un emprunt auprès des prêteurs commerciaux sont désignées sous l'appellation d'«entreprises viables sans accès suffisant au financement».

52

Le fait que des emprunteurs porteurs de projets viables se trouvent dans l'impossibilité d'accéder à un financement constitue la principale raison pour laquelle l'UE finance des instruments de garantie de prêts, comme l'indiquent tant les documents préparatoires que les règlements en vertu desquels ont été établis les deux instruments examinés. La législation prévoit notamment que la facilité de garantie de prêts réduise «les difficultés particulières auxquelles les PME viables font face pour accéder au financement, soit en raison de leur risque élevé perçu, soit en raison de leur manque de garanties suffisantes»26. En ce qui concerne le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, le règlement établissant le programme Horizon 202027 (le «règlement Horizon 2020») évoque le fait que des «entreprises innovantes établies, qu'elles soient de grande ou de petite taille, ne parviennent pas à emprunter pour financer des activités de recherche et d'innovation à haut risque» et que «les innovations qui permettraient d'atteindre les objectifs stratégiques se révèlent souvent trop risquées pour [que le marché] puisse les soutenir». Enfin, la disposition du règlement financier selon laquelle «les instruments financiers ne visent pas à remplacer […] un financement privé»28 implique que l'accent soit mis sur les «entreprises viables sans accès suffisant au financement».

53

Ces instruments ne sont donc pas conçus pour être des subventions génériques vouées à réduire la charge d'intérêts supportée par les entreprises de petite taille en général, ou par celles qui sont innovantes, mais pour améliorer l'accès au financement pour les entreprises auxquelles les prêteurs commerciaux n'accorderaient pas d'emprunts.

54

Nous avons donc examiné:

  1. si les entreprises bénéficiaires des garanties de prêts rencontraient des difficultés pour accéder à un financement;
  2. si la Commission tirait efficacement parti des mesures permettant de cibler davantage les «entreprises viables sans accès suffisant au financement»;
  3. si les instruments avaient été absorbés avec succès dans les États membres en difficulté financière.

Des faiblesses ont affecté le ciblage des entreprises viables sans accès suffisant au financement

55

L'examen de notre échantillon de prêts (consentis à 96 entreprises) a fait apparaître que seuls 40 % de ceux-ci avaient été accordés à des entreprises qui, sans cette garantie, auraient rencontré des difficultés pour obtenir un financement auprès d'un prêteur commercial. Ce chiffre ne diffère pas sensiblement du pourcentage de 43 %29 précédemment établi lors de notre audit du mécanisme de garantie pour les PME30 (le prédécesseur de la facilité de garantie de prêts), qui visait des objectifs très similaires et, dans une large mesure, reposait sur le même type d'intermédiaires.

56

Concernant le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, seules 35 % des entreprises bénéficiaires auraient peiné à obtenir un prêt commercial sans la garantie de l'UE. En outre, même dans ce sous-groupe d'entreprises innovantes, certaines avaient accès au financement par capital-risque ou auraient pu obtenir un prêt commercial en fournissant des garanties personnelles.

57

Nous avons également comparé le comportement des intermédiaires publics et des intermédiaires privés en matière de ciblage des bénéficiaires31. Pour ce faire, nous avons utilisé des indicateurs indirects liés au degré de contrainte financière:

  1. l'âge et la taille de l'entreprise, car les jeunes entreprises et les entreprises de petite taille ont tendance à subir davantage de contraintes financières32;
  2. le montant du prêt par rapport au total du bilan de l'entreprise, pour mesurer l'importance financière du prêt en tant que source de financement dans la structure du capital de l'entreprise.
58

Ces indicateurs font apparaître une différence frappante entre le comportement des intermédiaires publics et celui des intermédiaires privés lorsqu'ils recourent au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin. Les intermédiaires publics ont systématiquement obtenu de meilleurs résultats pour ce qui est du ciblage des entreprises susceptibles d'avoir réellement besoin d'une garantie. Par exemple, les entreprises de moins de cinq ans représentaient 35 % du portefeuille de prêts des intermédiaires publics, mais seulement 16 % de celui des intermédiaires privés. De même, les intermédiaires publics ont eu davantage tendance à apporter un montant de financement relativement substantiel aux bénéficiaires: plus de la moitié des prêts qu'ils ont accordés dépassaient 10 % de l'actif de l'emprunteur, alors que tel n'était le cas que pour un quart des prêts octroyés par des intermédiaires privés33.

59

Le fait que les intermédiaires privés recourant au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ont davantage ciblé les entreprises qui avaient accès à des prêts commerciaux tient à la manière dont l'instrument a été mis en place. Le règlement Horizon 2020 indique que l'instrument vise à améliorer l'accès au financement par l'emprunt, mais n'exige pas expressément que l'accent soit mis sur les «entreprises viables sans accès suffisant au financement». L'accord entre la Commission et le FEI prévoit seulement que l'objet de l'instrument consiste à inciter les intermédiaires à étendre, directement ou indirectement, le financement par l'emprunt. Les accords entre le FEI et les intermédiaires ne précisent pas que ces derniers devraient concentrer leurs efforts sur les entreprises qui rencontrent des difficultés pour obtenir des prêts commerciaux. Si les intermédiaires publics sont, du fait de leurs objectifs politiques, plus enclins à privilégier ces entreprises, les intermédiaires privés n'ont pas de raison d'agir de la sorte et l'accord de garantie passé avec le FEI ne les y oblige pas. En fait, l'un des intermédiaires privés auprès desquels des visites ont été effectuées ne savait même pas qu'il était censé privilégier les entreprises viables qui se voient refuser un crédit (voir point 52).

60

Les entreprises disposant d'un accès suffisant au financement peuvent néanmoins tirer avantage de la garantie, par exemple en obtenant des prêts de plus longue durée ou de montant plus élevé. En outre, dans le cadre du volet «Garanties pour les PME» du dispositif InnovFin, les intermédiaires peuvent ramener le taux d'intérêt à un niveau inférieur à celui du marché. Les intérêts économisés sont proportionnels au degré de risque que présente l'emprunteur. Cependant, les risques tendant à être moindres avec les entreprises qui ont accès à des prêts commerciaux, les économies dégagées sont marginales. Le niveau moyen des économies observé dans notre échantillon était compris entre 0,3 % et 0,4 %, soit au plus 1 000 euros par an pour un prêt de 250 000 euros (ce qui correspond à la médiane dans le cadre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin).

La Commission a certes obtenu de bons résultats avec une mesure d'amélioration du ciblage des «entreprises viables sans accès suffisant au financement», mais elle n'a pas encore étudié certaines autres mesures possibles, en particulier pour le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin

61

Nous avons déjà observé qu'une grande partie des bénéficiaires de l'ancien mécanisme de garantie pour les PME étaient des entreprises qui avaient accès à des prêts commerciaux et émis une recommandation aux termes de laquelle «il conviendrait d'envisager des mesures appropriées pour minimiser l'effet d'aubaine en s'appuyant entre autres sur les meilleures pratiques déjà mises en place par certains intermédiaires»34. Dans sa réponse à la recommandation, la Commission a convenu que «des mesures appropriées destinées à minimiser les effets d'aubaine devraient être envisagées dans tout programme ultérieur»35.

62

Dans sa proposition législative relative à la facilité de garantie de prêts actuelle, la Commission a introduit un plafond de 150 000 euros pour les prêts éligibles aux garanties. Il a été présumé que les emprunteurs qui demandent des montants plus faibles rencontrent davantage de difficultés pour accéder au financement.

63

Certes, ce plafond a été approuvé, mais le législateur a introduit une exception: les prêts de montant plus élevé peuvent néanmoins être couverts par la facilité de garantie de prêts, s'il est possible de démontrer que le bénéficiaire n'est pas éligible à une garantie au titre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin36. Un intermédiaire disposé à approuver un prêt plus élevé que le plafond doit tout d'abord s'assurer que l'emprunteur ne peut remplir aucun des 14 critères d'éligibilité au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin qui ont trait au caractère innovant du demandeur (voir point 89). Cette vérification étant assez complexe et sa raison d'être, difficile à comprendre, la plupart des intermédiaires financiers maintiennent leurs prêts garantis au-dessous du plafond.

64

Le plafond a donc bien eu pour effet de recentrer la facilité de garantie de prêts sur des entreprises généralement plus à risque, plus petites et plus jeunes. Plusieurs statistiques relatives au portefeuille l'attestent:

  1. le montant moyen des prêts a diminué. Le pourcentage de prêts dépassant 150 000 euros est passé de 37 % dans le cadre de l'ancien mécanisme à 15,8 % avec la facilité de garantie de prêts;
  2. la part des prêts aux micro-entreprises (entreprises de moins de 10 salariés), qui s'élevait à 74 % dans le cadre de l'ancien mécanisme, est passée à 82 %.
65

Des prêts plus importants continuent toutefois d'être garantis, parfois même moyennant une entorse aux règles. Un intermédiaire couvert par la facilité de garantie de prêts (sur les trois que nous avons contrôlés) a contourné le plafond à maintes reprises en garantissant plusieurs prêts pour une unique entreprise le même jour. Le FEI a pris acte de cette pratique et, dans un cas, a demandé des informations complémentaires, sur la base desquelles il a conclu qu'en l'occurrence, cette pratique était valablement justifiée d'un point de vue commercial. Les prêts concernés contribuaient pour plus de 10 % au portefeuille garanti de l'intermédiaire.

66

Des critères d'éligibilité bien conçus peuvent constituer un autre moyen de faire en sorte que les garanties soient utilisées par des entreprises viables sans accès suffisant au financement (voir exemple dans l'encadré 2). Dans le cas de la facilité de garantie de prêts, ces critères d'éligibilité sont définis dans les accords de garantie conclus avec les intermédiaires financiers. Pour le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, en revanche, la Commission n'a pas imposé de critères de ce type dans la convention de délégation qu'elle a passée avec le FEI (voir point 59). Nous notons néanmoins que, sur les 14 critères d'éligibilité mis en place pour permettre d'apprécier si une entreprise est innovante (l'un de ces critères devant être rempli), deux ciblent les jeunes entreprises. Toutefois, parmi les entreprises qui ont souscrit un prêt garanti au titre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, seule une minorité (20 %, au 31 décembre 2016) s'est prévalue de ces critères.

Encadré 2

Exemple de critère d'éligibilité, utilisé ailleurs dans le monde, qu'il serait possible d'appliquer dans le cadre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin

Aux États-Unis, le programme de prêts de la Small Business Administration oblige les prêteurs, pour justifier le recours à la garantie, à prouver que, sans cette dernière, l'emprunteur ne pourrait pas obtenir les fonds auprès d'autres sources classiques. Pour le démontrer, ils doivent notamment tenir compte du patrimoine personnel de l'entrepreneur.

67

Pour les intermédiaires financiers, un autre moyen de faire en sorte que les «entreprises viables sans accès suffisant au financement» soient majoritaires parmi celles qui demandent à bénéficier de la garantie consiste à pratiquer des taux d'intérêt supérieurs au taux moyen du marché. En effet, les entreprises qui ont accès au financement peuvent obtenir des prêts au taux du marché, ce qui les dissuade de solliciter un prêt garanti plus onéreux. Une politique tarifaire de ce type, appliquée par quelques institutions nationales de développement, ne l'est toutefois pas dans le cadre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin.

68

Les dispositifs de la Commission qui visent à assurer le suivi des instruments de garantie ne permettent pas de vérifier périodiquement si les intermédiaires ciblent les «entreprises viables sans accès suffisant au financement». Pour la facilité de garantie de prêts, l'indicateur de suivi est la proportion d'entreprises qui estiment qu'elles n'auraient pas obtenu de financement sans la garantie. Cependant, il n'est prévu de collecter (au moyen d'une enquête) les données nécessaires pour s'en assurer que deux fois au cours de la durée de vie de l'instrument. Un indicateur similaire a été employé pour évaluer le mécanisme précédent, mais l'échantillon était trop petit pour permettre de tirer des conclusions au niveau de chaque intermédiaire. Dans le cas du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, aucun indicateur de ce type n'est utilisé.

69

La littérature universitaire propose plusieurs autres indicateurs (voir encadré 3) susceptibles de fournir des indications plus à jour sur la proportion d'entreprises ayant accès à des prêts commerciaux au niveau de l'intermédiaire. Ces indicateurs reposant sur des données qui proviennent généralement des dossiers de prêt, il serait possible de collecter les informations nécessaires auprès des intermédiaires. La Commission n'a toutefois pas encore examiné l'applicabilité d'autres indicateurs envisageables.

Encadré 3

Exemples d'autres indicateurs envisageables

  • Indicateur d'obstacles à l'investissement, fondé sur une méthode de «classification a priori» permettant d'attribuer à chaque entreprise un niveau de contrainte financière en fonction d'un ensemble de variables tirées de son bilan et de son compte de résultat, et de leur corrélation avec certains scénarios d'investissement/de financement37.
  • Indicateur de contraintes financières servant à repérer les entreprises dont l'accès au crédit peut être considéré comme limité, grâce à un modèle qui lie les chiffres financiers des entreprises et leurs réponses à l'enquête de l'UE sur l'accès des petites et moyennes entreprises au financement38.
  • Indicateurs nationaux existants, tels que la cotation de chiffre d'affaires et de crédit attribuée par la Banque de France à chaque entreprise qui présente des comptes annuels.
  • Modèle de prédiction spécifique, élaboré sur la base des études menées dans le cadre d'évaluations ou d'analyses universitaires antérieures39.

Dans les États membres en difficulté financière, l'absorption des instruments financiers s'est effectuée lentement

70

Les ralentissements de la conjoncture, en particulier les crises financières, se soldent généralement par une aggravation du déficit de crédit (le financement nécessaire, mais indisponible) pour les entreprises de petite taille40. C'est pour cette raison que l'amélioration de l'accès de ces dernières au financement a constitué un élément important du plan européen pour la relance économique de 200841 et que la Commission et trois États membres bénéficiant de l'aide financière de l'UE (la Lettonie, la Grèce et le Portugal) se sont entendus pour mettre en œuvre diverses mesures visant à amener cette amélioration.

71

Les budgets nationaux des trois États membres en question étaient lourdement obérés. Leurs gouvernements n'étaient pas à même de renforcer leurs dispositifs nationaux de garantie et l'activité de garantie soutenue au niveau national déclinait rapidement. Les dispositifs de l'UE visant à venir en appoint des efforts des États membres42, nous avons examiné, si, dans ces pays, les instruments de garantie de l'UE qui relevaient de la gestion centralisée ainsi que les instruments similaires cofinancés par les Fonds structurels avaient été absorbés avec succès.

72

Nous avons constaté que, du point de vue de leur absorption dans ces trois États membres, les instruments de garantie de l'UE qui relevaient de la gestion centralisée avaient connu nettement moins de succès que les instruments cofinancés par les Fonds structurels. Le prédécesseur de la facilité de garantie de prêts était déjà en place lorsque la crise a éclaté, mais, pour l'ensemble de ces trois États, le FEI n'a passé un contrat qu'avec un seul intermédiaire financier, en Lettonie, en 2009. L'absorption du prédécesseur du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, qui existait depuis la fin de 2012, a été satisfaisante au Portugal, mais pas dans les deux autres États membres en cause.

73

Les Fonds structurels ont cofinancé des garanties ainsi que des «instruments financiers de partage des risques financés». Ces deux types d'instruments visaient l'un comme l'autre à combler le déficit de crédit pour les entreprises de petite taille, mais seul le second apporte aussi bien des liquidités qu'une couverture du risque de crédit aux intermédiaires. L'inconvénient d'un «instrument financier de partage des risques financé» réside dans le fait qu'il oblige à financer les prêts aux entreprises de petite taille soit totalement, soit en partie, sur des fonds publics43, limitant ainsi le nombre d'entreprises qu'il est possible d'aider. Nous avons observé que les instruments finançant au moins la moitié des prêts grâce à des fonds publics obtenaient de meilleurs résultats pour ce qui est du versement de fonds aux entreprises, car l'apport de liquidités compensait le manque de liquidités des banques commerciales. Cela explique que l'utilisation des garanties de prêts de l'UE relevant de la gestion centralisée, qui ne fournissent pas de liquidités aux banques commerciales, n'ait pas été satisfaisante dans les trois États membres susmentionnés.

74

Toutefois, même avec les instruments financiers cofinancés par les Fonds structurels, l'essentiel des versements aux entreprises ont été effectués alors que le moment le plus dur était passé. En Lettonie, seuls 16 % du montant prévu des «instruments financiers de partage des risques financés» relevant du dispositif mis en œuvre par le FEI44 ont été versés à des entreprises de petite taille entre 2009 et 2012. En Grèce, les déboursements des instruments financiers en faveur des entreprises de petite taille ont également été retardés et leur rythme ne s'est intensifié que vers la fin de la période de disponibilité, en 2015-2016.

75

La lenteur des versements aux entreprises de petite taille au titre des instruments financiers cofinancés sur le budget des Fonds structurels contraste avec les résultats obtenus par l'«Institut pour la croissance en Grèce» (Institute for Growth in Greece). Celui-ci, un établissement financier non bancaire établi par l'État grec et la banque allemande de développement Kreditanstalt für Wiederaufbau à titre de mesure exceptionnelle pour apporter des prêts aux entreprises de petite taille, était doté d'un capital de 200 millions d'euros, qu'il est parvenu à convertir en prêts en moins d'un an. D'après les représentants de banques commerciales opérant en Grèce avec lesquels nous nous sommes entretenus, la rapidité de ses décaissements s'explique principalement par le fait que ses règles de mise en œuvre étaient bien plus simples que celles des instruments relevant des Fonds structurels.

76

La Commission n'a pas manqué de réagir aux difficultés en matière d'absorption des instruments. En 2011, notamment, elle a autorisé une utilisation supplémentaire des instruments financiers relevant des Fonds structurels qui, jusque-là, n'avait été permise que dans des circonstances exceptionnelles, et qui consiste à financer le fonds de roulement. Cette mesure, qui a produit un effet positif sur les versements aux entreprises de petite taille, était justifiée par la situation qui prévalait alors.

77

Cependant, l'histoire des garanties de prêts montre que des aménagements de ce type ne sont pas supprimés lorsque la situation qui y a donné lieu prend fin, ce qui se solde alors par un assouplissement général des conditions d'éligibilité. Ainsi, alors que les prédécesseurs de la facilité de garantie de prêts étaient initialement centrés sur le crédit à l'investissement, le financement du fonds de roulement est devenu pratique courante. De même, alors que son prédécesseur ne visait que les prêts d'une durée minimale de deux ans, le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin couvre également les prêts à échéance d'un an, y compris les lignes de crédit. Certes, ces changements se traduisent indéniablement par une utilisation accrue des dispositifs, mais, dans le même temps, ils majorent le risque que les instruments ne permettent pas d'atteindre efficacement les objectifs de l'intervention publique ou entrent en concurrence avec le secteur privé (voir encadré 4).

Encadré 4

Situations où les garanties de l'UE couvrent un produit financier qui n'est pas adapté à leurs objectifs politiques

L'objectif du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin consiste à permettre de financer les activités d'innovation des entreprises. Les lignes de crédit renouvelables annuellement et les prêts à échéance d'un an y sont éligibles. Toutefois, ces types de prêts n'apportent pas la stabilité requise pour financer des projets à moyen terme, dont relève généralement l'innovation.

Les crédits de fonds de roulement sont éligibles aux garanties de prêts de l'UE. Une partie des ressources utilisées pour financer ces garanties proviennent de l'EFSI et devraient contribuer à la réalisation de son objectif général consistant à mobiliser l'investissement. Cependant, ces crédits ne donnent pas toujours lieu à de nouveaux investissements. Une fois sur cinq, les représentants des entreprises bénéficiaires du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin avec lesquels nous nous sommes entretenus étaient incapables d'établir un rapport entre le prêt et un investissement, ou de dire en quoi le prêt contribuerait au développement de leur entreprise.

Les garanties de prêts de l'UE sont censées aider les entreprises qui ne disposent pas d'un accès suffisant à l'emprunt. Le recours à un prêt garanti pour refinancer un prêt existant n'est donc pas autorisé. Or, dans le cas des crédits de fonds de roulement, il est impossible de s'assurer que cette règle est bien respectée. Lors de notre audit, nous avons découvert un prêt de 74 000 euros pour lequel elle ne l'avait pas été.

Les objectifs ont été partiellement atteints

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Les deux instruments de garantie ont des objectifs différents; c'est pourquoi ils font l'objet de développements séparés dans la présente section. Nous avons examiné:

  1. si les prédécesseurs de la facilité de garantie de prêts ont favorisé la croissance des entreprises;
  2. si le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a été axé sur l'aide aux entreprises menant des activités de recherche et d'innovation à fort potentiel d'excellence.

Les prédécesseurs de la facilité de garantie de prêts ont aidé les entreprises à se développer

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La croissance des entreprises peut se manifester par la création d'emplois, par l'amélioration de la productivité et par l'augmentation du taux de survie. Pour observer l'effet d'une garantie, comparer le nombre de salariés d'une entreprise avant qu'elle bénéficie de la garantie et quelques années plus tard (par exemple) ne suffit pas, car l'effectif a pu être influencé par d'autres facteurs45. L'évaluation des effets des garanties devrait plutôt s'articuler autour d'une comparaison entre ce qui est arrivé aux entreprises bénéficiaires et ce qui leur serait arrivé sans les garanties.

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Pour les besoins du présent audit, nous avons commandé une étude d'évaluation d'impact contrefactuelle concernant les effets à long terme des garanties de prêts de l'UE dans un État membre (la France)46. La contribution apportée par l'UE aux intermédiaires français dont les portefeuilles ont été analysés lors de l'étude représentait plus de 25 % du budget du mécanisme de garantie pour les PME de la période 2001-2013. L'étude a reposé sur un examen comparatif de diverses variables de résultat47 dans les entreprises de petite taille ayant bénéficié des garanties de prêts de l'UE entre 2002 et 2012 et dans des entreprises n'en ayant pas bénéficié (le «groupe témoin»). Les effets ont été évalués chaque année pendant une période de 10 ans à compter de l'année d'octroi du prêt (voir annexe III pour de plus amples informations sur la méthodologie).

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Les résultats de l'étude sont positifs pour toutes les variables de résultat analysées. Les entreprises bénéficiaires se sont davantage développées que les autres du point de vue du total du bilan, du chiffre d'affaires et de la masse salariale. En outre, bien que leur productivité ait d'abord décliné, elles sont ensuite devenues plus productives que les entreprises du groupe témoin. La baisse initiale de la productivité cadre avec le fait que les investissements ne sont pleinement productifs qu'après un certain temps. S'il est vrai que les prêts ont presque immédiatement renforcé le bilan, leurs effets sur le chiffre d'affaires et sur la masse salariale ne se sont fait sentir que deux ou trois ans plus tard. Les prêts garantis ont augmenté l'endettement des entreprises, mais cet endettement supplémentaire ne les a pas rendues plus vulnérables. Au contraire, les entreprises bénéficiaires se sont avérées moins susceptibles de cesser leurs activités que celles du groupe témoin (voir figure 2).

Figure 2

Effet des prêts garantis sur les entreprises de petite taille

Source: Cour des comptes européenne, sur la base de Bertoni, Colombo et Quas (2016), Final report: Long-term effects of loan portfolio guarantees on SMEs' performance (à paraître).

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Bien que des résultats positifs constituent une réussite, les effets globaux observés dans les entreprises françaises de petite taille sont plus modestes que l'estimation qu'en ont donnée deux autres études concernant les instruments de garantie de prêts en France ou dans d'autres pays, menées selon une méthodologie similaire (voir tableau 3).

Tableau 3

Effets sur les entreprises de petite taille, d'après différentes études

Étude Thème central Effet sur l'emploi Effet sur le chiffre d'affaires
Bertoni, Colombo et Quas (2016) Garanties de prêts de l'UE fournies aux entreprises françaises de petite taille au cours de la période 2002-2012 7,9 % la quatrième année 6,7 % la quatrième année
Lelarge, C., Sraer, D. et Thesmar, D. (2010)48 Dispositif français de garantie en faveur des jeunes entreprises (essentiellement au cours de la période 1995-2000) 16 % la sixième année --
Asdrubali et Signore (2015)49 Garanties de prêts de l'UE en faveur des entreprises de petite taille des pays d'Europe centrale, orientale et sud-orientale au cours de la période 2005-2007 17,3 % la cinquième année 19,6 % la cinquième année
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En 2005, la Commission considérait qu'un emploi créé/préservé grâce au mécanisme de garantie pour les PME coûterait 1 330 euros50. En partant du principe que la croissance de la masse salariale, telle qu'elle a été établie dans l'étude contrefactuelle, est uniquement fonction de celle de l'emploi, nous avons calculé que le coût réel de chaque emploi créé/préservé du fait des garanties de l'UE apportées aux entreprises françaises de petite taille a été compris entre 8 000 et 11 000 euros, c'est-à-dire sept fois plus élevé que l'estimation.

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L'étude a également confirmé qu'un meilleur ciblage peut rendre l'instrument plus efficace. Plus précisément, l'effet des prêts garantis était plus marqué pour les entreprises de petite taille et les jeunes entreprises, lesquelles, d'après la littérature universitaire, sont plus susceptibles de connaître des difficultés financières. Cet effet augmentait également avec le montant de la contribution publique pour chaque euro de prêt garanti, c'est-à-dire avec la perte attendue (voir tableau 4).

Tableau 4

Facteurs influant sur l'efficacité des garanties

  Chiffre d'affaires Masse salariale Bilan
Taille
L'effet est plus important pour les entreprises de petite taille (chiffre d'affaires inférieur à 370 000 euros):
+ 2,7 pp + 4,4 pp + 5,7 pp
Âge
L'effet est plus important pour les jeunes entreprises (moins de 7 ans):
- + 2,3 pp -
Contribution
publique Lorsque la contribution publique par euro de prêt garanti augmente d'un point de pourcentage, l'effet augmente de:
+ 2,7 pp + 3,9 pp + 4,6 pp

Note: pp = point de pourcentage.

Source: Bertoni et al. (2016).

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Lors de notre précédent audit consacré au mécanisme de garantie pour les PME, nous avons observé que les résultats obtenus par la garantie auraient tout aussi bien pu l'être au moyen de financements par les budgets nationaux et que «compte tenu [du grand nombre] d'emprunteurs […] dont les activités sont généralement locales, la nécessité d'une intervention de l'UE n'apparai[ssai]t pas suffisamment justifiée»51. La Commission a accepté la recommandation correspondante en précisant que celle-ci était «déjà prise en considération dans les discussions et la planification concernant la nouvelle génération d'instruments financiers, puisque “garantir la valeur ajoutée européenne” [était] l'un des principes essentiels que devr[aie]nt respecter tous les instruments proposés»52.

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Notre précédente conclusion selon laquelle la valeur ajoutée européenne n'avait pas pu être démontrée reste valable en ce qui concerne la facilité de garantie de prêts, pour les deux raisons suivantes. Premièrement, dans sa proposition législative relative à la facilité de garantie de prêts, la Commission a indiqué: «le successeur [du mécanisme de garantie pour les PME] sera davantage axé sur les garanties couvrant des prêts transfrontaliers et multipays et sur la titrisation, conformément à [une] recommandation de la Cour des comptes européenne [visant à la maximalisation de la valeur ajoutée européenne]»53, mais les législateurs n'en ont pas tenu compte lorsqu'ils ont établi le règlement correspondant. En outre, au moment de notre audit, les garanties transfrontalières et multipays offertes par la facilité de garantie de prêts restaient limitées et les opérations de titrisation n'avaient pas eu lieu. Même dans le cadre de l'instrument précédent (le mécanisme de garantie pour les PME de la période 2007-2013), la titrisation n'avait rencontré qu'un maigre succès, avec seulement deux opérations conclues. Cela peut s'expliquer par la faiblesse de l'activité sur le marché de la titrisation depuis 200854.

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Deuxièmement, l'effet de démonstration, l'effet catalyseur et l'effet de renforcement des capacités55 évoqués pour démontrer l'existence d'une valeur ajoutée européenne, en particulier pour les États membres ayant adhéré à l'Union depuis 2004 (voir point 33), perdent de leur importance. En effet, l'utilisation des instruments financiers financés par l'UE a nettement augmenté dans les dernières années (voir points 13, 17 et 18), entraînant un accroissement de l'expertise des États membres en matière de mise en œuvre d'instruments de ce type, si bien que le besoin d'instruments de garantie de l'UE se fait moins sentir56. De plus, les États membres peuvent utiliser les Fonds structurels pour financer leurs propres instruments nationaux (voir points 72 à 74).

Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin n'a pas été suffisamment centré sur la recherche et l'innovation à fort potentiel d'excellence

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Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est régi par le règlement Horizon 2020, un acte législatif général qui gouverne diverses interventions, qu'elles prennent la forme de subventions, de garanties ou du financement de fonds propres, et qui, en tant que règlement général, couvre tous les types d'innovation. En ce qui concerne le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, toutefois, le règlement spécifie que l'accent doit être mis sur le soutien aux entreprises «menant des activités de recherche et d'innovation […] disposant d'un potentiel élevé d'excellence»57. Ces activités s'accompagnent d'investissements à risque.

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Le règlement Horizon 2020 n'ayant pas précisé ce qu'il faut entendre par investissements à risque dans des activités de recherche et d'innovation à fort potentiel d'excellence, la Commission a fixé 14 critères d'éligibilité relatifs à l'innovation (voir annexe IV). Pour pouvoir bénéficier d'un prêt garanti, une entreprise doit remplir un de ces critères. Ceux-ci couvrent un large éventail de caractéristiques possibles des entreprises: par exemple, l'entreprise présente-t-elle un certain niveau de dépenses de recherche et d'innovation? A-t-elle remporté un prix en matière d'innovation? A-t-elle obtenu une subvention ou un prêt visant à soutenir la recherche ou l'innovation? A-t-elle déclaré ses droits sur une technologie? Se développe-t-elle rapidement? Ou encore, bénéficie-t-elle d'investissements engagés par un fonds de capital-risque ou par un «investisseur providentiel» (business angel)?

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Sur les trois critères les plus fréquemment utilisés, deux sont imprécis par nature:

  1. le critère, employé dans 27 % des cas (chiffres à la fin de 2016), selon lequel le bénéficiaire entend investir dans la production, le développement ou la mise en œuvre de produits, de processus ou de services nouveaux ou sensiblement améliorés, qui présentent un caractère innovant et s'accompagnent d'un risque d'échec technologique ou industriel;
  2. le critère, appliqué dans 12 % des cas, selon lequel le bénéficiaire exerce des activités sur un marché depuis moins de sept ans, et les coûts de recherche et d'innovation ont représenté au minimum 5 % du total de ses frais d'exploitation au cours d'une au moins des trois années qui ont précédé la demande.
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En nous fondant sur notre échantillon de prêts, nous avons examiné si l'accent avait bien été mis sur le soutien aux entreprises menant des activités de recherche et d'innovation à fort potentiel d'excellence, comme le voulait le règlement. Nous avons classé les entreprises en trois groupes: i) celles qui n'assuraient aucune innovation (15 % de notre échantillon); ii) celles qui n'avaient que des activités de développement de produits et de processus standard (50 % de notre échantillon); iii) celles qui menaient des activités d'innovation à haut risque (35 % de notre échantillon). L'encadré 5 présente des exemples de projets et d'entreprises relevant de chaque catégorie. Par innovations résultant du développement de produits ou de processus standard, nous entendons des innovations ne constituant une nouveauté que pour l'entreprise en question (c'est-à-dire concernant des produits ou des processus qui existent peut-être déjà sur le marché)58. Le caractère innovant des innovations à haut risque ne se limite pas à l'entreprise en cause; or, d'après nos constatations, 35 % seulement des entreprises menaient des activités entrant dans cette catégorie. En outre, même parmi ces dernières, seules quelques-unes assuraient des activités d'innovation qui sortaient du lot.

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Ainsi, 65 % des entreprises de notre échantillon s'écartaient de la définition étroite d'innovation à fort potentiel d'excellence, alors que l'accent aurait dû être mis sur l'innovation prise dans cette acception restreinte (voir point 88).

Encadré 5

Exemples de projets et d'entreprises bénéficiant du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin

Absence d'innovation

  • Un vendeur de vêtements pour enfants en ligne a utilisé la garantie pour financer l'augmentation de son stock.
  • Un restaurant franchisé s'est servi du prêt pour financer un agrandissement de sa surface de 25 %.

Développement de produits et de processus standard

  • Le prêt a servi à financer le développement d'une application pour smartphone qui fournit des informations sur les salles de réunion (nombre de places, équipement et disponibilité). Il existe déjà nombre d'outils de ce type.
  • Un fabricant de matériel de théâtre a utilisé le prêt dans le seul but de financer son fonds de roulement. Cette entreprise s'emploie à développer par elle-même des produits similaires à ce qui existe déjà sur le marché.

Innovation à haut risque

  • Le prêt a été consacré au financement de la construction d'une installation de méthanisation des déchets municipaux. Bien que de telles installations soient exploitées dans les pays voisins, il s'agissait d'une nouveauté dans l'État membre concerné, ce qui en faisait un investissement particulièrement hasardeux.
  • Le prêt a été utilisé dans le cadre du développement d'un circuit de refroidissement imprimé en 3D dans des moules en métal destinés à la production de plastique. D'autres entreprises utilisent des outils du même type, mais du fait de sa complexité et de son caractère ultramoderne, ce projet constituait un investissement à haut risque.
  • Le prêt a été investi dans des équipements destinés à la fabrication d'un nouveau type de produit chromatographique à l'usage de l'industrie pharmaceutique. Le produit offrait les mêmes performances que celles d'une solution existante, mais pour un coût moindre. Sa conception s'inspirait des résultats de recherche obtenus grâce à un projet financé au titre du septième programme-cadre pour la recherche et le développement technologique.
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Pour surveiller la performance en matière d'innovation des entreprises bénéficiaires, la Commission utilise l'indicateur que représente la «part des PME participantes qui introduisent des innovations constituant une nouveauté pour l'entreprise ou pour le marché». Cet indicateur ne permet pas d'isoler les activités d'innovation à haut risque et à fort potentiel d'excellence, et procède donc d'une définition plus extensive de l'innovation59. La valeur cible en la matière, fixée par la Commission, est en outre relativement modeste, avec un niveau de 50 %. Étant donné que près d'une entreprise européenne sur deux mène des activités d'innovation au sens large, la réalisation de cet objectif ne peut pas être considérée comme une réussite60. Selon toute vraisemblance, la Commission continuerait d'atteindre cet objectif si elle se contentait de répartir les fonds au hasard entre les entreprises.

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Nous avons également procédé à un examen comparatif entre le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin et plusieurs autres régimes d'aide visant les entreprises innovantes de petite taille, et évalué la performance des différents intermédiaires en matière de ciblage des entreprises à forte intensité de connaissances61. Nous nous sommes fondés sur l'intensité de connaissances de l'activité principale62 de chaque entreprise, car elle constitue un bon indicateur indirect de la probabilité que l'entreprise mène des activités de recherche et d'innovation à fort potentiel d'excellence. De fait, les entreprises œuvrant dans les secteurs des industries de haute technologie ou des services à forte intensité de connaissances sont plus susceptibles d'innover. Partant, si l'instrument est efficacement centré sur l'innovation, une concentration des entreprises bénéficiaires dans les secteurs à forte intensité d'innovation sera inévitablement observée. Privilégier les industries de haute technologie ainsi que les services à forte intensité de connaissances revêt également de l'importance d'un point de vue politique (voir encadré 6).

Encadré 6

L'importance des secteurs à forte intensité de connaissances et à forte intensité technologique

Dans tout secteur, les entreprises peuvent innover. Cependant, l'innovation nécessite souvent un substrat spécifique, à savoir des activités de recherche-développement et/ou du personnel ayant fait des études supérieures. Ce sont les deux critères qu'Eurostat utilise pour classer les secteurs économiques par intensité technologique et par intensité de connaissances.

D'après la Commission, la faiblesse de la productivité et le déclin de la compétitivité en Europe s'expliquent par un déficit d'innovation. L'Europe possède une solide tradition scientifique, mais pour ce qui est de passer des découvertes scientifiques aux produits, sa performance est insuffisante63. Il ne s'agit pas d'un problème général affectant l'ensemble de l'industrie européenne. Les acteurs qui investissent le plus dans la recherche-développement en Europe opèrent dans des secteurs de moyenne technologie (l'automobile, par exemple). Le principal problème, toutefois, réside dans l'activité moins importante des secteurs de haute technologie tels que l'industrie pharmaceutique, la biotechnologie et les technologies de l'information et des communications64. Si les secteurs à intensité de connaissances et à intensité technologique supérieures à la moyenne méritent davantage d'attention, ce n'est donc pas seulement parce que l'Europe est à la traîne dans le domaine de la haute technologie, mais aussi parce que les entreprises de ces secteurs sont plus susceptibles d'innover65.

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Nous avons constaté que le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin soutenait davantage les entreprises à forte intensité de connaissances que ne l'avait fait son prédécesseur, l'instrument de partage des risques. Le rôle croissant des intermédiaires publics a contribué à ce recentrage sur les entreprises de ce type. La part de ces dernières dans les portefeuilles des intermédiaires publics recourant au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin (76 %) est très similaire à leur part dans les programmes de subventions d'Horizon 2020, qui sont axés sur les entreprises de petite taille. Par contre, les intermédiaires privés font nettement moins porter leurs efforts sur les entreprises à forte intensité de connaissances (41 %), ce qui réduit la part globale de ces dernières dans l'ensemble du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin (voir figure 3).

Figure 3

Intensité de connaissances des entreprises soutenues au titre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin et des programmes de subventions relevant d'Horizon 2020

Note: Les secteurs à forte intensité de connaissances et à forte intensité technologique incluent l'industrie de haute technologie, l'industrie de technologie moyenne à haute et les services à forte intensité de connaissances au sens de la ligne directrice d'Eurostat en la matière.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base de données fournies par le FEI et par la Commission.

Le système d'évaluation de la Commission n'a guère fourni d'éléments probants attestant l'efficacité des instruments

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La Commission européenne finance des instruments de garantie de prêts à l'intention des entreprises de petite taille depuis la fin des années 1990. L'orientation donnée à ces garanties a évolué au fil du temps, mais leur objectif principal n'a pas changé: améliorer l'accès au financement des entreprises de petite taille et soutenir l'entrepreneuriat et l'innovation afin de promouvoir de façon durable le développement des entreprises de petite taille ainsi que la croissance de l'emploi dans l'ensemble de l'Union européenne. Pour chacun des instruments, les règlements applicables ont défini la teneur et les délais d'établissement d'évaluations intermédiaires et/ou finales. Les évaluations devaient, entre autres, permettre de répondre à la question: «Quel a été jusqu'à présent le degré d'efficacité de l'intervention de l'UE (en l'occurrence, les garanties de prêts)?» Nous avons donc examiné:

  1. si les évaluations antérieures ont apporté la preuve de l'efficacité des instruments de garantie de prêts;
  2. si les dispositions existantes relatives à l'évaluation des instruments actuels sont appropriées.

Les évaluations antérieures n'ont pas apporté d'éléments probants solides attestant l'efficacité des instruments

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Au cours des 18 années écoulées depuis la mise en place des premiers instruments de garantie de prêts de l'UE, la Commission a présenté trois évaluations intermédiaires et deux évaluations finales. Cependant, aucune de ces évaluations n'a apporté d'éléments probants solides en ce qui concerne l'impact des garanties. Le montant total des prêts garantis ou le nombre d'entreprises de petite taille ayant bénéficié d'une aide ont généralement été évoqués avec satisfaction, mais ces indicateurs ne reflètent pas de façon appropriée l'efficacité ou les avantages du point de vue de la prospérité66.

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Les évaluations ont essentiellement été fondées sur des méthodes qualitatives telles que des entretiens et des enquêtes; les méthodes quantitatives n'ont pas été employées. En outre, les évaluations n'ont pas démontré que les changements observés au niveau des bénéficiaires étaient bien dus aux garanties, et non à d'autres facteurs. Des enquêtes ont été utilisées pour pallier le manque d'exhaustivité des données, mais elles n'étaient pas conçues de façon à permettre de confirmer que les changements observés étaient attribuables à l'instrument de garantie. De plus, les enquêtes auprès des entreprises n'ont été menées que plusieurs années après la réception des prêts garantis, avec d'autant plus de risque pour leur fiabilité.

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Il existe encore deux autres raisons à l'absence d'évaluations rigoureuses. Premièrement, les évaluations ont été réalisées trop tôt, l'évaluation finale ayant eu lieu juste après le milieu du cycle du programme. Deuxièmement, la perspective adoptée lors des évaluations s'est avérée très étroite, puisqu'elle était limitée au programme en cours, et les effets des programmes antérieurs à peu près similaires n'ont donc pas été couverts.

La collecte de données en vue des évaluations à venir a été améliorée, mais des insuffisances subsistent

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C'est lors de la conception d'un nouveau programme qu'il est le plus facile de développer et de mettre en place la méthodologie des évaluations d'impact. Les besoins en matière de collecte de données doivent être pris en considération dès le départ, et non après de nombreuses années de mise en œuvre du programme67.

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Le FEI et la Commission ont récemment pris des mesures pour améliorer le processus d'évaluation. Premièrement, la Commission prévoit maintenant de réaliser les évaluations finales bien plus tard dans le cycle du programme. Deuxièmement, des agents du FEI et de la Commission ont publié, en 2015, une étude évaluant l'impact économique des garanties de prêts accordées aux entreprises de petite taille en Europe centrale et orientale au cours de la période 2005-200768. La Commission entend partir de cette étude pour apprécier les effets des garanties sur la performance des entreprises de petite taille. Troisièmement, le FEI est désormais mieux à même de recenser les bénéficiaires à l'aide des bases de données externes comportant des séries chronologiques de données financières sur les entreprises, qui peuvent être utilisées pour une analyse plus quantitative.

102

Au moment de notre audit, la Commission avait déjà établi le cahier des charges d'une évaluation intermédiaire des instruments de garantie actuels, évaluation qui, selon les prévisions, devrait être achevée d'ici à la fin de 2017. Cependant, la Commission n'a pas encore commencé à travailler sur la méthodologie de l'évaluation finale. Par exemple, elle n'a pas encore déterminé i) comment apprécier si le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin stimule réellement l'activité d'innovation, ce qui est son principal objectif, et ii) comment isoler ses effets de ceux des autres programmes69. Des données incomplètes risquent également de compromettre l'évaluation de cet instrument.

103

L'étude d'Asdrubali et Signore (2015) compare les effets des instruments de garantie de l'UE et ceux de toutes les autres sources de financement possibles, y compris les autres garanties financées par des instruments nationaux ou par d'autres instruments de l'UE, tels que les Fonds structurels. Bien qu'il existe certaines différences entre les divers instruments de financement par l'emprunt (par exemple, plafonnement/déplafonnement ou ciblage d'une sous-catégorie d'entreprises de petite taille), ceux-ci se comportent souvent comme de proches substituts pour les banques commerciales ou les entreprises recherchant des fonds, et ils poursuivent des objectifs très similaires. Analyser conjointement autant d'instruments que possible permettrait de pallier partiellement la principale limitation affectant la méthodologie de l'étude d'Asdrubali et Signore. Toutefois, au moment de notre audit, aucune mesure allant dans ce sens n'avait été prise.

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En outre, le déficit d'évaluation pourrait être comblé par une recherche universitaire accrue. Cependant, bien qu'en vertu du principe de transparence70, toute subvention octroyée (à l'exception des versements à une personne physique) doive faire l'objet d'une publication, les bénéficiaires de garanties ne sont pas visés par cette règle. Les chercheurs extérieurs au FEI n'ont donc pas accès aux données les concernant. D'autres institutions publiques qui traitent des données également confidentielles ont mis en place des procédures spécifiques pour autoriser l'accès à ces données71 dans un but de recherche (sur justificatifs), soit via un «centre sécurisé»72, soit grâce à des partenariats entre les chercheurs externes et le personnel de l'organisation73.

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Jusqu'à présent, l'accent a surtout été mis sur l'évaluation des effets du côté de la demande, c'est-à-dire sur la mise en évidence de l'effet des programmes sur la performance des entreprises de petite taille. Trois aspects ont été largement moins étudiés: i) l'effet sur l'offre, par exemple la question de savoir si et, le cas échéant, dans quelle mesure les garanties ont amené les intermédiaires à accorder davantage de crédit qu'ils n'en auraient octroyé sans elles; ii) la manière dont les avantages de la subvention implicite apportée par les instruments de garantie se répartissent effectivement entre les fournisseurs et les bénéficiaires74; iii) l'influence des garanties sur la concurrence entre les banques. Le FEI a bien souvent accès à des données appropriées, mais celles-ci ne sont pas rassemblées à des fins d'évaluation. En effectuant ce type d'analyse de l'offre pour la République tchèque, où, dans l'espace de trois ans, cinq grandes banques avaient commencé à coopérer avec le FEI, nous n'avons observé un net impact positif sur le crédit disponible que pour une seule des banques en cause.

Conclusions et recommandations

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Dans différents domaines d'intervention, le budget de l'UE finance des instruments de garantie qui ciblent les entreprises de petite taille et sont utilisés parallèlement à des instruments financés au niveau national. Nous avons abouti à la conclusion générale que la détermination de la taille financière des instruments de garantie n'a pas reposé sur une analyse exhaustive des besoins du marché et qu'un trop grand nombre d'entreprises bénéficiaires n'avaient pas réellement besoin d'un prêt garanti, même s'il est vrai que celles qui en ont reçu un se sont développées. En outre, le degré d'innovation dans les activités soutenues par un des instruments s'est avéré relativement modeste et n'était donc pas au diapason de l'objectif et de l'ambition d'excellence affirmés dans le règlement. Enfin, la Commission n'a pas encore fourni d'éléments probants suffisants en ce qui concerne l'impact des instruments et leur rapport coût-efficacité. Il conviendrait que cette dernière applique la plupart des recommandations que nous formulons ci-après lorsqu'elle établira les évaluations ex ante relatives aux éventuels instruments ultérieurs pour le prochain cadre financier pluriannuel.

Mise en place des instruments de garantie

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Le budget de l'UE finance des instruments de garantie en gestion centralisée de même que des instruments en gestion partagée. Bien que la taille de chacun des instruments financés par l'UE ait augmenté par rapport à la période précédente (2007-2013), les évaluations des besoins du marché réalisées n'ont pas couvert tous les instruments et n'ont pas montré comment ceux-ci pourraient être utilisés pour apporter une réponse collective aux besoins en évitant les chevauchements et la concurrence entre instruments (voir points 27 à 35).

108

Les deux instruments en gestion centralisée actuels ont commencé à fonctionner sans délai. Les accords de garantie conclus à la date de fin 2016 laissent présager que près des trois quarts des prêts attendus seront concentrés dans les quatre États membres où le nombre d'entreprises de petite taille ayant besoin d'accéder à un financement est le plus élevé (voir points 33 et 48 à 50).

109

Mettre en œuvre des instruments financiers a un coût. Cependant, la Commission n'avait guère d'éléments probants à sa disposition lorsqu'elle a engagé les négociations concernant le niveau des frais avec le FEI (voir points 36 à 47).

Recommandation n° 1 – Évaluer les besoins du marché et obtenir des informations sur les coûts de gestion

La Commission devrait:

  1. évaluer les besoins du marché et déterminer comment y répondre au mieux en utilisant conjointement les instruments de garantie de l'UE et les instruments financés au niveau national/régional, ce qui permettrait d'apporter une valeur ajoutée européenne.

    Délai de mise en œuvre: avant la présentation des propositions relatives à la mise en place de nouveaux instruments de garantie relevant du prochain cadre financier pluriannuel;

  2. obtenir et analyser des données pertinentes concernant les coûts de gestion des dispositifs de garantie, telles que le montant des coûts réels supportés par le FEI ou des coûts engendrés par les dispositifs nationaux, afin de contribuer à améliorer sa base de négociation avec le FEI et de faire en sorte que le niveau des frais soit approprié.

Délai de mise en œuvre: avant la négociation, avec le FEI, de nouveaux mandats pour le prochain cadre financier pluriannuel.

Accès au financement

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Les instruments de garantie de prêts ont été conçus pour aider les entreprises qui, tout en étant porteuses de projets viables, rencontrent des difficultés pour accéder à l'emprunt. Or nous avons constaté que 60 % des entreprises de notre échantillon auraient pu obtenir un prêt commercial sans mobiliser ces instruments. Dans le cas du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, le pourcentage d'entreprises se trouvant dans cette situation parmi les bénéficiaires est légèrement plus élevé, atteignant 65 %. D'après nos observations, ces entreprises sont également présentes en plus grande proportion dans les portefeuilles des intermédiaires privés recourant à cet instrument. Dans la convention de délégation qu'elle a passée avec le FEI, la Commission n'a en fait pas précisé que le groupe cible de l'instrument était celui des «entreprises viables sans accès suffisant au financement» (voir points 55 à 59). Celles qui ont accès aux prêts commerciaux peuvent également tirer avantage de la garantie, par exemple en obtenant un taux d'intérêt minoré au titre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin (voir point 60).

111

Bien que la réduction du montant maximal des prêts éligibles au titre de la facilité de garantie de prêts ait permis de faire parvenir une plus grande partie de l'aide à des «entreprises viables sans accès suffisant au financement», la Commission n'a encore que partiellement étudié certaines autres mesures possibles pour remédier à la situation. En outre, les dispositifs de suivi actuels ne fournissent pas d'informations périodiques sur le pourcentage d'entreprises de ce type parmi les bénéficiaires (voir points 61 à 69).

112

L'accès au financement a pris une importance encore accrue pendant la crise financière, en particulier dans les États membres lourdement touchés qui ont obtenu une assistance macrofinancière. Cependant, les instruments de garantie de l'UE relevant de la gestion centralisée n'ont pas été d'un grand secours dans ces pays, principalement parce qu'ils n'étaient pas conçus pour fournir des liquidités aux intermédiaires. Bien que les instruments financiers cofinancés par les Fonds structurels aient également été utilisés, l'essentiel des versements aux entreprises de petite taille ont été effectués alors que le moment le plus dur était passé (voir points 70 à 77).

Recommandation n° 2 – Cibler les entreprises qui ont besoin d'une garantie

La Commission devrait:

  1. inscrire, dans la proposition législative relative à un éventuel successeur au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, des dispositions spécifiques afin de cibler les entreprises innovantes sans accès suffisant au financement et d'éviter que l'instrument ne se substitue au financement par le secteur privé.

    Délai de mise en œuvre: lors de la présentation d'une proposition relative à l'établissement d'un éventuel instrument ultérieur relevant du prochain cadre financier pluriannuel;

  2. mettre en place des mécanismes pour réduire le pourcentage d'entreprises qui auraient pu obtenir un prêt commercial sans le soutien de l'UE parmi les bénéficiaires. Les coûts et les avantages des différentes mesures possibles pour faire baisser ce pourcentage devraient être évalués.

    Délai de mise en œuvre: avant la mise en œuvre d'éventuels instruments ultérieurs relevant du prochain cadre financier pluriannuel;

  3. contrôler annuellement le pourcentage d'entreprises ayant accès à des prêts commerciaux sans le soutien de l'UE au niveau des intermédiaires financiers et prendre des mesures correctrices lorsque ce pourcentage est trop élevé. Ce suivi devrait être assuré sur la base des informations disponibles auprès des intermédiaires financiers, ce qui éviterait d'imposer une charge administrative supplémentaire aux entreprises.

Délai de mise en œuvre: lors de la mise en œuvre d'éventuels instruments ultérieurs relevant du prochain cadre financier pluriannuel.

Réalisation des objectifs

113

Les prédécesseurs de la facilité de garantie de prêts visaient à favoriser la croissance. Les données économétriques disponibles confirment que les instruments ont atteint leurs objectifs à cet égard. Les entreprises bénéficiaires se sont davantage développées que celles du groupe témoin, du point de vue du total du bilan, du chiffre d'affaires, de la masse salariale et de la productivité. Les études montrent également que les effets ont été plus marqués dans le cas des entreprises qui peineraient probablement à obtenir un prêt sans la garantie (voir points 79 à 87).

114

Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a été conçu pour mettre l'accent sur le soutien aux activités de recherche et d'innovation à fort potentiel d'excellence. Le règlement Horizon 2020 n'a cependant pas précisé ce qu'il faut entendre par activités de recherche et d'innovation à fort potentiel d'excellence. Les deux tiers des entreprises de notre échantillon se cantonnaient au développement de produits et de processus standard ou n'avaient pas d'activité d'innovation du tout. Les critères d'éligibilité relatifs à l'innovation définis n'ont pas permis d'empêcher ces entreprises de bénéficier du soutien. L'objectif en matière d'innovation associé à l'instrument est très modeste, car la Commission le considère comme atteint si la moitié seulement des entreprises innovent, indépendamment du degré d'innovation. Comme cela a été le cas en ce qui concerne l'accès au financement, nous avons observé un fossé important entre les intermédiaires privés et les intermédiaires publics, ces derniers obtenant de bien meilleurs résultats pour ce qui est de cibler les entreprises des secteurs à intensité de connaissances supérieure à la moyenne (voir points 88 à 95).

Recommandation n° 3 – Cibler l'innovation à haut risque

La Commission devrait:

  1. inscrire, dans la proposition législative relative à un éventuel instrument ultérieur, une définition claire du type d'innovation à soutenir, et fixer la taille de l'instrument en conséquence.

    Délai de mise en œuvre: lors de la présentation d'une proposition relative à l'établissement d'un éventuel instrument ultérieur relevant du prochain cadre financier pluriannuel;

  2. revoir les critères d'éligibilité relatifs à l'innovation de manière à garantir que tout instrument ultérieur soutiendra essentiellement des entreprises menant des activités à fort potentiel d'excellence qui s'accompagnent d'investissements à risque.

Délai de mise en œuvre: avant la mise en œuvre d'un éventuel instrument ultérieur relevant du prochain cadre financier pluriannuel.

Système d'évaluation

115

Bien que les garanties de prêts de l'UE existent depuis 18 ans, la Commission n'a, à ce jour, guère fourni d'éléments probants concernant les résultats obtenus. Cela s'explique par le fait que les données ne sont pas exhaustives, par le caractère prématuré des évaluations et par le caractère inapproprié de la collecte de données. En ce qui concerne les évaluations à venir, la Commission n'a pas encore examiné i) comment réaliser une évaluation complète des divers instruments de garantie de l'UE actuellement en place et ii) comment évaluer l'effet sur l'offre ainsi que sur la concurrence entre les banques. Le déficit d'évaluation pourrait être comblé par une recherche universitaire accrue, mais des règles de confidentialité restrictives s'y opposent (voir points 97 à 105).

Recommandation n° 4 – Améliorer le système d'évaluation

La Commission devrait:

  1. effectuer une évaluation ex post approfondie du prédécesseur de la facilité de garantie de prêts, en s'attachant avant tout à déterminer si les garanties ont été efficaces en général.

    Délai de mise en œuvre: d'ici à la fin de 2019;

  2. définir une méthodologie afin d'analyser les effets des garanties sur l'offre de prêts, la concurrence entre les banques et les activités d'innovation des entreprises, ainsi que la répartition de la subvention implicite entre les fournisseurs et les bénéficiaires.

    Délai de mise en œuvre: d'ici à la fin de 2019;

  3. présenter, pour les deux instruments de garantie en gestion centralisée, une évaluation finale conjointe (en plus des deux évaluations finales distinctes) qui comporte une appréciation de leur performance relative et qui établisse, dans la mesure du possible, une comparaison avec d'autres instruments européens de financement par l'emprunt utilisés soit dans le passé, soit pendant la même période que les deux instruments en cause.

    Délai de mise en œuvre: date à laquelle les prochaines évaluations finales devront être présentées;

  4. concevoir un système pour autoriser les chercheurs à accéder aux données sur les bénéficiaires des garanties.

Délai de mise en œuvre: d'ici à la fin de 2018.

Le présent rapport a été adopté par la Chambre IV, présidée par M. Baudilio TOMÉ MUGURUZA, Membre de la Cour des comptes, à Luxembourg en sa réunion du 7 novembre 2017.

Par la Cour des comptes

Klaus-Heiner LEHNE
Président

Annexes

Annexe I

Poids respectif des instruments de garantie

Le graphique ci-après présente un aperçu du poids des montants totaux des garanties, par État membre, pour la période 2007-2013. Certaines données faisant défaut, nous avons procédé à des estimations et adopté un certain nombre d'hypothèses (voir les notes sous le graphique). Bien que les données ne soient donc pas parfaitement exactes, le graphique donne une idée assez juste des ordres de grandeur. Les États membres pour lesquels nous ne possédions pas de données sur les garanties financées au niveau national ne figurent pas dans le graphique.

Notes:

  1. Les données relatives aux «garanties nationales» fournies par l'AECM ne sont pas complètes. L'AECM recueille des données auprès des organismes qui en sont membres, mais les organismes de cautionnement ne font pas tous partie de cette organisation. Les données relatives à certains États membres (tels que l'Allemagne ou l'Italie) sont donc sous-estimées.
  2. Comme l'indique le rapport d'Economisti Associati et al. (voir note de bas de page 14), il est difficile d'évaluer le niveau d'aide publique, car l'intervention publique prend parfois la forme d'une garantie d'État. Le montant de l'aide publique n'est alors connu qu'en cas de défaillance, si des ressources publiques sont mobilisées pour rembourser les prêts.
  3. Étant donné que plusieurs des organismes nationaux de cautionnement qui communiquent des données à l'OCDE ou à l'AECM gèrent également des instruments de garantie cofinancés par l'UE dans le cadre de la gestion partagée, certains montants ont peut-être été comptés deux fois.
  4. Les données relatives aux «garanties relevant des Fonds structurels» correspondent à une estimation établie sur la base de la contribution de l'UE, en partant de l'hypothèse que celle-ci représente 50 % du montant garanti. Elles sont donc sous-estimées pour un certain nombre d'États membres (puisque le pourcentage peut aller jusqu'à 80 %).

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données suivantes:

  • concernant le niveau des «garanties nationales»: données communiquées par l'AECM pour les années 2009 à 2013 (http://AECM.eu) et données relatives à plusieurs pays fournies par l'OCDE pour les années 2007 à 2013 (http://stats.oecd.org);
  • concernant le niveau des «garanties relevant des Fonds structurels»: rapport de la Commission européenne intitulé Summary of data on the progress made in financing and implementing financial instruments reported by the managing authorities in accordance with Article 67(2)(j) of Regulation (EC) No 1083/2006, période de programmation 2007-2013, situation au 31 décembre 2015;
  • concernant le niveau des «garanties en gestion centralisée»: rapports opérationnels du FEI au 31 décembre 2016.

Annexe II

Pourcentage de prets garantis par des instruments finances par l'ue dans le total des prets aux pme

Le graphique ci-après fournit une estimation du pourcentage moyen annuel de prêts aux PME garantis par des instruments financés par l'UE (en gestion centralisée et en gestion partagée), par État membre, pour la période 2007-2013. Des données sur le montant total des prêts aux PME n'étaient pas disponibles pour certains États membres, qui ne figurent donc pas dans le graphique.

Notes:

  1. Des données sur le montant total des nouveaux prêts aux PME en soi font défaut. En remplacement de ces données, nous avons donc pris en considération les prêts – à l'exclusion des prêts renouvelables, des découverts, des dettes résultant de facilités de remboursement différé et des dettes contractées par prorogation de crédit – allant jusqu'à 1 million d'euros inclus.
  2. Un prêt garanti par un instrument de l'UE peut dépasser 1 million d'euros. Eu égard à la méthode de calcul indirecte signalée à la note 1, nous avons exclu tous les prêts dépassant 1 million d'euros, garantis par le mécanisme de garantie pour les PME et par l'instrument de partage des risques. Pour les prêts garantis au titre des Fonds structurels, cela n'a pas été possible, car il n'existait pas de données agrégées sur le montant des différents prêts. Les chiffres sont peut-être surestimés de ce fait.
  3. Le montant des prêts garantis au titre des Fonds structurels au niveau des différents États membres a fait l'objet d'une estimation, car seul le montant total des prêts pour l'ensemble des États membres était disponible.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données suivantes:

  • pour les données relatives aux Fonds structurels: rapport de la Commission européenne intitulé Summary of data on the progress made in financing and implementing financial instruments reported by the managing authorities in accordance with Article 67(2)(j) of Regulation (EC) No 1083/2006, période de programmation 2007-2013, situation au 31 décembre 2015;
  • pour les données relatives au mécanisme de garantie pour les PME et à l'instrument de partage des risques: données sur les prêts du FEI au 31 décembre 2016;
  • pour le montant total des prêts aux PME: entrepôt de données statistiques (statistical data warehouse) de la Banque centrale européenne (http://sdw.ecb.europa.eu) et, pour certains pays (CZ, DK et HU), données de l'OCDE (http://stats.oecd.org).

Annexe III

Methodologie de l'etude econometrique

01

L'étude a consisté en une analyse des effets produits sur plus de 57 000 entreprises ayant bénéficié des instruments de garantie de prêts de l'UE, en France, au cours de la période 2002-2012. Les données financières relatives à ces entreprises ont été recueillies dans des bases de données existantes comportant des séries chronologiques de données financières sur les entreprises. L'évaluation des effets a reposé sur une comparaison entre les entreprises bénéficiaires et un groupe témoin constitué d'entreprises n'ayant pas bénéficié des garanties. Ces entreprises ont été sélectionnées dans un échantillon de 0,5 million d'entreprises situées en France, suivant une procédure d'appariement en deux étapes afin d'assurer que les entreprises du groupe témoin présentaient les mêmes caractéristiques que les bénéficiaires (avant l'octroi du prêt) en ce qui concerne la région, l'âge, le secteur et chacune des variables analysées.

02

Les performances des deux groupes d'entreprises ont été comparées à des fins d'estimation de l'effet moyen conditionnel de traitement produit par le prêt garanti sur les entreprises. L'étude a également comporté plusieurs tests visant à contrôler la validité des résultats, par exemple malgré un possible différentiel de croissance ou un éventuel biais de sélection lié à la disponibilité des données.

03

L'étude comporte une limitation théorique dans la mesure où le modèle permettait d'estimer l'effet économique combiné des garanties et des prêts sous-jacents, mais non de séparer les effets des garanties de ceux des prêts. L'impact mesuré est donc celui de l'obtention d'un prêt garanti par l'UE par opposition à toute autre source de financement possible, y compris les dispositifs de garantie publique nationaux.

Annexe IV

Criteres d'eligibilite relatifs a l'innovation

01

Le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est une PME ou une petite entreprise de taille intermédiaire qui entend utiliserl'opération en sa faveur afin d'investir dans la production, le développement ou la mise en œuvre d'éléments nouveaux ou sensiblement améliorés des types suivants: i) produits, processus ou services, ou ii) méthodes de production ou de livraison, ou iii) innovations de procédé ou d'organisation, y compris des modèles commerciaux qui présentent un caractère innovant et s'accompagnent d'un risque d'échec technologique, industriel ou commercial, attesté par une évaluation réalisée par un expert externe, ou

02

Le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est une «entreprise à croissance rapide», c'est-à-dire une PME ou une petite entreprise de taille intermédiaire qui exerce des activités sur un marché depuis moins de 12 ans (à partir de sa première vente commerciale), qui connaît une croissance endogène annualisée de son nombre de salariés ou de son chiffre d'affaires dépassant 20 % par an sur une période de trois ans, et qui emploie dix salariés ou plus au début de la période d'observation, ou

03

Le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est une PME ou une petite entreprise de taille intermédiaire qui exerce des activités sur un marché depuis moins de 7 ans (à partir de sa première vente commerciale), et les coûts de recherche et d'innovation ont représenté au minimum 5 % du total de ses frais d'exploitation au cours d'une au moins des trois années qui ont précédé sa demande d'opération relevant du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ou, s'il s'agit d'une entreprise (et en particulier d'une jeune entreprise) dépourvue d'historique financier, représentent au minimum 5 % du total de ses frais d'exploitation d'après ses états financiers actuels, ou

04

Le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est une PME ou une petite entreprise de taille intermédiaire présumée posséder un potentiel d'innovation élevé ou être une «entreprise à forte intensité de recherche et d'innovation» parce qu'elle remplit au moins une des conditions suivantes:

  1. les dépenses annuelles de recherche et d'innovation du bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, d'après ses derniers états financiers réglementaires, sont égales ou supérieures à 20 % du montant de l'opération en sa faveur, sous réserve que son plan d'entreprise fasse état d'une augmentation de ses dépenses de recherche et d'innovation équivalant au moins au montant de l'opération concernée, ou
  2. le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin entend consacrer un montant équivalant au moins à 80 % du montant de l'opération en sa faveur à des activités de recherche et d'innovation, comme l'indique son plan d'entreprise, le reste du montant devant couvrir les coûts nécessaires pour permettre la réalisation de ces activités, ou
  3. dans les trente-six (36) derniers mois, le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin s'est vu octroyer officiellement une subvention, un prêt ou une garantie au titre de l'un des programmes européens de soutien à la recherche et à l'innovation ou d'un instrument de financement de ces programmes, ou au titre d'un programme régional ou national de soutien à la recherche et à l'innovation, sous réserve que l'opération en sa faveur ne serve pas à financer la même dépense, ou
  4. dans les vingt-quatre (24) derniers mois, le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin s'est vu décerner un prix en matière de recherche-développement ou d'innovation attribué par une institution, un organe ou un organisme de l'UE, ou
  5. dans les vingt-quatre (24) derniers mois, le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a déclaré des droits sur au moins une technologie (par exemple brevet, modèle d'utilité, droit des dessins et modèles, topographie de produits semi-conducteurs, certificat de protection supplémentaire pour les produits pharmaceutiques ou pour d'autres produits pour lesquels de tels certificats de protection supplémentaire peuvent être obtenus, certificat d'obtention végétale ou droits d'auteur sur logiciel), et l'opération en sa faveur vise à permettre, directement ou indirectement, l'exercice de ces droits sur technologie, ou
  6. le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est une PME en phase de démarrage et a bénéficié, dans les vingt-quatre (24) derniers mois, d'un investissement engagé par un fonds de capital-risque ou par un business angel membre d'un réseau de business angels, ou bien un tel fonds de capital-risque ou business angel détient des parts dans le capital dudit bénéficiaire final à la date où celui-ci dépose sa demande d'opération relevant du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, ou
  7. le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a besoin d'un investissement en faveur du financement des risques qui, d'après un plan d'entreprise établi en vue d'intégrer un nouveau marché géographique ou de produits, est supérieur à 50 % de son chiffre d'affaires annuel moyen des cinq années précédentes, ou
  8. les coûts de recherche et d'innovation du bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ont représenté au minimum 10 % du total de ses frais d'exploitation au cours d'une au moins des trois années qui ont précédé sa demande d'opération relevant du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ou, s'il s'agit d'une entreprise dépourvue d'historique financier, représentent au minimum 10 % du total de ses frais d'exploitation d'après ses états financiers actuels, ou
  9. le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est une petite entreprise de taille intermédiaire, dont les coûts de recherche et d'innovation ont représenté:
    1. soit au minimum 15 % du total de ses frais d'exploitation au cours d'une au moins des trois années qui ont précédé sa demande d'opération relevant du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin,
    2. soit au minimum 10 % du total de ses frais d'exploitation, annuellement, au cours des trois années qui ont précédé sa demande d'opération relevant du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, ou
  10. le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a réalisé des dépenses de recherche et d'innovation qui, dans les trente-six (36) derniers mois, ont été reconnues par les organes, organismes ou institutions nationaux ou régionaux compétents comme pouvant bénéficier de mesures générales de soutien approuvées par la Commission européenne et conçues pour inciter les entreprises à investir dans la recherche et l'innovation, sous réserve que i) ledit organe, organisme ou institution soit indépendant de l'intermédiaire/du sous-intermédiaire financier recourant au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ainsi que du bénéficiaire final de ce même volet, ii) l'opération en faveur dudit bénéficiaire final serve à financer des dépenses supplémentaires telles qu'elles sont décrites dans son plan d'entreprise, et iii) l'opération en faveur dudit bénéficiaire final ne serve pas à couvrir les coûts éligibles déjà financés au titre des mesures susmentionnées, ou
  11. dans les trente-six (36) derniers mois, le bénéficiaire final du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a été reconnu comme une entreprise innovante par un organe, un organisme ou une institution de l'UE, de l'État ou de la région, sous réserve que, dans chaque cas
    1. cette reconnaissance soit fondée sur les critères publiés, si ces critères
      • ne sont pas limités à une industrie ou un secteur particuliers, ni ne favorisent d'aucune autre façon une industrie ou un secteur particuliers, et
      • reprennent un au moins des critères énoncés à l'article 5.2, excepté celui de l'article 5.2, point d), paragraphe 4, ou reflètent la teneur d'un au moins de ces critères, sans être moins stricts, et
    • l'organe, organisme ou institution soit indépendant de l'intermédiaire/du sous-intermédiaire financier recourant au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ainsi que du bénéficiaire final de ce même volet, et
    • l'opération en faveur dudit bénéficiaire final serve à financer des dépenses supplémentaires telles qu'elles sont décrites dans le plan d'entreprise de ce dernier.

Réponses de la Commission

Synthèse

I

La Commission accorde des garanties à des intermédiaires financiers au moyen de plusieurs instruments financiers en faveur des PME. Si l’objectif de certaines de ces garanties est d’accroître le volume des prêts consentis aux entreprises viables, d’autres ciblent plus spécifiquement certains segments du marché, en favorisant, par exemple, l’octroi de prêts aux entreprises innovantes, aux microentreprises ou aux entreprises sociales, ou l’octroi de prêts subordonnés à des bénéficiaires à risque.

II

La Commission fait observer qu’il est nécessaire de distinguer la facilité de garantie de prêts et le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin dans ses données et ses constatations, en raison d’une différence dans la conception des deux instruments ainsi qu’en ce qui concerne les objectifs et les entreprises ciblées.

La facilité de garantie de prêts est un instrument de garantie plafonné qui permet de couvrir toutes les pertes uniquement grâce au budget de l’Union européenne (UE) et qui est mis en œuvre par le Fonds européen d’investissement (FEI) en qualité d’entité chargée de l’exécution. Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est une garantie non plafonnée qui associe les ressources du budget de l’Union et la capacité de prise de risque importante du FEI, et qui est mise en œuvre par ce dernier en qualité d’entité chargée de l’exécution. Dans le cadre de ce dispositif, le FEI assure une prise de risque supplémentaire sur la base de son capital propre.

Pour les deux instruments, le budget de l’Union est principalement utilisé pour la prise de risque. Seule une fraction (jusqu’à 6 % au total sur l’ensemble de la durée de vie des dispositifs) sert à rémunérer l’entité chargée de l’exécution.

III

Bien que la croissance puisse être considérée comme un objectif implicite des deux instruments analysés, il convient de prendre en compte le fait que l’innovation constitue l’objectif spécifique du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, qui cible non seulement les PME, mais aussi les petites entreprises à moyenne capitalisation.

V

La Commission a bien effectué les évaluations ex ante requises pour les deux programmes. Les enseignements tirés des programmes précédents ont également été pris en compte lors de la conception des nouveaux programmes.

Tous les instruments financiers font l’objet d’évaluations ex post et finales réalisées selon le cadre d’évaluation standard de la Commission, qui analyse également l’efficacité.

En négociant le niveau des frais, primes et commissions avec le FEI, la Commission estime qu’elle disposait d’éléments probants exhaustifs, notamment des estimations du coût de gestion du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, des états financiers et des plans d’activité du FEI, et ceux-ci ont été jugés suffisants. Ces éléments probants ont été utilisés pour étayer la position de la Commission lors des négociations avec le FEI qui ont permis de fixer les niveaux des frais, primes et commissions et les modalités concernant leurs paiements.

VI

La Commission estime qu’il serait bénéfique de rendre l’intégralité de l’étude économétrique accessible au public.

VII

La Commission fait observer que les constatations de la Cour concernent un échantillon d’opérations et peuvent ne pas s’appliquer à l’ensemble des bénéficiaires des instruments. En outre, l’analyse contenue dans ce rapport est axée uniquement sur les entreprises qui ne pourraient pas obtenir de prêt auprès de prêteurs commerciaux. Toutefois, le règlement financier général exige de remédier aux «défaillances du marché ou à des situations d’investissement non optimales».

Les difficultés d’accès au financement sont dues à la façon dont le secteur financier évalue les risques/la solvabilité. Seules les entreprises les mieux notées sont susceptibles d’obtenir un financement sans avoir recours à une sûreté. Les entreprises dont la note est très faible seront écartées et n’obtiendront aucune offre de financement.

Les instruments de garantie de prêts ont dès lors été conçus dans le but de soutenir également les PME qui ont accès au financement, mais à des conditions inacceptables en termes de sûretés exigées, de durée des prêts et/ou de prix. Sans la garantie, les PME ne peuvent généralement pas poursuivre leurs projets, ce qui engendre une situation d’investissement non optimale. Les garanties sont conçues pour répondre de manière adéquate aux modèles d’activité des PME et leur permettent de connaître une croissance viable sur le long terme.

VIII

Outre la priorité mentionnée par la Cour, l’acte de base d’Horizon 2020 définit d’autres objectifs pour le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin:

  • l’innovation peut survenir dans toutes les PME (à toutes les étapes et dans tous les secteurs) qui souhaitent utiliser l’innovation afin de se développer, de croître et de s’internationaliser;
  • l’instrument Horizon 2020 doit créer des conditions plus favorables pour les PME. Une attention particulière est accordée à l’incertitude liée à l’innovation, à la capacité de recueillir les résultats de l’innovation ainsi qu’à l’insuffisance de sûretés dans de nombreux domaines;
  • tous les types d’innovation sont ciblés: l’innovation technologique, l’innovation dans les services, etc.

Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin s’appuie sur les critères d’éligibilité relatifs à l’innovation conformément aux concepts définis dans l’acte de base d’Horizon 2020 et inscrits dans le réputé Manuel d’Oslo, et conformément à d’autres orientations pertinentes sur le soutien aux PME (orientations sur le risque). Par conséquent, le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin inclut les quatre types d’innovation: l’innovation de produit, l’innovation de procédé, l’innovation d’organisation et l’innovation de commercialisation.

IX

Le règlement financier exige de cibler les PME confrontées à des lacunes du marché ou à des situations d’investissement non optimales. La Commission estime que cette exigence concerne non seulement la disponibilité du financement, mais aussi l’octroi de meilleures conditions (prix plus bas, échéances plus éloignées, exigences réduites en matière de sûretés et disponibilité de produits qui n’auraient pas été offerts par ailleurs).

La Commission estime que le successeur potentiel du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ne devrait pas soutenir essentiellement les PME et les petites entreprises à moyenne capitalisation qui mènent des activités d’innovation à haut risque, mais qu’il devrait continuer de soutenir les PME et les petites entreprises à moyenne capitalisation qui créent des innovations de produit, dans les services et en matière de modèles d’activité dans tous les secteurs de l’économie, comme l’indique le Manuel d’Oslo sur l’innovation.

X

La Commission continuera de mener des évaluations ex ante et ex post des instruments de garantie en faveur des PME conformément à son cadre d’évaluation standard, évaluations qui peuvent être complétées par une analyse supplémentaire des instruments de garantie.

XI

La Commission ne juge pas approprié de modifier son cadre d’évaluation actuel, lequel couvre l’ensemble de ses activités, car cela irait à l’encontre des objectifs de simplification et de rationalisation.

Toutefois, afin de compléter les évaluations ex ante et ex post standards, la Commission continuera d’utiliser la méthodologie appliquée à l’étude CESEE1 (pays d’Europe centrale, orientale et du Sud-Est) et à l’étude de la Cour, et élargira l’évaluation à d’autres pays.

Introduction

05 a)

Si les objectifs du précédent mécanisme de garantie pour les PME étaient effectivement analogues à ceux de la facilité de garantie de prêts, une plus grande acceptation des risques par les intermédiaires financiers est devenue une condition préalable pour améliorer l’additionalité de la facilité par rapport au mécanisme de garantie précédent.

09

Dans le cadre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, aucun seuil ne s’applique dans le sens où les intermédiaires doivent constituer un nouveau portefeuille de prêts conforme aux critères en matière d’innovation.

11

Les limites relatives à la qualité de crédit du portefeuille servent i) à tenir compte de l’appétit pour le risque de l’intermédiaire, et ii) à optimiser l’utilisation du budget de l’Union.

12

Au titre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, les engagements de l’UE sont plafonnés à hauteur des fonds budgétaires engagés par celle-ci (réduits pour certains éléments).

15

Les niveaux de pertes sont des estimations prospectives fondées sur les meilleures données disponibles et le résultat final variera, par exemple en fonction du cycle économique.

Observations

27

Pour la période de programmation 2014-2020, le cadre législatif relatif aux instruments financiers cofinancés par les Fonds structurels prévoit des exigences claires en matière d’évaluations ex ante, qui doivent inclure une évaluation «de la cohérence avec les autres formes d’intervention publique visant le même marché» [article 37, paragraphe 2, point b) du RDC].

29

L’évaluation des instruments financiers relevant du programme Horizon 2020 est venue s’ajouter à l’évaluation du programme Horizon 2020 afin d’approfondir et d’affiner la connaissance qu’a la Commission des besoins du marché avant le lancement des instruments.

31

Comme cela est mentionné dans les observations formulées sur le point 29, des évaluations ex ante relatives à la facilité de garantie de prêts du programme COSME et au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin ont été menées. En outre, l’absorption et la demande du marché observées dans le cadre du projet pilote relatif à l’instrument de partage des risques, associées à une analyse des études disponibles, ont été utilisées pour élaborer la proposition de la Commission relative à la contribution indicative de l’UE allouée au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin.

32

Étant donné que le législateur indique clairement dans les actes juridiques correspondants qu’il doit s’agir d’instruments paneuropéens sans allocation préétablie pour chaque État membre, l’approche paneuropéenne globale adoptée pour l’analyse des lacunes du marché a effectivement été considérée comme appropriée.

33

La Commission estime que les volumes de prêt proprement dits ne peuvent constituer un indicateur approprié pour analyser la couverture géographique de la facilité de garantie de prêts et du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin. On ne peut s’attendre à ce que les États membres «plus petits» bénéficient d’un soutien financier d’un montant absolu similaire à ceux des plus grands États membres.

À l’inverse, les États membres qui ont adhéré à l’UE après 2004 étaient bien couverts au regard des montants approuvés pour les deux instruments par rapport à la taille relative de leur économie.

34

L’EFSI est fondé sur une analyse du déficit d’investissement de l’ensemble de l’économie et est conçu comme un instrument flexible et axé sur le marché. Les deux instruments qui ont reçu un complément de fonds (la facilité de garantie de prêts et le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin) ont chacun fait l’objet d’évaluations ex ante qui incluaient des estimations des lacunes sous-jacentes du marché. Les montants des compléments de fonds ne sont pas fixes, mais exprimés en plafonds pouvant être révisés par la suite. Par conséquent, l’EFSI pourra, par définition, répondre de manière appropriée au niveau de besoins du marché. Étant donné que l’EFSI intègre son soutien dans des instruments de l’Union, l’EFSI et les deux instruments de garantie en gestion centralisée couverts par l’audit fonctionnent ensemble comme un instrument unique par rapport au marché.

35

Même si le cadre juridique n’exigeait pas explicitement la réalisation d’évaluations, la Commission juge positif le pourcentage élevé (82 %) d’évaluations des besoins du marché menées par les États membres qui ont répondu à l’enquête de la Cour.

38

La Commission souhaiterait souligner que le tableau 2 n’a qu’un caractère indicatif, étant donné que le montant réel des frais qui devront être acquittés dépend de la contribution réelle engagée ainsi que des activités réellement menées.

La majorité des frais sont basés sur la performance, conformément aux exigences du règlement financier.

40

La Commission estime qu’il est utile de disposer de ces données préalablement à toute négociation. Pour cette raison, la Commission a obtenu l’estimation des coûts supportés par le FEI pour le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin et analyse également fréquemment les états financiers du FEI pour comprendre les revenus liés aux commissions du FEI ainsi que leur contribution à la rentabilité générale du Fonds. Plus généralement, la Commission poursuit ses efforts visant à obtenir davantage de données détaillées pertinentes sur les coûts de fonctionnement des instruments de garantie.

Ces données sont souvent confidentielles et ne peuvent provenir d’instruments directement comparables. Toutefois, même en l’absence de telles données, la Commission devrait être en mesure de mener à terme les négociations à partir des informations disponibles.

Par ailleurs, le cadre régissant les Fonds ESI pour la période 2014-2020 contient une référence pertinente: un plafond de frais plus élevé (7 %) est prévu pour les fonds, mais pour une période de mise en œuvre beaucoup plus courte (jusqu’en 2023).

En ce qui concerne les instruments en gestion centralisée, la Commission a négocié les frais en deux étapes. Premièrement, le cadre général a été établi dans un accord-cadre conclu avec le FEI conformément au règlement financier. Ensuite, les frais ont été négociés pour chaque accord dans le cadre dudit cadre général. Les données susmentionnées ont été utilisées au cours des deux étapes.

41

La Commission estime qu’elle disposait d’éléments importants en ce qui concerne ces informations.

Voir la réponse fournie au point 40.

Comparer les coûts d’instruments paneuropéens en gestion centralisée et ceux d’instruments de garantie gérés au niveau national présenterait un intérêt limité, étant donné que ces derniers n’ont pas la même couverture géographique que les instruments centraux et qu’ils ne sont pas soumis aux mêmes exigences en matière d’établissement de rapports, de suivi et d’audit que les instruments de l’UE.

42

Dans son rapport spécial nº 4/2011, la Cour affirme ce qui suit: «les commissions à verser au FEI devraient être calculées sur la base:

  • de ses performances en ce qui concerne la réalisation des objectifs spécifiques;
  • de la répartition géographique des pays éligibles;
  • du degré de nouveauté et de complexité de l’instrument de garantie.»

Toute comparaison entre les instruments en gestion centralisée et les instruments cofinancés par les Fonds structurels doit prendre en compte le fait que les instruments sous-jacents présentent des différences en termes de couverture géographique, de degré de nouveauté et de complexité, d’exigences en matière d’établissement de rapports, d’objectifs et de mise en place.

45

La couverture du déficit dépend d’un plafond convenu à l’avance qui ne peut être dépassé.

46

La Commission a comparé la prime proposée avec les autres offres du marché pour les expositions au risque de type BBB à cette époque.

Le montant total de la prime de risque que le FEI peut facturer sur toute la durée de vie de l’instrument peut s’élever, au maximum, à 10 % de la contribution de l’UE uniquement en cas de déficit de prime de risque, même si le FEI a pris le risque correspondant dans l’intérêt de l’instrument dans son intégralité.

47

Le mécanisme de prime est conçu pour traiter les primes de risque pendant toute la période de mise en œuvre et il ne peut être évalué de manière crédible au moyen d’un instantané pris au tout début de la période de mise en œuvre.

51

L’analyse contenue dans ce rapport est axée uniquement sur les entreprises qui ne peuvent obtenir de prêt auprès de prêteurs commerciaux. Toutefois, le règlement financier général exige de remédier aux «défaillances du marché ou aux situations d’investissement non optimales».

Les difficultés d’accès au financement sont dues à la façon dont le secteur financier évalue les risques/la solvabilité. Dans un premier temps, un prêteur évalue la solvabilité d’une entreprise, c’est-à-dire sa viabilité et sa capacité de remboursement des fonds demandés à partir des flux de trésoreries futurs attendus. Les états financiers, les documents fiscaux, les registres de crédit publics, etc. sont examinés et des notes de crédit sont attribuées. Seules les entreprises les mieux notées sont susceptibles d’obtenir un financement sans avoir recours à une sûreté. Les entreprises très faiblement notées seront écartées et n’obtiendront aucune offre de financement.

Les instruments de garantie de prêts ont dès lors été conçus dans le but de soutenir également les PME qui ont accès au financement, mais à des conditions inacceptables en termes de sûretés exigées, de durée des prêts et/ou de prix. Sans la garantie, les PME ne peuvent généralement pas poursuivre leurs projets, ce qui engendre une situation d’investissement non optimale. Les garanties sont conçues pour répondre de manière adéquate aux modèles d’activité des PME et leur permettent de connaître une croissance viable sur le long terme.

52

Conformément à l’acte de base d’Horizon 2020, le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a été conçu afin d’améliorer l’accès au financement des PME et des petites entreprises à moyenne capitalisation tournées vers l’innovation. On recourt, pour ce faire, à un instrument financier non financé, à une garantie qui attire un important volume de capitaux privés, conformément au règlement financier. La Commission estime que le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin n’entre pas en concurrence avec le secteur privé, car il renforce la présence de ce dernier dans le financement de l’innovation proportionnellement au taux de garantie et améliore les conditions dont bénéficient les entreprises tournées vers l’innovation, conformément à l’acte de base d’Horizon 2020.

Les mêmes principes s’appliquent à la facilité de garantie de prêts du programme COSME.

55

La Commission fait observer que les constatations de la Cour ne concernent qu’un échantillon limité d’opérations et peuvent ne pas s’appliquer à l’ensemble des bénéficiaires des instruments.

En raison du renforcement des critères d’éligibilité ex ante de la facilité de garantie de prêts par rapport aux instruments précédents, la Commission estime que le nombre d’entreprises dont l’accès au financement est restreint et qui ont obtenu un soutien a augmenté de manière importante. En ce qui concerne la facilité de garantie de prêts, selon les conclusions de la Cour, 50 % des PME de son échantillon auraient eu des difficultés pour obtenir un financement, tandis que selon les conclusions de la Commission portant sur le même échantillon, 73 % des PME auraient eu des difficultés pour obtenir un financement à des conditions appropriées (un financement suffisant).

La Commission a analysé la partie de l’échantillon fournie par la Cour et est arrivée à la conclusion que, pour les deux instruments réunis, au moins 45 % des bénéficiaires auraient rencontré des difficultés pour obtenir un financement à des conditions appropriées.

56

Tel qu’énoncé dans l’acte de base, l’objectif du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin est d’améliorer l’accès au financement par l’emprunt. Par conséquent, le fait qu’une entreprise aurait pu bénéficier d’un investissement en fonds propres ou d’une autre forme de financement n’a aucune incidence. En outre, Horizon 2020 comporte d’autres outils destinés à couvrir les risques en matière de fonds propres (comme Innovfin Equity, l’instrument pour les PME).

59

La garantie ne couvre jamais 100 % des prêts consentis et les intermédiaires financiers sont tenus de conserver une exposition économique importante pour chaque prêt. Par conséquent, ils ont une raison de favoriser les entreprises viables, capables d’emprunter et de rembourser l’emprunt.

Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a été conçu afin de soutenir à la fois les intermédiaires publics et les intermédiaires privés qui proposent des emprunts aux entreprises innovantes en encourageant de meilleures conditions de financement: des prix moins élevés, la disponibilité du type de financement adapté aux besoins de la PME, des échéances plus éloignées et généralement des exigences moins strictes en matière de garanties. La Commission a noté une augmentation de l’appétit pour le risque des intermédiaires financiers due au fait que la garantie réduit partiellement les risques associés à l’asymétrie en matière d’information entre le prêteur et l’emprunteur et, en tant que tel, le risque perçu par le prêteur au sujet de l’emprunteur.

60

Les intérêts économisés par les bénéficiaires finaux ne constituent pas l’objectif principal du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin. Il s’agit d’un des composants d’un meilleur accès au financement. Il vient s’ajouter à d’autres avantages imputables à l’intervention du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, par exemple des niveaux de financement plus élevés, des exigences plus faibles en matière de garanties, des échéances plus éloignées, des formes de financement plus pratiques adaptées aux besoins des PME et des petites entreprises à moyenne capitalisation tournées vers l’innovation.

61

En ce qui concerne la facilité de garantie de prêts, les exigences en matière d’additionalité ont été significativement renforcées par la création de deux options permettant à l’intermédiaire financier d’assumer un risque supplémentaire. Il a été clairement indiqué que la prise de risque qui relève des pratiques d’entreprise normales de l’intermédiaire financier (par exemple telle que définie dans la politique de recouvrement et de risque de crédit) ne serait pas couverte par la garantie de l’Union. Des seuils minimaux ont été établis en termes de risque de crédit supplémentaire auquel un intermédiaire financier doit consentir au niveau du portefeuille par rapport à ses activités normales afin d’être éligible à la garantie de l’Union.

64

Le plafond découle de la complémentarité; l’accent mis sur les entreprises plus à risque (qui ne sont pas nécessairement les plus petites et les plus jeunes) découle d’un recentrage du programme.

65

La Commission estime qu’en principe, il ne devrait pas y avoir de découpage artificiel des prêts. Dans le cadre de son suivi, le FEI remet en question ce type d’opérations lorsqu’il les détecte. En général, le FEI exige une justification commerciale de la part de l’intermédiaire qui propose plusieurs prêts à la même PME.

En ce qui concerne le cas particulier relevé par la Cour, l’intermédiaire financier a émis une garantie pour des prêts fournis par un prêteur commercial. La décision concernant la manière de fournir les prêts incombe au prêteur commercial. Le FEI a bien remis en question l’émission de plusieurs garanties pour la même PME. Il a demandé des informations supplémentaires à l’intermédiaire financier et a reçu une explication quant aux raisons commerciales justifiant l’octroi de plusieurs prêts qu’il a jugée suffisante.

66

L’évaluation ex ante de l’instrument Innovfin a permis de déterminer que l’activité des entreprises innovantes était entravée par une absence d’accès au financement à risque. Par conséquent, les conventions de délégation conclues avec le FEI contiennent des critères d’éligibilité détaillés relatifs à l’innovation (pour le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin), aux PME, au niveau des transactions et du portefeuille des PME (applicables aux deux). Ces critères sont pleinement cohérents avec les actes de base respectifs.

67

La théorie économique selon laquelle la défaillance du marché provient de l’asymétrie en matière d’information entre le prêteur et l’emprunteur repose précisément sur l’idée qu’au-delà d’un certain niveau, les intermédiaires financiers ne verront pas d’intérêt à appliquer des taux d’intérêt plus élevés aux emprunteurs qui font partie d’un groupe perçu comme étant plus à risque (du fait des problèmes d’aléa moral et de sélection adverse que cela implique); ils préfèrent limiter les crédits qu’ils octroient. C’est pourquoi des PME financièrement viables existent sur le marché, mais ne peuvent obtenir de crédits suffisants, même à des taux d’intérêt élevés. Par conséquent, la politique de taux d’intérêt élevés est susceptible d’être inefficace.

Le mécanisme de transfert d’avantage fonctionne de telle sorte que les projets qui bénéficient de l’écart de crédit le plus élevé, en d’autres termes les emprunteurs les plus à risque, obtiennent l’avantage le plus élevé. Ce mécanisme motive les bénéficiaires finaux à choisir le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin si leurs charges d’intérêts sont plus faibles en prenant en compte la garantie qu’en ne le faisant pas. Il s’agit d’une preuve supplémentaire que l’instrument motive les intermédiaires à fournir un financement aux entreprises innovantes qui présentent un plus grand risque. Le prêt garanti serait plus coûteux en cas d’avantage négatif, ce qui le rendrait moins attrayant.

68

La Commission estime que les informations nécessaires pour évaluer si un financement a été mis à disposition d’une entreprise qui ne dispose pas d’un accès suffisant aux sources de financement ne peuvent être obtenues qu’auprès de l’entreprise elle-même.

La Commission a dû examiner la manière d’établir un système de suivi présentant un rapport coût-efficacité satisfaisant sans produire une charge administrative indue pour les PME. Par conséquent, la fréquence du système de suivi actuel est considérée comme adéquate pour la facilité de garantie de prêts.

69

La littérature universitaire en question a sans doute le mérite d’exister, mais les intermédiaires financiers n’opèrent pas de cette manière dans la pratique. Chaque intermédiaire financier dispose de sa propre méthode d’évaluation du risque de crédit, laquelle peut comprendre dans une certaine mesure l’évaluation des critères mentionnés par la Cour. Toutefois, d’autres facteurs interviennent également (comme la disponibilité de garanties, les risques de crédit existants, etc.) Étant donné que la facilité de garantie de prêts soutient en grande partie les microentreprises, il convient également de souligner que dans la plupart des cas, ces entreprises ne disposent même pas de bilans financiers officiellement vérifiés et travaillent sur la base de simples comptes de résultat. Depuis le 31 décembre 2016, la facilité de garantie de prêts a soutenu plus de 50 % de jeunes entreprises, tandis que le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a soutenu plus de 17 % de jeunes entreprises qui présentent des antécédents insuffisants en matière de crédit ayant pu être analysés.

73

L’objectif fondamental de la facilité de garantie de prêts est de contribuer à résoudre les problèmes structurels (le financement des jeunes entreprises, l’asymétrie en matière d’information, l’absence de garanties, etc.) auxquels les PME sont confrontées dans le domaine de l’accès au financement. Cet instrument financier n’est pas conçu pour être un instrument de crise.

L’apport de liquidité se fait par d’autres moyens tels que la politique monétaire de la Banque centrale européenne ou les prêts accordés par la Banque européenne d’investissement en faveur des PME.

74

Les instruments financiers cofinancés par les Fonds structurels sont mis en œuvre au cours des périodes de programmation, à savoir 2007-2013 pour l’exemple cité. La mise en place des instruments financiers par les autorités de gestion constitue une étape importante du cycle de vie des instruments et inclut des procédures telles que la sélection du gestionnaire de fonds ou la vérification de la conformité avec les aides d’État.

75

Pour atteindre les objectifs de la politique de cohésion, et comme convenu par les colégislateurs, les Fonds structurels doivent observer des règles spécifiques, comme des limites géographiques et une plus grande attention aux zones défavorisées.

76

Le recours à cette possibilité ne visait pas uniquement à améliorer les versements, mais constituait une réponse directe et ciblée à la crise financière.

77

La facilité de garantie de prêts est censée soutenir l’emploi et la croissance. Le crédit à l’investissement ne constitue pas le seul moyen d’y parvenir. Le fait que le financement du fonds de roulement soit pleinement éligible ne s’explique pas par un «assouplissement général des conditions d’éligibilité», mais par une adaptation à la réalité économique. Dans l’économie actuelle, les produits de financement dépendent fortement du secteur dans lequel évolue la PME. Si une PME est active dans le secteur des services, le besoin de financement d’actifs immobilisés est très faible (ceux-ci demanderaient un crédit à l’investissement). Ces PME ont besoin d’un accès aux crédits de fonds de roulement, par exemple pour la formation du personnel et le développement des compétences. Elles peuvent avoir besoin de services en nuage, de sites web et de gestion de sites web, de systèmes informatiques sophistiqués, etc. Ces types de services peuvent toutefois être loués ou apparaîtront simplement comme un coût dans les comptes de résultat. Les crédits de fonds de roulement traditionnels à court terme accordés sur une base renouvelable pendant plusieurs mois profitent cependant peu aux PME qui ont besoin de planifier à plus long terme (c’est notamment le cas, par exemple, pour les négociants qui achètent des stocks pour la période de Noël, pour les agriculteurs qui financent leurs récoltes au préalable en achetant des graines, des engrais, etc.).

Les statistiques d’EUROSTAT confirment que «[b]ien que les entreprises à forte croissance dans l’UE exercent leurs activités dans tous les secteurs de l’économie marchande, leur proportion dans les secteurs des services est plus élevée dans la majorité des États membres». Voir le communiqué de presse 209/2016 d’Eurostat du 26 octobre 20162.

Par conséquent, la facilité de garantie de prêts, tout comme le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, permet de soutenir divers produits de financement (fonds de roulement, crédit à l’investissement, baux) à condition que l’échéance minimale de ces produits soit de 12 mois.

Encadré 4 – Situations où les garanties de l’UE couvrent un produit financier qui n’est pas adapté à leurs objectifs politiques

Le soutien accordé au titre des instruments s’étend sur une durée allant de 12 mois à un maximum de 10 ans (facilité de garantie de prêts) ou de 12 ans (volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin), ce qui favorise par conséquent un financement à plus long terme.

Il convient en outre de noter que dans certains secteurs qui présentent de nombreux revirements de tendance (produits de consommation, habillement), 12 mois peuvent suffire pour un cycle d’innovation complet.

Les crédits de fonds de roulement peuvent être utilisés par certaines entreprises pour investir dans des actifs incorporels ou dans le savoir-faire. Toutefois, ces dépenses ne seraient pas admissibles à des crédits d’investissement standards. En outre, les crédits de fonds de roulement d’une durée minimale de 12 mois contribuent à stabiliser la situation financière d’une entreprise et rendent cette dernière plus susceptible d’investir. Par ailleurs, le besoin de davantage de fonds de roulement provient souvent de projets d’investissement.

79

Dans le rapport sur l’emploi et la croissance, la Commission suit la création d’emplois au sein de PME qui ont bénéficié d’un financement (en 2015, la création d’emplois nominale était de 9,4 %). Cet élément est ensuite comparé avec d’autres données relatives à la croissance de l’emploi au sein des PME pour déterminer si la population soutenue obtient de meilleurs ou de moins bons résultats que la population générale de PME, par exemple, voir le rapport annuel 2015/2016 sur les PME européennes qui indique que l’emploi dans toutes les PME européennes (qui ont obtenu ou non un soutien) a augmenté globalement de 1,5 %.

81

La Commission accueille favorablement les conclusions de la Cour, étant donné qu’elles laissent entendre que les programmes de garantie de prêts stimulent effectivement la croissance des PME. La Commission estime qu’il serait bénéfique de rendre l’intégralité de l’étude accessible au public.

83

La Commission note que le chiffre supposé de 1 330 euros, pour la création et le maintien d’un emploi grâce au mécanisme de garantie pour les PME, constitue une moyenne estimée correspondant à la mise en œuvre dans toute l’Europe, tandis que l’étude contrefactuelle mentionnée ne couvre que la France. En outre, les différences entre les méthodes utilisées pour les calculs ne permettent pas de comparer directement les deux chiffres.

86

La Commission estime que le rapport précédent n’était pas concluant en ce qui concerne la question de la valeur ajoutée européenne.

La Commission fait observer qu’elle met en œuvre des programmes sur la base des actes de base adoptés par le législateur.

L’article 8 du texte juridique final [règlement (UE) nº 1287/2013 du 11 décembre 2013] dispose ce qui suit:

Article 8 Actions visant à améliorer l’accès au financement pour les PME 01

La Commission soutient des actions ayant pour but de faciliter et d’améliorer l’accès au financement pour les PME dans leurs phases de démarrage, de croissance et de transmission, qui sont complémentaires de l’utilisation faite par les États membres des instruments financiers mis en place pour soutenir les PME aux niveaux national et régional. À des fins de complémentarité, ces actions sont étroitement coordonnées avec celles qui sont entreprises dans le cadre de la politique de cohésion, du programme Horizon 2020 et au niveau national ou régional. Ces actions visent à stimuler l’utilisation et l’offre du financement par l’apport de fonds propres et par l’emprunt, ce qui peut comprendre le financement d’amorçage, le financement par des investisseurs individuels et le financement en quasi-fonds propres, en fonction de la demande du marché, mais en excluant le démembrement des actifs.

02

Outre les actions visées au paragraphe 1, l’Union peut également soutenir des actions visant à améliorer le financement transfrontalier et multinational, en fonction de la demande du marché, de façon à aider les PME à internationaliser leurs activités, dans le respect du droit de l’Union.

La facilité de garantie de prêts a été mise en œuvre telle qu’adoptée par le législateur. La possibilité de titrisation a été publiée en même temps que les possibilités de garantie et de contre-garantie sous la forme d’un appel à manifestation d’intérêt. Toutefois, à ce stade, elle n’a trouvé aucun écho sur le marché.

Il n’existe également pas encore de demande pour des prêts transfrontaliers sur le marché.

87

La Commission fait observer que l’effet de démonstration et l’effet catalyseur se manifestent lorsque les intermédiaires financiers consentent à fournir un financement aux PME qui présentent un risque plus élevé grâce à la facilité de garantie de prêts dans les pays participants au programme. Ils le font en offrant des produits de financement plus risqués ou en augmentant le volume de produits de financement existants présentant un risque plus élevé.

Parmi les exemples de tels produits de financement, on peut citer:

  • Altum, la société lettone de financement du développement, a créé un nouveau produit de financement destiné à soutenir les jeunes entreprises sans recours à des garanties3.
  • En Grèce, un pays qui a connu une forte baisse des prêts aux PME, quatre établissements financiers ont signé des accords de garantie en vue d’offrir des produits de prêt aux PME avec des exigences considérablement réduites en matière de garanties4.
  • Au Danemark, Vaekstfonden, le fonds de croissance danois est le fonds d’investissement de l’État qui met à disposition un produit de prêt subordonné en faveur des PME du secteur agricole5.

En ce qui concerne le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, de nombreux programmes ont été mis en place par les banques nationales de développement en faveur des entreprises innovantes au niveau des États membres.

88

Réponse commune aux points 88 et 89:

Outre la priorité mentionnée par la Cour, l’acte de base d’Horizon 2020 définit d’autres objectifs relatifs au volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin:

  • l’innovation peut survenir dans toutes les PME (à toutes les étapes et dans tous les secteurs) qui souhaitent utiliser l’innovation afin de se développer, de croître et de s’internationaliser;
  • les instruments d’Horizon 2020 doivent créer des conditions plus favorables pour les PME. Une attention particulière est accordée à l’incertitude liée à l’innovation, à la capacité de recueillir les résultats de l’innovation ainsi qu’à l’insuffisance des sûretés dans de nombreux domaines.
  • tous les types d’innovation sont ciblés: l’innovation technologique, l’innovation dans les services, etc.

Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin s’appuie sur les critères d’éligibilité relatifs à l’innovation conformément aux concepts définis dans l’acte de base d’Horizon 2020 et inscrits dans le réputé Manuel d’Oslo, et conformément à d’autres orientations pertinentes sur le soutien aux PME (orientations sur le risque). Par conséquent, le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin inclut les quatre types d’innovation: l’innovation de produit, l’innovation de procédé, l’innovation d’organisation et l’innovation de commercialisation6.

91

La Commission fait observer que les constatations de la Cour ne concernent que l’échantillon d’opérations et peuvent ne pas s’appliquer à l’ensemble des bénéficiaires du dispositif.

Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin n’est pas tenu de se limiter à l’innovation à haut risque. Tous les prêts examinés sont conformes aux critères d’éligibilité du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin. Ils sont par conséquent tous innovants.

92

La Commission estime que les objectifs du dispositif ne doivent pas se limiter à l’innovation à fort potentiel d’excellence.

Bien que la notion de fort potentiel d’excellence soit présente dans le règlement, la base juridique prévoit également i) un meilleur accès au financement par l’emprunt et ii) l’objectif consistant à favoriser la mise sur le marché de produits et de services nouveaux ou améliorés (…).

Encadré 5 – Exemples de projets et d’entreprises bénéficiant du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin

Première puce: La Commission estime que cette entreprise en ligne et que ce restaurant pourraient présenter des éléments d’innovation, étant donné qu’ils remplissent tous les deux au moins un des critères en matière d’innovation.

La Commission souligne que, bien que le concept de restaurant ne soit pas innovant en soi, les évolutions récentes dans le secteur en ce qui concerne les nouveaux modes de livraison ou une alimentation plus saine peuvent permettre de qualifier certains projets d’innovants.

Quatrième puce: La Commission souligne que le fabricant développe sans cesse ses propres nouveaux produits, ce qui permettrait de le qualifier d’innovant. Il s’agit de l’objectif recherché du dispositif, comme établi dans le règlement.

94

La Commission estime que le recours à l’intensité de connaissances comme indicateur de probabilité que l’entreprise mène des activités de recherche et d’innovation à fort potentiel d’excellence restreint la définition de l’innovation prévue par le législateur. Le législateur a explicitement reconnu que «tous les types de PME sont capables d’innover» et que «les PME sont présentes dans tous les secteurs de l’économie.» (chapitre 3.2 de l’acte de base d’Horizon 2020: «Justification et valeur ajoutée de l’Union»). Se concentrer uniquement sur les entreprises à forte intensité de connaissances favoriserait les économies dotées d’une plus grande part de ces entreprises et désavantagerait les économies pourvues d’une part plus faible de ces entreprises. Cela aurait pour effet d’augmenter les disparités entre les économies. Étant donné que le dispositif couvre toute l’Union, le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin devrait contribuer à réduire au maximum ces disparités.

La Commission estime que l’utilisation de l’intensité de connaissances comme indicateur d’une «forte intensité d’innovation» constitue une simplification qui n’est pas conforme aux éléments susmentionnés reconnus par le législateur. Cette définition simplifiée de «forte intensité d’innovation» est ensuite utilisée comme référence par la Cour pour comparer la performance du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin par rapport à d’autres régimes d’aide.

95

Il convient de noter qu’un facteur important ayant entraîné une plus forte concentration des activités sur les entreprises à forte intensité de connaissances a été l’amélioration de l’ensemble des critères d’éligibilité dans le cadre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin par rapport à l’instrument de partage des risques.

97

La Commission utilise un système d’évaluation standard dans lequel l’efficacité constitue un des critères évalués. Il n’a toutefois pas été élaboré spécifiquement pour les instruments financiers qui impliquent de longues périodes de mise en œuvre.

La Commission ne juge pas approprié de modifier son cadre d’évaluation actuel, lequel couvre l’ensemble de ses activités, car cela irait à l’encontre des objectifs de simplification et de rationalisation. Toutefois, afin de compléter les évaluations ex ante et ex post standards, la Commission continuera d’utiliser la méthodologie appliquée à l’étude CESEE7 (pays d’Europe centrale, orientale et du Sud-Est) et à l’étude de la Cour, et élargira l’évaluation à d’autres pays.

Comme l’a également admis la Cour, la production des données primaires et des données pertinentes comparables représente un effort complexe et chronophage et ne peut être réalisée que pour les marchés au sujet desquels de telles données sont disponibles.

99

La Commission souhaite souligner que les délais et l’étendue des évaluations sont prévus dans la législation correspondante.

102

Bien que la méthodologie de l’évaluation finale n’existe pas encore, la Commission souhaite souligner qu’une évaluation intermédiaire couvrant le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin a été publiée8.

103

La Commission peut envisager de proposer des évaluations conjointes de plusieurs instruments financiers de l’Union à l’avenir, dans la limite du budget et des effectifs disponibles. Toutefois, les exigences législatives actuelles prévoient des évaluations distinctes pour chaque programme.

104

Il pourrait être envisagé de fournir des données, sous réserve de la législation applicable et de l’accord des entités chargées de l’exécution et des intermédiaires financiers.

Conjointement avec les entités chargées de l’exécution, la Commission examinera la mesure dans laquelle les données peuvent être mises à disposition à des fins de recherche, ainsi que les modalités de cette mise à disposition.

105

La Commission reconnaît qu’il pourrait être utile de définir une telle méthodologie et évaluera si une méthodologie suffisamment solide peut être développée et si des données fiables peuvent être obtenues. Toutefois, une première analyse de la Commission a mis en lumière des préoccupations quant à la capacité d’une telle méthodologie de livrer une analyse de la répartition de la subvention implicite entre le fournisseur et le bénéficiaire.

Conclusions et recommandations

106
  • La taille des instruments a été déterminée sur la base: i) des lacunes du marché recensées au cours de l’évaluation ex ante, ii) de l’acte de base adopté par le législateur, et iii) de la disponibilité des ressources budgétaires.
  • Tous les bénéficiaires du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin analysés par la Cour remplissaient les critères d’éligibilité relatifs à l’innovation.
  • Le fort potentiel d’excellence ne constitue pas l’unique objectif du mécanisme d’emprunt prévu par le règlement (UE) nº 1291/2013 relatif à Horizon 2020.
  • La Commission fournit une appréciation du rapport coût-efficacité lors de son évaluation de tous les instruments, comme l’exige son cadre d’évaluation standard.
107

La Commission évalue les besoins du marché ainsi que la manière dont les différents instruments de garantie de l’UE peuvent répondre à ces besoins à un moment donné sur la base des informations disponibles à ce moment lorsqu’elle prépare l’adoption de nouveaux instruments. Toutefois, quand elle analyse les besoins du marché pour les programmes à venir, la Commission ne peut savoir quels instruments seront mis en œuvre à l’avenir aux niveaux régional et national. Elle ne peut donc fonder son évaluation que sur des hypothèses en ce qui concerne les interventions nationales et régionales. Une coordination parfaite avec les organismes nationaux est par conséquent impossible. Néanmoins, pour la période de programmation 2014-2020, le cadre législatif relatif aux instruments financiers cofinancés par les Fonds structurels prévoit des exigences claires en matière d’évaluations ex ante, ces dernières devant inclure une évaluation «de la cohérence avec les autres formes d’intervention publique visant le même marché» [article 37, paragraphe 2, point b) du RDC].

109

Voir la réponse de la Commission à la recommandation nº 1, point b).

Recommandation n° 1 – Évaluer les besoins du marché et obtenir des informations sur les coûts de gestion a) Acceptée

Comme indiqué dans le document de réflexion sur l’avenir des finances de l’UE, il convient d’assurer une meilleure complémentarité entre les instruments financiers opérant au niveau de l’UE et les instruments gérés par les États membres dans le cadre de la politique de cohésion.

En ce qui concerne les évaluations des lacunes du marché, les meilleures données disponibles au moment de l’évaluation ex ante seront utilisées et, en l’absence de données disponibles sur le marché, des avis appropriés d’experts en la matière continueront d’être utilisés.

b) Acceptée

La Commission déploie déjà des efforts raisonnables pour obtenir des informations sur les coûts de gestion à partir des données qu’il est possible d’obtenir légalement, et elle entend intensifier ses efforts à cet égard. Il peut toutefois se révéler difficile d’obtenir ces données auprès des dispositifs nationaux et ces données peuvent ne pas être pertinentes ni directement comparables. Outre l’aspect lié au coût, le niveau approprié des frais, primes et commissions sera déterminé en prenant en compte l’élément incitatif de la rémunération qui est exigé par le règlement financier.

110

L’analyse contenue dans ce rapport est axée uniquement sur les entreprises qui ne pourraient pas obtenir de prêt auprès de prêteurs commerciaux. Toutefois, le règlement financier général exige de remédier aux «défaillances du marché ou aux situations d’investissement non optimales».

Les difficultés d’accès au financement sont dues à la façon dont le secteur financier évalue les risques/la solvabilité. Seules les entreprises les mieux notées sont susceptibles d’obtenir un financement sans avoir recours à des sûretés. Les entreprises très faiblement notées seront écartées et n’obtiendront aucune offre de financement.

Les instruments de garantie de prêts ont dès lors été conçus dans le but de soutenir également les PME qui ont accès au financement, mais à des conditions inacceptables en termes de sûretés exigées, de durée des prêts et/ou de prix. Sans la garantie, les PME ne peuvent généralement pas poursuivre leurs projets, ce qui engendre une situation d’investissement non optimale. Les garanties sont conçues pour répondre de manière adéquate aux modèles d’activité des PME et leur permettent de connaître une croissance viable sur le long terme.

La Commission fait observer que les constatations de la Cour ne concernent qu’un échantillon limité d’opérations et peuvent ne pas s’appliquer à l’ensemble des bénéficiaires des instruments. En raison du renforcement des critères d’éligibilité ex ante de la facilité de garantie de prêts par rapport aux instruments précédents, elle estime que le nombre d’entreprises dont l’accès au financement est restreint et qui ont obtenu un soutien a augmenté de manière importante. En ce qui concerne la facilité de garantie de prêts, selon la Cour, 50 % des PME de son échantillon auraient eu des difficultés pour obtenir un financement. Sur la base du même échantillon, la Commission a conclu que 73 % des PME auraient eu des difficultés pour obtenir un financement à des conditions appropriées (financement suffisant).

111

La Commission estime que les informations nécessaires pour évaluer si un financement a été mis à disposition d’une entreprise qui ne dispose pas d’un accès suffisant aux sources de financement ne peuvent être obtenues qu’auprès de l’entreprise elle-même.

La Commission a dû examiner la manière d’établir un système de suivi présentant un rapport coût-efficacité satisfaisant sans produire une charge administrative indue pour les PME. Par conséquent, la fréquence du système de suivi actuel est considérée comme adéquate pour la facilité de garantie de prêts.

112

Les instruments ont prouvé leur utilité en répondant au risque accru que présentent les prêts accordés aux PME. Ils ont ainsi offert aux banques la possibilité de continuer à financer les PME en temps de crise. Ces instruments sont complétés par d’autres mesures adoptées par d’autres entités comme la Banque centrale européenne ou la Banque européenne d’investissement, et qui sont axées sur la fourniture de liquidités.

Voir aussi les réponses aux points 70 à 77.

Recommandation n° 2 – Cibler les entreprises qui ont besoin d’une garantie a) Acceptée

La Commission n’est actuellement pas en mesure de prendre des engagements pour la prochaine période de programmation. Toutefois, s’il devait être décidé de proposer de nouveaux instruments pour l’innovation, la Commission continuerait de concevoir ces instruments conformément aux actes de base adoptés par le législateur. Le cas échéant, les instruments en question comporteront des critères d’éligibilité applicables aux bénéficiaires finaux conformément aux actes de base, comme c’est également le cas pour les instruments actuels couverts par ce rapport.

b) Acceptée en partie

Le règlement financier exige de cibler les PME confrontées à des lacunes du marché ou à des situations d’investissement non optimales. La Commission estime que cette exigence concerne non seulement la disponibilité du financement, mais aussi l’octroi de meilleures conditions (prix plus bas, échéances plus éloignées, exigences réduites en matière de sûretés, disponibilité de produits qui n’auraient pas été offerts par ailleurs). Offrir des conditions de financement améliorées aux bénéficiaires finaux exige une coopération tout au long de la chaîne des acteurs qui participent à la mise en œuvre de l’instrument financier, parmi lesquels se trouvent aussi bien des intermédiaires privés que des intermédiaires publics.

c) Rejetée

Exiger la réalisation, pour un grand nombre d’opérations de PME, d’un suivi annuel consistant à vérifier et à évaluer les données détenues par les intermédiaires financiers créerait une charge administrative indue pour ces derniers et pour les PME, et n’aurait pas un bon rapport coût-efficacité. Cependant, la Commission continuera d’exiger des rapports ex post réguliers (plus fréquemment que sur une base annuelle) et exigera un suivi de tous les intermédiaires financiers afin de garantir que les exigences en matière d’éligibilité contractuelle sont respectées lorsqu’un financement est accordé. C’est grâce aux exigences en matière d’éligibilité contractuelle que la Commission peut garantir que le financement est mis uniquement à la disposition des bénéficiaires ciblés, conformément à la base juridique.

114

Toutes les entreprises analysées au titre du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin respectent au moins un critère d’éligibilité relatif à l’innovation.

Recommandation n° 3 – Cibler l’innovation à haut risque a) Acceptée

La Commission n’est actuellement pas en mesure de prendre des engagements pour la prochaine période de programmation. Toutefois, s’il devait être décidé de proposer de nouveaux instruments pour l’innovation, la Commission continuerait de concevoir ces instruments conformément aux actes de base adoptés par le législateur. Le cas échéant, les instruments en question comporteront des critères d’éligibilité pour les bénéficiaires finaux conformément aux actes de base, comme c’est également le cas pour les instruments actuels couverts par ce rapport.

La taille des instruments ultérieurs potentiels dépendra:

  • des lacunes du marché recensées au cours de l’évaluation ex ante;
  • de l’acte de base adopté par le législateur; et
  • de la disponibilité des ressources budgétaires.
b) Acceptée en partie

Sans préjudice des résultats des évaluations des marchés qui seront à réaliser, la Commission estime que, dans le domaine de la recherche et de l’innovation, il existe différents types de défaillances du marché, notamment un manque de soutien aux activités d’innovation à haut risque. Elle estime également que le successeur potentiel du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin doit soutenir de plus en plus, mais pas principalement, les PME et les petites entreprises à moyenne capitalisation qui s’engagent dans des activités d’innovation à haut risque. La Commission reconnaît la nécessité de revoir les critères d’éligibilité pour veiller à l’augmentation de la part d’entreprises innovantes qui s’engagent dans des activités d’innovation à haut risque.

115

La Commission utilise un système d’évaluation standard dans lequel l’efficacité représente l’un des critères évalués. Il n’a toutefois pas été élaboré spécifiquement pour les instruments financiers qui impliquent de longues périodes de mise en œuvre.

La Commission ne juge pas approprié de modifier son cadre d’évaluation actuel, lequel couvre l’ensemble de ses activités, car cela irait à l’encontre des objectifs de simplification et de rationalisation. Toutefois, afin de compléter les évaluations ex ante et ex post standards, la Commission continuera d’utiliser la méthodologie appliquée à l’étude CESEE9 (pays d’Europe centrale, orientale et du Sud-Est) et à l’étude de la Cour, et élargira l’évaluation à d’autres pays.

Recommandation n° 4 – Améliorer le système d’évaluation a) Acceptée

En ce qui concerne le programme pour l’innovation et la compétitivité (PIC 2007-2013), une évaluation ex post est prévue (notamment une évaluation du mécanisme de garantie pour les PME), sur la base du cadre d’évaluation standard de la Commission. Afin de rendre l’évaluation exhaustive, il sera procédé à une étude économétrique complémentaire relative à l’impact sur deux marchés qui n’ont pas encore été analysés pour les prédécesseurs de la facilité de garantie de prêts.

b) Accepté en partie

La Commission reconnaît qu’il pourrait être utile de définir une telle méthodologie et évaluera si une méthodologie suffisamment solide peut être développée et si des données fiables peuvent être obtenues. Toutefois, une première analyse de la Commission a mis en lumière des préoccupations quant à la capacité d’une telle méthodologie de livrer une analyse de la répartition de la subvention implicite entre le fournisseur et le bénéficiaire.

c) Rejetée

Il serait difficile d’évaluer utilement de façon conjointe des instruments financiers mis en œuvre au moyen de deux programmes différents, étant donné que les programmes correspondants poursuivent des objectifs différents. Le cadre d’évaluation pour les deux programmes existe déjà et est intégré dans les actes de base des deux programmes.

En dehors du cadre d’évaluation existant, la Commission entend évaluer plus en profondeur les instruments de garantie précédents et actuels du point de vue de leur incidence.

d) Acceptée en partie

Il pourrait être envisagé de fournir des données, sous réserve de la législation applicable et de l’accord des entités chargées de l’exécution et des intermédiaires financiers.

Conjointement avec les entités chargées de l’exécution, la Commission examinera la mesure dans laquelle les données peuvent être mises à disposition à des fins de recherche, ainsi que les modalités de cette mise à disposition.

La Commission s’intéressera aux modalités de la mise à disposition des données d’ici à la fin 2019.

Glossaire

Le cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE fixe les montants maximaux annuels que l'UE est autorisée à dépenser dans différents domaines politiques pendant une période d'au moins cinq ans. Le CFP n'est pas le budget de l'UE, mais il sert de cadre pour la programmation financière et la discipline budgétaire.

Pour les instruments financiers, la Commission est tenue d'effectuer une évaluation ex ante couvrant, entre autres, les besoins à satisfaire, la proportionnalité de l'intervention par rapport à l'ampleur du déficit de financement mis en évidence, la valeur ajoutée de l'intervention de l'Union et les synergies avec les autres instruments financiers, nouveaux ou existants. Ces aspects peuvent également être examinés dans ses analyses d'impact concernant les initiatives susceptibles d'avoir un impact économique, social ou environnemental significatif.

Eurostat définit l'innovation comme la mise en œuvre d'un produit (bien ou service) ou d'un procédé nouveau ou sensiblement amélioré, d'une nouvelle méthode de commercialisation ou d'une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l'entreprise, l'organisation du lieu de travail ou les relations extérieures. Pour qu'il y ait innovation, il faut au minimum que le produit, le procédé, la méthode de commercialisation ou la méthode d'organisation soit nouveau (ou sensiblement amélioré) pour la firme.

L'«instrument financier de partage des risques financé» (en vigueur au cours de la période 2007-2013) visait à apporter un financement à un intermédiaire financier afin de promouvoir l'octroi de nouveaux prêts et de partager les risques liés à ces derniers.

La notation de crédit d'un emprunteur est la note que le prêteur lui attribue après avoir évalué sa solvabilité.

Au cours de la période de programmation 2007-2013, la politique de cohésion a couvert le Fonds européen de développement régional et le Fonds social européen (à savoir les deux «Fonds structurels») ainsi que le Fonds de cohésion. Elle vise à renforcer la cohésion économique et sociale dans l'Union européenne en corrigeant les principaux déséquilibres régionaux et en améliorant l'emploi de même que les possibilités d'emploi. Pour la période de programmation 2014-2020, la coordination entre la politique de cohésion et les autres politiques de l'UE contribuant au développement régional (c'est-à-dire le développement rural ainsi que la politique maritime et de la pêche) a été améliorée moyennant l'établissement de dispositions communes pour les Fonds structurels et d'investissement européens.

La titrisation est le processus par lequel un prêteur regroupe et reconditionne des actifs (ici, un portefeuille de prêts) pour les organiser en différentes catégories de risque et négocier ces nouveaux instruments (les titres).

Notes

1 Par «petites et moyennes entreprises», on entend les entreprises qui occupent moins de 250 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 millions d'euros ou dont le total du bilan annuel n'excède pas 43 millions d'euros.

2 COM(2014) 686 final du 30.10.2014 intitulé «Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil concernant les instruments financiers soutenus par le budget général conformément à l'article 140, paragraphe 8, du règlement financier à compter du 31 décembre 2013».

3 C'est-à-dire gérés en coopération entre la Commission et les États membres.

4 Règlement (UE) n° 1287/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 établissant un programme pour la compétitivité des entreprises et des petites et moyennes entreprises (COSME) (2014-2020) et abrogeant la décision n° 1639/2006/CE (JO L 347 du 20.12.2013).

5 Règlement (UE) n° 1291/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l'innovation «Horizon 2020» (2014-2020) et abrogeant la décision n° 1982/2006/CE (JO L 347 du 20.12.2013).

6 Une sûreté est un actif donné en gage pour garantir un prêt. Le prêteur peut saisir l'actif si l'emprunteur ne rembourse pas le prêt.

7 D'abord au titre de l'initiative en matière de croissance et d'emploi (1998-2000), ensuite à celui du programme pluriannuel pour les entreprises et l'esprit d'entreprise en faveur des PME (2001­2006) et enfin à celui du programme-cadre pour l'innovation et la compétitivité (2007­2013).

8 Il relevait du septième programme-cadre pour la recherche et le développement technologique.

9 Le FEI détermine la perte attendue pour chaque accord de garantie. Pour les accords conclus avant la fin de 2016, les taux s'échelonnent entre 4 % et 20 %.

10 Règlement (UE) 2015/1017 du Parlement européen et du Conseil du 25 juin 2015 sur le Fonds européen pour les investissements stratégiques, la plateforme européenne de conseil en investissement et le portail européen de projets d'investissement et modifiant les règlements (UE) n° 1291/2013 et (UE) n° 1316/2013 – le Fonds européen pour les investissements stratégiques (JO L 169 du 1.7.2015, p. 1).

11 Rapport de la Commission européenne intitulé Summary of data on the progress made in financing and implementing financial instruments reported by the managing authorities in accordance with Article 67(2)(j) of Regulation (EC) No 1083/2006, période de programmation 2007-2013, situation au 31 mars 2017. Il est à noter que près de 83 % des bénéficiaires de prêts sont des PME, que 17 % sont des particuliers et que 0,11 % sont de grandes entreprises. Il n'existe pas de données disponibles concernant uniquement les PME.

12 Enquêtes sur l'accès des entreprises au financement dans la zone euro réalisées pour le compte de la Banque centrale européenne et de la Commission européenne depuis 2009.

13 Rapport de 2016 de l'Association européenne du cautionnement (AECM) intitulé Facts and Figures, Member statistics 2014-2015. Il est à noter que ces informations ne rendent pas pleinement compte de la situation, car elles ne concernent que les garanties apportées par les organismes membres de l'AECM, garanties qui ont augmenté au fil des ans.

14 Étude réalisée par Economisti Associati en collaboration avec EIM Business & Policy Research, The Evaluation Partnership, le Centre for Strategy and Evaluation Services et le Centre for European Policy Studies.

15 La capacité à trouver des intermédiaires disposés à utiliser l'instrument de garantie, et la capacité des intermédiaires financiers à accorder des prêts à un nombre suffisant d'entreprises ciblées par les instruments de garantie.

16 Initiative lancée par la Commission et le groupe BEI.

17 Avis n° 2/2016 intitulé «Proroger et renforcer l'EFSI: une proposition prématurée», points 21 et 22 (JO C 465 du 13.12.2016).

18 Rapport spécial n° 19/2016 de la Cour des comptes européenne intitulé «Instruments financiers et exécution du budget de l'UE: quels enseignements tirer de la période de programmation 2007-2013?», points 46 à 54 (http://eca.europa.eu).

19 Dans le cas du volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin, le FEI reverse les frais à la BEI, qui gère réellement la trésorerie.

20 Sur la base d'une durée de vie de 21 ans.

21 L'Union européenne détient 28,1 % du capital social, tandis que la BEI en détient 59,9 %. Le capital de la BEI appartient aux 28 États membres de l'UE.

22 Source: voir note de bas de page 11. Ces données sont indicatives car, pour un grand nombre de fonds de garantie, aucuns frais n'avaient été communiqués ou les frais déclarés étaient nuls.

23 Toutefois, les coûts et frais varient fortement selon les pays et les instruments financiers. Voir rapport spécial n° 19/2016 de la Cour des comptes européenne, points 109 à 131.

24 Voir, par exemple, rapport spécial n° 2/2012 de la Cour des comptes européenne intitulé «Instruments financiers en faveur des PME cofinancés par le Fonds européen de développement régional», point 88; rapport spécial n° 19/2016 de la Cour des comptes européenne, point 93; rapport spécial n° 5/2015 de la Cour des comptes européenne intitulé «Les instruments financiers constituent-ils un outil efficace et prometteur dans le domaine du développement rural?», point 68 (http://eca.europa.eu).

25 Par exemple, le fait qu'un emprunteur soit disposé à donner des sûretés de la qualité et du montant requis peut être interprété comme un signe de solvabilité de sa part. Source: Sebastian Schich, Byuoung-Hwan Kim, «Guarantee Arrangements for Financial Promises: How Widely Should the Safety Net be Cast?», OECD Journal: Financial Market Trends, volume 2011/1.

26 Règlement (UE) n° 1287/2013.

27 Règlement (UE) n° 1291/2013, annexe I, section II, point 2.3.

28 Article 140, paragraphe 2, point b) du règlement (UE, Euratom) n° 966/2012 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 relatif aux règles financières applicables au budget général de l'Union et abrogeant le règlement (CE, Euratom) n° 1605/2002 du Conseil (JO L 298 du 26.10.2012, p. 1).

29 Sur la base d'un échantillon de 181 prêts fournis par neuf intermédiaires.

30 Rapport spécial n° 4/2011 de la Cour des comptes européenne intitulé «Audit du mécanisme de garantie pour les PME», point 103 (http://eca.europa.eu).

31 Par rapport au nombre total d'entreprises ayant obtenu un prêt au titre d'un des deux instruments financiers au 30 juin 2016.

32 Voir, par exemple, Ferrando et al., «Assessing the financial and financing conditions of firms in Europe: the financial module in CompNet», document de travail de la BCE n° 1836, 2015 (p. 10).

33 Des différences majeures persistent même si l'on utilise un seuil plus bas.

34 Rapport spécial n° 4/2011 de la Cour des comptes européenne, recommandation n° 5.

35 Rapport spécial n° 4/2011 de la Cour des comptes européenne, réponse de la Commission au point 103.

36 Le volet «Garantie pour les PME» du dispositif InnovFin peut couvrir des prêts compris entre 25 000 euros et 7,5 millions d'euros.

37 Ferrando et Ruggieri, «Financial Constraints and Productivity: Evidence from Euro Area Companies», document de travail de la BCE n° 1823, 2015.

38 Ferrando et al., «Assessing the financial and financing conditions of firms in Europe: the financial module in CompNet», document de travail de la BCE n° 1836, 2015.

39 Reint Gropp, Christian Gruendl et Andre Guettler, «The Impact of public guarantees on bank risk taking – Evidence from a natural experiment», document de travail de la BCE n° 1272, décembre 2010.

40 Credit Guarantee Schemes for SME lending in Central, Eastern and South-Eastern Europe, un rapport du groupe de travail sur les dispositifs de garantie de crédits de l'initiative de Vienne, 2014.

41 COM(2008) 800 final du 26.11.2008 intitulé «Un plan européen pour la relance économique».

42 Considérants 3, 11 et 27 de la décision n° 1639/2006/CE du Parlement européen et du Conseil du 24 octobre 2006 établissant un programme-cadre pour l'innovation et la compétitivité (2007­2013) (JO L 310 du 9.11.2006, p. 15), considérant 1, article 8, paragraphe 1, et article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 1287/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 établissant un programme pour la compétitivité des entreprises et des petites et moyennes entreprises (COSME), considérants 2, 20, 21 et 22 de la décision n° 1982/2006/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 relative au septième programme-cadre pour la recherche et le développement technologique (JO L 412 du 30.12.2006, p. 1).

43 Dans le cas des garanties, l'effet de levier (en termes de volume de prêts générés du fait du financement public) est généralement plus élevé, car le budget public couvre seulement les provisions pour pertes futures.

44 Ce dispositif a été mis en œuvre dans le cadre de l'initiative JEREMIE.

45 Cette question a déjà été évoquée lors de nos travaux antérieurs sur le mécanisme de garantie pour les PME (voir le rapport spécial n° 4/2011 de la Cour des comptes européenne).

46 L'étude a été réalisée par une équipe de chercheurs de la Politecnico di Milano School of Management et de l'emlyon business school: Bertoni, Colombo et Quas (2016), Final report: Long-term effects of loan portfolio guarantees on SMEs' performance (à paraître).

47 Masse salariale (montant total des frais de personnel d'une entreprise, utilisé comme indicateur indirect du niveau d'emploi), chiffre d'affaires, total du bilan, ratio de solvabilité (montant des capitaux propres divisé par le total du bilan), ratio de liquidité générale (total des actifs courants divisé par le total des passifs courants), rentabilité de l'actif (résultat avant impôts divisé par le total du bilan), productivité totale des facteurs et probabilité de survie.

48 Lelarge, C., Sraer, D. et Thesmar, D., «Entrepreneurship and credit constraints: Evidence from a French loan guarantee program», International differences in entrepreneurship, University of Chicago Press, 2010, (pp. 243-273).

49 Asdrubali Pierfederico, Signore Simone, The Economic Impact of EU Guarantees on Credit to SMEs, Evidence from CESEE Countries, Research & Market Analysis, EIF Working Paper 2015/29.

50 Document SEC(2005) 433 du 6.4.2005 intitulé Annex to the Proposal for a Decision of the European Parliament and of the Council establishing a Competitiveness and Innovation Framework Programme (2007-2013).

51 Rapport spécial n° 4/2011 de la Cour des comptes européenne, point 104.

52 Idem, réponse de la Commission à la recommandation n° 6.

53 COM(2011) 834 final du 31.11.2011 intitulé «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un programme pour la compétitivité des entreprises et des petites et moyennes entreprises (2014-2020)».

54 Rapport de synthèse de l'unité d'évaluation des opérations de la BEI intitulé EIF's SME Securitisation Activities, 2004 – 2015, mars 2017.

55 Il s'agit de la capacité de l'intervention de l'UE à influer sur l'évolution des politiques menées dans les États membres et à susciter un transfert d'expertise de l'UE et du FEI vers les autorités et/ou les établissements financiers des États membres.

56 Voir aussi le rapport du Centre for Strategy & Evaluation Services LLP intitulé Final Evaluation of the Entrepreneurship and Innovation Programme (Évaluation finale du programme «Innovation et esprit d'entreprise») (avril 2011), qui indique que, lorsqu'une approche aura été établie et plus largement adoptée, les instruments financiers devront évoluer.

57 Règlement (UE) n° 1291/2013, annexe I, p. 144.

58 Voir le glossaire d'Eurostat (http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained): «Les innovations doivent donc constituer une nouveauté pour l'entreprise concernée: les innovations de produits ne doivent pas nécessairement représenter une nouveauté pour le marché; s'agissant des innovations de processus, l'entreprise ne doit pas obligatoirement être la première à avoir mis en œuvre le processus.»

59 Il est à noter que, dans l'évaluation établie en 2011, les auteurs, Economisti Associati et al. (voir note de bas de page 14), ont estimé qu'une définition plus restrictive, tenant compte du caractère novateur des produits du point de vue du marché ou de la contribution des nouveaux produits/projets au chiffre d'affaires, serait plus appropriée.

60 D'après les résultats de l'enquête communautaire sur l'innovation de 2012, 52,8 % des entreprises s'étaient livrées à des activités d'innovation entre 2008 et 2010; d'après ceux de l'enquête communautaire sur l'innovation de 2014, tel était le cas de 48,9 % des entreprises entre 2010 et 2012, et de 49,1 % des entreprises entre 2012 et 2014.

61 Par rapport au nombre total d'entreprises ayant obtenu un prêt au 30 juin 2016.

62 D'après la matrice d'agrégation des codes d'activités utilisée par Eurostat pour établir des statistiques sur les industries de haute technologie et les services à forte intensité de connaissances.

63 Document SEC(2011) 1427 final du 30.11.2011 intitulé Impact Assessment accompanying the Communication from the Commission “Horizon 2020 – The Framework Programme for Research and Innovation”.

64 Documents thématiques de la Commission européenne destinés au groupe de haut niveau sur l'optimisation de l'impact des programmes de recherche et de développement de l'UE, 2017.

65 D'après les résultats de l'enquête communautaire sur l'innovation de 2014.

66 Comme cela est signalé dans Bosworth, Barry P., Carron, Andrew S. et Rhyne, Elisabeth, The Economics of Federal Credit Programs, Washington DC: Brookings Institution, 1987.

67 Center for Global Development, When will we ever learn? – Improving lives through impact evaluation, rapport du groupe de travail sur le déficit d'évaluation, 2006.

68 Asdrubali, Pierfederico et Signore, Simone, The Economic Impact of EU Guarantees on Credit to SMEs, Evidence from CESEE Countries, Research & Market Analysis, EIF Working Paper 2015/29.

69 Ce type d'évaluation nécessite des données spécifiques, comme on peut le lire, par exemple, dans Bondonio, Biagi et Stancik, Counterfactual Impact Evaluation of Public Funding of Innovation, Investment and R&D, rapport technique du Centre commun de recherche, 2016.

70 Article 128, paragraphe 3 du règlement (UE, Euratom) n° 966/2012.

71 Telle, en France, la procédure d'autorisation par le Comité du secret statistique, pour l'accès aux données de l'Institut national de la statistique et des études économiques.

72 Eurostat.

73 Tels que ceux auxquels recourent, par exemple, certaines banques centrales.

74 La théorie économique montre que les avantages économiques d'une subvention quelle qu'elle soit se répartissent entre le fournisseur et les utilisateurs, indépendamment de l'acte juridique conclu.

1 Asdrubali, Pierfederico and Signore, Simone, "The Economic Impact of EU Guarantees on Credit to SMEs Evidence from CESEE Countries", EIF Research & Market Analysis, Working Paper 2015/29.

2 http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/7706177/4-26102016-AP-FR.pdf/770838dd-b156-4696-986f-4c212ae75bb1

3 Communiqué de presse en letton: http://www.fm.gov.lv/lv/aktualitates/nozares_zinas/altum/55763-altum-un-eiropas-investiciju-fonds-paraksta-sadarbibas-ligumu-jauna-garantiju-programma-uznemejiem-bus-pieejami-15-miljoni-eiro et description du produit en anglais: http://www.baltic-course.com/eng/good_for_business/?doc=133532

4 Communiqués de presse: http://www.eif.org/what_we_do/guarantees/news/2016/efsi_cosme_easi_eurobank.htm; http://www.eif.org/what_we_do/guarantees/news/2017/efsi_cosme_greece.htm https://www.nbg.gr/en/business/co-funded-loans/subsidized-loans/cosme

5 http://www.vf.dk/saadan-goer-vi/etableringslaan.aspx https://www.fi-compass.eu/sites/default/files/publications/presentation_20161125_brussels_eafrd_rolf_kjaergaard.pdf

6 Manuel d’Oslo ISBN 92-64-01308-3

7 Asdrubali, Pierfederico and Signore, Simone, "The Economic Impact of EU Guarantees on Credit to SMEs Evidence from CESEE Countries", EIF Research & Market Analysis, Working Paper 2015/29.

8 Interim Evaluation of Horizon 2020’s Financial Instruments, Final Report, rédigé par le Centre for Strategy & Evaluation Services LLP (CSES)

9 Asdrubali, Pierfederico and Signore, Simone, "The Economic Impact of EU Guarantees on Credit to SMEs Evidence from CESEE Countries", EIF Research & Market Analysis, Working Paper 2015/29.

Étape Date
Adoption du plan d'enquête/début de l'audit 15.3.2016
Envoi officiel du projet de rapport à la Commission (ou à toute autre entité auditée) 24.7.2017
Adoption du rapport définitif après la procédure contradictoire 7.11.2017
Réception des réponses officielles de la Commission (ou de toute autre entité auditée) dans toutes les langues 24.11.2017

Équipe d'audit

Les rapports spéciaux de la Cour présentent les résultats de ses audits relatifs aux politiques et programmes de l'UE ou à des questions de gestion concernant des domaines budgétaires spécifiques. La Cour sélectionne et conçoit ces activités d'audit de manière à maximiser leur incidence en tenant compte des risques susceptibles d'affecter la performance ou la conformité, du niveau des recettes ou des dépenses concernées, des évolutions escomptées ainsi que de l'importance politique et de l'intérêt du public.

Le présent rapport a été réalisé par la Chambre IV, présidée par M. Baudilio Tomé Muguruza, Membre de la Cour, et compétente pour les domaines de dépenses relatifs à la réglementation des marchés et à l'économie concurrentielle. L'audit a été effectué sous la responsabilité de M. Neven Mates, Membre de la Cour. Pour l'élaboration de ce rapport, il était assisté de: M. Georgios Karakatsanis, chef du cabinet croate; M. Marko Mrkalj, attaché de cabinet; Mme Marion Colonerus, manager principal; M. Josef Jindra, chef de mission. L'équipe d'audit était composée de MM. Jiri Benes, Christian Detry, Andras Augustin Feher, Ezio Guglielmi et Martin Puc.

De gauche à droite: Georgios Karakatsanis, Josef Jindra, Ezio Guglielmi, Neven Mates, Martin Puc, Christian Detry.

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