Rapport spécial
22 2019

Les exigences de l'UE applicables aux cadres budgétaires nationaux doivent encore être renforcées et leur application doit être mieux contrôlée

À propos du rapport Dans le présent rapport, nous évaluons si les mesures prises par la Commission au lendemain de la crise pour renforcer les cadres budgétaires des États membres de l'UE ont permis d'atteindre les résultats escomptés. Les mesures législatives de l'Union ont imprimé un nouvel élan; toutefois, le cadre juridique reste perfectible et la Commission n'a jusqu'ici eu qu'une assurance limitée quant à l'application correcte des exigences de l'UE par les États membres. En outre, il existe un risque de divergences entre les évaluations de la Commission et celles des institutions budgétaires indépendantes concernant la conformité des plans budgétaires nationaux annuels et à moyen terme avec les règles budgétaires de l'UE, ce qui pourrait réduire l'efficacité du cadre budgétaire de l'Union. Enfin, l'efficacité du comité budgétaire européen est limitée par sa structure institutionnelle actuelle et par le fait que la Commission peut ignorer ses avis sans avoir à fournir d'explication appropriée.
Rapport spécial de la Cour des comptes européenne présenté en vertu de l'article 287, paragraphe 4, deuxième alinéa, du TFUE.

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Synthèse

I

En cherchant comment remédier aux causes profondes de la crise financière, la Commission a jugé nécessaire de compléter le cadre budgétaire fondé sur des règles au niveau de l'UE par des dispositions contraignantes au niveau national. Elle a donc proposé trois actes législatifs visant à renforcer les cadres budgétaires nationaux (qui régissent la manière dont les politiques budgétaires sont menées). Deux de ces trois actes ont déjà été adoptés (en 2011, dans le cadre du «six-pack», et en 2013, dans celui du «two-pack»), tandis que le processus législatif relatif au projet de directive de 2017, est toujours en cours. En outre, en 2012, 25 États membres ont signé un traité intergouvernemental sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire.

II

Les actes législatifs imposaient, entre autres, aux États membres de créer des institutions budgétaires indépendantes, de disposer de règles budgétaires nationales et de mettre en place des cadres budgétaires pluriannuels fondés sur des règles. Des institutions budgétaires indépendantes bien conçues sont associées à des règles budgétaires mieux respectées ainsi qu'à des prévisions macroéconomiques et budgétaires plus précises et moins subjectives, tandis que les cadres budgétaires à moyen terme sont plus généralement reconnus comme contribuant au renforcement de la performance budgétaire, dans la mesure où ils montrent si et en quoi les décisions relatives aux politiques actuelles et les futurs programmes sont compatibles avec la viabilité des dotations budgétaires à moyen terme.

III

L'audit visait à évaluer si les mesures prises par la Commission en vue de renforcer les cadres budgétaires des États membres de l'UE avaient permis d'atteindre les résultats escomptés. Pour ce faire, nous avons examiné:

  1. si les exigences légales de l'UE relatives aux cadres budgétaires nationaux étaient efficaces;
  2. si les cadres budgétaires nationaux avaient été renforcés grâce à une interaction claire et appropriée entre la Commission, les institutions budgétaires indépendantes et le comité budgétaire européen;
  3. si la Commission avait correctement évalué la manière dont les exigences légales de l'UE avaient été mises en œuvre et appliquées dans les États membres.
IV

Les mesures législatives de l'UE ont imprimé un nouvel élan au renforcement des cadres budgétaires nationaux. Le cadre juridique reste cependant perfectible. Par comparaison avec les normes et bonnes pratiques internationales, les exigences sont moins strictes à plusieurs égards, notamment en ce qui concerne les cadres budgétaires à moyen terme et les institutions budgétaires indépendantes. La directive proposée par la Commission en 2017 ne répond qu'à certaines des faiblesses que nous avons observées.

V

Les institutions budgétaires indépendantes évaluent le respect des règles budgétaires nationales. En outre, à l'instar de la Commission, certaines institutions budgétaires indépendantes nationales évaluent également le respect des règles budgétaires de l'UE par leur État membre, soit parce qu'elles sont tenues de le faire en vertu de leur base juridique, soit de leur propre initiative. Le fait que la Commission use de son pouvoir discrétionnaire, entre autres facteurs, entraîne un risque d'incohérence entre son avis et celui des institutions budgétaires indépendantes quant au respect des règles budgétaires de l'UE. Dans l'hypothèse où le risque se réaliserait, l'efficacité du cadre budgétaire de l'Union serait réduite.

VI

Le «rapport des cinq présidents» publié en 2015 proposait de mettre en place un comité budgétaire européen, qui fournirait une évaluation publique et indépendante de la performance, au niveau européen, des budgets nationaux et de leur exécution au regard des objectifs budgétaires de l'UE. Cette même année, la Commission le créait par voie de décision. La structure et le mandat conférés au comité budgétaire européen ne sont pas à la hauteur des missions envisagées dans le rapport en question. En outre, pour ce qui est de son indépendance, sa structure institutionnelle actuelle est perfectible. Enfin, la Commission peut ignorer les propositions et recommandations formulées par le comité budgétaire européen sans avoir à fournir d'explication appropriée.

VII

La Commission n'a jusqu'ici eu qu'une assurance limitée quant à la mise en œuvre et à l'application correctes des exigences de l'UE applicables aux cadres budgétaires nationaux. En effet, l'évaluation de la conformité des lois nationales aux dispositions de la directive 2011/85/UE n'est pas encore terminée. Les évaluations de l'application du cadre juridique établi par l'UE n'ont pas encore été réalisées ou l'ont été à un stade trop précoce de la mise en œuvre pour être utiles.

VIII

Nous recommandons à la Commission:

  1. de renforcer la coopération avec les institutions budgétaires indépendantes afin réduire à leur minimum les divergences entre ses évaluations et celles de ces dernières concernant le respect des règles budgétaires de l'UE;
  2. de réexaminer les exigences applicables aux cadres budgétaires nationaux, notamment à la lumière des normes et bonnes pratiques internationales;
  3. de renforcer le comité budgétaire européen;
  4. de résoudre les problèmes de conformité en suspens et de renforcer l'assurance en ce qui concerne le fonctionnement des cadres budgétaires nationaux.

Introduction

Contexte

01

Alors que l'éclatement de la crise de la dette souveraine en 2009 menaçait la stabilité de la zone euro, les législateurs de l'UE ont adopté plusieurs actes législatifs pour améliorer la gouvernance budgétaire au sein de l'Union. Le but était de renforcer la mise en œuvre du pacte de stabilité et de croissance (PSC) et de consolider les cadres budgétaires nationaux1 (voir encadré 1 pour les composantes de ces derniers).

Encadré 1

Les cadres budgétaires nationaux

On entend par «cadre budgétaire national» l'ensemble des mesures, des procédures, des règles et des institutions qui sous-tendent la politique budgétaire.

Composantes des cadres budgétaires nationaux

Source: Cour des comptes européenne.

02

Il existe, dans la littérature économique, un large consensus sur le fait que des cadres budgétaires pluriannuels fondés sur des règles sont associés à une meilleure performance budgétaire2, étant donné qu'ils montrent en quoi les décisions relatives aux politiques actuelles et les futurs programmes sont compatibles avec la viabilité des dotations budgétaires à moyen terme. Des cadres budgétaires à moyen terme crédibles peuvent aussi aider les pouvoirs publics à concilier l'exigence de viabilité budgétaire avec la possibilité de s'appuyer sur les politiques budgétaires pour amortir les effets des chocs économiques et financiers3.

03

En vertu du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), les États membres gardent leur souveraineté en matière de politiques budgétaires. Néanmoins, ces politiques doivent être coordonnées pour éviter les retombées négatives et les menaces pour la stabilité monétaire dans la zone euro. La Commission a considéré que la réussite de cette coordination requérait d'intégrer les objectifs budgétaires de l'UE dans les politiques budgétaires nationales4. En 2005, le Conseil a estimé que «les dispositifs de gouvernance nationaux devraient compléter le cadre de l'UE»5. À l'époque, aucune analyse globale n'a cependant été fournie en ce qui concerne i) les faiblesses du cadre européen alors en place ou ii) la coordination future des deux mécanismes de gouvernance. En octobre 2009, le Conseil de l'UE (ci-après le «Conseil») a de nouveau conclu que les cadres budgétaires nationaux devaient être renforcés pour soutenir la viabilité budgétaire à long terme6.

04

Depuis 2006, la Commission recueille, au moyen d'enquêtes auprès des autorités nationales compétentes, des informations et des données qualitatives sur les principaux éléments des cadres budgétaires nationaux (à savoir sur les règles budgétaires chiffrées, les institutions budgétaires indépendantes et les cadres budgétaires à moyen terme). Ces informations sont saisies dans la base de données de la Commission consacrée à la gouvernance budgétaire et servent à calculer les indices relatifs à la solidité et à la qualité de ces éléments.

Cadre juridique

05

À l'issue de discussions politiques, la première étape de l'établissement d'un cadre juridique commun a été l'adoption de la directive 2011/85/UE7, l'une des six mesures législatives connues sous le nom de «six-pack». La directive 2011/85 fixe les exigences minimales auxquelles doivent satisfaire les cadres budgétaires nationaux (pour une vue d'ensemble des actes juridiques concernés et un historique de leur adoption, voir annexe I):

  1. la programmation budgétaire des États membres doit être fondée sur des prévisions macroéconomiques et budgétaires réalistes fournies par une institution désignée à cet effet;
  2. les États membres doivent disposer de règles budgétaires spécifiques, dont le respect doit être contrôlé par des organismes indépendants;
  3. les États membres doivent disposer d'un cadre budgétaire à moyen terme efficace, avec un horizon de planification de trois ans au minimum;
  4. les États membres doivent disposer de systèmes de comptabilité budgétaire et de communication de données statistiques complets, cohérents et transparents.
06

La deuxième étape a été la signature, en mars 2012, du traité intergouvernemental sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) au sein de l'Union économique et monétaire, et notamment du Pacte budgétaire (titre III), complété en juin 2012 par une communication de la Commission définissant sept principes communs8 (ci-après les «principes communs de la Commission»). Les parties contractantes liées par le pacte budgétaire (les 19 États membres de la zone euro, la Bulgarie, le Danemark et la Roumanie) sont tenues de consacrer une règle relative à l'équilibre budgétaire structurel dans leur législation nationale et de mettre en place un mécanisme de correction automatique ainsi qu'une institution budgétaire indépendante (voir encadré 2).

Encadré 2

Explications de divers concepts

Solde structurel: solde budgétaire réel, hors composante conjoncturelle, mesures ponctuelles et autres mesures temporaires. Il donne une indication de la tendance sous-jacente du solde budgétaire.

Règle relative à l'équilibre budgétaire: la situation budgétaire des administrations publiques doit être à l'équilibre ou en excédent. Le PSC et le TSCG disposent tous deux que cette règle est réputée être respectée si le solde structurel annuel des administrations publiques correspond à l'objectif à moyen terme (OMT). Le PSC fixe la limite inférieure du solde structurel à -1 % du produit intérieur brut (PIB) pour les États membres de la zone euro, tandis que le pacte budgétaire prévoit une limite encore plus stricte de -0,5 % (sauf pour les états membres présentant un faible niveau d'endettement et un risque faible pour la viabilité budgétaire).

Mécanisme de correction automatique: obligation automatique de mettre en œuvre des mesures correctrices si des écarts importants sont observés par rapport à l'objectif à moyen terme ou à la trajectoire d'ajustement en vue de sa réalisation.

07

Des institutions budgétaires indépendantes bien conçues sont généralement associées à une meilleure performance budgétaire9, à des règles budgétaires mieux respectées10 ainsi qu'à des prévisions macroéconomiques et budgétaires plus précises et moins subjectives11.

08

La troisième étape a consisté en l'adoption du règlement (UE) n° 473/201312, qui fait partie du «two-pack» et qui visait, entre autres, à incorporer dans le droit de l'UE les dispositions du TSCG applicables aux États membres de la zone euro.

09

Enfin, la Commission a présenté une proposition de directive au Conseil en décembre 2017 dans le but d'intégrer l'esprit du TSCG dans le droit de l'UE13 (ci-après le «projet de directive de 2017»). Au moment de la rédaction du présent rapport, le processus d'adoption au Conseil était suspendu dans l'attente de l'évaluation de la Commission relative au «six-pack» et au «two-pack», qui doit être présentée pour la fin 201914. Le Parlement européen, lui non plus, n'a pas encore rendu son avis sur la proposition.

10

En 2015, la Commission a créé le comité budgétaire européen par voie de décision (ci-après «la décision 2015/1937»)15. Elle a suivi en cela la recommandation formulée dans le rapport des cinq présidents16 invitant à créer un comité budgétaire européen consultatif qui renforcerait le cadre de gouvernance de l'UE, notamment en coordonnant les institutions budgétaires indépendantes nationales et en complétant leur action, ainsi qu'en fournissant une évaluation indépendante de la performance des budgets et de leur exécution au regard des objectifs budgétaires de l'UE.

Étendue et approche de l'audit

11

De 2016 à 2018, nous avons examiné le volet correctif17 et le volet préventif18 du pacte de stabilité et de croissance (PSC), ainsi que la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques19. Afin de compléter nos travaux sur la gouvernance économique de l'UE, nous avons décidé de réaliser un audit des dispositions relatives à la stabilité budgétaire.

12

Cet audit visait à évaluer si les actions de la Commission destinées à renforcer le cadre budgétaire des États membres de l'UE dans ses trois composantes clés (i) les règles budgétaires et le mécanisme de correction, ii) les cadres budgétaires à moyen terme et iii) les institutions budgétaires indépendantes) avaient été atteints (voir encadré 1). Pour ce faire, nous avons examiné:

  1. si les exigences légales de l'UE relatives aux cadres budgétaires nationaux étaient efficaces;
  2. si les cadres budgétaires nationaux avaient été renforcés par une interaction claire et appropriée entre la Commission, les institutions budgétaires indépendantes et le comité budgétaire européen;
  3. si la Commission avait correctement évalué la manière dont les exigences légales de l'UE avaient été mises en œuvre et appliquées dans les États membres.
13

Dans notre échantillon d'audit, nous nous sommes concentrés sur la situation dans huit États membres (Espagne, France, Grèce, Italie, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas et Portugal)20. Néanmoins, lorsque cela était nécessaire, notre analyse a également porté sur les situations prévalant dans d'autres États membres. Nous avons également étudié le rôle et la position du comité budgétaire européen dans le cadre budgétaire de l'UE.

14

Nous avons utilisé des critères d'audit tirés de sources diverses: i) des documents juridiques; ii) des documents et des textes de référence de la Commission; iii) des documents et des normes établis par des institutions de l'UE, d'autres organisations internationales ou des chercheurs. De plus amples détails sont fournis dans les différentes sections du présent rapport.

15

Nous avons collecté nos éléments probants moyennant:

  1. un examen des documents pertinents de la Commission et du comité budgétaire européen;
  2. une revue des publications, lignes directrices et normes d'organisations internationales (FMI, OCDE et Banque mondiale) et d'instituts indépendants, ainsi que de la littérature universitaire pertinente;
  3. une enquête en ligne auprès des institutions budgétaires indépendantes de l'UE, à laquelle 31 d'entre elles, issues de 26 États membres21, ont répondu;
  4. des entretiens avec des agents de la direction générale des affaires économiques et financières (DG ECFIN);
  5. des entretiens avec des agents des banques centrales ainsi que des ministères et institutions budgétaires indépendantes concernés, mais aussi avec des groupes de réflexion, dans les huit États membres de notre échantillon, dans le but d'obtenir des informations sur les exigences de l'UE et sur leur application.
16

Le présent rapport spécial est destiné à éclairer les discussions au Parlement européen et au Conseil autour du projet de directive établi en 2017 par la Commission et portant sur le renforcement de la responsabilité budgétaire et de l'orientation budgétaire à moyen terme dans les États membres.

Observations

Les exigences légales de l'UE ont imprimé un nouvel élan au renforcement des cadres budgétaires nationaux, mais elles restent perfectibles

17

Les mesures législatives de l'UE (voir points 05 à 10) ont, comme cela était attendu, imprimé un nouvel élan au renforcement des cadres budgétaires nationaux dans les États membres de l'Union. Comme le montre la figure 1 le nombre de règles budgétaires nationales et d'institutions budgétaires indépendantes a nettement augmenté à la suite de l'adoption de la directive 2011/85.

Figure 1

Règles budgétaires nationales et institutions budgétaires indépendantes dans les États membres de l'UE

Remarque: la directive 2011/85 a été adoptée en 2011 (trait rouge).

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données fournies par la Commission.

18

À l'heure actuelle, les différents éléments des cadres budgétaires nationaux sont toutefois régis par un cadre juridique fragmenté (voir figure 2). Ces éléments sont les suivants: i) les règles budgétaires chiffrées, ii) le mécanisme de correction, iii) les cadres budgétaires à moyen terme, iv) les institutions budgétaires indépendantes et v) les procédures budgétaires.

Figure 2

Un cadre juridique fragmenté

Source: Cour des comptes européenne, * certaines dispositions ne sont pas applicables au Royaume-Uni.

19

Divers actes législatifs, de nature juridique différente (selon qu'ils dérivent du droit de l'UE ou de traités intergouvernementaux), coexistent:

  • ces actes ont une force exécutoire variable (la Cour de justice de l'UE ne peut se prononcer que sur la transposition du TSCG; en ce qui concerne l'application de celui-ci, les institutions de l'UE ne disposent d'aucun pouvoir pour veiller à ce que la législation nationale qui les transpose soit appliquée);
  • si certaines dispositions sont consacrées dans des règlements, qui sont directement applicables, d'autres sont énoncées dans une directive, que les États membres ne sont pas tenus de transposer immédiatement et qu'ils peuvent appliquer comme ils le décident, ce qui entraîne une plus grande hétérogénéité des cadres nationaux;
  • le degré d'applicabilité n'est pas le même pour certains États membres, notamment selon qu'ils fassent ou non partie de la zone euro.
20

La Commission a élaboré la directive 2011/85 en très peu de temps (trois mois). Selon elle, cette directive devait être considérée comme un ensemble d'«exigences minimales», plutôt que comme représentant les meilleures pratiques ou même les caractéristiques souhaitables d'un cadre budgétaire à moyen terme. Elle a déclaré que l'incorporation des bonnes pratiques dans le cadre juridique de l'UE n'aurait pas été compatible avec les différences considérables qui existent entre les structures administratives et institutionnelles des États membres22.

21

Comme cela est indiqué au point 09, le projet de directive de 2017 visait à intégrer l'esprit du TSCG dans le droit de l'UE. La Commission n'a pas opté pour une transposition à la lettre, mais pour ce qu'elle nomme une «approche téléologique», à savoir une intégration centrée sur l'objectif sous-jacent du pacte budgétaire qu'est la convergence vers des niveaux prudents de dette publique. Dans la pratique, le projet de directive de 2017 impose, entre autres, de fixer pour objectif à moyen terme un solde structurel qui garantisse le respect du plafond d'endettement prévu par le traité, mais sans prévoir de plafond numérique.

22

La Banque centrale européenne a déclaré dans un avis que les dispositions de ce projet de directive s'écartaient sensiblement de celles du pacte budgétaire et que cela pouvait conduire à un affaiblissement des règles de ce dernier23. Il convient en outre de noter que le projet de directive de 2017 a été présenté avant que l'examen de l'adéquation de la directive 2011/85 (ci-après «l'examen de l'adéquation») et l'évaluation du fonctionnement du «two-pack» ne soient effectués.

23

Nous avons cherché à déterminer si les exigences du cadre juridique actuel étaient appropriées et si le projet de directive de 2017 permettait de remédier aux insuffisances mises au jour. Pour ce faire, nous nous sommes intéressés aux trois éléments suivants:

  1. le mécanisme de correction;
  2. les cadres budgétaires à moyen terme;
  3. les institutions budgétaires indépendantes.

Insuffisances dans les dispositions relatives au mécanisme de correction

24

La directive 2011/85 a introduit pour la première fois la notion de mécanisme de correction, sous l'appellation «conséquences d'un non-respect des règles», sans toutefois aller plus loin en prévoyant des exigences spécifiques concernant sa conception et son application.

25

Le TSCG impose un déclenchement automatique du mécanisme de correction si un écart important est observé par rapport à l'OMT. Il ne fixe pas directement d'exigences spécifiques quant à la conception et à l'application de mécanisme, mais charge la Commission de définir des principes communs que les États membres doivent appliquer pour concevoir les mécanismes de correction nationaux. La Commission a publié ces principes en juin 2012.

26

Bien qu'ils aient été approuvés au niveau politique24, ces principes ne sont pas contraignants. En effet, ayant été publiés dans une communication de la Commission, ils n'ont aucune force juridique et devaient uniquement servir de base aux mécanismes que les parties contractantes devaient mettre en place. En ce qui concerne l'activation du mécanisme de correction (principe n° 3), la Commission a suggéré que les seuils de déclenchement soient fondés sur des critères établis au niveau de l'UE, sur des critères spécifiques au pays ou sur une combinaison des deux. Deux tiers des États membres ont toutefois choisi de reprendre les critères de l'UE plutôt que de définir des critères nationaux spécifiques. Ainsi, pour ces États membres, il est improbable que les mécanismes de correction nationaux se déclenchent avant celui mis en place par l'UE au titre du volet préventif du PSC.

27

Le règlement n° 473/2013 fixe certaines exigences, y compris l'obligation pour les organismes indépendants de fournir, le cas échéant, des évaluations concernant le déclenchement et la mise en œuvre des mécanismes de correction. Il ne tient toutefois pas pleinement compte des principes communs de la Commission, qui ont été publiés six mois après la proposition de la Commission relative à ce règlement. Par exemple, il ne précise pas que:

  • la correction doit être cohérente, en ampleur et en durée, avec les recommandations adressées par la Commission à l'État membre concerné au titre du PSC (principe n° 2);
  • le mécanisme de correction peut être déclenché par des critères au niveau de l'UE ou par des critères spécifiques au pays (principe n° 3);
  • les écarts plus importants par rapport à l'OMT ou à la trajectoire d'ajustement doivent conduire à des corrections plus importantes (principe n° 4).
28

Le projet de directive de 2017, lui non plus, ne tient pas entièrement compte des principes communs de la Commission. Il n'indique par exemple pas que les seuils de déclenchement du mécanisme de correction peuvent être fondés sur des critères établis au niveau de l'UE, sur des critères spécifiques au pays ou sur une combinaison des deux.

29

Enfin, comme l'a rappelé la BCE, dans le projet de directive de 2017, la Commission ne définit pas la notion d'«écart important observé», c'est-à-dire les circonstances dans lesquelles le mécanisme doit être activé, et elle ne fournit pas d'orientations supplémentaires concernant son champ d'application. L'exigence concernant la prise en considération de la nature et de l'ampleur de l'écart est vague et peut conduire à des mesures de correction très larges et manquant de substance25.

Insuffisances dans les dispositions relatives aux cadres budgétaires à moyen terme

30

Nous avons comparé les exigences fixées par la directive 2011/85 avec les normes et bonnes pratiques recommandées par le FMI, l'OCDE et la Banque mondiale à l'époque où cette directive a été élaborée. Trois de ces normes et bonnes pratiques ne sont pas reflétées dans la directive 2011/85 (voir tableau 1, lignes en caractères gras). Par comparaison avec les normes et bonnes pratiques les plus récentes du FMI et de l'OCDE, la directive 2011/85 ne va pas suffisamment loin en ce qui concerne deux autres questions. Au total, cinq normes et bonnes pratiques sur 13 ne sont donc pas reflétées dans la directive 2011/85, et ce malgré le fait qu'à l'époque où celle-ci a été élaborée, le point de vue de la Commission sur ces questions (voir annexe II) était conforme à ceux des organismes internationaux.

Tableau 1 – Différences entre les normes et bonnes pratiques du FMI/de l'OCDE et les exigences de la directive 2011/85

Caractéristiques du cadre budgétaire à moyen terme FMI/OCDE Directive 2011/85
Durée d'au moins trois ans
Couverture globale des administrations publiques
Alignement complet sur les objectifs de la politique budgétaire du gouvernement et sur ses prévisions macroéconomiques
Distinction entre les projections de recettes et de dépenses futures à politiques inchangées et l'impact fiscal des nouvelles mesures
Estimation du coût des dépenses fiscales
Intégration complète du processus d'élaboration du budget pour les dépenses courantes et d'investissement
Fiabilité des prévisions de dépenses des exercices ultérieurs26
Évaluation de la viabilité à long terme des finances publiques
Établissement du cadre budgétaire à moyen terme et du budget annuel selon un seul et même processus, et intégration complète de la documentation
Contrôles prévisionnels des dépenses (reports, engagements de dépenses pluriannuels, réserves budgétaires, etc.)
Mécanismes de suivi et d'obligation de rendre compte
Plafonds indicatifs pour les exercices ultérieurs
Reconduction des estimations des dépenses pour les exercices ultérieurs d'un cadre budgétaire à moyen terme à l'autre

Légende: : comprise, : partiellement comprise, : non comprise

Source: Cour des comptes européenne, sur la base de: OCDE, «Le cadre juridique des systèmes budgétaires: Une comparaison internationale», 2004; FMI, «Manuel sur la transparence des finances publiques», 2007; FMI, Lienert, I., et Fainboim, I., Reforming Budget Systems Laws, 2010.

31

Selon un document du FMI, l'intégration insuffisante entre la planification des dépenses à moyen terme et le processus budgétaire empêche la planification à moyen terme de brider efficacement la politique budgétaire27. Or, si la directive 2011/85 exige, en son article 10, que les lois budgétaires annuelles soient conformes aux dispositions du cadre budgétaire à moyen terme, ou que tout écart soit dûment justifié, elle n'impose pas d'intégration entre la planification des dépenses à moyen terme et le processus budgétaire28. En outre, elle n'impose pas d'inclure dans la documentation budgétaire les projections et les chiffres effectifs en matière de recettes, de dépenses et de financements à moyen terme selon les mêmes modalités que pour le budget annuel29.

32

Par ailleurs, selon un document du FMI, quatre types de mécanismes de contrôle prospectifs sont importants: i) les contrôles relatifs à l'accumulation, au stock et à l'utilisation des reports; ii) le contrôle régulier de la cohérence entre les dernières projections de dépenses à moyen terme et les plans à moyen terme approuvés; iii) le contrôle de l'existence de marges suffisantes entre les engagements de dépenses et les plans de dépenses pour faire face aux événements imprévus sans devoir redéfinir les priorités politiques; iv) les contrôles rigoureux concernant la capacité des ministères et des organismes publics à procéder à des engagements de dépenses pluriannuels. Or, la directive 2011/85 ne prévoit pas la mise en place de contrôles prospectifs des dépenses en vue d'assurer le respect des plans à moyen terme, même en cas d'évolution des conditions externes.

33

Enfin, la directive 2011/85 ne contient aucune disposition concernant la nécessité pour les autorités nationales de rendre compte des résultats budgétaires, sur une base comparable aux plans de dépenses pluriannuels, ainsi que d'expliquer tout écart entre les plans pluriannuels et les résultats en matière de dépenses. Elle ne comporte en outre aucune disposition spécifique exigeant que les gouvernements ou les acteurs qui interviennent dans l'exécution budgétaire soient tenus de rendre compte de tout écart injustifié par rapport aux plans pluriannuels.

34

Le projet de directive de 2017 prévoit l'obligation d'établir, en début de législature, une règle contraignante en matière de dépenses à moyen terme. Une telle règle rendrait la planification budgétaire plus stable et renforcerait le lien entre le budget et le cadre budgétaire à moyen terme. Elle pourrait toutefois compromettre la stabilité budgétaire si l'augmentation des dépenses s'écarte de la croissance du PIB potentiel30. Le projet de directive de 2017 ne permet de remédier à aucune des autres insuffisances31 énoncées dans le tableau 1.

Insuffisances dans les dispositions relatives aux institutions budgétaires indépendantes

35

Le règlement n° 473/2013, qui est contraignant pour tous les États membres de la zone euro, définit les fonctions que les institutions budgétaires indépendantes doivent remplir, ainsi que leurs caractéristiques et principes. Ces derniers sont conformes aux principes communs de la Commission. Ayant été adoptés après que la Commission a présenté sa proposition de règlement, ils ont été ajoutés au cours du processus législatif.

36

Nous avons comparé les dispositions relatives aux institutions budgétaires indépendantes avec les normes et bonnes pratiques internationales du FMI32 et de l'OCDE33. Nous avons observé que le droit de l'UE ne fixait pas d'exigences en ce qui concerne i) le nombre et la durée des mandats des membres du conseil d'administration des institutions budgétaires indépendantes, ii) les politiques de ces dernières en matière de ressources humaines, iii) l'établissement de leurs budgets et iv) la nécessité d'un examen externe. De ce fait, des institutions budgétaires indépendantes hétérogènes ont été créées, comme le montre l'annexe III et comme le souligne également la Commission dans un document de réflexion34.

37

En 2004 déjà, la Commission35 avait souligné qu'il importait que les prévisions macroéconomiques et budgétaires soient établies ou vérifiées par une institution indépendante dans le but de réduire, voire d'éliminer les a priori optimistes36. Cela a aussi été confirmé par la suite dans des documents du FMI37 et de l'OCDE38. Le règlement n° 473/2013, tel qu'il a été adopté, exige uniquement que les prévisions macroéconomiques soient établies ou approuvées par les institutions budgétaires indépendantes, mais pas les prévisions budgétaires (c'est-à-dire les recettes et dépenses attendues inscrites au budget), et ce malgré la proposition de la Commission d'inclure les deux.

38

Dans son document de réflexion de 2017 (voir point 36), la Commission considérait, entre autres, que les institutions budgétaires indépendantes pourraient se voir confier un rôle plus étendu dans l'établissement ou l'approbation des prévisions budgétaires, compte tenu de celui qu'elles jouent pour ce qui est des prévisions macroéconomiques. Les institutions budgétaires indépendantes et les autres parties prenantes que nous avons rencontrées ont également mis l'accent sur cette limitation en ce qui concerne les prévisions budgétaires.

39

En 2016, le réseau des institutions budgétaires indépendantes de l'UE, une plateforme d'échange de vues et d'expertise et de mise en commun des ressources, a proposé une liste de normes minimales applicables à ces institutions, sur le modèle des principes de l'OCDE, ainsi que la mise en place d'un système efficace pour la sauvegarde de ces normes39. Cependant, le projet de directive de 2017 ne traite pas de ces questions, la seule nouvelle exigence prévue pour ce qui est des normes étant que les États membres soient tenus de veiller à ce que les institutions budgétaires indépendantes respectent les principes qui leur sont applicables en vertu du règlement n° 473/2013.

40

Le réseau des institutions budgétaires indépendantes de l'UE, tout en saluant cette nouvelle exigence, a demandé à ce que les conditions énoncées dans le projet de directive de 2017 soient complétées par une définition plus claire des normes minimales et par un système efficace pour leur sauvegarde40. Il a même suggéré dans sa déclaration que la directive proposée puisse obliger les États membres à garantir une transposition ambitieuse de ce principe en droit national en établissant la procédure et les exigences minimales. En janvier 2019, le réseau des institutions budgétaires indépendantes de l'UE a une nouvelle fois appelé à l'élaboration et à l'incorporation éventuelle dans la législation de l'UE de normes appropriées concernant la conception et la capacité opérationnelle de ces institutions.

41

Enfin, nous reconnaissons que le projet de directive de 2017 prévoyait un rôle plus important pour les institutions budgétaires indépendantes en les chargeant i) de procéder à une évaluation critique, aussi bien ex ante qu'ex post, du caractère adéquat de l'OMT et de la trajectoire à moyen terme, ii) de réclamer le déclenchement du mécanisme de correction et iii) de contrôler son application et ses effets. Le projet de directive de 2017 prévoyait en outre l'introduction du principe «appliquer ou expliquer» dans le droit de l'UE.

L'incohérence des évaluations et les défauts de conception génèrent un risque pour les institutions budgétaires indépendantes et pour le comité budgétaire européen

42

La législation de l'UE impose aux États membres de mettre en place des règles budgétaires nationales et confère à la Commission et aux institutions budgétaires indépendantes des rôles distincts en matière de contrôle. La Commission évalue la conformité des projets de plans budgétaires nationaux avec les règles budgétaires de l'UE, tandis que les institutions budgétaires indépendantes évaluent leur conformité avec les règles budgétaires nationales. Cependant, la législation de l'UE ne prévoit pas de structure de gouvernance «à deux niveaux», dans laquelle la Commission s'appuierait sur les travaux des institutions budgétaires indépendantes pour assurer sa fonction de contrôle.

43

Le comité budgétaire européen a été créé dans le but de renforcer le cadre de gouvernance économique actuel (voir point 10). Ses missions consistent entre autres à fournir une évaluation de la mise en œuvre du cadre budgétaire de l'UE et de l'adéquation de l'orientation budgétaire effective au niveau national et de la zone euro.

44

Nous avons cherché à déterminer si:

  1. les évaluations de la Commission concernant le respect des règles budgétaires de l'UE concordaient avec celles des institutions budgétaires indépendantes;
  2. le comité budgétaire européen était en mesure de fournir des avis indépendants.

Risque d'incohérence entre les évaluations de la Commission et des institutions budgétaires indépendantes concernant le respect des règles budgétaires de l'UE

45

Le droit de l'UE n'est pas prescriptif en ce qui concerne les règles budgétaires nationales (par exemple pour ce qui est de leur nombre, de leur type ou des détails de leur conception), mais il dispose qu'elles doivent promouvoir efficacement le respect des valeurs de référence en matière de déficit et de dette fixées conformément aux obligations découlant du TFUE. En réalité, les parties au pacte budgétaire (voir point 06) ont adopté des règles budgétaires nationales étroitement liées à celles du volet préventif du PSC.

46

À l'instar de ce dernier, le TSCG exige une position budgétaire «à l'équilibre ou en excédent», c'est-à-dire un solde structurel égal ou supérieur à l'OMT, ou conforme à la trajectoire d'ajustement en vue de sa réalisation. Qui plus est, la réalisation de l'OMT, ou les progrès accomplis à cette fin, doivent être évalués sur la base d'une analyse du respect du critère de dépenses du PSC, qui veut que ces dernières n'augmentent pas plus rapidement que le PIB potentiel (une comparaison des règles du volet préventif du PSC et de celles du TSCG est présentée à l'annexe IV).

47

Dans certains États membres (par exemple l'Italie et le Portugal), les institutions budgétaires indépendantes sont en outre chargées d'évaluer le respect des règles budgétaires de l'UE. Certaines institutions budgétaires indépendantes qui ne sont pas mandatées pour ce faire (par exemple en France) le font de leur propre initiative. Notre enquête auprès des institutions budgétaires indépendantes a montré que la moitié d'entre elles contrôlaient le respect des règles budgétaires chiffrées de l'UE.

48

Celles auprès desquelles nous avons réalisé une enquête considèrent que leur évaluation du respect des règles budgétaires de l'UE ne fait pas double emploi avec celle de la Commission, mais la complète, dans la mesure où elle peut favoriser l'appropriation des règles budgétaires de l'UE par les autorités nationales. Nos entretiens avec les institutions budgétaires indépendantes ont permis de confirmer leurs réponses. Cependant, les institutions budgétaires indépendantes qui contrôlent uniquement le respect des règles budgétaires nationales ne sont pas favorables au fait de devoir également contrôler celui des règles budgétaires de l'UE. L'une des raisons avancées est le risque en matière de réputation en cas d'appréciations divergentes.

49

En effet, lorsque tant la Commission que les institutions budgétaires indépendantes évaluent le respect des règles budgétaires de l'UE, il se peut qu'elles parviennent à des conclusions différentes. Cela est notamment dû au fait que, comme nous l'avons déjà fait observer dans notre rapport spécial n° 18/2018, la Commission fait amplement usage de son pouvoir d'appréciation41 lors de l'évaluation de la conformité avec les règles budgétaires de l'UE (à savoir le respect de la trajectoire d'ajustement en vue de la réalisation de l'OMT).

50

Par ailleurs, le règlement établissant le PSC autorise une marge d'écart assez conséquente par rapport à la valeur de référence d'un État membre42 en permettant de tenir compte d'un certain nombre de facteurs dans l'évaluation du respect des règles budgétaires. Parmi ces facteurs, citons:

  1. la mise en œuvre de réformes structurelles majeures;
  2. les circonstances inhabituelles;
  3. le besoin d'investissements publics;
  4. d'«autres facteurs» non spécifiés.
51

Dès lors, lorsqu'un État membre s'écarte sensiblement des ajustements budgétaires (c'est-à-dire des réductions du déficit public) auxquels il est censé procéder, la Commission peut au final décider de ne pas agir et considérer que l'État membre respecte les règles budgétaires de l'UE.

52

Dans leurs réponses à notre enquête, les institutions budgétaires indépendantes ont également évoqué ces problèmes, qu'elles considèrent comme des faiblesses susceptibles d'impacter leurs travaux. Environ 40 % de celles qui ont répondu estimaient que ces questions pouvaient potentiellement entraîner des différences entre leur évaluation du respect de l'OMT ou de la trajectoire d'ajustement en vue de sa réalisation et celle effectuée par la Commission (voir figure 3).

Figure 3

Réponses des institutions budgétaires indépendantes à l'enquête de la Cour

Source: Enquête de la Cour des comptes européenne.

53

Les autres causes de divergences (voir point 49) tiennent au fait que pour calculer le PIB potentiel, les institutions budgétaires indépendantes i) utilisent leur propre méthodologie et/ou ii) s'appuient sur leurs propres hypothèses et ensembles de données. La Commission a toutefois renforcé sa coopération avec elles, en leur expliquant sa propre méthodologie afin de contribuer à prévenir ces différences.

54

Enfin, dans ses conclusions sur le respect des règles budgétaires de l'UE, la Commission peut tenir compte des discussions qu'elle a avec les autorités de l'État membre concerné et auxquelles les institutions budgétaires indépendantes ne participent pas.

55

Le risque d'incohérence entre les conclusions des institutions budgétaires indépendantes et celles de la Commission a déjà été mentionné par le comité budgétaire européen43 et est également confirmé par notre enquête. En effet, 20 % des institutions budgétaires indépendantes ont indiqué qu'elles avaient déjà constaté de telles différences. Des exemples de conclusions divergentes sont présentés à l'encadré 3.

Encadré 3

Exemple d'évaluations de la Commission et d'institutions budgétaires indépendantes débouchant sur des conclusions différentes

Dans son rapport d'évaluation budgétaire de novembre 2016, l'institution budgétaire indépendante d'Irlande (Irish Fiscal Advisory Council — IFAC) a indiqué que le projet de plan budgétaire 2017 de l'Irlande n'était pas conforme aux exigences relatives à la règle budgétaire prévue par la loi nationale sur la responsabilité budgétaire ni au volet préventif de l'UE pour 2016 et 201744. En revanche, la Commission l'a jugé globalement conforme aux dispositions du PSC.

Dans son évaluation du projet de plan budgétaire français pour 2018, l'institution budgétaire indépendante de France (le Haut Conseil des finances publiques – HCFP) souligne que «les ajustements structurels prévus pour 2018 (0,1 point de PIB) et 2019 (0,3 point de PIB), qui seront soumis à l'appréciation de la Commission, ne sont pas conformes aux règles du [volet] préventif du pacte de stabilité». Or la Commission avait un avis moins tranché sur ce projet de plan budgétaire et considérait la France comme «présentant un risque de non-conformité».

La création du comité budgétaire européen a constitué une avancée, mais son rôle et son indépendance peuvent être renforcés

56

Le rapport des cinq présidents envisageait les missions suivantes pour le comité budgétaire européen:

  • coordonner le réseau des conseils budgétaires nationaux et respecter les mêmes normes d'indépendance;
  • fournir des conseils mais non mettre en œuvre des politiques. Le contrôle du respect des règles devrait rester de la compétence de la Commission européenne, qui devrait pouvoir s'écarter de l'avis du comité budgétaire européen pour autant qu'elle ait des motifs valables et qu'elle les étaie;
  • porter un jugement économique, plutôt que juridique, sur l'orientation budgétaire, tant au niveau national que de la zone euro, dans le contexte des règles budgétaires de l'UE. Ce jugement serait fondé sur les règles énoncées dans le pacte de stabilité et de croissance;
  • être à même d'émettre des avis dans les cas où il le juge nécessaire, notamment dans le cadre de l'évaluation des programmes de stabilité, de la présentation des projets de plans budgétaires annuels et de l'exécution des budgets nationaux;
  • fournir une évaluation ex post de la manière dont le cadre de gouvernance a été mis en œuvre.
57

Cependant, dans la décision 2015/1937, la Commission a omis la plupart des aspects de ces missions liés à la dimension nationale. En particulier, elle n'a pas chargé le comité budgétaire européen d'émettre des avis sur les programmes nationaux de stabilité ou de convergence, les plans budgétaires nationaux ou l'exécution des budgets nationaux. En outre, elle l'a simplement chargé de coopérer avec les institutions budgétaires indépendantes plutôt que de les coordonner. Nous observons que les institutions budgétaires indépendantes étaient elles-mêmes opposées à une coordination par la BCE, parce qu'elles la considéraient comme allant à l'encontre de l'objectif de renforcement de l'appropriation nationale et qu'elle aurait nui à leur indépendance.

58

Dans un discours prononcé en novembre 2015, le président de l'Eurogroupe a estimé qu'il était utile de disposer d'une grande organisation sœur européenne des conseils budgétaires nationaux, instituée en dehors de la Commission, pour fournir des évaluations indépendantes des projets de budgets nationaux, sur lesquelles la Commission peut fonder son avis (politique).

59

Par ailleurs, dans leur rapport, les cinq présidents appelaient à ce que le comité budgétaire européen «respecte les mêmes normes d'indépendance» que celles imposées aux institutions budgétaires indépendantes par le règlement n° 473/2013.

60

La décision 2015/1937 dispose, en son article 4, que les membres du comité agissent en toute indépendance. L'indépendance du comité budgétaire européen pâtit toutefois de son régime statutaire faible et de ses ressources limitées45.

  1. le président et les membres du comité sont nommés par la Commission. Leur mandat est à temps partiel, court (trois ans) et renouvelable une fois, et il n'y a pas de dispositions ayant trait à leur révocation (par exemple en cas d'incapacité ou de faute grave);
  2. comme les règles régissant le comité budgétaire européen relèvent d'une décision de la Commission, celle-ci peut les modifier;
  3. le comité ne jouit d'aucune indépendance financière, ne disposant pas de son propre budget, et il ne peut pas librement gérer ses ressources humaines. Son budget relève du budget «euro et dialogue social» du cabinet du vice-président de la Commission et couvre la rémunération des membres (qui ont le statut de conseillers spéciaux) et les coûts de leurs déplacements professionnels. Le secrétariat du comité est une unité du secrétariat général de la Commission. Ses dépenses (déplacements professionnels, invitation d'experts, organisation d'ateliers, etc.) sont dès lors couvertes par le budget opérationnel du secrétariat général;
  4. le comité budgétaire européen est attaché au secrétariat général de la Commission et siège dans des locaux de celui-ci, tandis que son site internet est également hébergé par la Commission.
61

Les facteurs susmentionnés font que la structure institutionnelle est faible, comme l'a également souligné la BCE, en affirmant que la création du comité budgétaire européen sur la base d'une décision de la Commission et au sein de la structure organisationnelle de celle-ci n'était pas conforme aux normes établies pour ses homologues au niveau national46. Le FMI s'est exprimé dans le même sens47.

62

En outre, alors que le rapport des cinq présidents stipule que le comité budgétaire européen «devrait être à même d'émettre des avis dans les cas où il le juge nécessaire», la décision 2015/1937 prévoit uniquement la publication d'un rapport annuel. Le comité budgétaire européen ne s'y voit pas offrir explicitement la possibilité de publier des évaluations en temps réel ou d'émettre des avis publics, ce qui lui serait de toute façon difficile en raison de ses ressources limitées.

63

Dans la pratique, le comité publie deux types de rapports périodiques: 1) son évaluation de l'orientation budgétaire appropriée pour la zone euro, en juin et 2) un rapport annuel, en fin d'exercice. Il a en outre publié récemment une évaluation des règles budgétaires de l'UE48.

64

Notre évaluation des quatre rapports publiés en 2017 et en 2018 est qu'ils présentent une bonne qualité analytique. Cela a été confirmé par les parties prenantes que nous avons rencontrées dans les États membres de notre échantillon et par notre enquête auprès des institutions budgétaires indépendantes, qui étaient 87 % à juger «bonne» la qualité de l'analyse dans les rapports du comité, contre 10 % qui la trouvaient «moyenne» et 3 % seulement, «médiocre».

65

Dans son rapport annuel, le comité budgétaire européen fournit une évaluation de la mise en œuvre du cadre budgétaire de l'Union. Il formule en outre, dans une section spécifique, des propositions concernant l'évolution future de ce cadre budgétaire. Toutefois, si dans ses rapports annuels, le comité évalue aussi une sélection d'aspects liés à l'efficience des institutions budgétaires indépendantes, tels que la manière dont celles-ci mettent en œuvre le principe «appliquer ou expliquer» et la question de savoir si leur droit d'accès à l'information est garanti, il n'indique nullement, dans la section spécifique consacrée aux propositions, comment améliorer la situation de ces institutions.

66

Qui plus est, la décision 2015/1937 ne précise pas comment les propositions du comité budgétaire européen doivent alimenter le processus décisionnel interne de la Commission. En réalité, celle-ci peut les ignorer sans devoir se justifier car, contrairement à ce qui était proposé dans le rapport des cinq présidents, elle n'est pas liée par le principe «appliquer ou expliquer». Ce problème a été soulevé par la BCE49 ainsi que par le Médiateur européen50.

67

Dans sa réponse au Médiateur européen, le Vice-président de la Commission européenne a expliqué qu'il était impossible d'établir un strict parallèle entre le comité budgétaire européen et les institutions budgétaires indépendantes. Les institutions budgétaires indépendantes nationales sont des organismes qui surveillent la conformité des politiques nationales avec les règles budgétaires. Le comité budgétaire européen ne surveille pas le budget de l'UE ou son exécution; il s'agit d'un organe consultatif indépendant au sein de la Commission. C'est pourquoi le Vice-président de la Commission européenne a fait valoir que le principe «appliquer ou expliquer» ne valait pas dans ce contexte.

68

La qualité de l'analyse du comité budgétaire européen et les points de vue critiques qu'il exprime indiquent que, bien qu'il soit intégré au sein de la Commission, il parvient à émettre des avis indépendants. Toutefois, cette indépendance repose uniquement de la composition actuelle du comité plutôt que sur sa structure institutionnelle. Notre enquête a montré que les institutions budgétaires indépendantes ont une perception ambivalente de l'indépendance du comité budgétaire européen: 53 % d'entre elles considèrent qu'il jouit d'une «indépendance limitée», tandis que 47 % estiment qu'il est «totalement indépendant».

La Commission n'a eu jusqu'ici qu'une assurance limitée quant à la mise en œuvre appropriée des cadres budgétaires nationaux

69

Les exigences initiales relatives aux cadres budgétaires des États membres n'ont pas été énoncées dans un règlement, mais ont pris la forme d'une directive. De ce fait, la mise en œuvre de ces exigences prend plus de temps et les États membres disposent d'une marge d'appréciation quant à ses modalités.

70

Cependant, dans son rapport 2011 sur les finances publiques dans l'UEM, publié en 201251, la Commission a souligné que le choix d'une directive répondait à la nécessité de parvenir à un équilibre dans les exigences des États membres.

71

Nous avons cherché à déterminer:

  1. si la Commission avait pu tirer des conclusions en temps utile sur la conformité de la législation nationale avec les exigences de l'UE;
  2. si l'évaluation de la Commission avait fourni des informations utiles sur la mise en œuvre et l'application des cadres budgétaires nationaux.

Les conclusions relatives à la conformité des lois nationales avec les exigences de l'UE ont pris des retards dus à des facteurs dont la Commission n'avait pas toujours le contrôle

72

La date limite de transposition de la directive 2011/85 était le 31 décembre 2013. Les États membres devaient communiquer à la Commission leurs mesures nationales de transposition. Ils ont adopté 323 mesures de ce type, mais n'en ont communiqué que 67 (soit 20 %) dans les délais (voir figure 4). En effet, les États membres devaient incorporer dans leur droit national non seulement les exigences de la directive 2011/85, mais également celles découlant du règlement n° 473/2013 et du pacte budgétaire.

Figure 4

Notification des mesures de mise en œuvre au niveau national par année

Source: Cour des comptes européenne.

73

Tous les États membres n'ayant pas transposé la directive 2011/85 à la date limite, la Commission a ouvert 17 procédures d'infraction pour non-communication des mesures nationales de transposition. Comme le montre le tableau 2, la majorité de ces affaires (14) ont été clôturées dans l'année, ce qui correspond au délai de référence de la Commission52. En raison de la longueur des processus d'adoption de la législation en Slovénie et en Tchéquie, ces pays ont fini de transposer la directive 2011/85 respectivement en 2018 et en 2019. Cela a inévitablement retardé le lancement du processus d'évaluation de la conformité pour les 17 États membres faisant l'objet d'une procédure d'infraction.

Tableau 2 – État des lieux des procédures d'infraction pour non-communication (juin 2019)

Lancement de la procédure d'infraction pour «non-communication» 27 janvier 2014 BE, BG, CZ, DK, DE, EE, EL, HR, IT, CY, LT, LU, MT, AT, SI, FI, UK
Clôturée en juillet 2014 BE, DK, DE, EE, HR, IT, CY, LT, AT, FI, UK DÉLAI DE RÉFÉRENCE RESPECTÉ
Clôturée en novembre 2014 EL, LU, MT
Clôturée en juillet 2015 BG DEUX MOIS APRÈS LE DÉLAI DE RÉFÉRENCE
Saisine de la Cour de justice de l'UE en juillet 2017 SI RETARDS IMPORTANTS
En cours CZ

Source: Cour des comptes européenne.

74

La Commission n'ayant pas achevé les évaluations de conformité, qui consistent en des contrôles de transposition et des contrôles de conformité, avant l'expiration de son propre délai de référence53, les objectifs de performance fixés dans les plans de gestion annuels de la DG ECFIN pour la période 2014‑2017 n'ont été atteints qu'en partie.

75

À l'issue de ses contrôles de transposition et de conformité, la Commission a engagé des «procédures EU Pilot» contre 11 États membres en août 2016, contre sept autres en avril 2017 puis à nouveau contre sept autres en juillet 2019. Il s'agissait d'une première étape pour tenter de résoudre les problèmes de transposition et ainsi éviter d'engager des procédures formelles d'infraction dans la mesure du possible. En ce qui concerne les trois États membres restants, la Commission n'avait pas encore décidé, en septembre 2019, de lancer de procédures EU Pilot.

76

L'ordre dans lequel les procédures EU Pilot se sont succédé (voir tableau 3) n'a pas été établi dans un plan de mise en œuvre, mais s'explique par des raisons opérationnelles, à savoir le fait que les États membres n'étaient pas en mesure de participer à des «dialogues EU Pilot» en anglais avec la Commission pour la première série, et le degré de préparation en interne de la Commission pour la deuxième et la troisième. Ainsi, certains États membres de la zone euro dont la dette des administrations publiques est élevée – et pour lesquels il est donc plus important de parvenir à une position budgétaire saine – n'ont pas été évalués en priorité (voir figure 5).

77

En 2014 (alors que la transposition en droit national était censée être terminée), les sept États membres de la zone euro contre lesquels la Commission a engagé une procédure EU Pilot en 2019 (voir figure 5, troisième colonne) représentaient 77 % du PIB de la zone euro (66 % du PIB combiné de l'ensemble des États membres de l'UE sans compter le Royaume-Uni et 56 % en le comptant) ainsi que 77 % de la dette publique de la zone euro (72 % de la dette publique combinée de l'ensemble des États membres de l'UE sans compter le Royaume-Uni et 60 % en le comptant).

Figure 5

Ventilation des États membres par série de procédures EU Pilot

Source: Cour des comptes européenne.

78

Les 18 procédures EU Pilot des deux premières vagues ont été clôturées avec un retard considérable, puisqu'elles ont duré en moyenne plus de 65 semaines, soit bien plus que le délai de référence de 20 semaines fixé par la Commission. Dans trois de ces 18 procédures, nous avons constaté des absences de communication particulièrement longues (de près d'un an, voire plus) durant lesquelles la Commission attendait que les États membres mettent en œuvre les mesures requises. Ces trois procédures ont finalement été clôturées dans les deux ans à compter de leur lancement. Dans un cas, la Commission a rejeté les réponses de l'État membre (Belgique). Au total, 11 procédures EU pilot engagées par la Commission contre des États membres se sont soldées par une évaluation positive de la conformité. Dans sept autres cas, la Commission a rejeté les réponses des États membres. Quatre de ces procédures ont été clôturées avant septembre 2019. La Commission poursuit ses échanges informels avec les autres États membres (voir tableau 3), mais elle n'a pas encore entamé de procédure d'infraction54.

Tableau 3 – Durée et état d'avancement des procédures EU Pilot

* Durée calculée jusqu'au 30 septembre 2019.

Source: Cour des comptes européenne.

79

La Commission a dû engager 17 procédures d'infraction pour «non-communication» (voir point 73) et les États membres ont dû prendre 102 mesures nationales de transposition supplémentaires à la suite des contrôles de conformité effectués par la Commission au cours de la période 2015‑2019 (voir figure 4). Avec le recul, cela donne à penser que la Commission avait sous-estimé les difficultés rencontrées par les États membres pour transposer la directive 2011/85 et n'avait pas pris de mesures préventives pour les aider à le faire dans les délais. La Commission dispose de tout un éventail d'«outils d'aide au respect de la législation», qu'elle peut déployer à différentes phases du cycle d'élaboration des politiques55 pour aider les États membres à appliquer correctement le droit de l'UE. Dans le cas de la directive 2011/85, elle ne l'a cependant fait que dans une mesure limitée.

80

La Commission a fourni des orientations aux États membres sur les cadres budgétaires nationaux. En effet, en sus des échanges intervenus lors des procédures EU Pilot, il y a également eu des échanges principalement informels (courriels, appels téléphoniques ou réunions bilatérales), qui ont par exemple donné lieu à des réexamens de projets de législation des États membres visant à transposer la directive 2011/85. Ces échanges ont été confirmés par les parties prenantes que nous avons rencontrées, ainsi que par notre enquête auprès des institutions budgétaires indépendantes (voir figure 6). Il est à noter que la Commission a fourni moins de soutien et d'orientations pour garantir l'application effective des cadres budgétaires nationaux qu'elle ne l'a fait pour veiller au respect des exigences de l'UE par les États membres.

Figure 6

Enquête de la Cour: réponses concernant la fourniture d'orientations et d'un soutien par la Commission

Source: Enquête de la Cour des comptes européenne.

Jusqu'ici, les évaluations de la Commission ont eu une valeur informative limitée, en raison du calendrier ou de considérations liées au mandat

81

Nous avons analysé les évaluations réalisées par la Commission en vertu de la directive 2011/85, du TSCG et du règlement n° 473/2013.

Évaluation de l'application de la directive 2011/85

82

Après avoir évalué la conformité des mesures nationales de transposition, la Commission devait contrôler et évaluer l'application de la directive 2011/85.

83

La Commission n'a pas encore commencé à évaluer l'application de la directive 2011/85 de manière structurée et systématique. Elle prévoit de le faire56 lorsqu'elle aura fini d'évaluer la transposition des exigences de la directive 2011/85 en droit national par les États membres (voir tableau 3).

84

En octobre 2019, la Commission n'avait toujours pas mis en place de stratégie définissant la méthodologie, les critères, les étapes et les éléments livrables par les États membres, en vue de garantir un suivi approprié et en temps utile de l'application de la directive 2011/85.

85

La performance budgétaire de certains États membres qui ont pourtant mis en œuvre la directive 2011/85 (par exemple l'Italie et l'Espagne) ne présente pas les améliorations requises par le PSC. La Commission n'a toutefois pas encore exercé ses pouvoirs de surveillance57 en procédant à une évaluation axée sur la performance opérationnelle d'éléments essentiels des cadres budgétaires nationaux. Ce type d'approche est par exemple appliqué par le FMI dans son évaluation de la transparence budgétaire (Fiscal Transparency Evaluation).

86

La Commission peut aussi réaliser une évaluation des dépenses publiques et de la responsabilité financière (évaluation PEFA), dont elle a elle-même contribué, par l'intermédiaire de la direction générale de la coopération internationale et du développement (DG DEVCO), à élaborer la méthodologie en collaboration avec le FMI et la Banque mondiale. Elle dispose donc, en interne, des connaissances nécessaires à la réalisation des évaluations PEFA.

87

Outre l'évaluation de la conformité et de l'application de la directive 2011/85, la Commission était également tenue de réaliser un réexamen de l'adéquation de cette dernière pour la mi-décembre 2018 au plus tard.

88

L'obligation de réexaminer l'adéquation de la directive ne figurait pas spécifiquement dans la proposition initiale de la Commission, mais elle a été ajoutée au cours du processus législatif. En outre, alors que les cadres budgétaires à moyen terme constituent un élément central des cadres budgétaires nationaux et de la directive 2011/85, ils ne sont pas explicitement couverts par l'examen de l'adéquation. Nous prenons toutefois acte de l'intention de la Commission d'inclure les cadres budgétaires à moyen terme dans le champ de ce réexamen.

89

Malgré ce délai de décembre 2018, en octobre 2019, la Commission n'avait toujours pas publié son réexamen de l'adéquation de la directive 2011/85.

90

Toutefois, se fondant sur une étude économique, la Commission a conclu en janvier 2019 que l'appropriation au niveau national des règles budgétaires de l'UE avait été renforcée ces dernières années par la création de cadres budgétaires nationaux plus robustes, à la suite des initiatives législatives présentées au niveau de l'UE58. L'étude en question s'appuyait sur des données économétriques montrant un lien entre la qualité des cadres budgétaires à moyen terme (mesurée par l'indice des cadres budgétaires nationaux, voir point 04) et le solde primaire corrigé des variations conjoncturelles. Ce lien fort est interprété comme révélateur d'un effet positif sur la discipline budgétaire, dû à l'appropriation au niveau national.

91

L'indice des cadres budgétaires nationaux mesure la qualité de ces derniers sur la base de 11 critères (voir tableau 4). L'une des exigences de la directive 2011/85 n'est couverte par aucun de ces critères, tandis que six de ces derniers ne correspondent pas à des exigences de la directive, mais à d'autres caractéristiques jugées souhaitables par la Commission.

Tableau 4 – Comparaison entre les critères de l'indice des cadres budgétaires à moyen terme et les exigences de la directive 2011/85 applicables à ces derniers pour l'ancienne méthodologie et la nouvelle (affinée)

Remarque: : non compris.

Source: Cour des comptes européenne.

92

Cependant, malgré son utilité, cette analyse ne saurait être considérée comme un réexamen de l'adéquation de la directive 2011/85 en ce qui concerne les exigences applicables aux cadres budgétaires à moyen terme, et ce pour les raisons suivantes:

  • l'indice des cadres budgétaires à moyen terme utilisé dans le cadre de cette analyse repose sur la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire (voir point 04), qui contient des informations provenant, pour l'essentiel, des autorités nationales plutôt que d'une évaluation autonome de la Commission concernant le fonctionnement des cadres budgétaires nationaux;
  • les critères utilisés pour calculer l'indice et les exigences de la directive 2011/85 ne se recoupent qu'en partie (voir point 91);
  • une amélioration de l'indice peut simplement être due à l'adoption d'une réforme budgétaire, avant même que celle-ci n'entre en vigueur, auquel cas l'indice renseigne uniquement sur la conformité de ses dispositions plutôt que sur ses effets réels (voir encadré 4);
  • l'indice couvre la période 2006‑2015. Or, les procédures EU Pilot n'ont commencé qu'après 2015, ce qui veut dire que l'indice ne saurait refléter les évaluations de la Commission relatives à la transposition ou à l'application de la directive 2011/85;
  • l'indice des cadres budgétaires à moyen terme affiche une amélioration (augmentation de la note) pour les États membres de la zone euro en 2011 ou pour des exercices antérieurs, sauf en ce qui concerne la France, l'Allemagne et la Finlande (légère augmentation respectivement en 2012, 2013 et 2015) ainsi que le Luxembourg (2014). Les améliorations intervenues jusqu'en 2011 ne peuvent toutefois pas être considérées comme reflétant l'impact de la directive 2011/85, qui n'est entrée en vigueur que le 13 décembre 2011. Les États membres qui bénéficient d'un programme d'assistance financière (Irlande, Grèce, Espagne, Chypre, Lettonie et Portugal) ont également connu des améliorations, tout comme un État membre en voie d'adhésion à la zone euro (la Lituanie). Or, dans son analyse, si elle reconnaît le rôle joué par les programmes d'assistance financière, la Commission n'établit pas de distinction entre les effets de la directive 2011/85 et ceux des obligations découlant de ces programmes ou de la volonté d'un État membre d'adhérer à la zone euro.

Encadré 4

Exemples d'augmentation de l'indice des cadres budgétaires à moyen terme liée à l'adoption et non aux effets réels de réformes budgétaires

Nous avons constaté que la Commission avait revu à la hausse l'indice des cadres budgétaires à moyen terme de certains États membres de notre échantillon (Italie, Lettonie et Luxembourg) immédiatement après qu'ils avaient adopté des réformes budgétaires (respectivement en 2009, 2013 et 2014), même si la mise en œuvre de ces réformes (et donc leur incidence) était progressive et n'était pas achevée en 2015.

Dans le cas de l'Italie, une nouvelle législation comptable a été adoptée en 2009, mais plusieurs actes de droit dérivé ont été nécessaires et ont été arrêtés au fil du temps. Le processus de mise en œuvre est toujours en cours (selon les rapports du ministère des finances).

Dans les cas du Luxembourg et de la Lettonie, au cours des procédures EU Pilot, la Commission a constaté des écarts entre la réforme adoptée et les exigences de la directive 2011/85, qui ont retardé la conclusion des procédures EU Pilot. Les autorités nationales ont dû combler ces écarts par des modifications d'ordre législatif ou administratif, qui ne sont intervenues (et qui n'ont donc produit leurs effets) qu'après la date limite fixée pour l'analyse économétrique.

Évaluation du pacte budgétaire

93

En vertu du TSCG, la Commission est tenue de présenter «en temps utile» un rapport évaluant la conformité des dispositions nationales adoptées par les États membres avec le pacte budgétaire (voir point 06). Sur la base des informations communiquées par les États membres, la Commission a publié son rapport le 22 février 201759. Conformément à son mandat, la Commission a centré son évaluation sur la conformité juridique des dispositions nationales. Elle n'a pas reçu de mandat pour évaluer l'application effective des nouvelles règles nationales transposant le pacte budgétaire.

94

Les principales conclusions qui peuvent être tirées du rapport sont les suivantes:

  • tous les États membres ont mis en place une règle d'équilibre budgétaire contraignante, même si certains seulement l'ont fait au niveau constitutionnel;
  • la définition des circonstances exceptionnelles autorisant un écart temporaire par rapport à l'OMT diffère d'un État membre à l'autre;
  • le degré d'automaticité du mécanisme de correction et la portée des mesures correctrices requises varient d'un État membre à l'autre;
  • des dispositions juridiques ont été adoptées dans tous les États membres pour mettre en place des institutions budgétaire indépendantes, même si la Commission nourrit quelques préoccupations concernant les garanties d'indépendance de certaines d'entre elles;
  • de nombreux États membres n'avaient pas encore intégré le principe «appliquer ou expliquer» dans leur cadre juridique (à savoir l'obligation pour le gouvernement de se justifier lorsqu'il ne se conforme pas aux évaluations de l'institution budgétaire indépendante), mais ils se sont engagés à l'appliquer de manière appropriée.
95

L'évaluation globale de la Commission était positive, même si la transposition du pacte budgétaire a été lente et incomplète. En réalité, pour 16 États membres, l'évaluation positive de la conformité était subordonnée à la mise en œuvre des engagements qu'ils avaient pris. Or, comme l'a souligné la BCE60, les engagements ne suffisent pas à pallier l'absence de dispositions légales, car ils ne sont pas opposables. L'évaluation était donc incomplète et, en se satisfaisant des engagements pris, la Commission a affaibli les exigences.

Évaluation de la mise en œuvre du règlement n° 473/2013

96

En novembre 2014, la Commission a procédé à une première évaluation de l'application du règlement n° 473/2013, dans le cadre du réexamen de la gouvernance économique concernant les actes législatifs régissant le «six-pack» et le «two-pack». Toutefois, l'évaluation n'a pas été concluante, car elle est intervenue trop peu de temps après l'entrée en vigueur du règlement n° 473/2013. L'évaluation finale est attendue pour fin 2019.

97

La Commission surveille également l'évolution des législations nationales relatives aux cadres budgétaires nationaux et leur application dans le contexte du semestre européen61, bien que dans une mesure limitée: elle vérifie en effet si les positions budgétaires des États membres s'approchent de leur OMT (voir point 46), mais n'évalue pas de façon détaillée le fonctionnement de leurs cadres budgétaires nationaux. De plus amples informations sur les différentes étapes sont présentées à la figure 7.

Figure 7

Évaluation des cadres budgétaires nationaux par la Commission aux différentes étapes du semestre européen

Source: Cour des comptes européenne.

Conclusions et recommandations

98

Nous avons examiné si les actions de la Commission destinées à renforcer les cadres budgétaires des États membres de l'UE avaient permis d'atteindre les résultats escomptés. Nous en concluons qu'en proposant la directive 2011/85 et le règlement n° 437/2013, qui ont été adoptés, ainsi que le projet de directive de 2017, pour lequel le processus législatif est toujours en cours, la Commission a contribué à favoriser l'amélioration des cadres budgétaires nationaux (point 17).

99

Toutefois, elle n'a pas précisé comment elle réduira au minimum les divergences entre ses propres évaluations et celles des institutions budgétaires indépendantes concernant le respect des règles budgétaires de l'UE dans les cas où celui-ci est évalué aussi bien par elle que par l'institution budgétaire indépendante nationale.

100

Il arrive que la Commission parvienne à des conclusions différentes de celles tirées par une institution budgétaire indépendante nationale. L'une des raisons en est que lorsqu'elle évalue ce respect, la Commission fait pleinement usage de la marge de discrétion que lui accorde le droit de l'UE et de son pouvoir d'interprétation de cette marge. Cela vaut en particulier pour les «circonstances exceptionnelles» acceptées comme justification pour assouplir les ajustements demandés aux États membres qui n'ont pas encore atteint leurs objectifs budgétaires à moyen terme (points 45 à 55).

Recommandation n° 1 – Évaluations de la conformité par la Commission et les institutions budgétaires indépendantes

La Commission devrait renforcer sa coopération avec les institutions budgétaires indépendantes afin de leur permettre de jouer leur rôle de manière efficace et pour réduire au minimum les divergences entre ses propres évaluations et celles desdites institutions concernant le respect des règles budgétaires de l'UE.

Quand? À partir de 2020.

101

Bon nombre des exigences du cadre juridique de l'UE relatives aux cadres budgétaires à moyen terme et aux institutions budgétaires indépendantes ne sont pas conformes aux normes et bonnes pratiques internationales établies par le FMI et l'OCDE, et ce, souvent en contradiction avec le point de vue exprimé dans des documents économiques publiés par la Commission elle-même. S'il est approuvé, le projet de directive de 2017 ne permettra de remédier qu'en partie à ces faiblesses (points 18 à 41).

Recommandation n° 2 – Réexaminer les exigences applicables aux cadres budgétaires nationaux

Pour renforcer encore les cadres budgétaires, la Commission devrait réexaminer les exigences relatives aux cadres budgétaires à moyen terme et aux institutions budgétaires indépendantes, notamment à la lumière des normes et bonnes pratiques internationales, et proposer des mesures appropriées pour en améliorer la portée et l'efficacité. Pour ce faire, elle devrait se fonder sur les observations formulées dans le présent rapport, ainsi que sur les résultats de son examen de l'adéquation et ceux de son évaluation concernant la conformité et l'application de la directive 2011/85 et du règlement n° 473/2013.

Quand? Dans un délai d'un an à compter de la publication de l'évaluation de la Commission relative au «six-pack» et au «two-pack» (qui couvrent la directive 2011/85 et le règlement n° 473/2013).

102

L'efficacité du comité budgétaire européen est limitée par sa structure institutionnelle actuelle. Qui plus est, la Commission n'est pas tenue au principe «appliquer ou expliquer» (points 56 à 68).

Recommandation n° 3 – Renforcer le comité budgétaire européen

Pour renforcer encore le contrôle de l'application des règles budgétaires de l'UE et l'évaluation indépendante des travaux de la Commission concernant la dimension nationale, la Commission devrait:

  1. revoir le mandat ainsi que la structure institutionnelle du comité budgétaire européen et publier les conclusions de cette revue, accompagnées de justifications dans le cas où elle ne proposerait aucune modification;
  2. se plier au principe «appliquer ou expliquer», c'est-à-dire justifier publiquement les cas où elle ne se conforme pas aux évaluations du comité budgétaire européen.

Quand? Dans un délai d'un an à compter de la publication de l'évaluation de la Commission relative au «six-pack» et au «two-pack» (qui couvrent la directive 2011/85 et le règlement n° 473/2013).

103

La Commission n'a pas encore achevé son évaluation de la conformité des législations nationales avec les exigences de la directive 2011/85, évaluation qui comporte des contrôles de transposition et de conformité (points 72 à 80).

104

Les évaluations de la Commission concernant l'application du cadre juridique établi par l'UE (directive 2011/85 et règlement n° 473/2013) n'ont pas encore été réalisées ou l'ont été à un stade trop précoce de la mise en œuvre pour être utiles (points 84 à 92 et 96).

105

Actuellement, le suivi de l'évolution des cadres budgétaires nationaux assuré par la Commission est, entre autres, fondé sur la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire. Cette base de données contient des informations fournies par les États membres qui concernent principalement la structure institutionnelle des cadres budgétaires nationaux plutôt que leur fonctionnement réel (point 92).

Recommandation n° 4 – Renforcer le contrôle de l'application des cadres budgétaires nationaux

Pour évaluer si les objectifs fixés dans les actes juridiques (directive 2011/85 et règlement n° 473/2013) ont été atteints, et compte tenu du fait que huit et six ans se sont écoulés respectivement depuis leur adoption, la Commission devrait:

  1. achever sans plus tarder l'évaluation de la conformité;
  2. réaliser et publier dès que possible un réexamen complet de l'adéquation de la directive 2011/85;
  3. revoir les questionnaires relatifs à la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire ou trouver un autre outil adéquat qui permette de demander périodiquement des informations complètes sur le fonctionnement réel des cadres budgétaires nationaux;
  4. suivre régulièrement le fonctionnement des cadres budgétaires nationaux, selon une méthodologie structurée axée sur la performance opérationnelle des éléments clés des cadres budgétaires nationaux. La Commission devrait assurer un suivi de toute faiblesse importante constatée.

Quand? D'ici la mi-2020 pour l'alinéa a), d'ici la fin 2019 pour l'alinéa b), d'ici la fin 2020 pour l'alinéa c) et à compter de 2021 pour l'alinéa d).

Le présent rapport a été adopté par la Chambre IV, présidée par M. Alex Brenninkmeijer, Membre de la Cour des comptes, à Luxembourg le 15 octobre 2019.

Par la Cour des comptes

Klaus-Heiner Lehne
Président

Annexes

Annexes I – Chronologie des bases juridiques et publications pertinentes

Source: Cour des comptes européenne.

Annexe II – Point de vue de la Commission concernant le cadre budgétaire à moyen terme

i) Un seul et même processus pour établir le cadre budgétaire à moyen terme et le budget annuel, et intégration complète de la documentation

01

La Commission avait reconnu le problème dès 2011 en soulignant que si les programmes de stabilité ou de convergence présentaient déjà un caractère pluriannuel, les documents stratégiques en question étaient restés d'une pertinence politique limitée dans le débat entourant les discussions sur les stratégies budgétaires, en dépit du fait que les États membres sont censés établir leur budget conformément à leurs engagements au titre du PSC62. Par ailleurs, dans son rapport d'étape de 2012 sur la mise en œuvre de la directive 2011/85, la Commission a fait référence à l'intégration du cadre budgétaire à moyen terme dans le cycle budgétaire annuel et à l'intégration complète de la documentation comme des éléments essentiels devant «être soigneusement étudiés»63.

ii) Contrôles prospectifs des dépenses en vue d'assurer le respect des plans à moyen terme

02

En ce qui concerne les dispositions relatives aux reports, la Commission a souligné la nécessité de limiter le volume des crédits non dépensés pouvant être reportés à l'exercice suivant (ou à des exercices ultérieurs), faute de quoi ces dispositions pourraient amoindrir la sévérité et le pouvoir prédictif du cadre64. Par ailleurs, elle considère la constitution de réserves pour imprévus et la fixation de règles pour y accéder comme une caractéristique indispensable de tout cadre pluriannuel65.

iii) Mécanisme relatif à l'obligation de rendre compte66

03

Il y a également lieu de constater que l'absence de dispositions concernant le suivi de l'exécution pluriannuelle du budget contraste avec la position de la Commission sur les spécifications essentielles des cadres budgétaires à moyen terme. En effet, depuis 2006, dans le cadre de sa méthodologie de calcul de l'indice des cadres budgétaires à moyen terme, la Commission considère le suivi et l'exécution des objectifs budgétaires pluriannuels comme l'une des cinq dimensions permettant d'évaluer la qualité des cadres budgétaires à moyen terme dans les États membres67. Qui plus est, elle a reconnu dès 2007 que l'absence de suivi constituait une faiblesse dans l'ensemble des États membres68. Elle a par ailleurs rappelé en 2010 que l'analyse des écarts par rapport à la trajectoire budgétaire envisagée, ainsi que les mécanismes de contrôle et de correction, étaient des éléments indispensables de la conception des cadres budgétaires à moyen terme69.

Annexe III – Hétérogénéité des institutions budgétaires indépendantes

Membres du conseil d'administration Ressources humaines Structure de l'institution budgétaire indépendante Budget de l'institution budgétaire indépendante Examen externe
Nom­bre Durée du mandat (en années) Mandat renouvelable? Nombre (ETP*) La direction dispose d'une liberté totale en matière d'engagement et de licenciement du personnel Autonomie/rattachement Source Montant en 2017 (millions d'euros)
France Haut Conseil des finances publiques 11 5 OUI Une fois 3/4 OUI Rattaché à l'institution supérieure de contrôle (ISC) Relève du budget de l'ISC 0,8 s.o.
Grèce Conseil budgétaire grec (Ελληνικό Δημοσιονομικό Συμβούλιο) 5 4/6 OUI Une fois 13 NON Autonome Transferts trimestriels depuis le budget de l'État 1,1 Évaluation technique tous les quatre ans
Italie Bureau parlementaire du budget (Ufficio Parlamentare di Bilancio, UPB) 3 6 NON s.o. 24 OUI Rattaché au Parlement Financement assuré à parts égales par les deux chambres du Parlement 6 s.o.
Lettonie Conseil de discipline budgétaire (Fiskālās disciplīnas padome) 6 6 OUI Deux fois 2 NON Autonome Relève du budget du ministère des finances 0,19 s.o.
Luxembourg Conseil national des finances publiques 7 4 OUI Aucune limite prévue 2 NON Rattaché au ministère des finances Relève du budget du ministère des finances 0,1 s.o.
Institut national de la statistique et des études économiques (Statec) s.o. s.o. s.o. s.o. 160 OUI Rattaché au ministère de l'économie Relève du budget du ministère de l'économie 22,7 s.o.
Pays-Bas Bureau central du plan (Centraal Planbureau, CPB) 3 7 NON s.o. 117 OUI Rattaché au ministère des affaires économiques Financement forfaitaire par le ministère des affaires économiques (80 %), financement par projet provenant des ministères concernés (20 %) 15,4 Examen par les pairs réalisé par des universitaires et des parties prenantes environ tous les cinq ans
Département consultatif du Conseil d'État (Afdeling advisering van de Raad van Staat) 22 À vie s.o. s.o. 3 OUI Rattaché au Conseil d'État Chapitre distinct du budget de l'État 0,32 s.o.
Portugal Conseil des finances publiques (Conselho das Finanças Públicas, CFP) 5 7 NON s.o. 18 OUI Autonome Transfert annuel depuis le budget de l'État 2,6 Étude de l'OCDE réalisée en 2019
OUI pour les membres non exécutifs Une fois
Espagne Autorité indépendante de responsabilité budgétaire (Autoridad Independiente de Responsabilidad Fiscal, AiReF) 4 6 NON s.o. 35 OUI Rattachée au ministère des finances Dotation provenant du budget général de l'État + redevances facturées aux entités publiques pour la supervision assurée par l'AiReF 5,07 Étude de l'OCDE réalisée en 2017

* ETP: équivalent(s) temps plein.

Source: Cour des comptes européenne, sur la base des données fournies par la Commission.

Annexe IV – Les règles budgétaires découlant du volet préventif du pacte de stabilité et de croissance et du pacte budgétaire

Volet préventif du pacte de stabilité et de croissance Pacte budgétaire
Objectif Exige une position budgétaire à l'équilibre ou en excédent, c'est-à-dire un solde structurel égal ou supérieur à l'OMT. La position budgétaire des administrations publiques de toute partie contractante doit être équilibrée ou en excédent (solde structurel ≥ à l'OMT).
Degré de spécification OMT propre à chaque pays, avec une limite de - 1 % du PIB pour les États membres de la zone euro OMT propre à chaque pays, tel que défini dans le PSC, avec une limite de - 0,5 % du PIB pour les États membres de la zone euro (ou - 1 % lorsque le taux d'endettement est «sensiblement inférieur à 60 % du PIB [et] lorsque les risques pour la viabilité à long terme des finances publiques sont faibles»)
Critère de dépenses: le taux de croissance des dépenses, déduction faite des mesures discrétionnaires, devrait être ≤ au taux de croissance potentielle à moyen terme du PIB
Trajectoire d'ajustement 0,5 % du PIB pour critère (plus lorsque la conjoncture est favorable, moins lorsqu'elle est défavorable) Chaque partie contractante assure une convergence rapide vers son OMT. Le calendrier de cette convergence sera proposé par la Commission, compte tenu des risques qui pèsent sur la soutenabilité des finances publiques de chaque pays.
Possibilité de s'écarter temporairement de l'OMT ou de la trajectoire d'ajustement en vue de sa réalisation dans les cas suivants: Les parties contractantes ne peuvent s'écarter temporairement de leur OMT respectif ou de la trajectoire d'ajustement en vue de sa réalisation que dans des «circonstances exceptionnelles», à savoir:
  • mise en œuvre de réformes structurelles majeures ayant une incidence vérifiable sur la viabilité à long terme des finances publiques – accent mis sur la réforme des retraites;
  • événement inhabituel échappant au contrôle de l'État membre concerné et ayant une incidence majeure sur sa situation financière;
  • en cas d'événement inhabituel échappant au contrôle de la partie contractante concernée et ayant une incidence majeure sur la situation financière des administrations publiques;
  • périodes de grave récession économique dans la zone euro ou dans l'ensemble de l'Union, à condition que cela ne compromette pas la viabilité budgétaire à moyen terme.
  • en périodes de grave récession économique au sens du PSC révisé, à condition que l'écart temporaire de la partie contractante concernée ne mette pas en péril la soutenabilité budgétaire à moyen terme.
Description des mesures d'exécution Procédure de correction des écarts significatifs Un mécanisme de correction automatique (fondé sur les principes communs proposés par la Commission)
Évaluation globale Vade-mecum sur le PSC (édition 2018, p. 23):
le respect des exigences du volet préventif est évalué selon une approche reposant sur deux piliers. L'évaluation du solde structurel, qui représente l'un de ces piliers, est complétée par une analyse du taux de croissance d'un agrégat de dépenses, déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes, qui représente l'autre pilier.
TSCG, article 3, paragraphe 1, point b)

«Les progrès réalisés en direction de l'objectif à moyen terme et le respect de cet objectif font l'objet d'une évaluation globale prenant pour référence le solde structurel et comprenant une analyse des dépenses, déduction faite des mesures discrétionnaires en matière de recettes, conformément au pacte de stabilité et de croissance révisé».

Sigles, acronymes et abréviations

BCE: Banque centrale européenne

Conseil: Conseil de l'UE

Conseil Ecofin: Conseil «Affaires économiques et financières»

DG ECFIN: direction générale des affaires économiques et financières de la Commission européenne

FMI: Fonds monétaire international

OCDE: Organisation de coopération et de développement économiques

OMT: Objectif (budgétaire) à moyen terme

PEFA: dépenses publiques et responsabilité financière (Public Expenditure and Financial Accountability)

PIB: Produit intérieur brut

PSC: Pacte de stabilité et de croissance

RPP: recommandation par pays

TFUE: traité sur le fonctionnement de l'Union européenne

TSCG: traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire

Glossaire

Base de données consacrée à la gouvernance budgétaire: instrument de la Commission contenant des informations sur les principaux éléments des cadres de gouvernance budgétaire des États membres, à savoir les règles budgétaires nationales, les institutions budgétaires indépendantes et les cadres budgétaires à moyen terme.

Cadre budgétaire à moyen terme: dispositions budgétaires étendant l'horizon d'élaboration de la politique budgétaire au-delà du calendrier budgétaire annuel.

Cadre budgétaire national: ensemble des mesures, procédures, règles et institutions qui sous-tendent la politique budgétaire.

Comité budgétaire européen: organe consultatif auprès de la Commission, ayant pour mission d'évaluer la mise en œuvre des règles budgétaires de l'UE, de proposer des modifications du cadre budgétaire et de réaliser des évaluations économiques.

Comité de politique économique (CPE): organe consultatif auprès du Conseil Ecofin et de la Commission, contribuant à promouvoir le consensus sur la politique économique (y compris l'emploi et la croissance) ainsi que la viabilité des finances publiques.

Contrôle de conformité: première vérification en vue de déterminer si toutes les dispositions requises d'une directive sont couvertes par les mesures nationales de transposition.

Contrôle de transposition: évaluation du caractère approprié des mesures nationales de transposition et de leur compatibilité avec les dispositions de la directive.

Évaluation de la conformité: évaluation de la transposition et de l'application conforme au niveau national d'une directive de l'UE.

Institution budgétaire indépendante: organisme public qui promeut une politique budgétaire saine et des finances publiques viables en réalisant diverses tâches, y compris des prévisions macroéconomiques et budgétaires et des évaluations de la conformité budgétaire.

Mécanisme de correction automatique: obligation de mettre en œuvre des mesures correctrices qui s'impose automatiquement si des écarts importants sont observés par rapport à l'objectif à moyen terme ou à la trajectoire d'ajustement propre à permettre sa réalisation.

Mise en application: action de mise en vigueur de la législation nationale et de l'UE.

Objectif budgétaire à moyen terme (OMT): objectif de politique budgétaire propre à chaque pays, prévu par le pacte de stabilité et de croissance. Pour la plupart des États membres, il s'établit à 1 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que pour les États membres de la zone euro, il est un peu plus strict (0,5 % du PIB), à moins qu'ils n'aient un taux d'endettement faible.

Pacte budgétaire: accord visant à renforcer la discipline budgétaire, conclu par 22 des 25 parties contractantes qui ont signé le traité intergouvernemental sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire.

Pacte de stabilité et de croissance (PSC): ensemble de règles adoptées en 1997 pour préserver la stabilité de l'Union économique et monétaire en faisant en sorte que les États membres aspirent à des finances publiques saines et coordonnent leurs politiques budgétaires.

Performance budgétaire: respect de la discipline budgétaire pour favoriser la stabilité macroéconomique et une croissance durable.

PIB potentiel: notion théorique désignant le niveau de production (produit intérieur brut) réalisable pour une année donnée avec un taux d'inflation stable. Le PIB potentiel augmente avec le temps, à un rythme qui n'est pas nécessairement constant. Le niveau de production et le taux de croissance ne peuvent être mesurés directement et doivent être estimés.

Procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM): la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques vise à prévenir ainsi qu'à détecter et à traiter l'apparition de déséquilibres macroéconomiques potentiellement préjudiciables qui pourraient avoir des effets négatifs sur la stabilité économique d'un État membre particulier, de la zone euro ou de l'UE dans son ensemble.

Procédure EU Pilot: dialogue informel entre la Commission et un État membre sur un éventuel non-respect du droit de l'UE, avant le lancement d'une procédure formelle d'infraction.

Programmes de stabilité ou de convergence: en vertu du pacte de stabilité et de croissance, les États membres sont tenus de présenter chaque année un document définissant leurs plans budgétaires pour les trois prochaines années. Ces programmes sont utilisés par la Commission et les ministres des finances pour déterminer si les pays sont sur la bonne voie pour atteindre leur objectif budgétaire à moyen terme. Les pays de la zone euro présentent des «programmes de stabilité», tandis que les États membres qui n'ont pas adopté l'euro produisent des «programmes de convergence».

Projet de plan budgétaire: document que les gouvernements des États membres de la zone euro doivent présenter chaque année à la Commission pour servir de base à la coordination des politiques budgétaires.

Règle budgétaire: limite permanente en matière de politique budgétaire, souvent exprimée sous la forme d'un plafond ou d'un objectif chiffré par rapport au produit intérieur brut et appliquée à un indicateur de performance budgétaire.

Règle en matière de dépenses: limitation durable des dépenses en valeur absolue ou de leur taux de croissance.

Règle relative à l'équilibre budgétaire: la situation budgétaire des administrations publiques doit être à l'équilibre ou en excédent. Le pacte de stabilité et de croissance et le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire disposent tous deux que cette règle est réputée être respectée si le solde structurel annuel des administrations publiques correspond à l'objectif à moyen terme.

Réseau des institutions budgétaires indépendantes de l'UE (Network of EU IFIs): plateforme d'échange de vues et d'expertise et de mise en commun des ressources créée en 2015. Ouvert à tous les organismes indépendants de surveillance budgétaire, ce réseau est présidé par l'une des institutions budgétaires indépendantes.

Réseau européen des institutions budgétaires indépendantes (EU Network of IFIs): groupe créé en 2013 sous les auspices de la Commission. Rassemblant les institutions budgétaires indépendantes nationales de l'UE et le comité budgétaire européen, il est présidé par la Commission.

Semestre européen: cycle annuel établissant un cadre pour coordonner et suivre les avancées des politiques macroéconomiques des États membres de l'UE, en particulier les politiques budgétaires telles qu'elles sont définies par le pacte de stabilité et de croissance.

«Six-pack»: paquet législatif de l'UE relatif à la gouvernance économique. Composé de six mesures législatives (cinq règlements et la directive 2011/85), il a été adopté en novembre 2011.

Solde primaire: solde budgétaire hors paiement des intérêts de la dette publique.

Solde structurel: solde budgétaire réel, hors composante conjoncturelle, mesures ponctuelles et autres mesures temporaires. Il donne une indication de la tendance sous-jacente du solde budgétaire.

Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire: traité intergouvernemental adopté en 2012, qui établit des règles pour encourager la discipline budgétaire et la coordination des politiques économiques entre les parties contractantes et pour améliorer la gouvernance de la zone euro.

Transposition: adoption, publication et entrée en vigueur de dispositions nationales en application d'une directive de l'UE dans le délai fixé.

«Two-pack»: train de mesures législatives de l'UE composé de deux règlements (nos 472 et 473) et adopté en mai 2013 dans le but de renforcer la gouvernance économique dans la zone euro.

Volet correctif du pacte de stabilité et de croissance: procédure concernant les déficits excessifs, lancée par le Conseil, sur recommandation de la Commission, à l'encontre de tout État membre de l'UE qui dépasse le plafond du déficit budgétaire imposé par le règlement relatif au pacte de stabilité et de croissance de l'UE. La procédure comporte plusieurs étapes, susceptibles d'aboutir à des sanctions, visant à encourager l'État membre concerné à maîtriser son déficit budgétaire, comme l'exige le bon fonctionnement de l'Union économique et monétaire.

Volet préventif du pacte de stabilité et de croissance: l'objectif premier du volet préventif, tel qu'il est énoncé dans le règlement (CE) n° 1466/97 du Conseil, était de garantir que les États membres convergent rapidement vers une position budgétaire proche de l'équilibre ou excédentaire leur permettant de faire face aux fluctuations conjoncturelles normales sans dépasser le plafond de 3 % fixé pour le déficit nominal.

Réponses de la Commission

Synthèse

I

La Commission salue l’audit de la performance de la Cour des comptes sur la stabilité budgétaire. La Commission est à l’avant-garde des efforts de l’Union européenne visant à améliorer la gouvernance budgétaire tant au niveau de l’Union qu'au niveau des États membres. Tirant parti de ses connaissances approfondies des cadres budgétaires nationaux, la Commission a présenté, au cours de la crise économique, des propositions législatives introduisant des exigences essentielles applicables aux cadres budgétaires des États membres, dans le but d’améliorer la gestion des finances publiques nationales et de favoriser le respect des règles budgétaires de l’UE. Toutefois, il convient de noter que les propositions de la Commission ont été élaborées dans un court laps de temps, sous la pression de la crise, et ont été adoptées par les colégislateurs après de longues discussions et négociations. Les actions ultérieures de la Commission ont porté principalement sur la mise en œuvre du cadre convenu et elles devraient donc être évaluées sous cet angle.

II

Le périmètre des exigences de l’UE applicables aux cadres budgétaires nationaux s’étend au-delà des domaines des institutions budgétaires indépendantes, des règles budgétaires et des cadres budgétaires à moyen terme. Notamment, des exigences importantes sont établies concernant les prévisions à des fins budgétaires, les statistiques et la comptabilité budgétaires, la transparence des finances publiques et un calendrier budgétaire commun pour les États membres de la zone euro.

III

Bien que la Commission soit le destinataire institutionnel de l’audit de la performance, le rôle et la contribution des États membres doivent être dûment reconnus. En premier lieu, les États membres ont approuvé l’ensemble des exigences relatives aux cadres budgétaires nationaux qui sont inscrites dans le droit de l’UE applicable et, dans un cadre intergouvernemental, ils ont adhéré au traité intergouvernemental sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) et à son pacte budgétaire. En deuxième lieu, il incombe aux États membres de transposer et d’appliquer les exigences supranationales relatives aux cadres budgétaires nationaux. La façon dont les États membres mettent en œuvre les exigences a été un facteur décisif pour l’efficacité du cadre convenu.

La Commission s’engage pleinement à soutenir le renforcement des cadres budgétaires nationaux dans toute l’Union européenne, dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés par les traités. À cette fin, la Commission prendra dûment en considération les conclusions de l’audit et s’appuiera sur les enseignements tirés de la performance des cadres budgétaires renforcés des États membres et des pratiques internationales pertinentes.

IV

Les dispositions légales actuelles ont introduit un large éventail d’exigences de base parmi les principaux éléments des cadres budgétaires des États membres. Les exigences de base applicables aux cadres budgétaires à moyen terme et les critères applicables à la création des institutions budgétaires indépendantes coïncident largement avec la littérature et les pratiques internationales pertinentes. En réalité, à certains égards, l’Union est un normalisateur. Nonobstant ce qui précède, la Commission ne souhaite pas affirmer qu’il n’existe aucune marge pour améliorer les exigences de l’UE applicables aux cadres budgétaires nationaux (comme en atteste sa proposition de directive de 2017) ou la façon dont elles sont appliquées par les États membres.

La Commission rappelle que le projet de directive de 2017 vise à incorporer la substance du TSCG dans le droit de l’UE. Son champ d’application se limite donc aux caractéristiques des cadres budgétaires nationaux que la Commission a jugées pertinentes aux fins de cette incorporation.

V

Des différences peuvent en effet apparaître entre les évaluations de conformité des institutions budgétaires indépendantes et celle de la Commission, et ce pour diverses raisons. Tandis que le pouvoir d’appréciation conféré à la Commission par les textes juridiques qui sous-tendent le pacte de stabilité et de croissance (PSC) peut contribuer à de telles différences, la Commission insiste sur le fait qu’elle mène son évaluation du respect par les États membres des règles budgétaires de l’UE avec rigueur et transparence, en utilisant de manière appropriée la flexibilité offerte par les règles, conformément à la position arrêtée d’un commun accord par le Conseil en février 2016.

La Commission considère que le risque d’incohérence peut et doit être atténué ou géré efficacement. Parmi les mesures d’atténuation des risques les plus efficaces figurent les échanges et partages d’informations réguliers entre la Commission et les institutions budgétaires indépendantes (tels que déjà initiés par la Commission).

VI

Le comité budgétaire européen a été envisagé dès le départ (à savoir, dans le rapport des cinq présidents) comme un organe chargé de fournir des conseils indépendants sur le cadre de gouvernance budgétaire de l’UE. Sa base légale [à savoir, la décision (UE) 2015/1937 de la Commission] confirme cette logique en décrivant la mission du comité comme suit: «Le comité contribue, à titre consultatif, à l’exercice des fonctions de la Commission aux fins de la surveillance budgétaire multilatérale prévue aux articles 121, 126 et 136 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne pour ce qui concerne la zone euro.» Cette mission générale se concrétise au travers d’un large éventail de missions et de responsabilités. Par conséquent, le régime statutaire du comité budgétaire européen et son allocation de ressources ont été conçus pour garantir que le comité est pleinement en mesure de remplir sa mission consistant à fournir une évaluation et des conseils indépendants.

La Commission prend en compte l’ensemble des éléments disponibles qu’elle juge utiles pour éclairer sa prise de décisions. Ces éléments incluent les informations fournies par le comité budgétaire européen consultatif, le cas échéant. Toutefois, en ce qui concerne la mise en œuvre du principe «appliquer ou expliquer», il n’est pas possible d’établir un strict parallélisme entre le comité budgétaire européen et les conseils budgétaires nationaux indépendants.

VII

La Commission effectue des contrôles approfondis de la transposition de la directive 2011/85, afin de s’assurer que les exigences respectives sont correctement intégrées dans les cadres budgétaires des États membres. Alors que les contrôles de conformité sont pratiquement achevés pour les deux tiers des États membres et sont en cours pour le tiers restant, une attention accrue sera accordée à la surveillance de la mise en œuvre des exigences de la directive par les États membres.

Plus généralement, la Commission surveille également de près l’évolution des cadres budgétaires nationaux par le biais d’opérations régulières telles que le Semestre européen, les examens par les pairs dans le cadre des comités préparatoires de l’Ecofin, les mises à jour annuelles de la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire, etc.

S’agissant des évaluations imposées par le cadre juridique de l’UE, la Commission souligne que la directive 2011/85 et le règlement nº 473/2013 contiennent des clauses de réexamen spécifiques. Le réexamen du «six-pack» et du «two-pack» sera l’occasion d’examiner en profondeur et de manière globale les résultats obtenus grâce aux diverses exigences relatives aux cadres budgétaires nationaux.

VIII

Veuillez consulter les réponses de la Commission aux recommandations.

Introduction

01

La Commission constate que le Conseil Ecofin a déjà déclaré en mars 2005 que les cadres budgétaires nationaux devraient soutenir les objectifs du PSC et compléter le cadre budgétaire de l’UE (voir le rapport du Conseil Ecofin au Conseil européen des 22 et 23 mars 2005 intitulé «Améliorer la mise en œuvre du pacte de stabilité et de croissance»). En mai 2010, le Conseil a adopté des conclusions sur les cadres budgétaires nationaux dans lesquels il souligne l’importance de cadres budgétaires résilients et efficaces pour la mise en œuvre du PSC et la viabilité des finances publiques. Ces avantages envisagés ont motivé la décision de la Commission d’inclure dans le «six-pack» un projet de directive détaillant les exigences applicables aux cadres budgétaires nationaux.

02

À la lumière de son propre travail analytique, la Commission souscrit sans équivoque au large consensus sur l’importance de mettre en place des cadres budgétaires nationaux robustes afin de contribuer à une bonne performance budgétaire.

03

Bien qu’une analyse globale, telle que visée au point 3, n’ait pas été préparée, plusieurs aspects des cadres budgétaires européen et nationaux ont été examinés en détail dans différents documents (plus particulièrement dans le rapport annuel sur les finances publiques dans l’UEM). La Commission a mené au fil du temps (y compris avant la crise) un travail analytique confirmant la pertinence de l’approche à deux niveaux en matière de gouvernance budgétaire (à savoir, au niveau de l’UE et au niveau national) en vue de respecter les obligations budgétaires européennes des États membres. Ce travail a également mis en lumière les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du PSC tel qu'il était à l’époque ainsi que les principales faiblesses des cadres budgétaires nationaux sur la base des informations recueillies au moyen de la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire.

Encadré 2 – Explications de divers concepts

Concernant le mécanisme de correction automatique, la Commission souligne qu’il s’agit d’une obligation découlant du TSCG.

08

Mis à part les dispositions du TSCG, le règlement nº 473/2013 inclut d’autres exigences importantes applicables aux cadres budgétaires nationaux, notamment la réalisation ou l’approbation indépendantes des prévisions macroéconomiques sous-tendant les budgets annuels et la planification budgétaire nationale à moyen terme, ainsi qu’un calendrier budgétaire commun aux fins de i) la présentation et l’adoption de projets de budget annuel, et de ii) la présentation de plans budgétaires nationaux à moyen terme.

09

La proposition de la Commission a répondu à la volonté d’incorporer le TSCG dans le droit de l’UE exprimée par les parties contractantes du TSCG (telle que visée à l’article 16 du TSCG) et aux appels du Parlement européen à l’intégration du TSCG dans le cadre de l’Union.

Observations

18

L'ensemble actuel d’exigences supranationales relatives aux cadres budgétaires nationaux a été élaboré progressivement, en parallèle au déroulement de la crise, et s’est matérialisé sous la forme de différents instruments juridiques, pour des raisons objectives. Plus particulièrement, compte tenu des défis budgétaires particuliers posés par la crise, les États membres de la zone euro ont reconnu la nécessité d’adopter des mesures spécifiques allant au-delà des dispositions applicables à l’ensemble des États membres, notamment en ce qui concerne les cadres budgétaires nationaux.

19

Deuxième alinéa: La Commission ne considère pas que les caractéristiques des cadres budgétaires nationaux devraient être prescrites de manière détaillée au niveau supranational. La Commission attire l’attention sur son rapport de 2011 sur les finances publiques dans l’UEM (p. 101) qui faisait valoir que des exigences dépassant les exigences minimales de la directive 2011/85 n’auraient pas été compatibles avec les différences considérables entre les structures administratives et institutionnelles des États membres. Le choix en faveur des exigences minimales visait à appliquer les enseignements tirés des caractéristiques propices à une bonne élaboration des politiques tout en laissant aux États membres la discrétion de les appliquer de manière appropriée.

Les instruments législatifs qui ont introduit les exigences supranationales relatives aux cadres budgétaires nationaux ont été élaborés successivement et le choix de la forme juridique (spécifiquement, directive ou règlement avec un caractère prescriptif différent) s’est basé sur des considérations relatives à leur contenu et leurs objectifs, pertinentes au moment de la rédaction.

La Commission considère que l’hétérogénéité des cadres budgétaires nationaux devrait être perçue comme une façon de tenir compte de l’objectif fondamental visant à renforcer l’appropriation au niveau national.

21

Le projet de directive de 2017 a effectivement un champ d’application élargi. Outre un objectif à moyen terme en matière de solde structurel, le cadre envisagé impliquerait: i) de définir une trajectoire de croissance à moyen terme pour les dépenses publiques nettes compatible avec cet objectif à moyen terme et fixée pour toute la durée de la législature, ii) d’instaurer l’obligation pour les budgets annuels de respecter la trajectoire de croissance à moyen terme des dépenses nettes, iii) de mettre en place un mécanisme de correction en vue de gérer les écarts sur le moyen terme. Le projet de directive propose également que les institutions budgétaires indépendantes participent de manière plus active à l’élaboration des politiques budgétaires et au suivi de l’évolution de la situation budgétaire.

Bien qu’une contrainte chiffrée explicite ne soit pas précisée pour l’objectif à moyen terme, le projet de directive prévoit que le cadre des règles chiffrées devrait favoriser efficacement le respect des obligations budgétaires découlant du TFUE, à savoir notamment le respect de l’OMT conformément au PSC. Plus généralement, l’absence d’une contrainte chiffrée explicite pour l’objectif à moyen terme pourrait être considérée comme étant contrebalancée par l’approche du projet de directive consistant à renforcer les bases de la discipline budgétaire au moyen d’une trajectoire de dépenses à moyen terme contraignante ainsi que du rôle joué par les institutions budgétaires indépendantes.

22

La Commission reconnaît que le projet de directive s’écarte de la lecture stricte du pacte budgétaire, dans la mesure où il propose des instruments différents (plus efficaces, du point de vue de la Commission) pour atteindre les mêmes objectifs. Toutefois, la Commission est en désaccord avec l’avis cité de la BCE selon lequel les dispositions du projet de directive pouvaient conduire à un affaiblissement des règles du pacte budgétaire.

Quant au calendrier de la proposition, la Commission souhaiterait rappeler le délai imparti par l’article 16 du TSCG aux parties contractantes pour prendre des mesures en vue d’incorporer la substance du traité dans le droit de l’UE, soit un «délai maximal de cinq ans après l’entrée en vigueur». En présentant la proposition en décembre 2017, soit bien avant le réexamen des législations du «six-pack» et du «two-pack», la Commission a cherché à permettre aux parties contractantes de respecter leur engagement à intégrer le pacte budgétaire dans le droit de l’UE (ce qui est également conforme avec la position de longue date de la Commission).

27

Les principes communs ayant été adoptés après la proposition de la Commission relative au règlement nº 473/2013, l’ajout de dispositions nouvelles et substantielles concernant les mécanismes de correction nationaux (dont il n’est pas fait mention dans le projet de règlement initial) aurait constitué une modification importante de la proposition de la Commission. La Commission estime qu’une telle modification aurait eu des répercussions négatives sur l’adoption du règlement.

Afin de résoudre cette question, la Commission a proposé d’intégrer les principales caractéristiques des mécanismes de correction dans le droit de l’UE à la première occasion règlementaire après la publication des principes communs, c’est-à-dire par du projet de directive de 2017.

28

Le projet de directive de 2017 définit les principales caractéristiques des mécanismes de correction en se fondant sur les éléments envisagés par les principes communs [voir l’article 3, paragraphe 2, point b), l’article 3, paragraphe3, l’article 3, paragraphe 4,point c), l’article 5 et l’article 6]. À certains égards, le projet de directive va en réalité quelque peu au-delà de ces éléments, par exemple i) en précisant que le mécanisme de correction devrait notamment compenser les écarts par rapport à la trajectoire des dépenses publiques à moyen terme, ou ii) en instaurant l’obligation pour les institutions budgétaires indépendantes de demander aux autorités budgétaires d'activer le mécanisme de correction.

29

La Commission admet que le projet de directive ne fournit pas une définition de la notion d’«écart important observé». Bien que l’on comprenne par défaut que la notion utilisée dans le projet de directive pourrait correspondre au concept actuellement défini dans les règlements du pacte de stabilité et de croissance, ou s’en rapprocher, il se pourrait également qu'elle s'en écarte.

Du point de vue de la Commission, la formulation de la disposition concernant la nature et l’ampleur de l’écart est appropriée pour une directive.

Réponse commune au point 30 et au tableau 1:

La Commission suit de près les analyses existantes et en cours sur les cadres budgétaires à moyen terme et effectue elle-même des recherches dans ce domaine. Dans ce contexte, les normes et meilleures pratiques sont dûment prises en considération lorsque des propositions législatives voient le jour. La directive 2011/85, bien qu’ayant été préparée dans un délai très court, était fondée sur le travail analytique préalable de la Commission, lequel intégrait également des notions issues de la littérature économique pertinente. Il est également important de noter que, bien que la littérature inclut une grande variété de concepts et de caractéristiques liés à la planification budgétaire à moyen terme, il n’existe pas un ensemble de meilleures pratiques internationales universellement accepté.

Bien qu’elle reconnaisse l’importance des éléments présentés en tant que «différences» dans le tableau 1, la Commission est d’avis que tous ne devraient pas nécessairement être considérés comme des normes européennes juridiquement contraignantes pour les cadres budgétaires à moyen terme. Lors de l’élaboration des propositions législatives, la Commission doit examiner attentivement de nombreux aspects, notamment le juste équilibre entre l’opportunité des exigences envisagées et la faisabilité de leur traduction dans des exigences du droit de l’Union applicables à l’ensemble des États membres ou seulement aux États membres de la zone euro.

La Commission souligne également la nécessité de faire la distinction entre les cadres budgétaires à moyen terme dans l’approche de la Commission [définis à l’article 2, point e) de la directive] et les divers concepts utilisés par le FMI, la Banque mondiale et l’OCDE. La directive 2011/85 porte principalement sur un concept particulier d’instrument de planification budgétaire à moyen terme (à savoir les cadres budgétaires à moyen terme) et sur les principes de base et les composantes jugés essentiels pour atteindre l’objectif de favoriser le respect du cadre budgétaire de l’UE. Cela explique l’absence de certaines des normes/meilleures pratiques retenues par les organisations internationales susmentionnées (par exemple: reports, engagements, réserves budgétaires).

31

La Commission reconnaît que la planification à moyen terme et l'élaboration du budget annuel devraient être réalisées de façon cohérente entre elles. La directive 2011/85 plaide explicitement en faveur d’une telle cohérence, notamment dans son article 10.

32

Tout en reconnaissant l’importance du principe consistant à garantir le contrôle des dépenses dans les cadres budgétaires nationaux, la Commission considère que la plupart des mécanismes de contrôle cités auraient été trop spécifiques/prescriptifs pour être inclus dans la directive comme exigences communes à l’ensemble des États membres.

33

La directive 2011/85 ne prévoit pas de mécanisme de responsabilité pour les écarts ex-post ou ex-ante par rapport aux plans pluriannuels. Toutefois, le pacte budgétaire établit des mécanismes de correction qui visent à résoudre les écarts par rapport aux plans budgétaires à moyen terme qui pourraient être considérés comme des écarts importants observés par rapport à l’OMT ou à la trajectoire d’ajustement en vue de sa réalisation. Les avis correspondants des institutions budgétaires indépendantes nationales activeraient également le principe «appliquer ou expliquer» et entraîneraient un coût de réputation pour les autorités budgétaires.

34

Le projet de directive de 2017 visait spécifiquement à renforcer l’orientation à moyen terme de la politique budgétaire dans les États membres en proposant plusieurs exigences essentielles visant à renforcer les cadres budgétaires à moyen terme (voir la réponse de la Commission au point 21). La Commission souligne le potentiel élevé de renforcement des cadres budgétaires à moyen terme de ces dispositions, malgré le fait qu’elles ne correspondent pas directement aux «différences» recensées dans le tableau 1.

En ce qui concerne la croissance des dépenses, les États membres sont également tenus, en vertu du PSC, de respecter le critère de dépenses de l’UE qui lie la croissance des dépenses à l’évolution du PIB potentiel.

35

La Commission a joué un rôle pionnier dans l'établissement des principes qui sous-tendent la création des institutions budgétaires indépendantes, par le biais de la communication de juin 2012 concernant les principes communs aux mécanismes nationaux de correction budgétaire. Ces principes ont été adoptés par la suite par les colégislateurs en étant repris intégralement dans le règlement nº 473/2013. Les spécifications contenues dans les principes communs définissent des caractéristiques essentielles pour la création ou la désignation d’organismes indépendants et compétents chargés d’opérer dans le domaine de la politique budgétaire.

36

La Commission considère que les principes et les caractéristiques souhaitables pour les institutions budgétaires indépendantes nationales définis par l’OCDE et le FMI sont en fait en grande partie compatibles avec les exigences au niveau de l’UE, tout en étant légèrement plus granulaires et opérationnels. Ces différences s’expliquent par le fait que de tel(le)s principes/caractéristiques sont destiné(e)s à être utilisé(e)s comme orientations et non comme exigences juridiquement contraignantes. En outre, toute caractéristique idéale des institutions budgétaires indépendantes ne convient pas nécessairement pour une incorporation dans le droit de l’UE sous forme d’exigence applicable à l’ensemble des États membres, notamment pour des raisons de subsidiarité. La création d’institutions budgétaires indépendantes identiques (par exemple, en imposant des exigences spécifiques concernant le nombre de membres du conseil et la durée de leur mandat ou les modalités de financement des activités de ces institutions) n’était donc pas dans l’intention de la Commission et n’aurait pas reflété la volonté des États membres à l’époque.

Il convient également de souligner que les États membres étaient favorables au maintien d’un degré de liberté significatif dans la conception de leurs institutions budgétaires indépendantes sous l’égide des principes communs. Ces éléments sont à mettre en rapport avec le fait que l’existence d’institutions budgétaires indépendantes dans certains États membres était antérieure à la législation supranationale et que certaines de ces institutions présentant des structures variées opéraient avec succès dans divers contextes nationaux.

39

La Commission souligne que la portée des améliorations liées aux institutions budgétaires indépendantes proposées dans le projet de directive de 2017 est plus large que ce que semble indiquer ce point. Mis à part l’attribution de compétences supplémentaires aux institutions budgétaires indépendantes concernant l’établissement et le suivi des principaux paramètres budgétaires et l’incorporation du principe «appliquer ou expliquer» dans le droit de l’UE, la proposition prévoit d’importantes précisions pour les garanties d’indépendance ainsi que la possibilité d’étendre l’ensemble des exigences relatives aux institutions budgétaires indépendantes aux États membres n’appartenant pas à la zone euro.

Plus concrètement, les exigences en matière d’indépendance ont été renforcées comme suit: un adjectif de renforcement a été inclus dans la proposition pour décrire les ressources («stables») et celle-ci contient des spécifications relatives au droit d’accès aux informations («complet, en temps utile»); ces précisions visent à répondre aux préoccupations exprimées par les institutions budgétaires indépendantes, notamment dans les déclarations citées du réseau des institutions budgétaires indépendantes de l’UE.

42

La législation de l’UE relative à la surveillance budgétaire multilatérale décrit les responsabilités spécifiques de la Commission en ce qui concerne le contrôle du respect par les États membres des règles budgétaires de l’UE. Tandis que la Commission peut prendre en compte l’ensemble des éléments disponibles qui sont jugés utiles, et notamment, le cas échéant, les informations fournies par les institutions budgétaires indépendantes nationales, le cadre juridique en vigueur ne prévoit pas une intervention formelle des institutions budgétaires indépendantes dans la surveillance budgétaire de l’UE.

46

Bien que le TSCG, tout comme le PSC, impose effectivement une position budgétaire conforme à l’OMT ou à la trajectoire d’ajustement en vue de la réalisation de celui-ci, il précise en outre une limite inférieure de déficit structurel de 0,5 % du PIB (ou de 1 % dans certaines circonstances).

47

La Commission constate que, même si les institutions budgétaires indépendantes contrôlent le respect des règles budgétaires de l’UE, elles ne publient pas nécessairement toutes leurs évaluations de conformité.

Réponse commune aux points 49 à 51:

Réponse commune aux points 49 à 51:

Conformément aux traités, il appartient à la Commission d’évaluer formellement le respect des règles budgétaires de l’UE dans le cadre d’une surveillance budgétaire multilatérale. Le droit de l’Union ne confère aucune compétence aux institutions budgétaires indépendantes relative au processus d’évaluation du respect des règles budgétaires de l’UE. Dans les quelques cas où les institutions budgétaires indépendantes mènent de telles activités, elles sont soumises à une obligation légale nationale ou le font sur une base volontaire. La Commission admet que, dans de tels cas, des différences peuvent apparaître entre les évaluations de conformité des institutions budgétaires indépendantes et les siennes propres. Cela peut être dû, par exemple, à des différences dans l’interprétation des textes juridiques sous-jacents. Leurs conclusions peuvent également diverger en raison de l’utilisation par les institutions budgétaires indépendantes de méthodes internes ou adaptées qui peuvent ne pas être pleinement cohérentes avec la méthode appliquée par la Commission dans le cadre de son évaluation, ou de décalages de temps entre les évaluations (dans la mesure où des données plus récentes ou plus complètes peuvent influer sur l’évaluation).

Le fait que la Commission exerce le pouvoir d’appréciation qui lui est conféré par les textes de loi qui sous-tendent le PSC peut également contribuer à de telles différences. Cependant, la Commission utilise la flexibilité offerte par le PSC conformément à la position adoptée d’un commun accord par le Conseil en février 2016. En conséquence, les évaluations de la Commission de ces dernières années tiennent compte de trois facteurs: 1) de la conjoncture (par le biais de la «matrice des exigences»); 2) des réformes structurelles; et 3) des investissements publics visant à des réformes structurelles majeures, accessoires ou économiquement équivalents à de telles réformes.

Les décisions prises par la Commission concernant les cas d’écarts potentiels par rapport à l’ajustement requis seront accompagnées d’une motivation détaillée et seront ensuite longuement examinées avec les États membres au sein de la filière Ecofin. Lorsque la Commission a exercé le pouvoir d’appréciation qui lui est conféré, elle a fourni des orientations supplémentaires tout au long du cycle, limitant ainsi les incertitudes auxquelles sont confrontées les institutions budgétaires indépendantes dans le cadre de leurs évaluations.

Pour finir, la Commission souligne que les éléments probants indiquent jusqu’à présent qu’il n’y a eu qu’un nombre limité de cas où les institutions budgétaires indépendantes et la Commission sont parvenues à des conclusions différentes sur le respect par les États membres des règles budgétaires de l’UE.

53

La Commission considère la coopération étroite avec les institutions budgétaires indépendantes comme une condition préalable essentielle au fonctionnement efficace des cadres budgétaires européen et nationaux.

57

Le comité budgétaire européen consultatif a été envisagé comme un organisme chargé de fournir des conseils indépendants sur le cadre de gouvernance budgétaire de l’UE. Sa base légale [à savoir la décision (UE) 2015/1937 de la Commission] confirme cette logique en décrivant la mission du comité comme suit: «Le comité contribue, à titre consultatif, à l’exercice des fonctions de la Commission aux fins de la surveillance budgétaire multilatérale prévue aux articles 121, 126 et 136 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne pour ce qui concerne la zone euro.» Cette mission générale se concrétise au travers d’un large éventail de missions et de responsabilités (conformément à l’article 2, paragraphe 2, de la décision citée, en fonction de ce qui a été jugé essentiel à l’accomplissement de la mission du comité budgétaire européen).

C’est dans le contexte de cette mission générale que la «coordination» des conseils budgétaires nationaux doit être lue. Or, l’attribution au comité budgétaire européen consultatif d’un rôle de coordination des institutions indépendantes fondées sur des législations nationales (parfois au niveau constitutionnel) aurait nécessité une législation de l’UE, c’est-à-dire un processus législatif potentiellement long. En outre, cela aurait pu porter atteinte à l’indépendance des institutions budgétaires indépendantes et à leur rôle de «veille budgétaire» nationale tel que perçu par les citoyens.

60

La Commission met l’accent sur le fait que le régime statutaire du comité budgétaire européen et son allocation de ressources, bien qu’ils ne soient pas pleinement conformes aux normes applicables aux conseils budgétaires nationaux, ont été soigneusement conçus et calibrés de façon à assurer que le comité est pleinement en mesure d’accomplir sa mission tout en garantissant les normes d’indépendance nécessaires.

Même s’il n’est pas possible d’établir un strict parallélisme entre le comité budgétaire européen consultatif indépendant et les conseils budgétaires nationaux indépendants, l’essence des principes applicables à ces derniers est intégrée dans la structure du comité, en mettant un accent particulier sur les notions d’indépendance et de compétence et en tenant compte de la spécificité de la mission du comité.

a) Les spécifications relatives aux mandats des membres du comité sont conformes aux pratiques des conseils budgétaires nationaux appliquées dans un certain nombre d’États membres.

b) La Commission tient en haute estime l’activité du comité budgétaire européen, qui apporte au débat sur la politique budgétaire un point de vue compétent et indépendant supplémentaire. La Commission est pleinement consciente de l’importance que revêt l’indépendance du comité pour la réputation et la crédibilité de ses conseils.

c) Compte tenu de la structure administrative spéciale du comité budgétaire européen en tant qu’organe consultatif de la Commission, le secrétariat général de la Commission assure la gestion des ressources humaines et budgétaires du comité conformément aux règles applicables de la Commission. Les arrangements en place ne limitent pas les activités du comité ni celles de son secrétariat. En réalité, les allocations en vue de soutenir les activités du président et des membres du comité ont augmenté de manière significative depuis sa création. Par exemple, toutes les demandes de mission présentées par le secrétariat du comité budgétaire européen ont été approuvées et financées.

d) Ces arrangements de soutien administratif n’entravent pas le travail indépendant du comité budgétaire européen et visent en réalité à faciliter le fonctionnement du comité budgétaire avec un bon rapport coût/efficacité.

61

Comme expliqué dans la lettre du vice-président de la Commission au Médiateur européen visée au point 67, il n’est pas possible d’établir un strict parallélisme entre le comité budgétaire européen consultatif indépendant et les conseils budgétaires nationaux indépendants. En particulier, non seulement les bases légales sont différentes, mais surtout, leur structure institutionnelle, leurs rôles, leur fonctionnement et leurs pouvoirs sont différents. La première entité est un organe consultatif indépendant de la Commission. Les responsabilités de la Commission en matière de surveillance des politiques budgétaires des États membres sont inscrites dans le traité. Au niveau national, conformément au droit de l’UE et au TSCG intergouvernemental, les États membres ont mis en place des institutions indépendantes pour surveiller les finances publiques nationales.

De manière générale, la Commission considère que la structure du comité prend en compte de manière appropriée les normes pertinentes et jette des bases solides pour la mission du comité budgétaire européen.

62

La Commission souligne que la décision 2015/1937 ne limite pas les actions du comité dans le cadre de l’exécution de sa mission.

Le mandat du comité budgétaire européen n’exclut pas la possibilité de formuler des avis/opinions en temps réel. Le comité a décidé de privilégier une évaluation ex-post de la mise en œuvre des règles budgétaires de l’Union pour au moins deux raisons importantes: i) une évaluation en temps réel des principales décisions de surveillance au niveau de l’UE nécessiterait énormément de ressources. Contrairement aux conseils budgétaires nationaux, le comité budgétaire européen devrait produire une analyse solide pour l’ensemble des États membres dans un délai très court; ii) en se concentrant sur une évaluation ex-post des modalités de mise en œuvre des règles budgétaires de l’Union, le comité réduit le risque de s’engager dans des débats politiques et renforce la capacité des conseils budgétaires indépendants à fournir un avis non partisan/indépendant. En outre, il n’est pas totalement établi que des évaluations en temps réel auraient un impact plus important que celles réalisées ex-post.

65

Les rapports annuels du comité budgétaire européen mettent en lumière différentes faiblesses et difficultés auxquelles font face les institutions budgétaires indépendantes, mais ils vont également plus loin et émettent des suggestions sur la manière de remédier à ces lacunes. Par exemple, le rapport annuel de 2017, dans la section consacrée aux institutions budgétaires indépendantes, fait plusieurs suggestions dans le but de rendre le principe «appliquer ou expliquer» plus efficace.

Réponse commune aux points 66 et 67:

La Commission prend en compte l’ensemble des éléments disponibles qu’elle juge utiles pour éclairer sa prise de décisions. Ces éléments incluent les informations fournies par le comité budgétaire européen consultatif, le cas échéant. Toutefois, dans la mesure où ses responsabilités en matière de surveillance budgétaire sont inscrites dans les traités, le processus par lequel la Commission prend des décisions dans ce domaine ne peut pas être limité, par exemple en règlementant la possibilité, la façon et le moment de prendre en compte les avis et opinions du comité budgétaire européen.

S’agissant du principe «appliquer ou expliquer», la lettre du vice-président de la Commission au Médiateur européen visée au point 67 expliquait qu’il n’est pas possible d’établir un strict parallélisme entre le comité budgétaire européen consultatif indépendant et les conseils budgétaires nationaux indépendants en raison des différences au niveau de leurs bases légales, de leur structure institutionnelle, de leurs rôles, de leur fonctionnement et de leurs pouvoirs (voir la réponse de la Commission au point 61). Au niveau national, conformément au TSCG, les États membres signataires ont mis en place des institutions indépendantes afin de contrôler si les politiques nationales permettent une convergence rapide vers la réalisation de l’objectif à moyen terme spécifique à chaque pays. C’est pourquoi le principe «appliquer ou expliquer» s’applique dans ce contexte spécifique aux parties contractantes du TSCG.

68

Voir la réponse de la Commission au point 60. En ce qui concerne la question de l’indépendance, la décision 2015/1937 de la Commission (article 4) inclut une disposition explicite concernant l’indépendance des membres du comité.

69

Différents instruments juridiques peuvent être utilisés pour établir des exigences qui diffèrent en termes de caractère prescriptif et de marge de manœuvre laissée aux États membres.

En particulier en ce qui concerne la directive 2011/85, il est apparu clairement au cours de son élaboration qu’une directive du Conseil était le moyen le plus approprié de légiférer pour la première fois dans le domaine des cadres budgétaires nationaux, lequel touche aux compétences budgétaires souveraines des États membres. Ce choix était principalement fondé sur la nature spécifique des dispositions à inclure dans la proposition législative (dans un contexte de fondements très divers des cadres budgétaires nationaux des États membres à l’époque), les compétences qu’elle aborde et la nécessité de prendre en compte les considérations relatives à l’appropriation nationale et au principe de subsidiarité (voir la réponse de la Commission au point 19). La Commission souligne également que cette étape n’est devenue politiquement possible qu’à la suite de la crise et, dans la mesure où il s’agissait d’une première tentative législative dans le domaine des cadres budgétaires nationaux, il est fort probable qu’une approche trop prescriptive dans la proposition de la Commission n’aurait pas été considérée comme acceptable par les États membres et aurait risqué de remettre en question l’adoption de dispositions juridiques relatives aux cadres budgétaires nationaux.

74

La Commission souligne que les contrôles de transposition et de conformité ont été effectués de manière approfondie afin de garantir que les exigences sont pleinement et correctement reprises dans la législation nationale relative aux cadres budgétaires nationaux.

Les processus de transposition nationale eux-mêmes ont pris beaucoup plus de temps que prévu. L’adoption de nouvelles exigences relatives aux cadres budgétaires nationaux (voir le point 72) a entraîné des retards pour les États membres au-delà de la date limite de transposition fixée pour la directive (par exemple, certaines mesures nationales de transposition ont été notifiées au cours de la période 2014-2016 et même plus tard pour quelques-unes).

En ce qui concerne les contrôles effectués par la Commission, mis à part la complexité que représente l’analyse approfondie du grand nombre de législations relatives aux cadres budgétaires nationaux en place dans les États membres, beaucoup d’efforts ont été déployés durant la période susmentionnée en vue d’évaluer la conformité des dispositions légales nationales des 22 parties contractantes au TSCG avec les exigences du pacte budgétaire (conformément à l’invitation adressée à la Commission dans l’article 16 du TSCG).

Enfin, le processus du contrôle de la conformité a supposé de nombreux échanges bilatéraux avec les États membres (principalement au moyen de la procédure EU Pilot) dans le but de remédier aux écarts de transposition et aux problèmes de non-conformité repérés par la Commission. Bien que ces échanges aient été très efficaces, les mesures correctrices prises par les États membres ont engendré à leur tour des retards supplémentaires dans la réalisation des contrôles de conformité.

S’agissant des objectifs fixés dans les plans de gestion annuels de la DG ECFIN, il convient de noter qu’ils ne concernent que les contrôles préliminaires de la conformité, c’est-à-dire le fondement des procédures EU Pilot. Dans certains cas, cela était dû à la raison expliquée ci-dessus.

76

Pour ce qui est de décider de l’ordre dans lequel les procédures EU Pilot se succèdent pour une directive qui établit des exigences minimales applicables aux cadres budgétaires nationaux de tous les États membres, la Commission considère que les critères plus opérationnels qu’elle a utilisés (comme indiqué au point 76) étaient plus appropriés du point de vue de l’égalité de traitement que ceux cités par la Cour des comptes (à savoir, le niveau de dette publique et l’appartenance à la zone euro).

La Commission insiste sur le fait que la moitié des États membres de la zone euro fortement endettés comptaient en réalité parmi les 18 États membres concernés par les première et deuxième vagues de procédures EU Pilot.

78

La Commission souligne que les échanges EU Pilot ont contribué grandement aux contrôles de conformité. Ils ont permis à la Commission de se forger un avis définitif sur la conformité des 18 États membres concernés par les deux premières vagues et, sur cette base, de conclure à une transposition conforme ou d’examiner la nécessité d’engager des procédures d’infraction en cas de rejet de réponses Pilot jugées non satisfaisantes.

Il convient de noter que le délai de dix semaines alloué à chaque partie concernée par la procédure EU Pilot (à savoir la Commission et l’État membre concerné) constitue un délai de référence. La durée globale d’un cas Pilot peut être supérieure en pratique pour diverses raisons, telles que: i) une demande de prolongation d’un État membre, ii) une demande d’informations complémentaires de la Commission, iii) le délai nécessaire à la traduction des réponses et des documents des États membres, et iv) le compte rendu des mesures de suivi par l’État membre. Certaines ou l’ensemble des situations ci-dessus ont été rencontrées dans les 18 cas, ce qui explique en partie la longue durée des échanges avec les États membres. En particulier, il convient de noter que dans tous ces cas Pilot, la Commission a demandé des informations complémentaires.

Les services de la Commission concernés (à savoir, la DG ECFIN) ont adopté une attitude constructive au cours des échanges EU Pilot, notamment en apportant aux États membres toute l’assistance nécessaire et en leur laissant le temps d’adopter certaines mesures vis-à-vis desquelles ils s’étaient engagés. Cette approche a prolongé la durée officielle des cas Pilot au-delà des délais de référence, mais la conséquence de ce retard est clairement compensée par le résultat positif du processus: seuls 7 cas sur les 18 ont été clôturés par un rejet, et les problèmes en suspens dans 6 de ces 7 cas ont été résolus par la suite de manière satisfaisante par les États membres concernés, sans que la Commission doive engager de procédures d’infraction.

Réponse commune aux points 79 et 80:

Avec le recul, la Commission reconnaît qu’elle a peut-être sous-estimé les difficultés liées à la transposition nationale de la directive, dans une certaine mesure. Une raison importante expliquant le retard des États membres dans la communication des mesures de transposition était qu’ils devaient également incorporer dans l’ordre juridique national les exigences supplémentaires relatives aux cadres budgétaires nationaux découlant du règlement nº 473/2013 et du pacte budgétaire. En particulier, ce dernier nécessitait d’intégrer une législation dotée d’une efficacité juridique élevée dans la hiérarchie juridique nationale, parfois même au niveau constitutionnel. Par conséquent, les États membres ont été plus lents à adopter et à communiquer les mesures liées à la directive, ce qui a conduit à l’ouverture de procédures d’infraction pour défaut de communication.

La Commission fait observer qu’elle a fourni des orientations et un soutien concernant les cadres budgétaires nationaux à la fois avant et après la date limite de transposition de la directive du 31 décembre 2013. Cette assistance a été prodiguée par plusieurs biais et canaux, notamment des documents d’orientation spécifiques à certains thèmes (par exemple, concernant les exigences statistiques, des informations relatives aux dépenses budgétaires), des notes adressées aux comités concernés, des documents d’information pour les examens par les pairs des cadres budgétaires nationaux, l’examen du projet de législation nationale transposant la directive (y compris avant le 31 décembre 2013), des procédures EU Pilot (à partir d’août 2016) et d'autres échanges techniques bilatéraux. En outre, la Commission a toujours répondu favorablement aux demandes spécifiques d’assistance qui lui ont été adressées par les États membres.

Lors de l’évaluation de l’étendue des orientations concernant les cadres budgétaires nationaux fournies par la Commission aux États membres, il convient de prendre en compte le fait que les États membres ont révisé leurs cadres budgétaires en tenant compte non seulement des exigences de la directive, mais également des obligations découlant du règlement nº 473/2013 et du pacte budgétaire, le cas échéant. Par conséquent, lorsqu’elle a examiné les projets de législation nationale et communiqué ses observations, la Commission a également pris en compte l’ensemble plus large des exigences supranationales relatives aux cadres budgétaires nationaux auxquelles les États membres doivent se conformer.

Dans son rôle de contrôleur de l’application du droit de l’UE en vertu des traités, la Commission s’est effectivement, jusqu’à présent, assuré en priorité que les caractéristiques de ces cadres budgétaires nationaux réformés étaient conformes aux nouvelles exigences du droit de l’Union, étant donné qu’elles ont donné lieu à des réformes importantes des cadres budgétaires nationaux à travers l’UE. Compte tenu de l’achèvement prochain des contrôles de conformité relatifs à la directive 2011/85, la Commission portera son attention sur la mise en œuvre des cadres budgétaires nationaux, notamment sur la fourniture, le cas échéant, de soutien et d’orientations.

83

La Commission envisage de démarrer l’évaluation de l’application de la directive 2011/85 après la fin des contrôles de conformité. Bien que les efforts de la Commission aient visé jusqu’à présent à garantir la transposition correcte de la directive, des informations relatives à la mise en œuvre ont été recueillies, offrant une vision plus nette de la situation globale des États membres. Toutefois, cela n’a pas été fait de manière systématique et exigera une mise à jour générale au moment de réaliser les contrôles complets de l’application de la directive.

84

Des lignes directrices internes relatives aux contrôles formels de l’application seront élaborées avant d’effectuer ces contrôles. Nonobstant ce qui précède, il convient de noter que pour un certain nombre de dispositions de la directive qui sont davantage axées sur la mise en œuvre que sur la transposition (par exemple les dispositions relatives aux statistiques), les orientations internes sur la transposition incluent en réalité des conseils relatifs aux contrôles de l’application.

Réponse commune de la Commission aux points 85 et 86:

La Commission reconnaît la pertinence d’une analyse complémentaire et continuera d’examiner les moyens d’obtenir des résultats utiles.

Toutefois, la Commission souligne qu’il est très difficile, d’un point de vue méthodologique, d’établir une stricte corrélation entre la mise en œuvre par un État membre de la directive (qui est un sous-ensemble des exigences supranationales relatives aux cadres budgétaires nationaux) et sa performance budgétaire globale par rapport aux exigences du PSC. Tandis que l’évaluation du degré de mise en œuvre et du fonctionnement des dispositions de la directive est relativement aisée, l’évaluation de la mesure dans laquelle ces exigences affectent la performance budgétaire est moins évidente, principalement en raison:

  • du niveau élevé de chevauchement entre certaines exigences de la directive et les dispositions du règlement nº 473/2013 et du pacte budgétaire qui ont produit des effets au cours de la même période;
  • de la date de la directive, qui a coïncidé avec une profonde crise financière et économique pendant laquelle plusieurs États membres ont fait l’objet de programmes d’assistance financière externes (la plupart de ces programmes comportaient des conditions qui reprenaient de nombreuses exigences de la directive);
  • de la nécessité de prévoir suffisamment de temps pour que les exigences de la directive puissent être appliquées en pratique et exercer leur influence sur le processus budgétaire.
86

L’adéquation de la méthode PEFA pour évaluer la performance opérationnelle d’éléments essentiels des cadres budgétaires nationaux peut être examinée parmi diverses options.

88

La Commission souligne qu’il n’existe aucune exigence légale imposant d’inclure des clauses de réexamen dans les propositions législatives.

89

La Commission a décidé de reporter la publication du réexamen de l’adéquation et de le publier avec l’examen d’autres parties du «six-pack» et du «two-pack». Cela permettra à la Commission de se faire une idée globale de l’ensemble du cadre budgétaire de l’UE, composé des règles de l’UE et des cadres budgétaires nationaux.

91

La base de données consacrée à la gouvernance budgétaire et les indices correspondants ont été établis à des fins plus larges que l’évaluation des exigences du droit de l’UE (leur création est d’ailleurs antérieure à la directive 2011/85). L’indice des cadres budgétaires à moyen terme a été conçu dès le départ pour refléter les caractéristiques souhaitables et les meilleures pratiques des cadres budgétaires à moyen terme, allant ainsi au-delà de la directive qui fixe seulement les exigences minimales applicables aux cadres budgétaires à moyen terme. En réalité, la Commission considère que la pertinence d’un indice qui ne prendrait en compte que les exigences de la directive serait limitée. En outre, l’indice des cadres budgétaires à moyen terme n’a pas été conçu comme un indicateur de la transposition ou de la mise en œuvre de la directive dans le domaine des cadres budgétaires à moyen terme. Il convient de noter toutefois qu’à l’issue de l’examen méthodologique de la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire effectué en 2015, les critères de l’indice ont été redéfinis à la lumière des améliorations enregistrées dans les États membres et ont été mieux alignés sur les (la plupart des) exigences de la directive.

Actuellement, l’indice des cadres budgétaires à moyen terme est utilisé à des fins variées, telles que les examens par les pairs dans le cadre des comités préparatoires de l’Ecofin, la surveillance des cadres budgétaires nationaux et le travail analytique effectués par la Commission.

92

Bien que cette étude n’ait pas vocation à être une évaluation complète de l’application des exigences de l’UE relatives aux cadres budgétaires à moyen terme, elle fournit des éléments de preuve de l’efficacité des règles budgétaires nationales et des cadres budgétaires à moyen terme dans l’Union européenne.

Premier alinéa: l’indice des cadres budgétaires à moyen terme a effectivement été calculé sur la base des informations déclarées par les États membres dans la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire. Cette méthode est conforme avec le mandat initial conféré par le Conseil Ecofin dans ses conclusions adoptées le 5 mai 2009. Avec le temps, notamment après l’examen de la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire de 2015, le volume d’informations relatives aux cadres budgétaires à moyen terme déclarées dans cette base de données a sensiblement augmenté et son niveau de détail justifie de continuer de compter sur les États membres (c’est-à-dire les ministères des Finances) comme fournisseurs d’informations. Il convient également de souligner que, ces dernières années, les informations communiquées par les États membres sont de plus en plus vérifiées à la lumière des connaissances internes de la Commission et sont, dans de nombreux cas, corrigées avant leur inclusion dans l’indice. Cela a permis d’augmenter la fiabilité de l’indice.

Deuxième alinéa: comme indiqué dans la réponse ci-dessus, l’indice des cadres budgétaires à moyen terme a été conçu dès le départ pour refléter les caractéristiques souhaitables et les meilleures pratiques des cadres budgétaires à moyen terme. De ce fait, chaque disposition de la directive n’est pas prise en compte dans le calcul de l’indice, alors qu’à l’inverse certains critères vont au-delà du champ d’application de la directive.

Troisième alinéa: par définition, l’indice des cadres budgétaires à moyen terme se concentre exclusivement sur des éléments de conception pour lesquels des informations sont disponibles dans la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire.

Quatrième alinéa: même si l’indice des cadres budgétaires à moyen terme n’a pas été conçu ni utilisé comme un indicateur de la transposition ou de la mise en œuvre de la directive, les réformes introduites par les États membres en réponse à la directive sont reflétées par l’indice dans la mesure où elles sont adoptées et déclarées dans la base de données consacrée à la gouvernance budgétaire, indépendamment du calendrier d’évaluation de la directive (le calcul de l’indice et l’évaluation de la directive suivent des processus distincts). En d’autres termes, aux fins de l’étude en question, l’indice des cadres budgétaires à moyen terme couvre les caractéristiques structurelles qui étaient en place dans les États membres jusqu’à fin 2015. En conséquence, les réformes adoptées par la suite ne sont pas couvertes par la série de l’indice des cadres budgétaires à moyen terme utilisée dans l’étude.

Cinquième alinéa: tandis que l’indice des cadres budgétaires à moyen terme permet de mesurer la qualité de conception des cadres budgétaires à moyen terme à travers les États membres, il ne permet pas de déterminer les raisons sous-jacentes aux changements de l’indice, telles que les programmes d’assistance financière. Comme indiqué dans la réponse de la Commission aux points 85 et 86, il est très difficile, d’un point de vue méthodologique, d’isoler l’impact spécifique de la directive 2011/85 des autres facteurs influençant les réformes des cadres budgétaires nationaux. C’est également le cas pour les programmes d’assistance financière, dont la plupart contiennent des conditions qui reprennent de nombreuses exigences de la directive.

95

S’agissant de la référence aux engagements des parties contractantes dans l’évaluation de la Commission, il convient de rappeler que le pacte budgétaire n’est pas un instrument du droit de l’Union. Par conséquent, la Commission a considéré qu’il convient d’adopter une approche relativement flexible, selon laquelle les engagements formels et les plans annoncés des parties contractantes sont considérés compléter et renforcer les dispositions nationales adoptées. La Commission n’estime pas que cette approche a conduit à un affaiblissement des exigences applicables aux parties contractantes.

La Commission a agi en toute transparence en faisant référence publiquement dans le rapport aux engagements et aux plans annoncés des parties contractantes. Cette clarification concernant le cadre analytique utilisé et les questions spécifiques pour lesquels les engagements ou les plans annoncés ont été pris en compte par la Commission au moment de ses conclusions a permis d’informer pleinement les parties contractantes (c’est-à-dire les véritables destinataires de ce rapport).

Il convient également de noter qu’au cours des discussions qui se sont tenues dans le cadre des comités préparatoires de l’Ecofin (c’est-à-dire pendant la période 2018-2019), les parties contractantes n’ont pas contesté l’utilisation des engagements par la Commission dans son évaluation de conformité.

Conclusions et recommandations

99

Conformément aux traités, la Commission est tenue d’évaluer formellement le respect des règles budgétaires de l’UE dans le cadre d’une surveillance budgétaire multilatérale. Le droit de l’Union ne confère aucune compétence aux institutions budgétaires indépendantes relative au processus d’évaluation du respect des règles budgétaires de l’UE, même si certaines institutions budgétaires indépendantes mènent de telles activités conformément à une obligation légale nationale ou sur une base volontaire.

100

Des différences peuvent en effet apparaître entre les évaluations de conformité des institutions budgétaires indépendantes et celles de la Commission, et ce pour diverses raisons (voir la réponse de la Commission aux points 49 à 51). Le pouvoir d’appréciation conféré à la Commission par les textes juridiques qui sous-tendent le PSC peut contribuer à de telles différences, mais la Commission insiste sur le fait qu’elle mène ses évaluations du respect par les États membres des règles budgétaires de l’UE avec rigueur et transparence, en utilisant de manière appropriée la flexibilité offerte par les règles, conformément à la position arrêtée d’un commun accord par le Conseil en février 2016. Les résultats de ces évaluations font l’objet d’une consultation avec le Conseil (et par son intermédiaire, avec les États membres) via les forums correspondants (à savoir l’Ecofin et ses comités préparatoires).

Du point de vue de la Commission, le risque d’incohérence entre les évaluations peut être atténué au moyen d’échanges et de partages d’informations réguliers entre la Commission et les institutions budgétaires indépendantes, tels que déjà initiés par la Commission.

Recommandation 1 – Évaluations de conformité effectuées par la Commission et les institutions budgétaires indépendantes

La Commission accepte la recommandation.

La Commission considère la coopération étroite avec les institutions budgétaires indépendantes comme une condition préalable essentielle au fonctionnement efficace des cadres budgétaires européen et nationaux.

101

Les exigences de base relatives aux cadres budgétaires à moyen terme et aux critères d’établissement des institutions budgétaires indépendantes sont largement compatibles avec la littérature et les pratiques internationales pertinentes. En réalité, à certains égards, l’Union est un normalisateur, plus particulièrement en ce qui concerne l’établissement en masse d'institutions budgétaires indépendantes chargées de contrôler les règles budgétaires nationales et de produire/approuver les prévisions macroéconomiques destinées à la planification budgétaire.

Compte tenu des différences existantes parmi les systèmes budgétaires nationaux dans l’UE et des considérations relatives à l’appropriation et à la subsidiarité, il n'existe pas de caractéristique idéale des cadres budgétaires à moyen terme ou des institutions budgétaires indépendantes qui conviendrait pour une incorporation dans le droit de l’UE.

En réalité, certains des principes/caractéristiques mis en avant par le FMI et l’OCDE sont parfois très granulaires ou opérationnels car ils sont destinés à être utilisés comme orientations détaillées, et non comme exigences juridiquement contraignantes.

Nonobstant ce qui précède, la Commission ne souhaite pas affirmer qu’il n’existe aucune marge pour améliorer les exigences juridiques de l’UE relatives aux cadres budgétaires nationaux (comme en atteste sa proposition de directive de 2017) ou la façon dont elles sont appliquées par les États membres.

Recommandation 2 – Réexamen des exigences applicables aux cadres budgétaires nationaux

La Commission accepte la recommandation.

Le réexamen prochain du «six-pack» et du «two-pack» sera l’occasion de recenser les points forts et les points faibles des exigences relatives aux cadres budgétaires nationaux à la lumière de l’expérience acquise jusqu’à présent avec leur transposition et leur mise en œuvre.

102

Le régime statutaire du comité budgétaire européen et son allocation de ressources ont été soigneusement conçus et calibrés en vue de garantir que le comité est pleinement en mesure d’accomplir sa mission. En ce qui concerne le principe «appliquer ou expliquer», la Commission réaffirme son point de vue selon lequel il n’est pas possible d’établir un strict parallélisme entre le comité budgétaire européen et les conseils budgétaires nationaux (voir la réponse de la Commission aux points 66 et 67).

Recommandation 3 – Renforcement du rôle du comité budgétaire européen

La Commission n’accepte pas cette recommandation.

Elle considère que la structure actuelle est adaptée à l’objectif poursuivi et n’a pas limité l’indépendance analytique et fonctionnelle du comité. En outre, la modification du rôle et de la structure du comité budgétaire européen devancerait le résultat du réexamen prochain du «six-pack» et du «two-pack», qui pourrait avoir des répercussions sur le rôle du comité budgétaire européen dans le cadre de gouvernance budgétaire de l’UE.

Le comité budgétaire européen a dûment exercé son indépendance fonctionnelle et s’est jusqu’à présent acquitté convenablement de son mandat. Ses contributions sont dûment prises en considération dans le débat sur la politique budgétaire au niveau de l’UE et le président du comité budgétaire européen est régulièrement invité à présenter les points de vue du comité au Conseil Ecofin et à l’Eurogroupe.

103

La Commission réalise des contrôles de conformité approfondis concernant la transposition de la directive 2011/85, afin de s'assurer que les exigences respectives sont correctement intégrées dans les cadres budgétaires des États membres. Les contrôles de conformité sont pratiquement achevés pour les deux tiers des États membres et sont en cours pour le tiers restant. Les services de la Commission concernés (à savoir la DG ECFIN) ont utilisé efficacement les échanges EU Pilot qui ont eu lieu dans le cadre des contrôles de conformité.

104

Les évaluations imposées par le cadre juridique de l’UE sont réalisées conformément aux clauses de réexamen spécifiques figurant dans la directive 2011/85 et dans le règlement nº 473/2013. Le réexamen prochain du «six-pack» et du «two-pack» sera l’occasion d’examiner en profondeur et de manière globale les résultats obtenus à ce jour grâce aux diverses exigences relatives aux cadres budgétaires nationaux.

Recommandation 4 – Renforcement de l’application des cadres budgétaires nationaux

La Commission accepte la recommandation.

b) Le réexamen de l’adéquation sera publié en même temps que le réexamen d’autres parties du «six-pack» et du «two-pack».

c) La Commission reconnaît l’utilité de recueillir régulièrement auprès des États membres des informations sur le fonctionnement réel des cadres budgétaires nationaux. La Commission s’emploiera à déterminer le type d’informations qui seraient nécessaires ainsi que le processus et les outils les plus appropriés pour recueillir ces informations. Surtout, la Commission souligne que la mise en œuvre de cette recommandation reposera sur la coopération des États membres en vue de fournir les informations nécessaires.

d) La Commission reconnaît l’importance de surveiller plus étroitement le fonctionnement réel des cadres budgétaires des États membres. Il convient de noter qu’une telle surveillance nécessite que les États membres fournissent des informations détaillées qui seront ensuite évaluées par la Commission sur la base d’une méthode appropriée.

Équipe d'audit

Les rapports spéciaux de la Cour présentent les résultats de ses audits relatifs aux politiques et programmes de l'UE ou à des questions de gestion concernant des domaines budgétaires spécifiques. La Cour sélectionne et conçoit ces activités d'audit de manière à maximiser leur incidence en tenant compte des risques pour la performance ou la conformité, du niveau des recettes ou des dépenses concernées, des évolutions escomptées ainsi que de l'importance politique et de l'intérêt du public.

L'audit de la performance objet du présent rapport a été réalisé par la Chambre IV (Réglementation des marchés et économie concurrentielle), présidée par M. Alex Brenninkmeijer, Membre de la Cour. Il a été effectué sous la responsabilité de M. Neven Mates, Membre de la Cour, jusqu'au terme de son mandat, puis de Mihails Kozlovs, Membre de la Cour, assisté de: Mmes Edite Dzalbe, cheffe de cabinet, et Laura Graudina, attachée de cabinet; M. Marko Mrkalj, attaché de cabinet; Mme Marion Colonerus, manager principal; M. Stefano Sturaro, chef de mission; Mme Maëlle Bourque, ainsi que MM. Giuseppe Diana et Efstathios Efstathiou, auditeurs. L'assistance linguistique a été assurée par M. Michael Pyper.

De gauche à droite: Stefano Sturaro, Marion Colonerus, Mihails Kozlovs, Maëlle Bourque, Giuseppe Diana, Efstathios Efstathiou.

Notes

1 Conseil européen, «Rapport du groupe de travail au Conseil européen sur le renforcement de la gouvernance économique dans l'UE», 2010.

2 Voir par exemple: Debrun, X., et al., «Tied to the mast? National fiscal rules in the European Union», Economic Policy, vol. 23, n° 54, 2008, p. 299 à 362.

3 Document d'orientation du FMI, Reassessing the role and modalities of fiscal policy in advanced economies, 2013.

4 Voir par exemple: Commission européenne, «Rapport sur les finances publiques dans l'UEM – 2004».

5 Conseil de l'UE, rapport du Conseil Ecofin au Conseil européen des 22 et 23 mars 2005, intitulé «Améliorer la mise en œuvre du pacte de stabilité et de croissance».

6 Conseil de l'UE, conclusions de la 2967ème session du Conseil Affaires économiques et financières sur la stratégie de sortie dans le domaine budgétaire, 2009.

7 Directive 2011/85/UE du Conseil du 8 novembre 2011 sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres (JO L 306 du 23.11.2011) (ci-après «la directive 2011/85»).

8 Commission européenne, «Principes communs aux mécanismes nationaux de correction budgétaire», COM(2012) 342 final.

9 Debrun, X., et Kinda, T., Strengthening post-crisis fiscal credibility: Fiscal Councils on the rise — A new dataset, document de travail n° 14/58 du FMI, 2014.

10 Beetsma, R., et al., The rise of independent fiscal institutions: recent trends and performance, document de travail n° 18/68 du FMI, 2018.

11 Jonung, L., et Larch, M., «Improving fiscal policy in the EU: the case for independent forecasts», Economic Policy, vol. 21, n° 47, p. 492 à 534.
FMI, Case studies of fiscal councils — functions and impact, 2013.

12 Règlement (UE) n° 473/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 établissant des dispositions communes pour le suivi et l'évaluation des projets de plans budgétaires et pour la correction des déficits excessifs dans les États membres de la zone euro (JO L 140 du 27.5.2013) (ci-après le «règlement n° 473/2013»).

13 Commission européenne, «Proposition de directive du Conseil établissant des dispositions en vue du renforcement de la responsabilité budgétaire et de l'orientation budgétaire à moyen terme dans les États membres», COM(2017) 824 final, p. 3.

14 Comité économique et financier, Draft supplementary EFC findings on the transposition of the Fiscal Compact, 2019 (document ecfin.cef.cpe(2019)1812588).

15 Décision (UE) 2015/1937 de la Commission du 21 octobre 2015 créant un comité budgétaire européen consultatif indépendant, modifiée par la décision (UE) 2016/221 de la Commission du 12 février 2016.

16 Juncker, J.-C., Tusk, D., Dijsselbloem, J., Draghi, M., et Schulz, M., «Rapport des cinq présidents: compléter l'Union économique et monétaire européenne», 2015.

17 Rapport spécial n° 10/2016 de la Cour intitulé «De nouvelles améliorations sont nécessaires pour assurer une mise en œuvre efficace de la procédure concernant les déficits excessifs» (http://eca.europa.eu).

18 Rapport spécial n° 18/2018 de la Cour intitulé «L'objectif premier du volet préventif du pacte de stabilité et de croissance est-il atteint?» (http://eca.europa.eu).

19 Rapport spécial n° 3/2018 de la Cour intitulé «Audit de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM)» (http://eca.europa.eu).

20 Ces États membres de la zone euro ont été sélectionnés parce qu'ils présentaient un taux d'endettement élevé, parce que leur cadre budgétaire s'était nettement amélioré ou parce qu'ils disposaient depuis longtemps d'une institution budgétaire indépendante.

21 Dans cinq des 28 États membres, les missions incombant aux institutions financières indépendantes sont réparties entre deux organismes différents.

22 Commission européenne, «Rapport 2011 sur les finances publiques dans l'UEM», 2012, p. 101.

23 BCE, avis CON/2018/25, 2018.

24 Commission européenne, Rapport présenté par la Commission au titre de l'article 8 du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire, C(2017) 1201 final, p. 3.

25 BCE, avis 2018/25, 2018.

26 C'est-à-dire les exercices suivant l'exercice budgétaire/fiscal en cours.

27 FMI, Cangiano, G., et al., Public Financial Management and its emerging architecture, 2013, p. 161.

28 OCDE, «Le cadre juridique des systèmes budgétaires: Une comparaison internationale», 2004, encadré III.4; FMI, Lienert, I., et Fainboim, I., Reforming Budget Systems Laws, 2010, encadré 4 et p. 12 et 13; FMI, Cangiano, G., et al., Public Financial Management and its emerging architecture, 2013, p. 156; FMI, Fiscal transparency code, 2014, principes 2.1.3, 2.3.1 et 2.3.2; Banque mondiale, Beyond the annual budget. The global experience with medium term expenditure frameworks, 2013, p. 58 et 59.

29 FMI, Fiscal transparency code, 2014, principe 2.1.3.

30 Le «PIB potentiel» est une notion théorique désignant le niveau de production (PIB) réalisable pour une année donnée avec un taux d'inflation stable. Il augmente dans le temps à un rythme qui n'est pas nécessairement constant. Le niveau de production et le taux de croissance ne peuvent être mesurés directement et doivent être estimés.

31 Le FMI et l'OCDE ont respectivement mis à jour leurs normes et bonnes pratiques en matière de bonne gouvernance budgétaire en 2014 et 2015 afin de tenir compte des enseignements tirés de la crise économique et financière. La Commission n'en a toutefois pas tenu compte dans le projet de directive de 2017.

32 FMI, The functions and impact of fiscal councils, 2013. Il y est précisé que ce document d'information présente l'enquête la plus complète sur les institutions budgétaires indépendantes à ce jour. Le document s'appuie également sur d'autres sources, telles que le projet de principes de l'OCDE de 2012 et l'article de George Kopits intitulé Independent Fiscal Institutions: Developing Good Practices, paru dans la Revue de l'OCDE sur la gestion budgétaire (vol. 11, n° 3, 2011, p. 35 à 52).

33 Les principes de l'OCDE, qui étaient déjà disponibles en 2012, ont été adoptés en 2014. Voir OCDE, Recommendation on principles for independent fiscal institutions, 2014.

34 Commission européenne, Jankovics, L., et Sherwood, M., Independent fiscal institutions in the EU Member States: The early years, document de réflexion n° 067, 2017.

35 Commission européenne, Jonung, L., et Larch, M., Improving fiscal policy in the EU: the case for independent forecasts, 2004.

36 Les a priori optimistes consistent à surestimer la croissance de la production et des recettes tout en sous-estimant les dépenses non discrétionnaires.

37 FMI, «Code de bonnes pratiques en matière de transparence des finances publiques», 2007, principe 4.3.4.

38 OCDE, Recommendation on principles for independent fiscal institutions, 2014, principe 3.3.

39 Réseau des institutions budgétaires indépendantes de l'UE (Network of EU IFIs), Defining and enforcing minimum standards for IFIs, 2016.

40 Déclaration du réseau des institutions budgétaires indépendantes de l'UE relative à la proposition de directive du Conseil établissant des dispositions en vue du renforcement de la responsabilité budgétaire et de l'orientation budgétaire à moyen terme dans les États membres, 2018.

41 En 2015, la Commission a publié une communication interprétative sur sa marge d'interprétation, intitulée «Utiliser au mieux la flexibilité offerte par les règles existantes du pacte de stabilité et de croissance» (COM(2015) 12 final). Celle-ci a ensuite été reprise dans la position arrêtée d'un commun accord de novembre 2015 approuvée par le Conseil en février 2016.

42 Pour assurer une convergence rapide vers l'OMT, le PSC fixe pour valeur de référence un ajustement de leurs positions budgétaires structurelles par les États membres à hauteur de 0,5 point de pourcentage du PIB par an.

43 Comité budgétaire européen, Rapport annuel 2018, p. 42.

44 Irish Fiscal Advisory Council, Fiscal assessment report, 2016, p. 67.

45 Le comité budgétaire européen consiste en un comité et un secrétariat (composé d'un chef du secrétariat et de membres du personnel spécifiquement affectés à cette tâche, actuellement limités à cinq économistes et un assistant).

46 BCE, Bulletin économique, numéro 7, 2015, encadré 5 (The creation of a European Fiscal Board).

47 FMI, «2016 Article IV consultation – euro-area policies», IMF country report 16/219, 2016, p. 20.

48 Le comité budgétaire européen a également publié une déclaration en soutien au conseil budgétaire danois en mars 2018.

49 BCE, Bulletin économique, numéro 7, 2015, encadré 5 (The creation of a European Fiscal Board).

50 Médiateur européen, Letter from the European Ombudsman to the President of the European Commission regarding Transparency of the European Fiscal Board, 2016.

51 Commission européenne, «Rapport 2011 sur les finances publiques dans l'UEM», 2012, p. 101.

52 Cour des comptes européenne, Analyse panoramique intitulée «Mise en pratique du droit de l'Union – Le rôle de surveillance de la Commission européenne en vertu de l'article 17, paragraphe 17,1, du traité sur l'Union européenne», 2018, encadré 4.

53 Les contrôles de transposition doivent être achevés dans les six mois à compter de la date limite de transposition ou de la date de communication des mesures nationales de transposition, et les contrôles de conformité, dans un délai de 16 à 24 mois à compter de la date de communication des mesures nationales de transposition.

54 Lorsqu'une procédure EU Pilot a été utilisée dans un certain cas mais qu'elle n'est plus susceptible de produire les résultats escomptés en temps utile, la Commission doit engager une procédure d'infraction formelle.

55 Les plans de mise en œuvre, les lignes directrices, les documents explicatifs, les réseaux, les groupes d'experts, les ateliers, les réunions «paquet» et les tableaux de bord font tous partie des «outils d'aide au respect de la législation».

56 Certains aspects de l'application ont déjà été examinés dans l'évaluation de la transposition.

57 Commission européenne, «Rapport 2011 sur les finances publiques dans l'UEM», 2012, p. 101.

58 Commission européenne, «Rapport 2018 sur les finances publiques dans l'UEM», 2019, p. 138.

59 Commission européenne, «Rapport présenté par la Commission au titre de l'article 8 du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire», C(2017) 1201 final.

60 BCE, Bulletin économique, numéro 4, 2017, encadré 8 (The fiscal compact: the Commission's review and the way forward).

61 Cycle annuel de coordination des politiques économiques au niveau de l'UE. Il couvre également les politiques budgétaires conformément aux dispositions du PSC.

62 Commission européenne, «Rapport 2011 sur les finances publiques dans l'UEM», 2012, p. 105.

63 Commission européenne, «Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil – Rapport d'étape sur la mise en œuvre de la directive 2011/85/UE du Conseil sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres», COM(2012) 761 final, p. 7.

64 Commission européenne, Sherwood, M., Medium-Term Budgetary Frameworks in the Member States, document de réflexion n° 021, 2015, p. 6.

65 Commission européenne, «Fiscal frameworks in the European Union: May 2012 update on priority countries (Addendum to occasional paper 91)», Occasional paper n° 113, 2012, p. 15.

66 FMI, Lienert, I., et Fainboim, I., Reforming Budget Systems Laws, 2010, encadrés 3 et 4.

67 Commission européenne, «Rapport 2007 sur les finances publiques dans l'UEM», 2007, encadré III.4.1; Commission européenne, Sherwood, M., Medium-Term Budgetary Frameworks in the Member States, document de réflexion n° 021, 2015, encadré A1.1.

68 Commission européenne, «Rapport 2007 sur les finances publiques dans l'UEM», 2007, p. 158.

69 Commission européenne, «Rapport 2010 sur les finances publiques dans l'UEM», 2010, encadré II.3.3.

Calendrier

Étape Date
Adoption du plan d'enquête / Début de l'audit 13.12.2018
Envoi officiel du projet de rapport à la Commission (ou à toute autre entité auditée) 18.7.2019
Adoption du rapport définitif après la procédure contradictoire 15.10.2019
Réception des réponses officielles de la Commission (ou de toute autre entité auditée) dans toutes les langues 22.11.2019

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1615 Luxembourg
LUXEMBOURG

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