Rapport spécial
07 2017

Nouveau rôle des organismes de certification concernant les dépenses de la PAC: une avancée vers un modèle de contrôle unique, malgré d’importantes faiblesses à surmonter

En ce qui concerne le rapport: Cet audit a porté sur le rôle des organismes de certification qui fournissent des opinions sur la légalité et la régularité des dépenses relevant de la politique agricole commune au niveau des États membres. La politique agricole commune représente près de 40 % du budget de l’UE. Nous avons évalué si le nouveau cadre instauré en 2015 par la Commission européenne permettait aux organismes de certification d’exprimer leurs opinions conformément à la réglementation de l’UE et aux normes internationales d’audit. Bien que le cadre constitue une avancée vers un modèle de contrôle unique, nous avons constaté qu’il était affecté par des faiblesses significatives. Nous formulons un certain nombre de recommandations d’amélioration, à inclure aux nouvelles lignes directrices de la Commission qui devraient entrer en vigueur à partir de 2018.

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Synthèse

I

Avec un budget de 363 milliards d’euros (aux prix de 2011) pour la période 2014-2020 (soit près de 38 % du montant total du cadre financier pluriannuel 2014-2020), la politique agricole commune (PAC) est mise en œuvre dans le cadre d’une gestion partagée entre la Commission et les États membres. Si la Commission délègue l’exécution du budget aux organismes payeurs (OP) désignés par les États membres, elle reste responsable en dernier ressort et est tenue de veiller à ce que les intérêts financiers de l’UE soient protégés comme si elle effectuait elle-même les tâches d’exécution budgétaire déléguées.

II

À cette fin, les organismes de certification (OC) désignés par les États membres se sont vu confier le rôle d’auditeurs indépendants des organismes payeurs en 1996. Depuis l’exercice 2015, ils sont également chargés d’exprimer une opinion, élaborée conformément aux normes d’audit internationalement reconnues, indiquant si les dépenses dont le remboursement a été demandé à la Commission sont légales et régulières. L’exercice 2015 a donc été le premier pour lequel la Commission a pu utiliser les travaux approfondis des organismes de certification sur la légalité et la régularité.

III

Dans ce contexte, nous avons évalué si le cadre mis en place par la Commission permettait aux organismes de certification d’exprimer une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses au titre de la PAC conformément à la réglementation de l’UE applicable et aux normes d’audit internationalement reconnues, fournissant ainsi des résultats fiables pour le modèle d’assurance de la Commission. Nous sommes parvenus à la conclusion que le cadre conçu par la Commission pour la première année de mise en œuvre des nouveaux travaux des OC présentait des faiblesses significatives. En conséquence, les opinions des OC ne sont pas pleinement conformes aux normes et règles applicables dans des domaines importants.

IV

Le nouveau rôle des organismes de certification constitue une avancée vers un modèle de contrôle unique dans la mesure où leurs constatations pourraient aider les États membres à renforcer leurs systèmes de contrôle, contribuer à réduire les coûts d’audit et de contrôle et permettre à la Commission d’obtenir une assurance indépendante supplémentaire quant à la légalité et la régularité des dépenses.

V

Dans ce contexte, nous avons analysé le modèle d’assurance actuel de la Commission ainsi que les modifications introduites pour tenir compte du rôle accru des organismes de certification. Nous avons constaté que le modèle d’assurance de la Commission restait fondé sur les résultats des contrôles des États membres. Pour l’exercice 2015, les opinions des OC sur la légalité et la régularité des dépenses ne constituaient qu’un des éléments pris en compte par la Commission lors du calcul des ajustements à apporter aux erreurs mentionnées dans les statistiques de contrôle des États membres. Puisque ces opinions sont la seule source fournissant, sur une base annuelle, une assurance indépendante quant à la légalité et à la régularité, les travaux des OC, lorsqu’ils sont effectués de manière fiable, devraient devenir l’élément principal de l’assurance de la Commission.

VI

Notre examen de la conformité des lignes directrices de la Commission avec les règlements applicables et les normes d’audit internationalement reconnues a permis de déceler les faiblesses suivantes:

  1. Concernant la procédure d’évaluation des risques, nous avons constaté que la Commission demandait aux organismes de certification d’utiliser la matrice d’agrément, ce qui crée un risque de surévaluer le niveau d’assurance que les OC peuvent obtenir à partir des systèmes de contrôle interne des organismes payeurs;
  2. La méthode d’échantillonnage des opérations appliquée par les organismes de certification, fondée sur les listes des contrôles sur place sélectionnés de manière aléatoire par les organismes payeurs, comportait une série de risques supplémentaires qui n’ont pas été surmontés: en particulier, les travaux des organismes de certification ne peuvent être représentatifs que si les échantillons initialement sélectionnés par les organismes payeurs sont eux-mêmes représentatifs. Une partie de l’échantillonnage pour les opérations hors SIGC n’est pas représentative des dépenses et n’est donc pas représentative de l’exercice financier contrôlé;
  3. Concernant les tests de validation, la Commission demandait aux organismes de certification, pour une partie de l’échantillonnage, de procéder seulement à la réexécution des contrôles administratifs des organismes payeurs;
  4. La Commission demandait aux organismes de certification, dans le cadre de leurs tests de validation, de se limiter à la réexécution des contrôles initiaux des organismes payeurs. Bien que la réexécution soit une méthode valable de collecte d’informations d’audit, les normes d’audit internationalement reconnues prévoient également que les auditeurs choisissent et appliquent toutes les mesures et procédures d’audit qu’eux-mêmes considèrent appropriées afin d’obtenir des éléments probants suffisants pour exprimer une opinion assortie d’une assurance raisonnable;
  5. En ce qui concerne l’établissement de la conclusion de l’auditeur, nous avons constaté que les lignes directrices préconisaient que les OC calculent deux taux d’erreur différents pour ce qui est de la légalité et de la régularité, et que l’utilisation faite de ces taux, non seulement par les OC, mais aussi par la DG AGRI, n’était pas appropriée;
  6. Enfin, nous avons conclu que l’opinion de l’OC sur la légalité et la régularité des dépenses était fondée sur un niveau d’erreur global sous-estimé. En effet, les erreurs détectées et mentionnées par les OP dans leurs statistiques de contrôle n’étaient pas prises en compte par les OC dans le calcul de leur niveau estimatif d’erreur.
VII

Nous formulons un certain nombre de recommandations en vue de remédier aux problèmes soulevés dans ces observations.

  1. La Commission devrait utiliser les résultats des organismes de certification, lorsque les travaux sont définis et réalisés conformément aux règlements en vigueur et aux normes d’audit internationalement reconnues, comme élément principal de son modèle d’assurance concernant la légalité et la régularité des dépenses.
  2. La Commission devrait réviser ses lignes directrices comme suit:

    1. axer l’évaluation des risques effectuée par les OC quant à la légalité et la régularité sur les contrôles clés et secondaires déjà utilisés par la Commission;
    2. demander aux OC, lorsqu’ils sélectionnent des opérations relevant du SIGC à partir de la liste des demandes sélectionnées de manière aléatoire par les OP aux fins de contrôles sur place, de mettre en place les garanties appropriées concernant la représentativité des échantillons des OC, la réalisation en temps voulu des visites sur place par les OC et la non-divulgation de l’échantillon des OC aux OP;
    3. pour l’échantillonnage des dépenses ne relevant pas du SIGC, demander aux OC de sélectionner leurs échantillons directement dans les listes de paiements;
    4. autoriser les OC à effectuer des vérifications sur place pour toute opération contrôlée et à appliquer toutes les mesures et procédures d’audit qu’eux-mêmes considèrent appropriées, sans être limités à la réexécution des vérifications initiales de l’OP;
    5. demander aux OC de ne calculer qu’un seul taux d’erreur en ce qui concerne la légalité et la régularité;
    6. pour les opérations relevant du SIGC qui sont prélevées dans les listes des contrôles sur place réalisés de manière aléatoire par les OP, le taux d’erreur global calculé par les OC pour pouvoir exprimer une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses devrait également inclure le niveau d’erreur indiqué par les OP dans leurs statistiques de contrôle, extrapolé aux opérations restantes non soumises à des contrôles sur place de la part des OP. Les OC doivent garantir que les statistiques de contrôle établies par les OP sont complètes et exactes.

Introduction

Dépenses effectuées au titre de la politique agricole commune

01

Pour l’agriculture, le soutien de l’UE est octroyé par le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). L’enveloppe totale allouée à ces deux Fonds s’élève à 363 milliards d’euros (aux prix de 2011) pour la période de programmation 2014-2020, ce qui représente près de 38 % du CFP total pour cette période1.

02

Les dépenses de la politique agricole commune (PAC) au titre des deux Fonds peuvent être regroupées en deux catégories:

  • les dépenses relevant du système intégré de gestion et de contrôle (SIGC), qui sont fondées sur les droits2 et comprennent principalement les paiements annuels par hectare;
  • les dépenses hors-SIGC, qui sont des paiements basés sur les remboursements et qui se composent principalement d’investissements dans des exploitations agricoles et des infrastructures rurales ainsi que d’interventions sur les marchés agricoles.
03

La ventilation entre les dépenses relevant ou non du SIGC pour les deux Fonds (respectivement près de 86 % et 14 % des dépenses de la PAC) pour l’exercice 2015 est présentée à la figure 1 ci-dessous:

Figure 1

Ventilation des dépenses au titre de la PAC pour l’exercice financier 2015 (en milliards d’euros)

Le cadre juridique et institutionnel applicable à la gestion partagée dans le cadre de la PAC

04

La responsabilité de la gestion de la PAC est partagée entre la Commission et les États membres. Près de 99 % du budget de la PAC est dépensé dans le cadre de la gestion partagée, telle que définie dans le règlement financier3. Le règlement horizontal relatif à la PAC4 établit des règles de base portant spécifiquement sur le financement, la gestion et le suivi de la PAC. La Commission a été habilitée à spécifier davantage ces règles au moyen de règlements d’exécution5 et de lignes directrices.

05

Dans le cadre de la gestion partagée, la Commission reste responsable en dernier ressort du budget, mais délègue son exécution à des entités spécialement désignées par les États membres: les organismes payeurs (OP). La direction générale de l’agriculture et du développement rural (DG AGRI) supervise l’exécution du budget par les OP, en vérifiant et en remboursant les dépenses déclarées mensuellement (pour le FEAGA) et trimestriellement (pour le Feader) par ces derniers et, à terme, en évaluant si les dépenses sont légales et régulières au moyen de la procédure d’apurement de conformité6. Si cette procédure révèle des insuffisances au niveau du système de contrôle d’un OP qui ont un impact financier sur le budget de l’UE, la Commission peut appliquer des corrections financières à cet OP. Le modèle de gestion partagée de la DG AGRI, qui définit les rôles des différentes parties concernées, est présenté à l’annexe I7.

06

Au niveau des États membres, le budget de la PAC est géré par des organismes payeurs agréés par l’autorité compétente de l’État membre concerné8. Les organismes payeurs procèdent à des contrôles administratifs pour toutes les demandes de projets et de paiement émanant des bénéficiaires, ainsi qu’à des contrôles sur place portant sur un échantillon couvrant au moins 5 % des demandes pour la grande majorité des mesures de soutien9. À la suite de ces contrôles, les OP paient les montants dus aux bénéficiaires et les déclarent mensuellement (FEAGA) ou trimestriellement (Feader) à la Commission pour remboursement. Tous les montants versés sont ensuite enregistrés dans les comptes annuels des OP. Le directeur de chaque organisme payeur transmet ces comptes annuels à la Commission, accompagnés de sa déclaration (la déclaration de gestion) concernant l’efficacité des systèmes de contrôle de l’OP, qui présente également une synthèse des niveaux d’erreur découlant des statistiques de contrôle de ce dernier10. L’ordonnateur délégué de la Commission (le directeur général chargé de la PAC à la DG AGRI) prend ces comptes annuels et déclarations de gestion en considération dans le rapport annuel d’activité (RAA) de la DG AGRI.

07

Le règlement financier prévoit que, lorsque la Commission confie aux OP des tâches d’exécution budgétaire en gestion partagée dans le domaine de la PAC, elle s’assure que les intérêts financiers de l’UE soient protégés dans la même mesure que si elle se chargeait elle-même de l’exécution de ces tâches11. Cela implique de définir des responsabilités appropriées en matière de contrôle et d’audit, telles que l’examen et l’approbation des comptes. Pour la PAC, c’est l’organisme de certification (OC) qui assume ces responsabilités en matière d’audit au niveau de l’État membre.

Rôle et responsabilités des organismes de certification

08

Les organismes de certification exercent leur rôle d’auditeurs indépendants des OP depuis l’exercice 199612. À ce titre, ils sont tenus d’émettre un certificat, conformément aux normes d’audit internationalement reconnues, indiquant si les comptes à transmettre à la Commission sont fidèles, complets et exacts, et si les procédures de contrôle interne ont été appliquées de manière satisfaisante, notamment en ce qui concerne les critères d’agrément.

09

Le règlement financier13 et le règlement horizontal relatif à la PAC14 ont renforcé le rôle et les responsabilités des OC. En plus de leur responsabilité en matière de comptabilité et de contrôle interne, les organismes de certification sont tenus, depuis l’exercice 2015, d’exprimer une opinion indiquant si les dépenses dont le remboursement a été demandé à la Commission sont légales et régulières. Cette opinion, établie conformément aux normes d’audit internationalement reconnues, doit également préciser «si l’examen met en doute les affirmations figurant dans la déclaration de gestion».

10

Le règlement horizontal relatif à la PAC prévoit en outre qu’un organisme de certification doit être un organisme d’audit public ou privé désigné par l’autorité compétente et qu’il doit disposer de la compétence technique nécessaire; du point de vue de son fonctionnement, il doit être indépendant à la fois de l’organisme payeur et de l’autorité ayant agréé ce dernier. Pour l’exercice financier 2015, les dépenses de la PAC dans les 28 États membres ont été gérées par 80 organismes payeurs au total, qui ont eux-mêmes été audités par 64 organismes de certification15. Sur l’ensemble de ces OC, 46 étaient des organismes publics16 et 18 étaient des cabinets d’audit privés.

11

L’objectif des travaux des organismes de certification sur la légalité et la régularité est de renforcer l’assurance de la DG AGRI quant à la légalité et la régularité des dépenses. Le rôle des organismes de certification dans le cadre du modèle d’assurance de la DG AGRI est décrit à l’annexe II. Les utilisations possibles des travaux des OC dans le contexte d’un «modèle de contrôle unique» sont détaillées aux points 24 à 28.

12

La Commission a établi le cadre pour les travaux d’audit des organismes de certification au moyen d’un règlement d’application17 et de lignes directrices supplémentaires18. Conformément à ce règlement, et afin d’obtenir des rapports et opinions fiables de la part des organismes de certification, la Commission doit veiller à ce que:

  1. ses lignes directrices fournissent des instructions appropriées en conformité avec les normes d’audit internationalement reconnues19;
  2. les travaux effectués par les OC sur la base de ces orientations soient suffisants et de qualité appropriée.

Étendue et approche de l’audit

Étendue de l’audit

13

La nouvelle exigence relative à l’émission, par les organismes de certification, d’une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses joue un rôle clé dans le modèle d’assurance de la Commission pour la période 2014-2020.

14

Pour le présent audit, nous avons centré notre analyse sur le cadre établi par la Commission pour les travaux des organismes de certification sur la légalité et la régularité pour la première année de mise en œuvre (exercice 2015). L’audit n’a pas comporté d’évaluation des tests de validation effectués par les OC.

15

L’audit avait pour objectif d’évaluer si le nouveau rôle des OC constituait une avancée vers une approche de contrôle unique et si la Commission en tenait dûment compte dans son modèle d’assurance. Il visait également à évaluer si le cadre mis en place par la Commission permettait aux organismes de certification d’exprimer une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses au titre de la PAC, conformément à la réglementation de l’UE applicable et aux normes d’audit internationalement reconnues.

16

En particulier, nous avons examiné si les orientations de la Commission à l’intention des OC permettaient d’assurer:

  • une évaluation appropriée des risques par les OC et un échantillonnage représentatif;
  • un niveau approprié de tests de validation;
  • une estimation correcte du niveau d’erreur et une opinion d’audit adéquate.
17

Après l’achèvement de nos travaux d’audit sur le terrain (septembre 2016), la Commission a finalisé, en janvier 2017, de nouvelles lignes directrices que les OC devront appliquer à partir de l’exercice 2018. Nous n’avons pas examiné ces lignes directrices actualisées.

Approche d’audit

18

Les éléments probants ont été recueillis aux niveaux de la Commission (DG AGRI) et des États membres. Le point de départ des travaux a été l’analyse du cadre juridique pertinent, afin de définir les exigences applicables à l’ensemble des parties concernées, à savoir la Commission, les autorités compétentes et les organismes de certification.

19

Au niveau de la Commission, l’audit a comporté:

  • un examen des lignes directrices de la Commission à l’intention des organismes de certification applicables à l’exercice 2015, ainsi que des documents découlant des activités d’appui, telles que les réunions des groupes d’experts20 (nous avons participé à l’une de ces réunions en tant qu’observateurs à Bruxelles, les 14 et 15 juin 2016);
  • une évaluation des contrôles documentaires des rapports et opinions des organismes de certification effectués par la Commission pour 25 organismes payeurs dans 17 États membres. Dans 17 cas, cette évaluation a également comporté un examen des rapports établis par la DG AGRI sur les visites d’audit effectuées dans les OC. Nous avons également examiné le RAA 2015 de la DG AGRI et l’utilisation qui y était faite des travaux des OC sur la légalité et la régularité;
  • des entretiens avec les agents de la DG AGRI concernés.
20

Au niveau des États membres, l’audit a comporté:

  • une enquête réalisée auprès de 20 autorités compétentes et organismes de certification dans 13 États membres21, sélectionnés par rapport à la valeur des dépenses certifiées (au total, la sélection représentait 63 % des dépenses totales de l’UE pour la PAC en 2014) et au statut juridique de l’organisme de certification (entité publique ou privée). Les thèmes couverts par l’enquête concernaient, entre autres, les orientations de la Commission et le soutien aux organismes de certification;
  • six visites dans les États membres22, dans le cadre desquelles les auditeurs ont mené des entretiens avec des représentants des autorités compétentes et des organismes de certification afin de mieux comprendre les informations fournies dans les réponses à l’enquête, examiné les dispositions contractuelles des OC, vérifié la rapidité de leurs procédures d’audit et examiné les principaux résultats de leurs travaux, tels qu’ils sont présentés dans leurs rapports et opinions d’audit couvrant l’exercice 2015.
21

Nos constatations ont été examinées à la lumière des dispositions applicables de la réglementation relative à la période de programmation 2014-2020 ainsi que des exigences définies dans les normes internationales des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (ISSAI) ou des normes internationales d’audit (ISA) pertinentes.

Observations

Le nouveau rôle des organismes de certification en ce qui concerne la légalité et la régularité des dépenses de la PAC constitue une avancée vers un modèle de contrôle unique

22

Bien qu’il n’existe pas de définition unanimement reconnue de la notion de «contrôle unique», le concept repose sur la nécessité d’éviter que des contrôles et des audits mal coordonnés ne se chevauchent. Dans le cadre du budget de l’UE, et en particulier pour la gestion partagée, le «contrôle unique» permettrait de fournir une assurance quant à la légalité et à la régularité des dépenses sur deux plans: à des fins de gestion (contrôle interne), d’une part, et d’audit, d’autre part. Une approche de contrôle unique devrait constituer un cadre de contrôle efficace dans lequel chaque étape repose sur l’assurance fournie par les précédentes.

23

Dans le domaine de la cohésion23, les autorités d’audit des États membres constituent, depuis la période 2007-2013, l’une des principales sources d’information pour le cadre d’assurance de la Commission concernant la légalité et la régularité des dépenses. Dans notre avis n° 2/200424, nous avons analysé le modèle de «contrôle unique» en ce qui concerne le contrôle interne, c’est-à-dire comme source d’assurance pour la gestion de la Commission. En outre, dans notre rapport spécial n° 16/201325, nous avons formulé des recommandations spécifiques concernant l’amélioration des procédures relatives à l’utilisation, par la Commission, des travaux des autorités d’audit nationales dans le domaine de la cohésion.

24

Pour les dépenses de la PAC, la Commission obtient l’assurance que les dépenses sont légales et régulières en s’appuyant sur trois couches d’information: les contrôles effectués par les OP, les travaux d’audit effectués par les OC et les résultats de ses propres vérifications y afférentes. Lorsqu’une telle assurance est considérée comme insuffisante, la Commission exerce sa responsabilité finale en matière de légalité et de régularité en appliquant ses propres procédures d’apurement de conformité, qui peuvent donner lieu à des corrections financières.

25

Le nouveau rôle des organismes de certification, consistant à exprimer une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses, devrait permettre, au cours de la période 2014-2020, de renforcer considérablement un modèle de «contrôle unique» pour la gestion des dépenses agricoles par la Commission. La DG AGRI est d’avis qu’un tel modèle offrira une plus grande assurance quant au fonctionnement satisfaisant des systèmes de contrôle26 et permettra d’obtenir une assurance de gestion supplémentaire à partir des travaux d’audit des OC plutôt que par le biais de ses seuls contrôles27.

26

Les travaux d’audit des organismes de certification peuvent permettre un fonctionnement efficace du modèle de «contrôle unique» pour les dépenses de la PAC:

  • en aidant les États membres à renforcer leurs systèmes de contrôle;
  • en contribuant à réduire les coûts de contrôle et d’audit;
  • en permettant à la Commission d’obtenir une assurance indépendante supplémentaire quant à la légalité et à la régularité des dépenses.
27

Nous considérons que l’approche de «contrôle unique» constitue un bon moyen d’obtenir une assurance quant à la légalité et à la régularité des dépenses au niveau des États membres. En vertu du droit de l’Union, au même titre que la Cour des comptes européenne agit en tant qu’auditeur externe du budget de l’UE dans son ensemble, les organismes de certification agissent en tant que contrôleurs indépendants, sur le plan opérationnel, des dépenses agricoles au niveau des États membres/régional. D’un point de vue chronologique, ils sont les premiers auditeurs à fournir une assurance quant à la légalité et à la régularité des dépenses agricoles, et représentent la seule source d’une telle assurance au niveau national/régional28. Les organismes de certification obtiennent leur assurance en s’appuyant à la fois sur leurs propres tests de validation et sur les systèmes de contrôle des organismes payeurs. Dans le cadre d’un modèle de «contrôle unique» pour la PAC 2014-2020, une telle assurance pourrait potentiellement être utilisée par la Commission comme indiqué à la figure 2 ci-dessous, à condition de garantir une piste d’audit appropriée.

Figure 2

Un modèle de contrôle unique pour la PAC 2014-2020

Source: Cour des comptes européenne.

28

Nous sommes d’avis que la Commission, responsable en dernier ressort de la gestion des fonds de la PAC et des exigences réglementaires en vigueur, pourrait utiliser les travaux des organismes de certification sur la légalité et la régularité dans le cadre de l’approche de «contrôle unique», lorsque ces travaux sont fiables, pour:

  • améliorer la manière dont elle estime le taux d’erreur résiduel et émet des réserves dans son rapport annuel d’activité29;
  • déterminer si le niveau d’erreur estimatif excède ou non 50 000 euros ou 2 % des dépenses concernées30 et, par conséquent, s’il convient de lancer ou non une procédure d’apurement de conformité;
  • déterminer de manière plus précise et exhaustive les montants devant être exclus du budget de l’UE, en recourant plus souvent à des corrections financières extrapolées31;
  • évaluer s’il convient de demander aux États membres de revoir le statut d’agrément des organismes payeurs dans les cas où les garanties quant à la légalité et la régularité des paiements ne sont pas suffisantes32.

Le modèle d’assurance de la DG AGRI reste fondé sur les résultats des contrôles des États membres

29

Le règlement financier33 prévoit que le directeur général de la DG AGRI prépare un rapport annuel d’activité, dans lequel il déclare avoir une assurance raisonnable que les procédures de contrôle mises en place offrent les garanties nécessaires quant à la légalité et à la régularité des opérations sous-jacentes.

30

Le modèle d’assurance utilisé à cette fin par la DG AGRI jusqu’à l’exercice 2015, qui permettait de déterminer les montants à risque du point de vue de la légalité et de la régularité, se fondait sur les statistiques de contrôle communiquées par les États membres. Des ajustements à la hausse étaient ensuite appliqués sur la base des faiblesses connues mises en évidence par les audits de conformité de la DG AGRI ainsi que par nos travaux d’audit. La DG AGRI devait augmenter le niveau d’erreur lorsqu’elle constatait qu’une partie des erreurs n’avait pas été détectée par les OP et que ces dernières ne figuraient donc pas dans les résultats des contrôles de l’État membre. Il en résultait un taux d’erreur ajusté pour chaque organisme payeur et chaque fonds.

31

Les taux d’erreur ajustés agrégés pour les exercices 2014 et 2015 montrent que la DG AGRI a continué d’ajuster à la hausse les niveaux d’erreur mentionnés dans les statistiques de contrôle des organismes payeurs (voir tableau 1). Les informations figurant dans les nouvelles opinions des organismes de certification sur la légalité et la régularité n’ont eu qu’une incidence marginale sur ces ajustements pour l’exercice 2015.

Tableau 1

Résultats des ajustements à la hausse apportés par la DG AGRI aux statistiques de contrôle communiquées par les organismes payeurs pour les exercices 2014 et 2015

Fonds Exercice financier Niveau d’erreur moyen mentionné dans les statistiques de contrôle des OP Taux d’erreur ajusté agrégé calculé par la DG AGRI
FEAGA 2014 0,55 % 2,61 %
2015 0,68 % 1,47 %
Feader 2014 1,52 % 5,09 %
2015 1,78 % 4,99 %
32

Dans son RAA 201534, la DG AGRI a expliqué avoir fait un usage très limité des opinions des organismes de certification sur la légalité et la régularité. Cela tient principalement au fait qu’il s’agissait de la première année où les OC fournissaient de telles opinions, ainsi qu’au calendrier de leurs travaux, à leur manque de compétences techniques et d’expertise juridique, à leurs stratégies d’audit inadaptées et à la taille insuffisante des échantillons audités. Outre les raisons indiquées par la DG AGRI, nous considérons, sur la base de nos constatations, que la manière dont la Commission a défini les travaux des OC dans ses lignes directrices a également un impact important sur leur fiabilité.

33

En fait, le modèle d’assurance de la DG AGRI reste fondé sur les résultats des contrôles. Pour l’exercice 2015, les opinions des OC sur la légalité et la régularité des dépenses ne constituaient qu’un des éléments pris en compte par la Commission lors du calcul des ajustements à apporter aux erreurs mentionnées dans les statistiques de contrôle des États membres. Les opinions des OC sur la légalité et la régularité sont la seule source fournissant, sur une base annuelle, une assurance indépendante quant à la légalité et à la régularité. C’est pourquoi, lorsque les travaux des OC sont effectués de manière fiable, cette assurance indépendante devrait, selon nous, devenir l’élément principal permettant au directeur général de la DG AGRI d’évaluer si les dépenses sont légales et régulières.

34

La DG AGRI confirme dans son RAA 2015 que l’accent continue d’être mis sur les statistiques de contrôle émanant des systèmes de gestion et de contrôle des OP. En effet, elle indique que l’opinion sur la légalité et la régularité devrait confirmer le niveau d’erreur affectant le système de gestion et de contrôle de la PAC mis en œuvre dans les États membres35. Elle indique en outre que les auditeurs de l’OC doivent confirmer, au moyen de tests sur les opérations (fondés sur un échantillon statistique), le niveau d’erreur constaté lors des contrôles d’éligibilité initiaux effectués par l’OP et, s’il n’est pas confirmé, exprimer une opinion avec réserve36.

35

Certains aspects importants des lignes directrices de la Commission, tels que ceux énumérés ci-dessous et qui sont évalués dans le présent rapport, ont donc été spécifiquement mis en place pour s’adapter au modèle d’assurance existant de la DG AGRI, fondé sur la validation des résultats des contrôles des organismes payeurs:

  • utilisation de deux échantillons, dont le premier choisi dans la liste des contrôles sur place réalisés par les organismes payeurs (voir points 48 à 58);
  • limitation des contrôles sur place effectués par les organismes de certification aux opérations de l’échantillon n° 1 (voir points 62 à 67);
  • limitation de la marge de manœuvre des organismes de certification en ce qui concerne la réexécution des contrôles sur place et administratifs des OP (voir points 68 à 71);
  • calcul de deux taux d’erreur et utilisation, par la DG AGRI, du taux de non-conformité au lieu du taux d’erreur (voir points 72 à 78);
  • sous-estimation des taux d’erreur sur lesquels les OC fondent leurs opinions (voir points 79 à 85).
36

Par ailleurs, le modèle de la Commission implique pour les organismes de certification un volume de travail plus important que ce qui est strictement requis par le règlement horizontal relatif à la PAC. Cela est dû au fait que les statistiques de contrôle synthétisées dans les déclarations de gestion des OP sont calculées séparément pour les strates relevant du SIGC et celles hors SIGC (voir point 2). La DG AGRI calcule également les taux d’erreur ajustés pour chacune des deux strates. Cela signifie que les OC sont également tenus de valider les statistiques de contrôle au niveau des strates (SIGC et hors SIGC) et pas seulement au niveau des Fonds (FEAGA/Feader). Pour avoir des éléments de preuve suffisants pour valider ces statistiques au niveau des strates, les organismes de certification doivent considérablement augmenter la taille de leurs échantillons par rapport à un scénario dans lequel seule une validation au niveau des Fonds est nécessaire.

37

Les sections suivantes examinent également la mesure dans laquelle les lignes directrices de la Commission sont conformes aux normes d’audit internationalement reconnues aux différents stades du processus d’audit (évaluation des risques et méthode d’échantillonnage, tests de validation, conclusion et opinion d’audit).

Évaluation des risques et méthode d’échantillonnage

Le fait de fonder l’évaluation des risques sur la matrice d’agrément peut avoir pour effet de surévaluer le niveau d’assurance que les organismes de certification peuvent obtenir à partir des systèmes de contrôle interne des organismes payeurs

38

Selon les orientations de la DG AGRI37, les organismes de certification obtiennent leur niveau d’assurance global en matière de légalité et de régularité en se fondant sur deux sources: leur évaluation de l’environnement de contrôle des organismes payeurs, d’une part, et leurs tests de validation sur les opérations, d’autre part. Ce modèle est conforme aux normes d’audit internationalement reconnues, qui prévoient que l’auditeur doit «connaître l’environnement de contrôle et les contrôles internes correspondants et vérifier s’ils sont susceptibles d’assurer la conformité»38.

39

Plus l’évaluation, par les OC, des systèmes de contrôle interne des organismes payeurs est positive et partant, plus l’assurance qu’ils obtiennent à partir de ces systèmes est grande, moins le nombre d’opérations soumises à des tests de validation est important. Le tableau 2 illustre cette relation inversement proportionnelle en se fondant sur les informations figurant dans les lignes directrices de la DG AGRI39:

Tableau 2

Appréciation du système de contrôle interne par rapport à la taille des échantillons pour les tests de validation

Appréciation du système de contrôle interne Fonctionne bien Fonctionne Fonctionne partiellement Ne fonctionne pas
Nombre d’éléments inclus dans les tests de validation 93 111 137 181
40

La DG AGRI a demandé aux OC de fonder leur appréciation des systèmes de contrôle interne des organismes payeurs sur une matrice permettant d’évaluer le respect, par ces derniers, des critères d’agrément (la «matrice d’agrément»). Seuls les organismes payeurs agréés (c’est-à-dire ceux qui remplissent les critères d’agrément) peuvent gérer les dépenses de la PAC40.

41

Comme le montre l’annexe III41, la matrice d’agrément comprend six fonctions et huit critères d’évaluation, soit au total 48 paramètres d’évaluation. Une note allant de 1 («Ne fonctionne pas») à 4 («Fonctionne bien») et une pondération sont attribuées pour chaque paramètre. La note globale obtenue à partir de la matrice d’agrément représente la moyenne pondérée de ces 48 paramètres d’évaluation.

42

Cette note globale est utilisée à la fois par les autorités compétentes (AC) (pour évaluer si les OP méritent de conserver leur agrément) et par les OC (pour les aider à évaluer le bon fonctionnement ou non des systèmes de contrôle interne des OP).

43

Toutefois, il n’est pas approprié d’utiliser la note globale obtenue grâce à la matrice d’agrément pour évaluer les systèmes de contrôle interne des OP en ce qui concerne la légalité et la régularité des dépenses, dans la mesure où ces derniers ne dépendent principalement que de deux des 48 paramètres d’évaluation: les contrôles administratifs et les contrôles sur place relatifs à la gestion des demandes, y compris leur validation et leur ordonnancement (sous «Activités de contrôle»).

44

Dans le cadre proposé par la DG AGRI, de faibles notes pour ces deux paramètres peuvent être compensées par des notes plus élevées pour d’autres (par exemple, l’information et la communication ou le suivi). Ces autres facteurs ne sont pas directement liés à la légalité et à la régularité et ne devraient pas, de ce fait, être utilisés à cette fin. En ce qui concerne la légalité et la régularité, compte tenu de l’importance cruciale de ces deux paramètres, une telle compensation pourrait conduire les OC à surestimer les systèmes de contrôle interne et à en retirer une assurance plus importante qu’il ne faudrait. En outre, ce cadre ne tient pas suffisamment compte des faiblesses systémiques précédemment relevées aussi bien par la DG AGRI que par nous à la suite d’audits réalisés auprès des organismes payeurs et des bénéficiaires finals.

45

Dans trois42 des six États membres visités, nous avons constaté que les OC n’avaient pas suffisamment tenu compte des faiblesses déjà connues dans leur évaluation des systèmes. L’encadré 1 ci-dessous présente la situation que nous avons pu observer dans l’un de ces États membres (Allemagne (Bavière)), ainsi que la situation inverse, constatée en Roumanie, où l’organisme de certification a pleinement tenu compte des insuffisances connues dans son appréciation. Ces situations viennent étayer notre point de vue selon lequel la matrice d’agrément n’est pas un outil approprié pour évaluer le fonctionnement des systèmes de contrôle interne en ce qui concerne la légalité et la régularité.

Encadré 1

Situations dans lesquelles les résultats produits par la matrice d’agrément aux fins de l’évaluation de la légalité et la régularité n’étaient pas fiables

En Allemagne (Bavière), la matrice d’agrément a produit l’appréciation «Fonctionne» pour le système de contrôle interne du Feader (hors SIGC) de l’État. Ce résultat n’est pas cohérent avec les éléments probants ci-après, qui suggéraient que le système de contrôle pour ces dépenses était plus faible:

  • pour les exercices 2013 et 2014, la DG AGRI avait calculé que, concernant la légalité et la régularité des dépenses, le niveau d’erreur était significatif,
  • les propres vérifications de l’organisme de certification montraient qu’un nombre important d’opérations comportaient des erreurs financières (25 pour l’exercice 2015, soit un tiers de la population auditée).

En Roumanie, la matrice d’agrément a dans un premier temps produit l’appréciation «Fonctionne» pour les systèmes de contrôle interne des deux Fonds (Feader et FEAGA) et des deux strates (SIGC et hors SIGC). Cependant, en appliquant son jugement professionnel sur la base des informations disponibles, y compris les faiblesses connues précédemment relevées par la DG AGRI et par nous, l’OC n’a pas pris ce résultat en compte et a réduit les appréciations correspondantes à «Ne fonctionne pas» pour le FEAGA (SIGC) et «Fonctionne partiellement» pour le Feader (SIGC) et le FEAGA (hors SIGC).

46

Dans le cadre de ses enquêtes d’apurement de conformité, la DG AGRI a recours aux contrôles-clés et aux contrôles secondaires (voir encadré 2 pour les définitions) pour évaluer si les systèmes de contrôle interne en place au niveau des États membres sont à même de garantir la légalité et la régularité des dépenses.

Encadré 2

Que sont les contrôles-clés et les contrôles secondaires?43

«Les contrôles clés sont les vérifications administratives et les vérifications sur le terrain, nécessaires pour établir l’admissibilité de l’aide et l’application correspondante de réductions et de sanctions».

«Les contrôles secondaires recouvrent toutes les autres opérations administratives requises pour traiter correctement les demandes».

47

Bien que la DG AGRI elle-même ait recours aux contrôles clés et aux contrôles secondaires pour évaluer si les systèmes de contrôle interne des organismes payeurs garantissent la légalité et la régularité des dépenses, elle demande aux OC d’utiliser un outil différent dans le même but, à savoir la matrice d’agrément, qui n’est pas adaptée à cet effet.

La méthode d’échantillonnage des organismes de certification pour les opérations relevant du SIGC, fondée sur les listes de contrôles sur place sélectionnés de manière aléatoire par les OP, comporte une série de risques qui n’ont pas été surmontés

48

Comme nous l’avons mentionné plus haut, le règlement horizontal relatif à la PAC oblige les OC à exprimer une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses dont le remboursement a été demandé à la Commission au cours de l’exercice faisant l’objet de l’audit. Ainsi, lors de la définition de l’échantillon, les OC doivent «tenir compte des objectifs de la procédure d’audit et des attributs de la population dont sera extrait l’échantillon»44.

49

Les lignes directrices de la DG AGRI45 scindent les travaux relatifs aux tests de validation en deux échantillons:

  • l’échantillon n° 1, prélevé par les OC dans la liste des bénéficiaires sélectionnés de manière aléatoire46 par les organismes payeurs aux fins de contrôles sur place (voir point 6). Pour les opérations de l’échantillon n° 1, les organismes de certification sont tenus de réexécuter les contrôles sur place effectués par les organismes payeurs ainsi que la gamme complète des contrôles administratifs (réception de la demande et contrôles d’éligibilité, validation des dépenses, y compris l’ordonnancement, l’exécution et l’enregistrement comptable des paiements correspondants);
  • l’échantillon n° 2, prélevé par les OC sur l’ensemble des paiements pour l’exercice concerné. Pour cet échantillon, les OC ne sont tenus de réexécuter que les contrôles administratifs, pas les contrôles sur place (voir points 62 à 67).
50

Le calendrier pour l’exécution des tests de validation par les OC et la communication de leurs rapports à la Commission figure à l’annexe IV.

51

Les opérations de l’échantillon n° 1 sont choisies à partir d’une liste de contrôles sur place sélectionnés de manière aléatoire et réalisés par les organismes payeurs pour des demandes qui, si elles sont couvertes par le SIGC, sont très susceptibles de donner lieu à des paiements au cours de l’exercice correspondant. Par conséquent, les résultats des tests effectués par les OC ne leur servent pas seulement à exprimer une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses, mais leur permettent aussi d’exprimer une opinion sur le fonctionnement des systèmes de contrôle interne des organismes payeurs, ce qui constitue l’un des autres objectifs d’audit définis dans le règlement horizontal relatif à la PAC.

52

Le nombre d’opérations par rapport auxquelles les organismes de certification réexécutent l’ensemble des vérifications effectuées par les OP (voir tableau 3 après le point 64) est souvent bien plus élevé que le nombre d’opérations habituellement requis pour les tests de conformité sur les systèmes de contrôle interne47. Les OC en retirent une plus grande assurance quant à la conformité des systèmes des organismes payeurs relatifs aux contrôles administratifs et aux contrôles sur place avec la réglementation en vigueur.

53

Pour que les résultats d’audit soient fiables, il est important que tous les échantillons utilisés pour les tests de validation soient représentatifs. Pour être représentatifs, les échantillons doivent être prélevés sur la totalité de la population à l’aide de méthodes statistiquement valables et ne doivent pas être modifiés. Compte tenu du fait que les OC extraient leurs échantillons en partie des échantillons des OP, les résultats de leurs travaux ne peuvent être représentatifs que si les échantillons des OP le sont. Par ailleurs, un éventuel remplacement des opérations comprises dans les échantillons initiaux doit être dûment justifié et documenté.

54

La DG AGRI demande aux OC d’évaluer la représentativité des échantillons des OP. Toutefois, pour se conformer à cette exigence, les organismes payeurs et les organismes de certification doivent maintenir une piste d’audit suffisante et fiable pour confirmer que les échantillons sont représentatifs, tirés de l’ensemble de la population et qu’ils n’ont pas été modifiés.

55

La DG AGRI demande à ce que les opérations de l’échantillon n° 1 relevant du SIGC et sélectionnées en vue de tests de validation le soient sur la base des montants déclarés par les agriculteurs (sélection fondée sur les demandes) plutôt que sur les montants réellement payés48, de sorte que les organismes de certification puissent effectuer leurs vérifications dès que possible après la réalisation des contrôles sur place par les organismes payeurs. L’avantage d’une sélection fondée sur les demandes réside dans le fait que, lors de leurs contrôles sur place dans les exploitations concernées, les OC trouveront des conditions très proches de celles constatées par les OP.

56

Toutefois, pour que cette méthode fonctionne comme prévu, il importe que les organismes payeurs et les organismes de certification coopèrent étroitement et communiquent efficacement. Les organismes de certification doivent être informés régulièrement des contrôles effectués par l’organisme payeur, afin de pouvoir réexécuter ces contrôles peu de temps après la visite de l’OP. Nous avons constaté que, dans trois des cinq États membres visités où l’OC a réexécuté les contrôles sur place dans le cadre du SIGC49, cette condition n’était pas remplie (voir encadré 3).

Encadré 3

Retards dans la réexécution, par les organismes de certification, des contrôles sur place des opérations de l’échantillon n° 1 relevant du SIGC pour l’année de demande 2014 (exercice financier 2015)

En Pologne, s’agissant des dépenses du FEAGA relevant du SIGC, l’organisme de certification a achevé la réexécution des contrôles relatifs à 53 des 60 opérations de l’échantillon n° 1 après la fin de l’année civile 2014, les plus tardifs ayant même été réexecutés en mars 2015. Cela est dû au fait que l’OP avait envoyé les rapports de ses contrôles sur place à l’OC avec du retard.

En Roumanie, s’agissant des dépenses du Feader relevant du SIGC, l’OC a réexécuté les six contrôles sur place classiques50 pour les opérations de l’échantillon n° 1 en moyenne six mois après les vérifications de l’OP.

En Allemagne (Bavière), jusqu’à trois mois s’étaient écoulés entre les visites initiales de l’OP dans les exploitations et les nouvelles vérifications sur place, par l’OC, des opérations du FEAGA relevant du SIGC, et jusqu’à dix mois pour les opérations du Feader relevant du SIGC.

57

De même, pour que cette approche soit valable, les organismes de certification doivent avoir un accès immédiat à la liste des contrôles sur place initialement sélectionnés par les organismes payeurs afin de garantir que cette dernière n’a pas été modifiée ultérieurement. En outre, un OC ne doit pas être autorisé à exclure certaines opérations de son échantillon au motif que l’OP a pris du retard dans l’adoption de sa décision d’octroi de l’aide. Le fait d’autoriser les OC à exclure de telles opérations de l’échantillon augmente le risque que les OP retardent intentionnellement leurs décisions et leurs paiements pour certaines opérations, ce qui pourrait donner lieu à des erreurs dans les calculs des OC. Ces cas portent non seulement atteinte à la représentativité des résultats et à la validité de leur extrapolation à l’ensemble des dépenses, mais peuvent également engendrer une réduction incorrecte du taux d’erreur constaté par les OC (voir encadré 4).

Encadré 4

Exclusion d’opérations relevant du SIGC incluses dans l’échantillon n° 1 au motif que l’organisme payeur n’a exécuté le paiement qu’après l’achèvement des travaux d’audit par l’OC

En Roumanie, l’OC a exclu cinq opérations de son échantillon n° 1 de dépenses du Feader relevant du SIGC après avoir achevé ses travaux d’audit parce que l’OP n’avait pas encore effectué les paiements correspondants. Par conséquent, l’organisme de certification n’a pas pris en compte les résultats des tests sur ces opérations dans son calcul du taux d’erreur global sur lequel était fondée son opinion sur la légalité et la régularité des opérations.

58

L’application de la méthode de sélection fondée sur les demandes s’appuie également sur le fait que les organismes de certification n’informent les organismes payeurs des opérations choisies qu’après que ceux-ci ont effectué leurs contrôles, de manière à ce qu’ils ne sachent pas quelles opérations les organismes de certification réexamineront par la suite (la Commission a également reconnu ce risque dans les cas où les organismes de certification accompagnent les organismes payeurs lors de leurs contrôles initiaux)51. Toutefois, nous avons constaté qu’en Italie, de telles garanties n’étaient pas en place (voir encadré 5).

Encadré 5

La réexécution des contrôles a été compromise en Italie du fait que l’organisme de certification avait informé à l’avance l’organisme payeur des bénéficiaires qui feraient l’objet d’une nouvelle vérification

En Italie, pour l’année de demande 2015 (exercice financier 2016), l’OC a fourni à l’OP, pour les deux Fonds (FEAGA et Feader), la liste des opérations relevant du SIGC de l’échantillon n° 1 avant que celui-ci n’effectue la majorité de ses contrôles sur place initiaux. Ainsi, l’OP savait déjà, avant de commencer ses contrôles sur place, quelles opérations feraient ensuite l’objet d’un réexamen par l’OC.

Si, au moment de ses contrôles sur place, l’OP sait déjà quelles opérations doivent être réexaminées plus tard par l’OC, il est probable qu’il prêtera une plus grande attention à ces dernières. Ces contrôles seront donc plus précis que ceux qui ne doivent pas faire l’objet d’une réexécution, et l’OC y décèlera moins d’erreurs.

En outre, puisque les résultats de ces opérations seront utilisés pour extrapoler le niveau d’erreur à la totalité de la population, ces opérations biaisées engendreront un taux d’erreur global qui ne sera pas représentatif et il est plus que probable qu’en conséquence, il soit sous-estimé.

Une partie des opérations hors SIGC sur lesquelles les OC effectuent des tests de validation n’est pas représentative des dépenses pour l’exercice contrôlé

59

Pour les opérations hors SIGC (FEAGA et FEADER), il existe une importante disparité entre:

  • la période pour laquelle les contrôles sur place sont déclarés, qui correspond à l’année civile (du 1er janvier au 31 décembre 2014 pour l’exercice 2015, dans le cas présent), et
  • la période pour laquelle les dépenses sont payées qui, pour l’exercice 2015, s’étend du 16 octobre 2014 au 15 octobre 2015.
60

En conséquence, certains des bénéficiaires ayant fait l’objet de contrôles sur place au cours de l’année civile 2014 n’ont pas été remboursés durant l’exercice 201552. Les OC ne peuvent pas utiliser les résultats de telles opérations dans leur calcul du taux d’erreur pour l’exercice concerné. De tels résultats ne peuvent être utilisés que pour exprimer une opinion sur le fonctionnement du système de contrôle interne et fournir une déclaration sur les affirmations figurant dans la déclaration de gestion et les statistiques de contrôle sous-jacentes.

61

Dès lors, le nombre d’opérations utilisées par les organismes de certification pour calculer le taux d’erreur global est moindre, ce qui réduit l’exactitude de ce dernier et, par conséquent, affecte la fiabilité des opinions des OC sur la légalité et la régularité des dépenses de l’exercice.

Tests de validation

Pour la plupart des opérations, les lignes directrices ne préconisent pas que les organismes de certification effectuent des contrôles sur place au niveau du bénéficiaire final

62

Selon les normes d’audit internationalement reconnues, «lorsqu’ils effectuent une mission d’assurance raisonnable, les auditeurs du secteur public recueillent des éléments probants suffisants et appropriés pour pouvoir étayer leurs conclusions»53. Ils doivent pour cela avoir recours à une palette de techniques telles que l’observation, l’inspection, la demande d’informations, la réexécution, la confirmation et les procédures analytiques. En outre, en vertu du droit de l’UE, les tests de validation des dépenses effectués par les OC doivent porter sur la vérification de la légalité et de la régularité des opérations sous-jacentes au niveau des bénéficiaires finals54.

63

L’inspection comprend l’examen des livres, registres et autres éléments (tels que le droit des bénéficiaires à utiliser les terres concernées, les registres de fertilisation, les permis de construire, etc.) ou des actifs corporels (tels que les terres, les animaux, les équipements, etc.). Les demandes d’informations consistent à obtenir des informations et des explications de la part des bénéficiaires finals, sous forme de déclarations écrites ou de discussions orales plus informelles.

64

Comme nous l’avons mentionné plus haut, pour l’échantillon n° 2, les lignes directrices de la Commission préconisent que les OC se limitent à la réexécution des contrôles administratifs (voir point 49). Dans le tableau 3, nous avons calculé la proportion d’opérations de l’échantillon n° 2 dans l’échantillon total pour les six États membres visités.

Tableau 3

Proportion d’opérations de l’échantillon n° 2 utilisées pour les tests de validation par les six États membres visités

État membre FEAGA Feader
Échantillon n° 1 Échantillon n° 2 Échantillon total Échantillon n° 2 en pourcentage de l’échantillon total Échantillon n° 1 Échantillon n° 2 Échantillon total Échantillon n° 2 en pourcentage de l’échantillon total
(1) (2) (3) = (1)+(2) (4) = (2)/(3)*100 (5) (6) (7) = (5)+(6) (8) = (6)/(7)*100
Allemagne (Bavière) 30 41 71 58 % 60 146 206 71 %
Espagne (Castille-et-León) 52 123 175 70 % 50 122 172 71 %
Italie (AGEA1) 30 192 222 86 % 30 91 121 75 %
Pologne 90 58 148 39 % 97 33 130 25 %
Roumanie 161 292 453 64 % 140 245 385 64 %
Royaume-Uni (Angleterre) 30 40 70 57 % 59 26 85 31 %
Proportion moyenne de l’échantillon n° 2 dans les États membres/régions visité(e)s (sans contrôle sur place) 62 % 56 %

1 La «Agenzia per le erogazioni in agricoltura» (AGEA) est l’un des 11 organismes payeurs italiens.

65

Comme le montre le tableau ci-dessus, dans quatre des États membres/régions visité(e)s, l’échantillon n° 2, pour lequel aucun contrôle sur place n’est effectué, représentait la majeure partie de l’échantillon global utilisé par les organismes de certification pour les tests de validation.

66

Pour cet échantillon, la collecte d’éléments probants sur la seule base d’une réexécution des contrôles administratifs au niveau de l’OP ne permet souvent pas aux OC de recueillir des éléments probants suffisants et appropriés comme le prévoit la norme ISSAI 4200. En procédant ainsi, les OC n’utilisent pas deux méthodes de collecte très importantes dans le contexte des dépenses de la PAC: l’inspection et la demande d’informations. Sans ces méthodes, d’importants éléments probants ne peuvent être collectés, tels que les preuves que les agriculteurs utilisent leurs terres comme indiqué dans leurs déclarations et les preuves de l’existence d’actifs corporels achetés dans le cadre de projets d’investissement. Cette approche ne satisfait donc pas aux normes d’audit internationalement reconnues.

67

Sans contrôles sur place suffisants, les OC pourraient ne pas obtenir une assurance raisonnable quant à la légalité et la régularité des dépenses concernées: comme nous l’avons démontré dans nos rapports annuels, la plupart des erreurs relatives aux dépenses de la PAC (notamment pour le SIGC) sont décelées sur place55.

Les lignes directrices préconisent que les organismes de certification se limitent à la réexécution des contrôles initiaux des organismes payeurs au lieu de réaliser l’ensemble des procédures d’audit qu’ils estiment nécessaires pour obtenir une assurance raisonnable

68

«Les auditeurs du secteur public exercent leur jugement professionnel pour déterminer la nature, le calendrier et la portée des procédures mises en œuvre»56. Concernant les normes applicables lors de la réalisation d’une mission d’assurance raisonnable, voir également le point 62.

69

Pour les tests de validation, la DG AGRI a demandé aux organismes de certification de se limiter à la réexécution (nouvelle vérification) des contrôles initiaux des organismes payeurs, aussi bien pour l’échantillon n° 1 que pour l’échantillon n° 257. Par exemple, si les contrôles sur place initiaux avaient été effectués à distance (télédétection)58 par les organismes payeurs, les organismes de certification devaient systématiquement réexécuter les contrôles en suivant la même méthode59.

70

La réexécution est définie par les normes d’audit internationalement reconnues60 comme étant «la réalisation, de manière indépendante, de procédures identiques à celles effectuées par l’entité auditée», qui, dans le cas présent, est l’organisme payeur. Par exemple, les organismes de certification peuvent réexécuter les contrôles administratifs pour vérifier si les organismes payeurs ont pris les bonnes décisions lors de l’octroi de l’aide.

71

Bien que la réexécution soit une méthode valable de collecte d’informations probantes d’audit, la Commission ne devrait pas, selon nous, demander aux OC de se limiter à cette méthode pour toutes les opérations faisant l’objet de tests de validation, mais les laisser libres de déterminer l’étendue de son utilisation. Les organismes de certification peuvent choisir et appliquer les mesures et les procédures de contrôle qu’eux-mêmes considèrent appropriées, ce qui ne devrait pas se limiter à la réexécution. Les tests de validation fondés uniquement sur la réexécution risquent de ne pas permettre aux OC d’obtenir des informations probantes suffisantes pour exprimer une opinion assortie d’une assurance raisonnable.

Conclusion et opinion d’audit

Les lignes directrices préconisent que les OC calculent deux taux d’erreur différents, et l’utilisation qui est faite de ces taux par les OC et la DG AGRI n’est pas appropriée

72

Pour se conformer aux lignes directrices de la DG AGRI61, les OC sont tenus de calculer deux taux d’erreur aux fins de l’évaluation de la légalité et la régularité (voir tableau 4).

Tableau 4

Taux d’erreur à calculer conformément aux lignes directrices de la DG AGRI

Caractéristiques Taux d’erreur (ERR) Taux de non-conformité (TNC)
Utilisation faite par l’OC Exprimer une opinion sur l’exhaustivité, l’exactitude et la véracité des comptes annuels de l’organisme payeur, sur le bon fonctionnement de son système de contrôle interne ainsi que sur la légalité et la régularité des dépenses dont le remboursement a été demandé à la Commission. Évaluer si son examen met en doute les affirmations figurant dans les déclarations de gestion, y compris les erreurs mentionnées par les OP dans leurs statistiques de contrôle.
Population à laquelle le taux fait référence Dépenses pour l’exercice (par ex. du 16 octobre 2014 au 15 octobre 2015). Contrôles effectués par l’OP au cours de l’année civile (par ex. du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014).
Procédures de l’OP prises en considération Tout le processus de contrôle de l’OP, de la réception des demandes jusqu’au paiement et à l’enregistrement comptable. Seulement les contrôles primaires d’éligibilité (contrôles administratifs et contrôles sur place), avant l’application de sanctions.
Erreurs prises en considération Seuls les paiements excédentaires effectués par l’OP sont pris en considération. Prise en compte des survalidations et des sous-validations par l’OP.
73

L’article 9 du règlement horizontal de la PAC prévoit que les organismes de certification formulent une conclusion assortie d’une assurance «limitée» (négative)62 concernant la déclaration de gestion. Une telle conclusion ne nécessite pas des travaux d’audit complets, mais seulement un examen, habituellement limité à des procédures analytiques et des demandes d’informations. Des vérifications de détails, tels que des tests de validation portant sur les opérations, ne sont pas exigées. Le niveau d’assurance que fournit une mission d’assurance limitée est donc inférieur à celui d’une mission d’assurance raisonnable. La conclusion assortie d’une assurance limitée est généralement formulée comme suit: Nous n’avons eu connaissance d’aucun élément indiquant que le sujet considéré n’est pas conforme, dans tous ses aspects significatifs, aux critères établis.

74

Ainsi, pour être conforme aux normes d’audit internationalement reconnues, la conclusion concernant la déclaration de gestion peut découler des résultats des travaux d’audit effectués aux fins d’évaluer la fiabilité des comptes, le bon fonctionnement du système de contrôle interne ainsi que la légalité et la régularité des opérations (y compris le taux d’erreur), comme un «sous-produit» de ces travaux. Toutefois, selon les lignes directrices de la DG AGRI, les OC sont également tenus de calculer le taux de non-conformité en vue de formuler une conclusion concernant la déclaration de gestion.

75

En outre, dans son rapport d’activité annuel 201563, la DG AGRI a expliqué qu’elle envisageait en principe d’utiliser le taux de non-conformité pour calculer un taux d’erreur ajusté aux fins de l’évaluation de la légalité et de la régularité. Ainsi, tandis que les opinions des OC sur la légalité et la régularité des dépenses sont fondées sur le taux d’erreur, le modèle d’assurance de la DG AGRI utilise un indicateur d’erreur différent, le taux de non-conformité, pour estimer les montants à risque du point de vue de la légalité et de la régularité.

76

Le taux de non-conformité ne représente pas le niveau d’erreur dans les dépenses, mais plutôt l’impact financier des faiblesses affectant les contrôles administratifs et les contrôles sur place des organismes payeurs.

77

Les lignes directrices de la DG AGRI préconisent que les OC utilisent également le taux d’erreur calculé aux fins de l’évaluation de la légalité et de la régularité pour exprimer une opinion sur l’exhaustivité, l’exactitude et la véracité des comptes annuels des OP (voir tableau 4). Dans le cadre de son examen annuel des comptes des organismes payeurs (ci-après la «procédure d’apurement financier»), la DG AGRI elle-même utilise également le taux d’erreur en ce qui concerne la légalité et la régularité pour évaluer la fiabilité des comptes des organismes payeurs.

78

Cela est toutefois contraire aux dispositions du règlement horizontal relatif à la PAC64 qui, concernant la procédure d’apurement des comptes, distingue clairement la question de la fiabilité des comptes des organismes payeurs de celle de la légalité et de la régularité des dépenses. Cette distinction est opportune dans la mesure où, par exemple, un paiement peut être correctement comptabilisé alors qu’il n’est pas légal et régulier (par exemple parce qu’un agriculteur a demandé des aides pour des terres exploitées par un autre agriculteur); et inversement, un paiement peut être légal et régulier mais mal comptabilisé (par exemple enregistré à titre de remboursement d’un projet d’investissement au lieu de paiement annuel lié à la surface). Compte tenu de cette distinction, l’utilisation, par la DG AGRI, du taux d’erreur pour évaluer la fiabilité des comptes de l’OP n’est pas appropriée.

L’opinion de l’organisme de certification sur la légalité et la régularité des dépenses est fondée sur un taux d’erreur total sous-estimé

79

Les deux indicateurs d’erreur (taux d’erreur et taux de non-conformité) correspondent à la différence entre ce que l’OC considère comme éligible et ce que l’OP a précédemment validé. Les différences entre ce que les bénéficiaires ont déclaré et ce que l’OP a validé à l’issue de ses contrôles sur place, qui constituent les erreurs mentionnées par les organismes payeurs dans les statistiques de contrôle, ne sont pas prises en compte dans le taux d’erreur des OC.

80

Comme indiqué au point 6, en règle générale, seuls 5 % des demandes font l’objet de contrôles sur place par les OP. Or pour les six États membres visités, la part moyenne des opérations soumises à des contrôles sur place par les OP dans l’échantillon global audité par les OC (voir tableau 3) s’élève à 38 % pour le FEAGA et 44 % pour le Feader. Partant, ces opérations sont surreprésentées dans les échantillons globaux des OC. La figure 3 ci-dessous illustre cette situation avec les données moyennes pour le FEAGA.

Figure 3

Proportion d’opérations faisant l’objet de contrôles sur place par l’OP dans la population FEAGA et dans l’échantillon moyen de l’OC

Source: Cour des comptes européenne.

81

Lorsque des opérations ont précédemment fait l’objet de contrôles sur place, l’organisme payeur a déjà décelé et mentionné les erreurs y relatives dans les statistiques de contrôle. Ces erreurs ne seront plus relevées par les organismes de certification lors de la comparaison de leurs résultats avec ceux des organismes payeurs. Toutefois, des erreurs potentielles resteront non corrigées pour les 95 % de la population qui ne sont pas soumis à des contrôles sur place.

82

Il importe donc que les OC tiennent précisément compte de la proportion d’opérations de l’échantillon n° 1 qui ont précédemment fait l’objet de contrôles sur place pour garantir une représentation fidèle des caractéristiques de la population totale. En conséquence, ils doivent ajouter à leur propre taux d’erreur celui mentionné par l’OP dans ses statistiques pour ses contrôles aléatoires sur place. Le taux de l’OP doit être pondéré de la part des opérations de l’échantillon n° 1 supérieure à 5 %65 déjà soumises à ces contrôles.

83

De manière similaire, le taux d’erreur de l’OP mentionné dans les statistiques de contrôle doit être ajouté au taux d’erreur de l’OC pour les opérations de l’échantillon n° 2 qui n’ont pas fait l’objet de contrôles sur place, que ce soit par l’OP66 ou par l’OC.

84

Cet ajustement est nécessaire parce que les organismes de certification sont tenus d’exprimer une opinion sur la légalité et la régularité de l’ensemble de la population des paiements, et pas seulement sur l’efficacité des procédures des organismes payeurs relatives aux contrôles sur place. À défaut de tels ajustements, le taux d’erreur risque d’être considérablement sous-estimé aussi bien pour l’échantillon n °1 que pour l’échantillon n° 2.

85

Outre l’absence de tels ajustements, les insuffisances signalées aux points 56, 57, 58, 67 et 71 du présent rapport sont également susceptibles d’entraîner une sous-estimation du taux d’erreur utilisé par les OC pour leur opinion sur la légalité et la régularité des opérations.

Conclusions et recommandations

86

Avec un budget de 363 milliards d’euros (aux prix de 2011) pour la période de programmation 2014-2020, les dépenses au titre de la PAC font l’objet d’une gestion partagée entre la Commission et les États membres. Si la Commission délègue l’exécution du budget aux OP désignés par les États membres, elle reste responsable en dernier ressort et est tenue de veiller à ce que les intérêts financiers de l’UE soient protégés aussi bien que si elle effectuait elle-même les tâches d’exécution budgétaire déléguées.

87

La Commission obtient l’assurance que les dépenses sont légales et régulières en s’appuyant sur trois couches d’information: les contrôles effectués par les OP, les travaux d’audit effectués par les OC et les résultats de ses propres vérifications y afférentes. Lorsqu’une telle assurance est considérée comme insuffisante, la Commission exerce sa responsabilité finale en matière de légalité et de régularité en appliquant ses propres procédures d’apurement de conformité, qui peuvent donner lieu à des corrections financières.

88

Les OC se sont vu confier le rôle d’auditeurs indépendants des OP en 1996. Alors qu’ils étaient initialement chargés d’établir un certificat sur la fiabilité des comptes et sur les procédures de contrôle interne, leurs responsabilités ont été accrues pour la période 2014-2020. Depuis l’exercice 2015, ils sont également tenus d’exprimer une opinion, élaborée conformément aux normes d’audit internationalement reconnues, indiquant si les dépenses pour lesquelles un remboursement a été demandé à la Commission sont légales et régulières. L’exercice 2015 a donc été le premier pour lequel la Commission a pu utiliser les travaux approfondis des organismes de certification sur la légalité et la régularité pour élaborer son RAA.

89

Dans ce contexte, le présent rapport avait pour objectif d’évaluer si le nouveau rôle des OC constituait une avancée vers un modèle de contrôle unique et si la Commission en tenait dûment compte dans son modèle d’assurance. Nous avons également vérifié si le cadre mis en place par la Commission permettait aux organismes de certification d’exprimer une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses au titre de la PAC conformément à la réglementation de l’UE applicable et aux normes d’audit internationalement reconnues.

90

Nous estimons, en conclusion, que bien que le nouveau rôle des OC constitue une avancée vers un modèle de contrôle unique, la Commission n’a pu obtenir qu’une assurance très limitée à partir des travaux des OC sur la légalité et la régularité. En outre, nous sommes parvenus à la conclusion que le cadre conçu par la Commission pour la première année de mise en œuvre des nouveaux travaux des OC présentait des faiblesses significatives. En conséquence, les opinions des OC ne sont pas pleinement conformes aux normes et règles applicables dans des domaines importants.

91

Nous considérons que le nouveau rôle des organismes de certification en ce qui concerne la légalité et la régularité des dépenses constitue une avancée vers un modèle d’audit unique, dans le cadre duquel les différents niveaux de contrôle et d’audit peuvent être complémentaires, évitant ainsi que des contrôles et des audits mal coordonnés ne se chevauchent. En effet, les constatations des organismes de certification pourraient aider les États membres à renforcer leurs systèmes de contrôle, contribuer à réduire les coûts d’audit et de contrôle et permettre à la Commission d’obtenir une assurance indépendante supplémentaire quant à la légalité et la régularité des dépenses. En outre, les travaux des organismes de certification sur la légalité et la régularité peuvent également aider la Commission à améliorer la manière dont elle évalue le taux d’erreur résiduel global, à évaluer la nécessité de réaliser des audits de conformité, à déterminer de manière plus précise et exhaustive les montants devant être exclus du budget de l’UE, à recourir plus souvent à des corrections financières extrapolées et à revoir le statut d’agrément des organismes payeurs (points 22 à 28).

92

Dans ce contexte, nous avons analysé le modèle d’assurance actuel de la Commission et les modifications introduites pour prendre en considération le rôle accru des organismes de certification. Nous avons constaté que le modèle d’assurance de la Commission restait fondé sur les résultats des contrôles des États membres. Pour l’exercice 2015, les opinions des OC sur la légalité et la régularité des dépenses ne constituaient qu’un des éléments pris en compte par la Commission lors du calcul des ajustements à apporter aux erreurs mentionnées dans les statistiques de contrôle des États membres. Pour les exercices 2014 et 2015, la Commission a appliqué des ajustements à la hausse qui ont multiplié entre deux et quatre fois le taux d’erreur résiduel global communiqué par les États membres. Les opinions des OC sur la légalité et la régularité sont la seule source fournissant, sur une base annuelle, une assurance indépendante quant à la légalité et à la régularité. C’est pourquoi, lorsque les travaux des OC sont effectués de manière fiable, cette assurance indépendante devrait, selon nous, devenir l’élément principal permettant au directeur général de la DG AGRI d’évaluer si les dépenses sont légales et régulières (points 29 à 36).

Recommandation n° 1 - Assurance obtenue à partir des travaux des organismes de certification sur la légalité et la régularité

La Commission devrait utiliser les résultats des organismes de certification, lorsque les travaux sont définis et réalisés conformément aux règlements en vigueur et aux normes d’audit internationalement reconnues, comme élément principal de son modèle d’assurance concernant la légalité et la régularité des dépenses.

93

Nous avons ensuite examiné le degré de conformité des lignes directrices de la Commission aux règlements en vigueur et aux normes d’audit internationalement reconnues aux différents stades du processus d’audit. Concernant la procédure d’évaluation des risques, nous avons constaté que la Commission demandait aux organismes de certification d’utiliser la matrice d’agrément pour déterminer la mesure dans laquelle ils devaient s’appuyer sur les systèmes de contrôle interne des organismes payeurs. La matrice d’agrément est utilisée par les OC pour évaluer le respect des critères d’agrément par les OP et comprend 48 paramètres d’évaluation, dont seuls deux ont un impact significatif sur la légalité et la régularité des dépenses: les contrôles administratifs et les contrôles sur place de la gestion des demandes.

94

Il n’est donc pas approprié d’utiliser cette matrice aux fins de l’évaluation de la légalité et de la régularité, car cela pourrait augmenter le niveau d’assurance que les OC obtiennent à partir des systèmes de contrôle interne des OP et diminuer la taille de leurs échantillons pour les tests de validation. Dans le cadre de ses enquêtes d’apurement de conformité, la Commission utilise un outil différent pour évaluer l’efficacité des systèmes de contrôle interne des OP: une liste des contrôles clés et secondaires, qui comprennent les contrôles administratifs et les contrôles physiques sur place, ainsi que d’autres opérations administratives, nécessaires pour garantir l’exactitude du calcul des montants à payer (points 38 à 47).

Recommandation n° 2 – Évaluation des risques axée sur les contrôles clés et secondaires

La Commission devrait revoir ses lignes directrices afin de faire en sorte que l’évaluation des risques effectuée par les OC quant à la légalité et la régularité soit axée sur les contrôles clés et secondaires déjà utilisés par la Commission, complétés par tout autre élément probant que les OC jugeraient approprié conformément aux normes d’audit internationalement reconnues.

95

Concernant l’échantillonnage des opérations, la Commission a demandé aux OC d’utiliser deux échantillons dont les résultats sont ensuite fusionnés: l’échantillon n° 1, prélevé dans la liste de bénéficiaires sélectionnés de manière aléatoire par les OP aux fins de contrôles sur place, et l’échantillon n° 2, prélevé sur la totalité des paiements pour l’exercice en question. Cette approche permet aux OC de vérifier un nombre important d’opérations (échantillon n° 1) qui ont également été contrôlées sur place par les OP et, partant, de recueillir des éléments probants concernant le fonctionnement du système de contrôle interne et la fiabilité des statistiques de contrôle des OP lorsque ces derniers ont communiqué le résultat de leurs contrôles sur place. Or, étant donné que les organismes de certification extraient l’échantillon n° 1 à partir des contrôles aléatoires sur place des organismes payeurs, leurs travaux ne peuvent être représentatifs que si les échantillons initialement sélectionnés par les organismes payeurs sont eux-mêmes représentatifs.

96

En outre, pour les opérations relevant du SIGC, qui sont principalement des paiements annuels liés à la surface, l’échantillon n° 1 a été sélectionné sur la base des montants déclarés par les agriculteurs, avant que les montants à payer n’aient été déterminés par les OP. La Commission a choisi cette solution afin que les organismes de certification puissent effectuer de nouvelles vérifications dès que possible après les contrôles des organismes payeurs, de telle sorte que les conditions observées par les OC au moment des contrôles sur place des exploitations sélectionnées soient très proches de celles constatées par les OP. Toutefois, cette solution comporte entre autres les risques suivants: une coopération insuffisante entre les organismes payeurs et les organismes de certification qui retarde considérablement le calendrier des vérifications des OC, le risque que les opérations susceptibles d’être affectées par des erreurs soient remplacées dans l’échantillon de l’OC ou encore que les OC annoncent leur visite avant que les organismes payeurs effectuent leurs contrôles initiaux (points 48 à 58).

Recommandation n° 3 – Garanties concernant l’échantillonnage SIGC fondé sur les contrôles sur place des organismes payeurs

Concernant la sélection, par les OC, des opérations relevant du SIGC à partir de la liste de demandes sélectionnées de manière aléatoire par les OP aux fins de contrôles sur place, la Commission devrait renforcer ses lignes directrices, pour demander aux OC de mettre en place des garanties appropriées aux fins suivantes:

  • garantir que les échantillons des OC sont représentatifs, sont transmis sur demande à la Commission, et qu’une piste d’audit appropriée est maintenue. Cela signifie que les OC doivent vérifier si les échantillons des OP sont représentatifs;
  • permettre aux OC de planifier et d’effectuer leurs visites peu de temps après la réalisation des contrôles sur place par les OP;
  • garantir que les OC ne communiquent pas le contenu de leur échantillon aux OP avant que ces derniers n’effectuent leurs contrôles sur place.
97

Pour les dépenses hors SIGC, qui correspondent essentiellement à des dépenses fondées sur les remboursements relatives à des investissements dans les exploitations agricoles et les infrastructures rurales, il existe une différence entre la période pour laquelle les contrôles sur place des organismes payeurs sont communiqués (par exemple, du 1er janvier au 31 décembre 2014 pour l’exercice 2015) et la période pour laquelle les dépenses sont effectuées (par exemple, du 16 octobre 2014 au 15 octobre 2015 pour l’exercice 2015). Cela signifie que les paiements exécutés avant le 16 octobre 2014 ou après le 15 octobre 2015 ne représenteront pas les dépenses de l’exercice 2015 (points 59 à 61).

Recommandation n° 4 – Échantillonnage hors SIGC fondé sur les paiements

La Commission devrait réviser ses lignes directrices concernant la méthode d’échantillonnage des dépenses hors-SIGC, de manière à ce que les organismes de certification échantillonnent ces dernières directement à partir de la liste des paiements exécutés au cours de l’exercice audité.

98

Pour l’échantillon n° 2, la Commission a demandé aux organismes de certification de procéder seulement à la réexécution des contrôles administratifs des organismes payeurs. Dans la plupart des États membres visités, l’échantillon n° 2 représentait la majeure partie de l’échantillon total de l’OC utilisé pour les tests de validation. Cependant, la collecte d’éléments probants sur la seule base d’un examen documentaire au niveau de l’OP, sans aucun contrôle sur place au niveau du bénéficiaire final, ne permet souvent pas aux OC de recueillir des éléments probants suffisants et appropriés comme le prévoient les normes d’audit internationalement reconnues, dans la mesure où elle prive l’auditeur de deux méthodes de collecte très importantes dans le contexte des dépenses de la PAC: l’inspection et les demandes d’information (points 62 à 67).

99

Pour les tests de validation, la Commission a demandé aux organismes de certification de se limiter à la réexécution (nouvelle vérification) des contrôles initiaux des organismes payeurs, aussi bien pour l’échantillon n° 1 que pour l’échantillon n° 2. La réexécution est définie par les normes d’audit internationalement reconnues comme étant «la réalisation, de manière indépendante, de procédures identiques à celles effectuées par l’entité auditée» qui, dans le cas présent, est l’organisme payeur. Toutefois, ces normes prévoient que les auditeurs devraient choisir et appliquer toutes les mesures et procédures qu’eux-mêmes considèrent appropriées. Ainsi, dans la mesure où la Commission limite les OC à la réexécution, leurs tests de validation sont incomplets et ne leur fournissent pas d’éléments probants suffisants pour exprimer une opinion assortie d’une assurance raisonnable (points 68 à 71).

Recommandation n° 5 – Tests de validation effectués sur place

La Commission devrait réviser ses lignes directrices pour permettre aux OC:

  • d’effectuer des contrôles sur place pour toute opération contrôlée;
  • d’appliquer toutes les mesures et procédures d’audit qu’eux-mêmes considèrent appropriées, sans être limités à la réexécution des contrôles initiaux des OP.
100

La Commission demande aux OC de calculer deux indicateurs d’erreur en ce qui concerne la légalité et la régularité:

  • le taux d’erreur, établi sur la base de l’audit de l’OC portant sur l’ensemble du processus de contrôle de l’OP, de la réception des demandes jusqu’au paiement et à l’enregistrement comptable, et qui est utilisé pour exprimer une opinion sur la légalité et la régularité des dépenses;
  • le taux de non-conformité, qui mesure uniquement l’impact financier des erreurs dans les contrôles primaires d’éligibilité de l’OP (contrôles administratifs et contrôles sur place) avant que des sanctions ne soient appliquées, et qui sert à évaluer si l’examen des organismes de certification met en doute les affirmations figurant dans la déclaration de gestion, y compris les niveaux d’erreur communiqués par les organismes payeurs dans les statistiques de contrôle.

Toutefois, le règlement horizontal relatif à la PAC n’exige qu’une assurance limitée concernant les déclarations de gestion, généralement fondée sur des travaux limités aux procédures analytiques et aux demandes d’informations, sans vérifications de détails.

101

Le taux de non-conformité n’est pas nécessaire pour garantir la conformité avec les normes d’audit internationalement reconnues, dans la mesure où la conclusion concernant les déclarations de gestion peut découler des résultats des travaux d’audit effectués aux fins d’évaluer la fiabilité des comptes, le bon fonctionnement du système de contrôle interne ainsi que la légalité et la régularité des opérations. En outre, la Commission a envisagé d’utiliser le taux de non-conformité au lieu du taux d’erreur dans le calcul du taux d’erreur ajusté, malgré le fait que le taux de non-conformité ne représente pas le niveau d’erreur dans les dépenses, mais plutôt l’impact financier des faiblesses affectant les contrôles administratifs et sur place des organismes payeurs. Par ailleurs, le taux d’erreur a été utilisé à mauvais escient aussi bien par les OC que par la Commission pour évaluer l’exhaustivité, l’exactitude et la véracité des comptes des organismes payeurs (points 72 à 78).

Recommandation n° 6 – Un taux d’erreur unique concernant la légalité et la régularité

La Commission devrait réviser ses lignes directrices de manière à ce qu’elles ne préconisent pas le calcul de deux taux d’erreur différents en ce qui concerne la légalité et la régularité. Un taux d’erreur unique, sur la base duquel les OC exprimeraient une opinion assortie d’une assurance raisonnable quant à la légalité et la régularité des dépenses et une conclusion assortie d’une assurance limitée sur les affirmations contenues dans la déclaration de gestion, répondrait aux exigences du règlement horizontal relatif à la PAC.

La Commission et les OC ne devraient pas utiliser le taux d’erreur en ce qui concerne la légalité et la régularité pour évaluer l’exhaustivité, l’exactitude et la véracité des comptes annuels de l’organisme payeur.

102

Le taux d’erreur correspond à la différence entre ce que l’OC considère comme éligible et ce que l’OP a précédemment validé. Les différences entre ce que les bénéficiaires ont déclaré et ce que l’OP a validé à l’issue de ses contrôles sur place, qui constituent les erreurs mentionnées par les organismes payeurs dans les statistiques de contrôle, ne sont pas prises en compte dans le taux d’erreur, qui sert de base à l’opinion des OC sur la légalité et la régularité des dépenses. Lorsque des opérations ont précédemment fait l’objet de contrôles sur place, les organismes payeurs ont déjà décelé et mentionné les erreurs correspondantes dans leurs statistiques de contrôle. Ces erreurs ne seront plus relevées par les OC lors de la comparaison de leurs résultats avec ceux des OP, et les OC devraient donc déceler moins d’erreurs pour ces opérations. Ainsi, plus il y a d’opérations ayant précédemment fait l’objet de contrôles par l’OP dans l’échantillon de l’OC, plus bas sera le taux d’erreur global constaté par les OC.

103

Dans les six États membres visités, la part moyenne des opérations soumises à des contrôles sur place par les OP dans l’échantillon global audité par les OC s’est élevée à 38 % pour le FEAGA et 44 % pour le Feader. Cependant, en règle générale, le pourcentage d’opérations soumises à des contrôles sur place par l’organisme payeur par rapport à la population totale n’est que de 5 %. Ainsi, dans les échantillons des OC, les opérations qui avaient précédemment fait l’objet de contrôles sur place par les OP - et qui étaient donc moins affectées par des erreurs dans les tests des OC - étaient surreprésentées dans les échantillons globaux des OC. Cela a entraîné une sous-estimation des niveaux d’erreur communiqués par les OC, car ces derniers n’avaient procédé à aucun ajustement pour garantir une représentation fidèle de la proportion bien plus faible des opérations précédemment soumises à des contrôles sur place par les OP dans la population réelle (points 79 à 85).

Recommandation n° 7 – Un taux d’erreur représentatif de la population couverte par l’opinion d’audit

La Commission devrait réviser ses lignes directrices afin que:

  • pour les opérations relevant du SIGC qui sont prélevées dans les listes des contrôles sur place réalisés de manière aléatoire par les OP, le taux d’erreur global calculé par les OC inclue également le niveau d’erreur indiqué par les OP dans leurs statistiques de contrôle, extrapolé aux opérations restantes non soumises à des contrôles sur place de la part des OP. Les OC doivent garantir que les statistiques de contrôle établies par les OP sont complètes et exactes;
  • pour les opérations échantillonnées par les OC directement à partir de l’ensemble de la population de paiements, un tel ajustement n’est pas nécessaire parce que l’échantillon serait représentatif des populations sous-jacentes auditées.
104

Les recommandations 2 à 7 ci-dessus ont pour objectif de mise en œuvre la prochaine révision des lignes directrices de la Commission, applicables pour l’exercice 2018 et au delà. En janvier 2017, la Commission a finalisé de nouvelles lignes directrices que les OC devront appliquer à partir de l’exercice 2018. Nous n’avons pas examiné ces lignes directrices actualisées (voir point 17).

Le présent rapport a été adopté par la Chambre I, présidée par M. Phil WYNN OWEN, Membre de la Cour des comptes, à Luxembourg en sa réunion du 22 mars 2017.

Par la Cour des comptes

Klaus-Heiner LEHNE

Président

Annexes

Annexe I

Le modèle de gestion partagée de la Commission, tel que présenté dans son RAA 2015

Annexe II

Le modèle d’assurance de la Commission concernant la légalité et la régularité des dépenses, tel que présenté dans son RAA 2015

Annexe III

Exemple d’une matrice d’agrément, adapté de la ligne directrice n° 3 de la DG AGRI concernant l’audit de certification des comptes

Annexe IV

Calendrier pour l’exécution des tests de validation par les OP et les OC et pour la communication de leurs rapports à la Commission

Réponses de la Commission

Synthèse

Réponse commune de la Commission aux points II-IV:

Le système de gestion et de contrôle des dépenses de la PAC suit une approche unique de contrôle et d’audit intégrée à une pyramide de contrôles dans laquelle chaque niveau s’appuie sur les résultats du niveau précédent et où chaque niveau peut utiliser les résultats du niveau supérieur pour améliorer ses propres contrôles. Il s’agit d’un modèle dynamique visant non seulement à estimer un taux d’erreur, mais aussi à détecter les sources d’erreurs, à mettre en œuvre des mesures correctrices et à réduire les taux d’erreur d’année en année. Ainsi, le système intégré de gestion et de contrôle (SIGC), qui régit environ 86 % des dépenses de la PAC, est un système efficace pour prévenir les erreurs et réduire le niveau d’erreur.

Dans le modèle d’assurance de la PAC appliqué par la Commission, les OC indépendants constituent une couche de la pyramide de contrôle. Chaque année, les OC émettent un avis sur les comptes et systèmes de l’OP. Depuis l’exercice 2015, ils émettent également un avis sur la légalité et la régularité des dépenses. La Commission leur fournit des lignes directrices.

Les auditeurs de la DG AGRI contrôlent la fiabilité des avis des OC en matière de légalité et de régularité afin de déterminer si ces avis peuvent servir de sources d’assurance pour les dépenses de l’Union qu’ils couvrent. Les auditeurs de la DG AGRI réalisent aussi des audits systémiques. Si nécessaire (c’est-à-dire si l’assurance n’est pas obtenue), ces audits entraînent des plans de mesures correctrices et des corrections financières nettes ainsi que des interruptions, des réductions ou des suspensions de paiements lorsque l’État membre concerné ne prend pas de mesures correctrices.

Le modèle d’audit unique de la PAC

Le modèle d’assurance de la PAC est économique et réduit les taux d’erreur. Le taux d’erreur global pour les ressources naturelles (où la PAC représente 98 % des dépenses) déterminé par la Cour pour l’exercice 2015 est de 2,9 %.

V

Le modèle d’assurance de la PAC suit déjà une approche de contrôle unique, qui constitue un cadre de contrôle efficace dans lequel chaque étape repose sur l’assurance fournie par les précédentes. Le modèle d’audit unique donne une assurance fiable quant à la légalité et à la régularité des dépenses en prenant en considération toutes les mesures correctrices.

Le nouveau travail des OC renforce l’assurance relative au système de gestion et de contrôle et à la légalité et à la régularité des dépenses étant donné:

  • qu’il crée un circuit plus court entre l’OP et son nouveau premier auditeur, ce qui permet de prendre plus rapidement les mesures correctrices nécessaires;
  • qu’il permet à la Commission de mieux identifier les dépenses à risque et de concentrer son propre audit et les mesures correctrices sur ces dépenses.

Dans les cas où il n’est pas possible de se fonder entièrement sur le travail des OC, la DG AGRI continue d’obtenir une assurance indépendante concernant la légalité et la régularité des dépenses sur la base de ses propres audits.

VI

Afin de garantir la continuité, les lignes directrices pour 2015 – première année d’intervention accrue des OC – ont été élaborées sur la base des lignes directrices utilisées pour l’apurement des comptes de l’exercice précédent. Cette démarche se reflète également dans l’approche intégrée prévue par la nouvelle législation. Afin de tenir compte de l’expérience acquise lors du premier exercice 2015, les lignes directrices destinées aux OC ont déjà été révisées. De nouvelles lignes directrices ont été finalisées et présentées aux États membres le 19 janvier 2017 en vue d’une application à l’exercice 2018, c’est-à-dire au premier exercice possible.

  1. Une nouvelle matrice a été introduite dans les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 afin de mieux refléter le niveau d’assurance des systèmes de contrôle internes des OP.
  2. Les échantillons aléatoires contrôlés par les OP seront sélectionnés conformément à des règles et orientations détaillées de l’Union qui incluent notamment un critère de représentativité. Le rôle des OC consiste à vérifier que les OP ont respecté ces règles et à recueillir des échantillons de deuxième niveau qui doivent être représentatifs pour l’échantillon aléatoire contrôlé par les OP. La question d’une partie de l’échantillonnage pour les dépenses ne relevant pas du SIGC est abordée dans les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018.
  3. Dans son approche de contrôle et d’audit unique, et compte tenu de l’efficacité du SIGC, la Commission estime que le travail d’audit des OC devrait porter sur la vérification de la fiabilité des contrôles effectués par le niveau précédent de la pyramide de contrôles en les réexécutant.
  4. La réexécution est une méthode d’audit qui, en vertu des normes d’audit internationalement reconnues, peut servir à former une opinion d’audit sur la légalité et la régularité. Comme l’indiquent les lignes directrices, la Commission estime que, dans le cadre de la PAC, la réexécution est suffisante pour former un avis sur la légalité et la régularité des dépenses. En outre, par définition, les lignes directrices ne doivent jamais être interprétées comme des instructions obligatoires empêchant les acteurs auxquels elles s’adressent de prendre leurs propres responsabilités. Les lignes directrices doivent être perçues comme le minimum nécessaire pour satisfaire la Commission, et non comme un frein empêchant les OC d’en faire plus.
Réponse commune de la Commission aux points e) et f):

La Commission estime que les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 règlent les questions relatives au calcul de taux d’erreur différents pour la légalité et la régularité en prenant en considération l’article 9, paragraphe 2, point b), du règlement (CE) nº 1306/2013 qui dispose que, le cas échéant, les OC peuvent utiliser un échantillon intégré pour la légalité et la régularité des dépenses ainsi que pour la fiabilité de la comptabilité.

Un taux de non-conformité (TNC) (voir le point 74 pour plus de détails), à ajouter au taux d’erreur constaté par les OP et certifié par les OC, suffit à former une opinion d’audit sur la base des contrôles effectués par les niveaux de contrôles précédents.

VII a)

La Commission estime que, même s’il est possible de les améliorer,les lignes directrices pour l’exercice 2015 sous leur forme actuelle, si elles sont appliquées correctement, permettent déjà aux OC de rendre un avis sur la légalité et la régularité dans le respect des règles et normes en vigueur.

Lorsque les OC effectuent leur travail d’audit conformément aux règlements et aux lignes directrices en vigueur, leur avis constitue un élément supplémentaire important et précieux qui devrait être au cœur de l’assurance de la Commission. Cette approche est conforme à la stratégie d’audit de la DG AGRI et à la pyramide d’audit/de contrôle unique de la PAC.

VII b) i)

Les listes de contrôles clés et de contrôles secondaires n’ont été adoptées de commun accord avec les États membres qu’au printemps 2015 et n’étaient donc pas disponibles pour les OC au moment de la rédaction des lignes directrices. Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 prévoient l’utilisation de listes de contrôles clés et de contrôles secondaires mises à jour pour la période 2014-2020.

VII b) ii)

Compte tenu de l’expérience de la première année, les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 abordent plus précisément ces difficultés.

VII b) iii)

Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 abordent cette question.

VII b) iv)

Contraindre ou autoriser les OC à vérifier sur place des opérations qui n’ont pas été contrôlées sur place par les OP ne serait pas conforme au modèle d’audit unique de la PAC et n’apporterait pas de résultats comparables par rapport aux vérifications sur place des OP. De plus, et en particulier pour les opérations ne relevant pas du SIGC, la vérification sur place d’opérations qui n’ont pas été vérifiées sur place précédemment par les OP n’apporterait généralement pas d’éléments de preuve supplémentaires utiles. Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 fournissent des orientations aux OC sur la façon de trouver le juste équilibre entre coûts et avantages dans leur travail.

VII b) v)

Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 abordent cette question.

VII b) vi)

Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 abordent cette question. Elles prévoient que le calcul du taux d’erreur global par les OC en ce qui concerne la légalité et la régularité des opérations relevant du SIGC doit être basé sur de nouvelles vérifications des contrôles sur place, lesquels doivent être extrapolés au reste de la population.

Le TNC représente le niveau des erreurs non décelées par les OP. Si la Commission est convaincue de pouvoir se fier à l’avis des OC, le taux d’erreur global dans les dépenses est calculé en additionnant le taux d’erreur signalé par l’OP et le TNC estimé par l’OC. Cette approche logique consistant à ajouter les estimations d’erreurs non détectées aux erreurs signalées par les OP a été utilisée les années précédentes par la Commission dans le rapport annuel d’activité de la DG AGRI.

Introduction

06

La Commission tient à préciser que le taux minimum de contrôles sur place peut être réduit à 3 %, voire même à 1 %, dans des conditions spécifiques, notamment lorsque l’OC a certifié un taux d’erreur inférieur à 2 %. La réduction à 1 % peut s’appliquer en particulier au régime de paiement de base, au régime de paiement unique à la surface, au régime de paiement redistributif et au régime des petits agriculteurs.

12

Le cadre juridique impose aux OC d’émettre un avis élaboré conformément aux normes d’audit internationalement reconnues. De plus, le législateur habilite la Commission à adopter des actes d’exécution fixant les règles applicables aux tâches des CO, notamment les principes et les méthodes d’audit (par exemple l’utilisation d’un échantillon intégré unique). À cette fin, l’article 6, paragraphe 4, du règlement (UE) nº 908/2014 prévoit que la Commission élabore des lignes directrices portant sur des précisions et orientations supplémentaires en ce qui concerne l’audit de certification qui doit être réalisé, et sur la détermination du niveau raisonnable d’assurance procurée par l’audit qui doit être obtenu à partir de contrôles d’audit.

Observations

22

La Commission estime que le modèle d’assurance de la PAC est conforme à la description de l’audit unique formulée par la Cour et constitue un excellent exemple de cadre de contrôle efficace dans lequel chaque étape repose sur l’assurance fournie par les précédentes. Ce modèle repose sur des fondements solides qui incluent la gestion par les OP accrédités de la relation financière avec les bénéficiaires et la Commission, ainsi que des règles complètes, précises et détaillées concernant les systèmes de gestion et de contrôle à mettre en place (par ex. le système d’identification des parcelles agricoles ou SIPA). L’efficacité de ce modèle est démontrée par le taux d’erreur relativement faible du FEAGA et la baisse continue des taux d’erreur du Feader au cours des quatre dernières années.

23

Réponse commune de la Commission aux points 23 et 24: Pour les dépenses de la PAC, la Commission a élaboré un modèle d’assurance qui intègre les différents niveaux de contrôle. La pyramide de contrôle ci-dessous illustre la façon dont l’assurance est constituée sur la base du travail effectué par le niveau précédent, en commençant par les procédures et contrôles intégrés des OP ainsi que l’assurance découlant du service d’audit interne des OP. Dans le modèle de la Commission, le travail des OC repose sur les tests et la fiabilité du système de contrôle interne des OP ainsi que sur leurs propres tests de validation.

Le modèle d’audit unique de la PAC

La Commission utilise les résultats de ses propres audits des OP pour ajuster (majorer) le taux d’erreur déclaré par les OP d’un montant représentant le niveau des erreurs non décelées par les OP lors de leurs contrôles primaires avant les paiements. Les taux d’erreur ajustés sont communiqués, au niveau de chaque organisme payeur, dans le rapport annuel d’activité de la DG AGRI et constituent,avec les réserves établies sur mesure et les plans d’action, le fondement de la déclaration d’assurance du directeur général de la DG AGRI.

25

La stratégie d’audit de la DG AGRI pour la période 2014-2020 reconnaît le nouveau rôle des OC, qui doivent désormais émettre un avis sur la légalité et la régularité des dépenses, comme une occasion de créer des synergies avec le propre travail d’assurance de la DG AGRI communiqué dans ses rapports annuels d’activité. Cela suppose une réorientation progressive des audits de la DG AGRI vers les OC au lieu des OP à moyen et à long termes. Cependant, il sera nécessaire de vérifier le travail d’audit des OC avant de pouvoir se fier à l’assurance communiquée par ces derniers sur la légalité et la régularité. L’objectif est de se fier de plus en plus à l’assurance susceptible d’être tirée de l’avis des OC sur la légalité et la régularité, dès lors qu’il aura été vérifié que leur travail est d’une qualité suffisante.

27

Le modèle décrit par la Cour à la figure 2 n’est que l’un des nombreux modèles possibles. La Commission a choisi une approche plus intégrée sous la forme d’une pyramide de contrôles dans laquelle tous les niveaux de contrôle apportent des données factuelles précieuses concernant aussi bien le niveau que la source des erreurs, augmentant ainsi au maximum la rentabilité des moyens financiers engagés. Voir la réponse de la Commission aux points 23 et 24.

28

La Commission accueille favorablement les suggestions de la Cour quant à la façon dont le travail des OC pourrait améliorer son assurance sur la légalité et la régularité des dépenses de l’Union, et insiste sur le fait que ces suggestions ont déjà été mises en œuvre dans la mesure du possible, c’est-à-dire dans les cas où le travail des OC est jugé fiable. Par exemple:

28 Premier tiret

la Commission utilise déjà le travail des OC pour ajuster (augmenter) les taux d’erreur communiqués dans le rapport annuel d’activité de la DG AGRI, qui sont proches de ceux indiqués dans le rapport annuel de la Cour.

28 Deuxième tiret

des procédures d’apurement de conformité sont lancées systématiquement du fait du travail des OC lorsque les erreurs dépassent 50 000 euros ou 2 % des dépenses.

28 Troisième tiret

chaque fois que possible, la Commission utilise les taux d’erreur extrapolés calculés par les OC sur la base de leurs tests d’audit et de leurs échantillons statistiques pour déterminer les montants des corrections financières.

28 Quatrième tiret

les observations des OC peuvent déclencher des demandes adressées aux autorités compétentes en vue de réexaminer l’agrément et de superviser la mise en œuvre de mesures correctrices.

30

Lorsque les auditeurs de la DG AGRI décèlent des lacunes dans le système de contrôle des OP, ils estiment le montant à risque non détecté par l’OP et l’ajoutent en complément du taux d’erreur déclaré par l’OP. Le résultat du travail des OC sur les comptes annuels a aussi été utilisé pour majorer les taux d’erreur dans les rapports d’activité annuels précédents. Les taux d’erreur ajustés constituent le fondement de la déclaration d’assurance du directeur général de la DG AGRI.

31

La DG AGRI n’a pu faire qu’un usage limité des avis des OC pour 2015 parce que, dans de nombreux cas, le travail n’était pas encore fiable.

32

La Commission confirme les raisons pour lesquelles elle n’a pu faire qu’un usage très limité des avis au cours de la première année de mise en œuvre des nouveaux avis sur la légalité et la régularité et renvoie au rapport annuel d’activité 2015 de la DG AGRI pour de plus amples informations concernant les raisons sous-jacentes, telles que les désignations tardives, les nouvelles vérifications des contrôles sur le terrain tardives, le manque d’expérience, etc.

La Commission estime que, même s’il est possible de les améliorer, les lignes directrices pour l’exercice 2015 sous leur forme actuelle, si elles sont appliquées correctement, permettent déjà aux OC de rendre un avis sur la légalité et la régularité dans le respect des règles et normes en vigueur.

33

Le modèle d’assurance de la PAC (cf. le schéma de la pyramide des contrôles dans la réponse aux points 23 et 24) se fonde sur les résultats des contrôles des OP. La stratégie d’audit de la DG AGRI précise clairement que l’objectif ultime, pour la DG AGRI, serait de tirer l’assurance nécessaire du travail d’audit des OC. La Commission estime qu’il est possible d’obtenir cette assurance dans les cas où le travail des OC est jugé fiable et où leurs avis s’appuient sur le travail effectué par le niveau précédent (c’est-à-dire les procédures et contrôles des OP). Dans les cas où il n’est pas possible de se fonder entièrement sur le travail des OC, la DG AGRI continue d’obtenir une assurance indépendante concernant la légalité et la régularité des dépenses sur la base de ses propres audits.

34

Dans un modèle d’audit unique, les auditeurs des OC devraient signaler les erreurs (non) détectées dans les échantillons de contrôles des OP examinés. Les OP reçoivent chaque année des millions de demandes d’aide, qui font toutes l’objet d’une vérification administrative. En outre, les OP effectuent des contrôles sur place avant d’autoriser le paiement. Le taux de contrôles sur place est de 5 % pour la plupart des régimes, mais il peut être de 30 %, voire même de 100 % pour certains régimes. Si, après avoir vérifié les contrôles primaires, un OC estime que les procédures de l’OP n’apportent pas d’assurance quant à la légalité et à la régularité, il émet un avis qualifié ayant également une incidence sur le taux d’erreur communiqué par l’OP.

35

Les lignes directrices de la Commission ont été élaborées en vue d’intégrer le travail des OC dans la pyramide des contrôles de la PAC selon une approche d’audit unique conformément aux règles européennes et en faisant en sorte que les États membres puissent s’appuyer sur les méthodes et systèmes déjà en place et poursuivre leur développement.

35 Premier tiret

Voir les réponses de la Commission aux points 48 à 58 et à la recommandation 6.

35 Deuxième tiret

Voir les réponses de la Commission aux points 62 à 67 et à la recommandation 5.

35 Troisième tiret

Voir les réponses de la Commission aux points 68 à 71 et à la recommandation 5.

35 Quatrième tiret

Voir les réponses de la Commission aux points 72 à 78 et à la recommandation 6.

35 Cinquième tiret

Voir les réponses de la Commission aux points 79 à 85 et à la recommandation 2.

36

La Commission estime que, conformément aux normes d’audit internationalement reconnues, la structure des opinions doit refléter les différents systèmes de gestion et de contrôle.

Les OC sont tenus d’émettre des opinions d’audit sur deux fonds agricoles distincts, le FEAGA et le Feader. Ces deux fonds sont eux-mêmes scindés en dépenses relevant ou non du SIGC1 en fonction de la gestion et de l’administration des régimes/mesures soutenus par chaque fonds. Les régimes/mesures relevant du SIGC sont traités par un système de vérifications croisées intégrées automatiques, et ce système suit le cycle complet de la demande jusqu’au paiement. Par contraste, les mesures ne relevant pas du SIGC ne sont pas gérées par un seul système. En outre, le calendrier des contrôles est différent selon que les dépenses relèvent ou non du SIGC. Ces différences intrinsèques dans la conception des régimes/mesures empêchent les OC de tester globalement toutes les mesures d’un fonds. Afin de se conformer aux normes d’audit reconnues internationalement (par ex. la norme ISA315 – Compréhension de l’entité et de son environnement aux fins de l’identification et de l’évaluation des risques d’anomalies significatives), l’OC doit tout d’abord comprendre l’environnement, déceler les risques et définir des procédures d’audit adéquates pour couvrir ces risques. Pour pouvoir émettre une opinion solide sur la légalité et la régularité au niveau des fonds, les OC devraient évaluer les risques séparément pour les dépenses relevant ou non du SIGC et concevoir des procédures d’audit différentes pour couvrir ces risques. Les lignes directrices concernant la stratégie d’audit que les OC sont encouragés à utiliser sont donc conformes aux normes d’audit reconnues internationalement. Cette approche sert en outre la finalité même de l’avis sur la légalité et la régularité, c’est-à-dire, au final et dans les cas où cela se révèle nécessaire, la prise de décisions de gestion adéquates.

37

Voir les réponses de la Commission aux points 37 à 84.

Réponse commune de la Commission aux points 41 à 44:

Afin de garantir une certaine continuité avec les lignes directrices précédentes et de permettre aux OC de s’appuyer sur l’expérience du travail effectué pendant de nombreuses années pour l’apurement annuel des comptes, les lignes directrices pour l’exercice 2015 ne modifient pas de manière significative la façon d’utiliser la matrice d’agrément pour se faire un avis quant au fonctionnement correct des systèmes de contrôle internes des OP. La matrice d’agrément se fonde sur les critères d’agrément fixés à l’annexe I du règlement (UE) nº 907/2014. Ces critères d’agrément s’inspirent du modèle du COSO, reconnu comme un cadre de premier plan pour la conception, la mise en œuvre et la réalisation de contrôles internes et pour l’évaluation de l’efficacité de ces contrôles.

Les lignes directrices 2015 ont été fondées sur une approche intégrée et sur une prise d’échantillons, conformément à l’article 9, paragraphe 2, point b) du règlement (UE) nº 1306/2013. Dans cette démarche, les tests, l’évaluation et le signalement des erreurs en matière de légalité et de régularité sont combinés à ces mêmes opérations en ce qui concerne les comptes annuels. Dans ce contexte, il a été jugé opportun d’utiliser la matrice d’agrément dans son ensemble.

Nonobstant ce qui précède, la Commission s’accorde avec la Cour pour dire que, même si les critères d’agrément constituent une base solide pour évaluer le cadre de contrôle des OP dans son ensemble (les «contrôles au niveau de l’entité» selon la terminologie des normes d’audit), il convient de scinder l’évaluation des systèmes de contrôle internes visant à déterminer la légalité et la régularité, d’une part, et en ce qui concerne les comptes annuels2, d’autre part.

Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018, finalisées en janvier 2017, suivent l’approche consistant à distinguer clairement les processus et procédures visant à déterminer la légalité et la régularité de ceux concernant les comptes annuels. Cette approche entraîne également une modification des modalités d’évaluation des comptes annuels et de la légalité et la régularité.

45

La Commission exprime son accord avec la Cour. La Commission a formulé des observations similaires dans les courriers envoyés à plusieurs États membres suite à l’apurement des comptes 2015.

La Commission recommande également aux OC d’examiner les plans d’action, qui visent à corriger les faiblesses connues. Ce lien a fait l’objet de discussions lors de la réunion du groupe d’experts de juin 2016.

Néanmoins, ce point est encore mis en évidence dans les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018.

Quoi qu’il en soit, il convient de garder à l’esprit qu’il s’agit du premier exercice pour lequel les OC ont accompli leur nouvelle tâche en matière de légalité et de régularité.

Encadré 1 — Situations dans lesquelles les résultats produits par la matrice d’agrément aux fins de l’évaluation de la légalité et la régularité n’étaient pas fiables

Voir la réponse de la Commission au point 45.

Le type de faiblesse décelée en Bavière est couvert par les lignes directrices 2015, section 6.5. Si l’OC constate que les résultats des tests de validation ne correspondent pas à l’évaluation antérieure du système de contrôle interne (SCI), il convient d’agrandir l’échantillon afin de tenir compte de la situation réelle du système de contrôle interne.

46

La Commission a élaboré des listes complètes et détaillées de contrôles clés et secondaires en étroite collaboration avec les États membres pour chaque type de mesure de la PAC 2014-2020. Ces listes doivent être utilisées à chaque niveau de contrôle.

47

Les critères d’agrément devraient couvrir la structure générale et le fonctionnement des OP (c’est-à-dire les contrôles au niveau des entités) et, entre autres, l’adéquation des procédures et processus mis en place.

L’évaluation du processus de contrôles administratifs et de contrôles sur place (l’ordonnancement des demandes) pour une population donnée par l’OC devrait se fonder sur les contrôles clés et secondaires. Les OC utilisent également les contrôles clés et les contrôles secondaires lorsqu’ils évaluent la légalité et la régularité des dépenses (dans le cadre de leurs tests de conformité et de validation).

Néanmoins, les nouvelles lignes directrices indiquent clairement que les OC doivent évaluer les procédures et processus d’ordonnancement des demandes (et notamment les contrôles administratifs et sur place) sur la base des contrôles clés et des contrôles secondaires.

49

La séparation des tests de validation en deux échantillons découle de la nécessité de garantir une certaine continuité, pour les États membres, entre les lignes directrices des OC applicables avant 2015 et à partir de 2015. Elle prend également en considération la possibilité, créée par l’article 9, paragraphe 2, point b), du règlement (UE) nº 1306/2013, d’utiliser un seul échantillon intégré le cas échéant.

Toutefois, l’expérience de la première année de mise en œuvre indique qu’il est nécessaire de réexaminer l’approche et d’opérer une distinction claire entre le travail d’audit et l’avis sur la légalité et la régularité et l’opinion d’audit sur les comptes, tout en gardant la possibilité d’utiliser des échantillons à double usage le cas échéant en vue d’éviter les charges administratives inutiles.

51

Pour l’échantillon 1 extrait des opérations contrôlées sur place par les OP, les lignes directrices imposent aux OC de répéter tous les contrôles effectués par les OP. Les OC réexécutent donc systématiquement les contrôles sur place. Cette approche permet aux OC d’émettre un avis sur le système de contrôle, mais aussi de calculer un taux de non-conformité (TNC) reflétant la différence constatée entre les résultats des contrôles réexécutés par eux et ceux des contrôles primaires effectués par les OP.

52

Sur la base de l’évaluation du système de contrôle interne, les OC doivent déterminer le niveau des tests de validation (échantillons 1 et 2). Il relève donc des prérogatives des OC d’augmenter le niveau des tests de validation pour couvrir les risques. Le tableau 3 présenté par la Cour montre que certains OC ont décidé d’augmenter les échantillons des tests de validation au-delà du minimum de 30 opérations afin de gérer les risques élevés de la population donnée.

55

Du fait de l’évolution de la réalité agricole, les OC sont tenus de sélectionner leurs échantillons parmi les demandes relatives aux populations relevant du SIGC. Il est donc essentiel que l’OC se rende sur place peu après l’OP afin de pouvoir vérifier à nouveau tous les éléments d’admissibilité. Si la nouvelle vérification est effectuée tardivement, il existe un risque considérable que tous les éléments d’admissibilité ne puissent plus être vérifiés ou que la situation ait complètement changé, sapant l’efficacité de la nouvelle vérification et la fiabilité de l’avis.

56

Du fait de la réalité agricole, il existe effectivement un risque lié au calendrier des contrôles primaires sur place et de leurs nouvelles vérifications.

Les lignes directrices tiennent compte de ce risque, et la Commission a invité à plusieurs reprises les OC à planifier leurs nouvelles vérifications en prenant en considération les contraintes de temps imposées par la nature de ces nouvelles vérifications.

Comme l’indique le rapport d’activité annuel 2015 de la DG AGRI, le calendrier inadapté des nouvelles vérifications a malheureusement été l’une des raisons pour lesquelles la Commission n’a pas été en mesure de se fier aux opinions des OC pour les dépenses 2015.

Encadré 3 — Retards dans la réexécution, par les organismes de certification, des contrôles sur place des opérations de l’échantillon nº 1 relevant du SIGC pour l’année de demande 2014 (exercice financier 2015)

Les retards dans la désignation des OC et dans la nouvelle vérification des contrôles pour l’année de demande 2014 (exercice 2015) ont été la principale raison pour laquelle la Commission n’a pas pu se fier aux avis des OC sur la légalité et la régularité pour son rapport d’activité annuel 2015.

Dès ses 17 audits réalisés en 2015, la Commission avait observé, dans de nombreux cas, des retards importants dans la réexécution des contrôles. Le 9 novembre 2015, la Commission a envoyé une note aux États membres dans laquelle elle explique que les nouvelles vérifications sur place devraient commencer à l’été de l’année n-1 pour l’exercice n.

57

Selon les lignes directrices pour l’exercice 2015, l’échantillon des nouvelles vérifications des OC doit être prélevé dans la liste d’opérations sélectionnées en vue de contrôles sur place aléatoires par l’OP. La sélection et la nouvelle vérification effective par les OC devraient normalement être effectuées avant le début du traitement des paiements par l’OP. Il est donc très peu probable que l’OC ne sélectionne pas un élément parce que l’OP retarde le paiement.

Encadré 4 — Exclusion d’opérations relevant du SIGC incluses dans l’échantillon nº 1 du fait que l’organisme payeur n’a exécuté le paiement qu’après l’achèvement des travaux d’audit par l’OC

La tâche des OC en matière de légalité et de régularité est triple et ils émettent:

  • un avis sur l’efficacité du système de contrôle interne;
  • un avis sur la légalité et la régularité des dépenses;
  • un avis sur les affirmations contenues dans la déclaration de gestion (c’est-à-dire les résultats de contrôle déclarés par l’OP).

En vertu des lignes directrices, l’OC aurait dû encore avoir utilisé ces cinq opérations au moment d’évaluer les affirmations contenues dans la déclaration de gestion et d’émettre un avis quant à l’efficacité du système de contrôle interne. L’article 9 du règlement (UE) nº 1306/2013 exige toutefois un avis sur la légalité et la régularité des dépenses. L’OC ne peut donc pas émettre d’avis sur des paiements non exécutés. Dans ce cas, un élément supplémentaire aurait dû être testé afin de respecter la taille d’échantillon définie initialement pour l’exercice concerné. Afin d’anticiper de tels événements, il est recommandé aux OC de sélectionner des éléments supplémentaires par avance au-delà du minimum de 30 éléments prévu par les lignes directrices.

L’OC devrait tenir compte du résultat de ces tests pour l’avis sur la légalité et la régularité des dépenses en ce qui concerne l’exercice au cours duquel l’opération sera payée. Ces tests devraient être pris en considération indépendamment des corrections éventuelles que l’OP pourrait effectuer avant paiement.

58

L’article 7 du règlement (CE) nº 908/2014 permet aux OC d’accompagner les contrôles sur place de deuxième niveau. L’accompagnement des contrôles de premier niveau est limité aux contrôles impossibles à réexécuter ultérieurement (par exemple les mesures du FEAGA ne relevant pas du SIGC qui impliquent des opérations liées à la distillation, à de l’entreposage ou à des opérations de retrait). L’idée sous-jacente de la réexécution est que l’OP devrait exécuter le contrôle de façon à ce que l’OC le vérifie à nouveau par la suite.

Nonobstant ce qui précède, les lignes directrices demandent aux OC d’accomplir leur tâche conformément aux normes professionnelles d’audit sans compromettre les résultats des tests de validation. L’OC ne devrait donc jamais partager sa sélection avant la réalisation des contrôles par l’OP. La lacune décrite par la Cour à l’encadré 5 confirme que les OC devraient suivre les lignes directrices afin d’éviter toute pratique d’audit inadaptée.

Encadré 5 — La réexécution des contrôles a été compromise en Italie du fait que l’organisme de certification avait informé à l’avance l’organisme payeur des bénéficiaires qui feraient l’objet d’une nouvelle vérification

Les OC devront mettre en place des sauvegardes afin d’éviter de divulguer leurs échantillons aux OP avant que ces derniers n’aient terminé leurs propres vérifications et n’en aient informé les OC.

61

Il existe une divergence entre les contrôles effectués par l’OP au cours d’une année donnée et les paiements pour l’exercice financier pour les populations ne relevant pas du SIGC. Néanmoins, étant donné que la plupart des mesures ne relevant pas du SIGC ne sont pas soumises à des contraintes de temps, l’OC pourrait tester des opérations supplémentaires si certaines des opérations déjà testées n’ont pas été payées en cours d’exercice. Les opérations non acquittées pourraient encore servir à confirmer ou à infirmer la déclaration de gestion et les résultats des contrôles.

62

Dans le cadre de la PAC, dans lequel les OP doivent mettre en place un système de gestion et de contrôle légalement contraignant et efficace, les auditeurs peuvent bien souvent, lorsqu’ils ont acquis une assurance suffisante que le système de gestion et de contrôle de l’OP est conçu et mis en œuvre conformément au droit de l’Union, recueillir des preuves suffisantes et adéquates en réexécutant les contrôles des OP.

Réponse commune de la Commission aux points 64 et 65:

Pour l’échantillon 1 utilisé aux fins de déterminer le TNC, les lignes directrices imposent aux OC de vérifier à nouveau aussi bien les contrôles administratifs que les contrôles primaires sur place. Pour l’échantillon 2 utilisé aux fins de déterminer le taux d’erreur, les lignes directrices de la Commission n’exigent pas de contrôles sur place. Le rapport entre ces deux échantillons doit être défini par les OC sur la base de leur jugement professionnel.

66

La Commission estime que la réexécution des contrôles administratifs constitue une preuve d’audit suffisante et adéquate. Elle inclut des questions posées au personnel des OP concernant les contrôles effectués, des contrôles des demandes d’aide et des pièces justificatives ainsi que des contrôles des registres et du SIPA pour les régimes relevant du SIGC. Pour les dépenses ne relevant pas du SIGC, les contrôles administratifs et leur nouvelle vérification incluent également des visites sur site (inspections) visant, par exemple, à vérifier l’existence d’actifs matériels construits ou achetés par l’intermédiaire de projets d’investissement.

Les OC se fondent sur leur jugement professionnel pour concevoir les procédures d’audit afin de recueillir des preuves d’audit suffisantes et adéquates. Comme le prévoit la section 6.1 des lignes directrices 2 pour l’exercice 2015: «Le test de détail des transactions opérationnelles inclut, entre autres... Ces démarches couvrent une inspection et un questionnement, et non une analyse documentaire.»

67

Pour tester la légalité et la régularité des dépenses relevant du SIGC, les OC doivent sélectionner leurs échantillons parmi la population contrôlée sur place par les OP et réexécuter tous les contrôles primaires, administratifs et sur place.

Pour les dépenses ne relevant pas du SIGC, il convient de noter que la plupart des erreurs (inéligibilité des bénéficiaires/activités/projets/dépenses et non-respect des règles en matière de marchés publics) sont décelées au niveau des contrôles administratifs et qu’environ deux tiers des erreurs découlent d’une utilisation insuffisante des informations disponibles ou d’erreurs commises par les autorités nationales. On notera également que tous les contrôles administratifs (à réexécuter par les OC) relatifs aux opérations d’investissement doivent inclure une visite sur site afin de vérifier la réalisation de l’investissement, sauf si l’organisme payeur démontre que l’opération est de petite ampleur, à faible risque ou intégrée à l’échantillon de contrôles sur place.

En outre, compte tenu de la nécessité de fournir des orientations aux OC quant à la façon de trouver le juste équilibre entre coûts et bénéfices, les lignes directrices de la Commission pour l’exercice 2018 demandent aux OC de disposer d’échantillons statistiquement représentatifs des nouvelles vérifications sur place pour le SIGC. Pour les dépenses ne relevant pas du SIGC, les lignes directrices demandent au minimum 30 nouvelles vérifications sur place. Les résultats des nouvelles vérifications seront extrapolés à l’ensemble de la population.

69

La Commission estime que, dans le cadre du système intégré de gestion et de contrôle de la PAC, évaluer les vérifications de l’OP du point de vue de la légalité et de la régularité et, ensuite, confirmer sur la base d’un échantillon d’opérations que l’OP a effectivement appliqué les procédures pour les contrôles primaires, est suffisant pour fournir une assurance quant à la légalité et à la régularité des dépenses.

71

La Commission estime que, dans le cadre de la PAC, le fait de vérifier les systèmes de contrôle et de réexécuter les contrôles primaires des OP permet en général d’obtenir des preuves suffisantes et adéquates et de formuler une opinion d’assurance raisonnable concernant les dépenses de la PAC.

En outre, les lignes directrices de la Commission n’empêchent pas les OC d’effectuer tout travail d’audit qu’ils jugeraient eux-mêmes approprié. Il incombe aux OC de déterminer si la réexécution est suffisante. Les enquêtes et inspections peuvent également être utilisées pour la nouvelle vérification des contrôles administratifs. Voir la réponse de la Commission au paragraphe 66.

74

En raison de l’approche intégrée utilisée dans les lignes directrices actuelles, il a été demandé aux OC de calculer deux taux d’erreur en matière de légalité et de régularité. Néanmoins, cette approche est révisée à partir de l’exercice 2018.

Dans les nouvelles lignes directrices présentées en janvier 2017 et applicables à partir de l’exercice 2018, les procédures de conformité et d’apurement des comptes sont clairement séparées. À cette fin, les OC doivent calculer deux taux d’erreur distincts: un taux d’erreur (ERR)3 incluant uniquement les erreurs décelées par le contrôle annuel des comptes, et un taux de non-conformité (TNC)4 incluant toutes les erreurs de légalité et de régularité. Dans ses nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018, la Commission prévoit déjà que le TNC sera utilisé à la fois pour l’opinion d’audit en matière de légalité et de conformité et pour confirmer (ou non) les affirmations contenues dans la déclaration de gestion.

Réponse commune de la Commission aux points 75 et 76

Dans les cas où il existe des preuves suffisantes que les OC ont travaillé conformément aux lignes directrices, la Commission utilise le TNC estimé par les OC dans son évaluation de la majoration du taux d’erreur calculé sur la base des statistiques de contrôle déclarées par les États membres au niveau de chaque OP. En outre, l’ERR a été pris en considération pour évaluer le niveau des majorations.

77

Dans les nouvelles lignes directrices à partir de l’exercice 2018, l’ERR inclut uniquement les erreurs issues des tests annuels des comptes et ne sera utilisé que pour évaluer la fiabilité des comptes des OP.

78

La Commission attire l’attention sur l’échantillonnage intégré prévu par la législation et confirme la séparation entre les procédures d’apurement financier et d’apurement de conformité. Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 apportent encore plus de précisions en prévoyant un taux d’erreur pour la légalité et la régularité et un taux différent pour la fiabilité des comptes annuels.

Réponse commune de la Commission aux points 79 à 84

Ainsi qu’il est indiqué à l’annexe IV «Critères d’importance relative» du rapport annuel d’activité de la DG AGRI, la Commission utilise les statistiques de contrôles communiquées par les États membres pour calculer un «taux d’erreur résiduel signalé» en extrapolant à l’ensemble de la population les erreurs constatées par les OP dans la population sélectionnée de manière aléatoire pour les contrôles sur place. Le taux d’erreur résiduel signalé est incomplet parce qu’il ne prend pas en considération le risque que des défaillances dans les contrôles effectués par les OP aient pour effet que des erreurs ne soient pas décelées ou signalées.

Dès lors, dans une deuxième étape, la DG AGRI recueille toutes les informations disponibles susceptibles de révéler des lacunes dans les contrôles de premier niveau, y compris les résultats de ses propres audits, des audits de la Cour des comptes ou toute autre source fiable d’éléments de preuve. Les auditeurs de la DG AGRI analysent ces informations à la lumière des lignes directrices de la Commission concernant le calcul des corrections financières [Document C(2015) 3675 final] et sur la base de leur jugement professionnel, et ajustent le taux d’erreur résiduel majoré en fonction des estimations du taux d’erreur non décelées par les OP. La Commission utilise le taux d’erreur ajusté pour estimer les montants à risque et pour déterminer si des réserves sont nécessaires.

Depuis 2015, les avis des OC sur la légalité et la régularité des dépenses constituent potentiellement une autre source de preuves d’audit pour la Commission. La Commission peut utiliser le TNC, en particulier, comme une estimation fiable de la majoration nécessaire pour ajuster le taux d’erreur des dépenses de chaque OP. En outre, l’ERR a été pris en considération pour évaluer le niveau des majorations. En 2015 cependant, il est arrivé bien souvent que les avis ne soient pas suffisamment fiables pour que la Commission puisse en faire un usage important.

La Commission estime que cette utilisation du TNC pour renforcer son assurance quant à la légalité et à la régularité des dépenses de la PAC est appropriée et que, moyennant son élaboration dans le respect des lignes directrices, l’utilisation du TNC pour ajuster le taux d’erreur ne sous-estime pas le taux d’erreur total.

85

La Commission a conscience de ces risques potentiels que l’avis des OC quant à la légalité et à la régularité des OC ne soit pas fiable et estime que ses lignes directrices couvrent ces risques. La Commission va continuer de vérifier de près que les OC suivent les lignes directrices ainsi que les normes d’audit, notamment l’utilisation de leur jugement professionnel, et qu’ils appliquent les qualifications nécessaires pour tirer des conclusions en matière de légalité et de régularité.

Conclusions et recommandations

Réponse commune de la Commission aux points 89 et 90:

La pyramide des contrôles des dépenses de la PAC, qui correspond déjà à l’approche d’audit unique décrite par la Cour au point 22, a été complétée à partir de l’exercice 2015 par l’intégration des OC entre le niveau des OP et celui de la Commission, ce qui renforce le modèle d’assurance de la PAC. Conformément à l’article 6, paragraphe 4, du règlement (UE) nº 908/2014, la Commission a élaboré des lignes directrices portant sur des précisions et orientations supplémentaires en ce qui concerne l’audit de certification qui doit être réalisé, et sur la détermination du niveau raisonnable d’assurance procurée par l’audit qui doit être obtenu à partir des contrôles d’audit. La Commission estime que, même s’il est possible de les améliorer, les lignes directrices pour l’exercice 2015 sous leur forme actuelle, si elles sont appliquées correctement, permettent déjà aux OC de rendre un avis sur la légalité et la régularité dans le respect des règles et normes en vigueur.

S’appuyant sur l’expérience de la première année de mise en œuvre, la Commission a élaboré de nouvelles lignes directrices améliorées qui devront être appliquées à partir de l’exercice 2018.

92

La Commission est satisfaite du modèle d’assurance de la PAC, qui garde le taux d’erreur sous contrôle à des niveaux relativement bas. Le taux d’erreur global pour les ressources naturelles (où la PAC représente 98 % des dépenses) déterminé par la Cour pour l’exercice 2015 est de 2,9 %. Pour le FEAGA, qui accorde des paiements à près de 8 millions de bénéficiaires chaque année, la DG AGRI estime que le taux d’erreur s’est établi sous le seuil d’importance relative ces deux dernières années, tandis que le taux d’erreur le plus probable indiqué par la Cour est resté stable à 2,2 %. Pour le Feader, le niveau des erreurs déterminé par la Commission a baissé constamment au cours des quatre dernières années.

De tels résultats ne seraient pas possibles sans le système de gestion et de contrôle solide de la PAC, notamment le SIGC et la pyramide des contrôles dans laquelle l’assurance s’appuie sur le travail effectué par les niveaux précédents et où le travail des OC prend pour point de départ les résultats des contrôles des OP. À cet égard, il est demandé aux OC de confirmer les résultats des contrôles réalisés par les OP et, à défaut de confirmation, de définir un taux de non-conformité et d’émettre un avis qualifié. Cependant, la DG AGRI n’a pu faire qu’un usage limité des avis des OC pour 2015 parce que, dans de nombreux cas, le travail n’était pas encore fiable.

Dans les cas où il n’est pas possible de se fonder entièrement sur le travail des OC, la DG AGRI continue d’obtenir une assurance indépendante concernant la légalité et la régularité des dépenses sur la base de ses propres audits. Dans les cas où cela s’est révélé nécessaire, ces audits ont aussi servi de fondement à la majoration des taux d’erreur déclarés par les OP. Les taux d’erreur ajustés qui en découlent sont restés relativement faibles (cf. tableau 1 et ci-dessus).

Dans les cas où la Commission peut se fier au travail des OC, le taux de non-conformité établi par les OC peut être ajouté au taux d’erreur signalé par les OP afin de calculer un taux d’erreur fiable qui reflète le niveau d’assurance concernant la légalité et la régularité des dépenses de la PAC.

Voir aussi la réponse de la Commission à la recommandation 1.

Recommandation nº 1 - Modèle d’assurance découlant des travaux des organismes de certification en matière de légalité et de régularité

La Commission accepte partiellement cette recommandation, comme suit:

La Commission n’accepte pas la recommandation selon laquelle il serait possible d’utiliser l’avis des OC pour l’assurance uniquement une fois que le travail est effectué conformément aux définitions des recommandations 2 à 7, et non dès lors que le travail est effectué de la façon définie dans les lignes directrices applicables à partir de l’exercice 2015. La Commission estime que, même s’il est possible de les améliorer, les lignes directrices pour l’exercice 2015 sous leur forme actuelle, si elles sont appliquées correctement, permettent déjà aux OC de rendre un avis sur la légalité et la régularité dans le respect des règles et normes en vigueur.

La Commission accepte la recommandation selon laquelle, lorsque les OC effectuent leur travail d’audit conformément aux règlements et aux lignes directrices en vigueur, leur avis constitue un élément supplémentaire important et précieux qui devrait être l’élément clé de l’assurance de la Commission. Cette approche est conforme à la stratégie d’audit de la DG AGRI et à la pyramide d’audit/de contrôle unique de la PAC représentée ci-dessous:

Le modèle d’audit unique de la PAC
93

Les critères d’agrément devraient couvrir la structure générale et le fonctionnement des OP (c’est-à-dire les contrôles au niveau des entités) et, entre autres, l’adéquation des procédures et processus mis en place. Cependant, l’évaluation du processus de contrôles administratifs et de contrôles sur place (l’ordonnancement des demandes) pour une population donnée par l’OC devrait se fonder sur les contrôles clés et secondaires. Les contrôles clés et les contrôles secondaires qui définissent les contrôles pour la population, le régime ou la mesure concernés devraient donc être utilisés en sus des critères d’agrément généraux. Les OC utilisent également les contrôles clés et les contrôles secondaires lorsqu’ils évaluent la légalité et la régularité des dépenses (dans le cadre de leurs tests de conformité et de validation). (Voir la réponse de la Commission aux points 41-44).

Néanmoins, les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 indiquent clairement que les OC doivent évaluer le processus d’ordonnancement des demandes (et notamment les contrôles administratifs et sur place) sur la base des contrôles clés et des contrôles secondaires.

94

La Commission reconnaît que, même si les critères d’agrément constituent une base solide pour évaluer le cadre de contrôle des OP dans son ensemble (les «contrôles au niveau de l’entité» selon la terminologie des normes d’audit), il convient de scinder l’évaluation des systèmes de contrôle internes pour déterminer la légalité et la régularité et celle concernant les comptes annuels5. (Voir la réponse de la Commission aux points 41-44).

Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018, finalisées en janvier 2017, adoptent l’approche consistant à distinguer clairement les processus et procédures visant à déterminer la légalité et la régularité de ceux concernant les comptes annuels.

Recommandation nº 2 – Évaluation des risques axée sur les contrôles clés et secondaires

La Commission accepte la recommandation et considère qu’elle est déjà mise en œuvre dans les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018. Il est recommandé aux OC d’utiliser les contrôles clés et secondaires pour tester les procédures d’ordonnancement des demandes.

95

La Commission souligne que l’échantillon 1 est utilisé non seulement pour tester le fonctionnement du système de contrôle interne et la fiabilité des statistiques de contrôle, mais aussi pour tirer des conclusions quant à la légalité et à la régularité des dépenses au niveau des bénéficiaires. Néanmoins, les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 nécessitent une séparation des objectifs d’audit selon laquelle l’échantillon recueilli pour la légalité et la régularité sera utilisé aux fins suivantes:

  • pour tirer des conclusions sur la légalité et la régularité des dépenses;
  • pour tirer des conclusions sur les résultats des contrôles communiqués dans la déclaration de gestion et les statistiques de contrôle;
  • pour tester le système de contrôle interne si l’OC effectue des tests à double usage;
  • pour certifier un taux d’erreur aux fins de réduire le taux de contrôles sur place conformément à l’article 41 du règlement (UE) nº 908/2014.

Pour les dépenses relevant du SIGC, la législation applicable et les lignes directrices de la Commission aux OP incluent des méthodes visant à garantir la représentativité de l’échantillon par rapport à la population totale. À la première étape de leurs opérations d’échantillonnage, les OC doivent vérifier que les échantillons des OP sont légaux et réguliers, c’est-à-dire qu’ils ont été sélectionnés conformément aux règles de l’Union et aux lignes directrices adressées aux OP, notamment du point de vue de la représentativité. Les échantillons des OC, à leur tour, doivent être représentatifs de la population sélectionnée par les OP.

96

Les questions liées à l’établissement du calendrier pour les contrôles sur place et les nouvelles vérifications des transactions relevant du SIGC sont inhérentes à l’évolution de la réalité agricole sur le terrain.

Il est donc essentiel que les OP effectuent les contrôles primaires au bon moment, c’est-à-dire avant les paiements, et que les OC aillent sur le terrain peu après les OP afin de pouvoir vérifier à nouveau tous les éléments d’admissibilité. Si la nouvelle vérification est effectuée tardivement, il existe un risque que tous les éléments d’admissibilité ne soient pas vérifiés sur le terrain ou que la situation ait complètement changé, rendant une nouvelle vérification impossible.

Recommandation nº 3 – Garanties concernant les échantillons SIGC fondés sur les contrôles sur place des organismes payeurs

La Commission accepte la recommandation et considère qu’elle est déjà mise en œuvre dans les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018. Les nouvelles lignes directrices sont renforcées du point de vue des aspects suivants:

Recommandation nº 3 Premier tiret:

l’OC devrait vérifier que l’échantillon de l’OP a été sélectionné dans le respect de la législation, des règles et des lignes directrices concernées, notamment en ce qui concerne leur représentativité, puis vérifier la représentativité de son propre échantillon.

Recommandation nº 3 Deuxième tiret:

importance vitale du calendrier choisi pour les nouvelles vérifications dans le cadre du SIGC: les lignes directrices incluent une recommandation de programmation des activités d’audit;

Recommandation nº 3 Troisième tiret:

dans le cadre des procédures d’audit, l’OC devrait vérifier le caractère exhaustif et l’assurance des résultats de contrôles communiqués dans les statistiques de contrôle;

97

La Commission convient qu’il existe une divergence entre les contrôles effectués par l’OP au cours d’une année donnée et les paiements pour l’exercice financier pour les populations ne relevant pas du SIGC. Néanmoins, étant donné que la plupart des mesures ne relevant pas du SIGC ne sont pas soumises à des contraintes de temps, l’OC pourrait tester des opérations supplémentaires si certaines des opérations déjà testées n’ont pas été payées en cours d’exercice. Les opérations non acquittées pourraient encore servir à confirmer ou à infirmer la déclaration de gestion et les résultats des contrôles ainsi que l’efficacité du système de contrôle interne.

Recommandation nº 4 – Échantillon hors SIGC fondé sur les paiements

La Commission accepte la recommandation et considère qu’elle est déjà mise en œuvre dans les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018. En cas de contraintes de temps, par exemple pour les mesures entraînant de nombreux paiements à une date proche de la fin de l’année, il est recommandé que les OC utilisent des estimations de paiements.

98

La Commission estime que, dans le cadre de la PAC, et notamment compte tenu de la contribution du SIGC à la prévention des erreurs et à la réduction du niveau des erreurs, la réexécution de contrôles administratifs constitue une preuve d’audit appropriée. Elle inclut des questions posées au personnel des OP concernant les contrôles effectués, des contrôles des demandes d’aide et des pièces justificatives ainsi que des contrôles des registres et du SIPA pour les régimes relevant du SIGC. Pour les dépenses ne relevant pas du SIGC, les contrôles administratifs et leur nouvelle vérification par les OC incluent également des visites sur site (inspections) visant, par exemple, à vérifier l’existence d’actifs matériels construits ou achetés par l’intermédiaire de projets d’investissement.

La Commission estime également que la réexécution des contrôles effectués par les OP est généralement suffisante pour permettre aux OC d’évaluer la légalité et la régularité des dépenses. Le fait de contrôler des paiements sur place non contrôlés sur place par les OP n’apporterait généralement pas d’éléments de preuve supplémentaires utiles et produirait des résultats impossibles à comparer aux contrôles des OP.

99

Les lignes directrices doivent être perçues comme le minimum nécessaire pour satisfaire la Commission, et ne peuvent pas empêcher les OC d’en faire plus le cas échéant.

La Commission estime que, dans le contexte des dépenses de la PAC et de son système de gestion et de contrôle, la réexécution est le moyen le plus efficace de renforcer l’assurance et de former une opinion d’audit concluant à l’assurance raisonnable.

Ainsi qu’il est expliqué dans les réponses de la Commission aux points 60-70, les lignes directrices de la Commission recommandent aux OC d’effectuer les mêmes vérifications que les OP (contrôles sur place et contrôles administratifs, ou contrôles administratifs uniquement) afin d’obtenir des résultats comparables. De plus, les lignes directrices n’empêchent pas les OC de procéder à des réexécutions, mais des réexécutions en combinaison avec d’autres techniques afin de recueillir des preuves d’audit suffisantes et appropriées. Étant donné que les OC vérifient à nouveau également les contrôles administratifs, ils utilisent aussi bien souvent des techniques telles que l’inspection des documents et des registres ainsi que des enquêtes.

Dans les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018, la Commission recommande aux OC de disposer de deux échantillons dédiés aux différents objectifs d’audit (audit des comptes et audit de la légalité et de la régularité). La Commission a déjà cerné et adopté une approche qui permet un audit efficient et efficace, par exemple: tests à double finalité entre objectifs d’audit et entre tests de validation et de conformité6, etc. La technique d’audit ne se limite pas à la réexécution mais à la portée des contrôles des OP. Ainsi, si un OP a vérifié une opération du point de vue administratif uniquement, l’OC devrait faire de même: vérifier à nouveau les contrôles administratifs par une réexécution, une inspection, une enquête, des contrôles analytiques, etc.

Compte tenu de la nécessité de fournir des orientations aux OC quant à la façon de trouver le juste équilibre entre coûts et bénéfices, les lignes directrices de la Commission pour l’exercice 2018 demandent aux OC de posséder des échantillons statistiquement représentatifs pour les nouvelles vérifications sur place pour le SIGC. Pour les dépenses hors SIGC, les lignes directrices demandent au minimum 30 nouvelles vérifications sur place. Les résultats des nouvelles vérifications seront extrapolés à l’ensemble de la population.

Recommandation nº 5 – Tests de validation effectués sur place

La Commission accepte partiellement la recommandation, comme suit:

1) La Commission n’accepte pas la recommandation dans la mesure où elle aurait pour conséquence que les OC devraient se rendre sur place pour des opérations qui n’ont pas été contrôlées sur place par l’OP. Cette démarche ne serait pas conforme au modèle d’assurance de la PAC de la Commission et ne produirait pas de résultats comparables par rapport aux contrôles des OP. De plus, et en particulier pour les opérations ne relevant pas du SIGC, la vérification sur place d’opérations qui n’ont pas été vérifiées sur place précédemment par les OP n’apporterait généralement pas d’éléments de preuve supplémentaires utiles.

Compte tenu de la nécessité de fournir des orientations aux OC quant à la façon de trouver le juste équilibre entre coûts et bénéfices, les lignes directrices de la Commission pour l’exercice 2018 demandent aux OC de posséder des échantillons statistiquement représentatifs des nouvelles vérifications sur place pour le SIGC. Pour les dépenses ne relevant pas du SIGC, les lignes directrices demandent au minimum 30 nouvelles vérifications sur place. Les résultats des nouvelles vérifications seront extrapolés à l’ensemble de la population. La Commission estime que, dans le cadre de la PAC, cette approche équilibrée serait suffisante pour permettre aux OC d’émettre un avis fiable sur la légalité et la régularité des dépenses.

2) La Commission accepte la recommandation pour ce qui est de permettre aux OC d’accomplir toutes les démarches et procédures d’audit qu’ils jugent adéquates, et estime que c’est déjà le cas à l’heure actuelle.

100

En raison de l’approche intégrée utilisée dans les lignes directrices actuelles, il a été demandé aux OC de calculer deux taux d’erreur en matière de légalité et de régularité. Néanmoins, cette approche est révisée dans les lignes directrices pour l’exercice 2018 (cf. réponse de la Commission à la recommandation 6 ci-dessous).

101

Afin de garantir la continuité, les lignes directrices pour 2015 – première année d’intervention accrue des OC – ont été élaborées sur la base des lignes directrices utilisées pour l’apurement des comptes de l’exercice précédent. De plus, les lignes directrices 2015 ont été fondées sur une approche intégrée et sur une prise d’échantillons, conformément à l’article 9, paragraphe 2, sous b) du règlement (UE) nº 1306/2013. Dans cette démarche, les tests, l’évaluation et le signalement des erreurs en matière de légalité et de régularité sont combinés à ces mêmes opérations pour les comptes annuels. Il s’ensuit que, dans l’approche intégrée, le taux d’erreur est utilisé pour évaluer la légalité et la régularité des dépenses ainsi que les comptes annuels.

Recommandation nº 6 – Un taux d’erreur unique concernant la légalité et la régularité

La Commission accepte la recommandation et considère qu’elle est déjà mise en œuvre.

Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 prévoient de séparer clairement les procédures de conformité et d’apurement des comptes. À cette fin, les OC doivent calculer deux taux d’erreur distincts: un taux d’erreur (ERR) incluant uniquement les erreurs décelées par le contrôle annuel des comptes, et un taux de non-conformité (TNC) incluant toutes les erreurs de légalité et de régularité non décelées par les OP. Le TNC sera utilisé à la fois pour l’opinion d’audit en matière de légalité et de conformité et pour confirmer (ou non) les affirmations contenues dans la déclaration de gestion. Le TNC sera utilisé pour compléter les résultats de contrôles communiqués par les OP.

102

Le taux de non-conformité (TNC) est conçu pour estimer l’écart entre les contrôles des OP et les nouvelles vérifications par les OC, c’est-à-dire la quantité d’erreurs non décelées par les OP. Il est donc raisonnable de supposer que si l’OP trouve une erreur, cette erreur sera corrigée avant le paiement. L’erreur de l’OC devrait refléter uniquement les erreurs non décelées et, dès lors, non rectifiées avant paiement. C’est pourquoi, afin d’éviter un double comptage des erreurs, l’OC ne devrait pas inclure la demande du bénéficiaire étant donné que la différence inclura une partie déjà corrigée par l’OP et communiquée dans les statistiques de contrôle.

103

Le travail des OC se fonde sur des échantillons en respectant les normes admises au niveau international en matière d’audit. Dans tous les cas, tous les résultats des nouvelles vérifications sur place devraient être extrapolés au reste de la population pour le calcul du taux de non-conformité (que ces irrégularités aient été ou non réglées avant le paiement).

La DG AGRI utilise une approche similaire pour calculer le taux d’erreur résiduel dans son rapport annuel d’activité.

Recommandation nº 7 – Un taux d’erreur représentatif de la population couverte par l’opinion d’audit

La Commission accepte la recommandation et considère qu’elle est déjà mise en œuvre.

Les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 prévoient que le taux de non-conformité pour les populations relevant du SIGC doit être basé sur l’échantillon de contrôles sur place de l’OP. Cependant, le résultat extrapolé pour la partie de la population est ensuite extrapolé à l’ensemble de la population afin de tirer une conclusion sur la légalité et la régularité de toutes les dépenses du SIGC.

Pour les populations ne relevant pas du SIGC, une approche légèrement différente est prévue afin de prendre en considération la conception différente des mesures et le fait que les échantillons aléatoires de l’OP ne sont pas nécessairement représentatifs dans tous les cas. Le taux de non-conformité à calculer par les OC devrait donc être basé sur un échantillon prélevé dans l’ensemble des dépenses et ensuite extrapolé.

104

La Commission estime que les nouvelles lignes directrices pour l’exercice 2018 mettent déjà en œuvre les recommandations 2, 3, 4, 6 et 7, et que la partie de la recommandation 5 acceptée par la Commission est, elle aussi, déjà mise en œuvre. Étant donné que les paiements liés au SIGC pour l’exercice 2018 correspondent aux demandes des bénéficiaires présentées au printemps 2017 et à contrôler au cours de la même période de culture, la mise en œuvre devrait être réaliste: la mise en œuvre des nouvelles lignes directrices nécessitera un travail préparatoire pour les États membres, y compris des procédures de marchés publics dans les cas où les OC ne sont pas des organismes publics. La plupart des États membres ont déjà informé la Commission qu’ils ne pourront appliquer les nouvelles lignes directrices qu’à partir de l’exercice 2019.

Glossaire

Agrément: Processus visant à certifier que les organismes payeurs sont dotés d’une organisation administrative et d’un système de contrôle interne offrant suffisamment de garanties pour que les paiements soient effectués de manière légale et régulière et soient convenablement comptabilisés. Cette certification doit être délivrée par les États membres et être fondée sur le respect, par les organismes payeurs, d’un ensemble de critères («critères d’agrément»), concernant l’environnement interne, les activités de contrôle, l’information et la communication, ainsi que le suivi.

Contrôles administratifs: Contrôles documentaires formalisés effectués par les organismes payeurs sur l’ensemble des demandes afin de vérifier que ces dernières respectent les conditions d’octroi de l’aide. Pour les dépenses relevant du SIGC, les informations contenues dans les bases de données informatiques sont utilisées dans le cadre des contrôles croisés automatiques.

Contrôles sur place: Contrôles effectués par les inspecteurs des organismes payeurs afin de vérifier que les bénéficiaires finals respectent les règles applicables. Ils peuvent consister en une visite sur place classique (pour les exploitations agricoles ou les investissements faisant l’objet de l’aide) ou en un contrôle par télédétection (examen d’images satellites récentes des parcelles) qui peut être complété par une visite sur place rapide en cas de doute.

Corrections financières: Dépenses écartées, par la Commission, du financement de l’UE lorsque celles-ci n’ont pas été effectuées par les États membres conformément à la législation nationale et de l’UE applicable. Pour les dépenses de la PAC, ces exclusions prennent toujours la forme de corrections financières assimilées à des recettes affectées.

Déclaration de gestion: Déclaration annuelle émanant des directeurs de chaque organisme payeur concernant l’exhaustivité, l’exactitude et la véracité des comptes, le bon fonctionnement des systèmes de contrôle interne ainsi que la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes. Plusieurs annexes accompagnent cette déclaration, dont une concernant les statistiques des résultats de tous les contrôles administratifs et contrôles sur place effectués par l’OP («statistiques de contrôle»).

Fonds européen agricole de garantie (FEAGA): Permet de soutenir les agriculteurs sous la forme de paiements directs et de financer la gestion des marchés agricoles ainsi que les mesures d’information et de promotion.

Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader): Finance la contribution financière de l’Union aux programmes de développement rural.

Les normes d’audit internationalement reconnues comprennent des normes d’audit établies par différents organismes publics et professionnels de normalisation, telles que les normes d’audit internationales (ISA) publiées par le Conseil des normes internationales d’audit et d’assurance (IAASB) ou les normes internationales des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (ISSAI) publiées par l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (Intosai).

Organisme payeur (OP): Instance(s) chargée(s), au sein d’un État membre, de la gestion et du contrôle des dépenses de la PAC, notamment du contrôle, du calcul et du versement aux bénéficiaires des aides au titre de la PAC ainsi que de la communication de ces paiements à la Commission. Certaines tâches de l’organisme payeur peuvent être accomplies par des organismes délégués, à l’exception des paiements aux bénéficiaires et de leur communication à la Commission.

Période de programmation: Cadre pluriannuel de planification et de mise en œuvre des politiques de l’UE. La période de programmation actuelle court de 2014 à 2020. La gestion des programmes de développement rural financés par le Feader relève de ce cadre pluriannuel, tandis que le FEAGA est géré sur une base annuelle.

Procédure d’apurement de conformité: Procédure de la Commission fondée sur une évaluation des systèmes de contrôle interne des organismes payeurs, visant à assurer que les États membres appliquent le droit de l’Union et de l’État membre et que les dépenses non conformes à ces règles pour un ou plusieurs exercices sont exclues du financement de l’UE par l’application de corrections financières.

Procédure d’apurement financier: Aboutit à une décision financière annuelle de la Commission concernant l’exhaustivité, l’exactitude et la véracité des comptes annuels de chaque OP agréé.

Rapport annuel d’activité (RAA): Rapport annuel publié par chaque direction générale, présentant en détail ses réalisations, les initiatives prises au cours de l’année et les ressources utilisées. Le rapport annuel d’activité de la DG AGRI comporte également une évaluation du fonctionnement et des résultats des systèmes de gestion et de contrôle de la PAC au niveau des OP.

Statistiques de contrôle: Rapports annuels présentés par les États membres à la Commission et contenant les résultats des contrôles administratifs et des contrôles sur place réalisés par les organismes payeurs.

Système intégré de gestion et de contrôle (SIGC): Un système intégré constitué de bases de données des exploitations agricoles, des demandes, des zones agricoles, des animaux et, le cas échéant, des droits au paiement. Ces bases de données sont utilisées dans le cadre des contrôles administratifs croisés portant sur les demandes d’aide pour des paiements liés aux surfaces et aux animaux.

Taux d’erreur ajusté: Estimation, par la Commission, du taux d’erreur résiduel affectant les paiements de la PAC effectués par les OP en faveur des bénéficiaires après que l’ensemble des contrôles ont été effectués. Ces taux sont calculés et publiés par la Commission dans son RAA.

Abréviations

AC: Autorité compétente de l’État membre (habituellement le ministère de l’agriculture)

DG AGRI: Direction générale de l’agriculture et du développement rural

ERR: Taux d’erreur

FC: Fonds de cohésion

Feader: Fonds européen agricole pour le développement rural

FEAGA: Fonds européen agricole de garantie

FEDER: Fonds européen de développement régional

FSE: Fonds social européen

ISA: Normes internationales d’audit

ISSAI: Normes internationales des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (International Standards of Supreme Audit Institutions)

OC: Organisme de certification

OP: Organisme payeur

PAC: Politique agricole commune

RAA: Rapport annuel d’activité

SIGC: Système intégré de gestion et de contrôle

TNC: Taux de non-conformité

Notes

1 Annexe I du règlement (UE, Euratom) n° 1311/2013 du Conseil du 2 décembre 2013 fixant le cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020 (JO L 347 du 20.12.2012, p. 884).

2 Lorsque les paiements sont fondés sur le respect de certaines conditions.

3 Article 59 du règlement (UE, Euratom) n° 966/2012 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union et abrogeant le règlement (CE, Euratom) n° 1605/2002 du Conseil (JO L 298 du 26.10.2012, p. 1) (ci-après le «règlement financier»).

4 Règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune et abrogeant les règlements (CEE) n° 352/78, (CE) n° 165/94, (CE) n° 2799/98, (CE) n° 814/2000, (CE) n° 1290/2005 et (CE) n° 485/2008 du Conseil (JO L 347 du 20.12.2013, p. 549) (ci-après le «règlement horizontal relatif à la PAC»).

5 Règlement d’exécution (UE) n° 809/2014 de la Commission du 17 juillet 2014 portant modalités d’application du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne le système intégré de gestion et de contrôle, les mesures en faveur du développement rural et la conditionnalité (JO L 227 du 31.7.2014, p. 69) et règlement d’exécution (UE) n° 908/2014 de la Commission du 6 août 2014 portant modalités d’application du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les organismes payeurs et autres entités, la gestion financière, l’apurement des comptes, les règles relatives aux contrôles, les garanties et la transparence (JO L 255 du 28.8.2014, p. 59).

6 Procédure de la DG AGRI fondée sur une évaluation des systèmes de contrôle interne des organismes payeurs, visant à assurer que les États membres appliquent le droit de l’Union et de l’État membre et que les dépenses non conformes à ces règles pour un ou plusieurs exercices sont exclues du financement de l’UE (article 52 du règlement horizontal relatif à la PAC).

7 Modèle de gestion partagée de la PAC, présenté dans le RAA 2015 de la DG AGRI, p. 35.

8 En vertu de l’article 7 du règlement horizontal relatif à la PAC.

9 Articles 30 à 33 du règlement (UE) n° 809/2014. Pour la période 2014-2020, la Commission a introduit de nouvelles possibilités pour les États membres, à savoir de réduire le taux minimal de contrôles à 1 %. Les États membres peuvent recourir à ces possibilités conformément aux dispositions de l’article 41 du règlement (UE) n 908/2014 et de l’article 36 du règlement (UE) n 809/2014.

10 Rapports annuels présentés par les États membres à la Commission et contenant les résultats des contrôles administratifs et des contrôles sur place réalisés par les organismes payeurs.

11 Article 59 et considérant 22 du règlement financier.

12 Article 3, du règlement (CE) n° 1663/95 de la Commission du 7 juillet 1995 établissant les modalités d’application du règlement (CEE) n° 729/70 en ce qui concerne la procédure d’apurement des comptes du FEOGA, section «garantie» (JO L 158 du 8.7.1995, p. 6).

13 Article 59, paragraphe 5, du règlement financier.

14 Article 9 du règlement horizontal relatif à la PAC.

15 Dans plusieurs États membres, plus d’un organisme payeur est contrôlé par le même organisme de certification.

16 Tels que des services au sein de ministères des finances, des services des gouvernements régionaux ou des institutions supérieures de contrôle.

17 Articles 5 à 7 du règlement (UE) n° 908/2014.

18 Ligne directrice n° 1 pour l’agrément; Ligne directrice n° 2 relative à l’audit annuel de certification; Ligne directrice n° 3 sur les exigences en matière de rapports; Ligne directrice n° 4 sur la déclaration de gestion; Ligne directrice n° 5 sur les irrégularités.

19 Article 9 du règlement horizontal relatif à la PAC.

20 La DG AGRI a organisé des réunions de groupes d’experts, avec la participation de représentants des autorités compétentes et des organismes de certification originaires de tous les États membres, faisant office de forum permettant d’échanger des connaissances et des expériences et de clarifier des questions liées aux travaux des organismes de certification.

21 Belgique, République tchèque, Allemagne, Irlande, Espagne, France, Italie, Autriche, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Royaume-Uni.

22 Allemagne (Bavière), Espagne (Castille-et-León), Italie (AGEA), Pologne, Roumanie et Royaume-Uni (Angleterre).

23 La politique de cohésion est financée par l’intermédiaire du Fonds européen de développement régional (FEDER), du Fonds social européen (FSE) et du Fonds de cohésion.

24 JO C 107 du 30.4.2004, p. 1.

25 (http://eca.europa.eu).

26 Version du 4.11.2015 du manuel d’audit de la DG AGRI — section 4.4 — audits de conformité portant sur la légalité et la régularité des dépenses pour le FEAGA et le Feader.

27 Programme de travail pluriannuel 2015-2018 de la direction J de la DG AGRI.

28 La Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni ont décentralisé la gestion des fonds de la PAC pour la confier à des organismes payeurs régionaux.

29 Article 66, paragraphe 9, du règlement financier.

30 Articles 34 et 35 du règlement d’exécution (UE) n° 908/2014 de la Commission.

31 Article 52 du règlement horizontal relatif à la PAC.

32 Article 7, paragraphes 2 et 5, du règlement horizontal relatif à la PAC.

33 Article 66 du règlement (UE, Euratom) n° 966/2012 (le règlement financier).

34 Pour le calcul des taux d’erreur ajustés de 2015, la DG AGRI a utilisé les résultats des organismes de certification pour revoir à la hausse les taux d’erreur des organismes payeurs dans trois cas seulement pour le FEAGA et neuf cas pour le Feader.

35 Page 66 des annexes du RAA 2015 de la DG AGRI.

36 Page 67 des annexes du RAA 2015 de la DG AGRI.

37 Section 5 de la ligne directrice n° 2 concernant la méthode d’échantillonnage.

38 Paragraphe 53 des normes internationales des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (ISSAI) 400 — Principes fondamentaux de l’audit de conformité.

39 Conformément au tableau de la page 9 de l’annexe 3 de la ligne directrice n° 2 concernant la méthode d’échantillonnage, pour un risque inhérent élevé et un taux d’erreur estimé de 10 %.

40 Article 7 du règlement horizontal relatif à la PAC.

41 Exemple adapté de la ligne directrice n° 3 de la DG AGRI.

42 Allemagne (Bavière), Italie (AGEA) et Royaume-Uni (Angleterre).

43 Article 12, paragraphe 6, points a) et b), du règlement (UE) n° 907/2014.

44 Point 6 de la norme internationale d’audit (ISA) 530 — Sondages en audit.

45 Section 6.2 de la ligne directrice n° 2 concernant la méthode d’échantillonnage.

46 Un échantillon aléatoire représente entre 20 et 25 % des contrôles sur place effectués par les organismes payeurs. Les contrôles sur place restants sont échantillonnés en fonction des risques.

47 L’annexe 3 de la ligne directrice n° 2 recommande un minimum de 30 opérations pour chaque Fonds.

48 Section 6.7 de la ligne directrice n° 2 sur les paramètres d’échantillonnage.

49 L’Italie n’est pas prise en considération à cet effet, étant donné que, pour l’exercice 2015, l’organisme de certification a été désigné tardivement et n’a donc pas effectué de contrôle sur place des opérations relevant du SIGC.

50 Les contrôles sur place peuvent consister en une visite sur place classique (pour les exploitations agricoles ou les investissements faisant l’objet de l’aide) ou en un contrôle par télédétection (examen des images satellites récentes des parcelles).

51 Section 6.2 de la ligne directrice n° 2 concernant la méthode d’échantillonnage.

52 Les bénéficiaires remboursés avant le 16 octobre 2014 ont été inscrits dans l’exercice précédent et ceux (cas exceptionnels) remboursés après le 15 octobre 2015 ont été inscrits dans l’exercice suivant.

53 Section 7.1 de la norme ISSAI 4200 - Lignes directrices sur les audits de conformité associés à un audit d’états financiers.

54 Article 7, paragraphe 3, du règlement (UE) n° 908/2014.

55 Voir, par exemple, les points 7.19 et 7.26 du rapport annuel de la Cour relatif à l’exercice 2014 (JO C 373 du 10.11.2015) et les points 7.14, 7.18 et 7.22 du rapport annuel de la Cour relatif à l’exercice 2015 (JO C 375 du 13.10.2016).

56 Point 21 de la norme ISSAI 4200.

57 Section 6.2 de la ligne directrice n° 2 concernant la méthode d’échantillonnage.

58 Contrôles informatiques et photo-interprétation détaillée d’orthophotos sur la base d’images satellites ou aériennes haute résolution récentes des parcelles.

59 Section 9.2 de la ligne directrice n° 2 relative à la réalisation des contrôles sur place.

60 Section 7.1.5 de la norme ISSAI 4200.

61 Glossaire de la ligne directrice n° 2.

62 Pour une définition plus détaillée de l’assurance limitée et de sa différence avec l’assurance raisonnable, veuillez vous référer aux points 20 et 21 de la norme ISSAI 4200.

63 Encadré explicatif: Annexe 10-2.1.

64 L’article 51 et le considérant 35 du règlement horizontal relatif à la PAC disposent qu’il «convient que la décision d’apurement des comptes concerne l’exhaustivité, l’exactitude et la véracité des comptes transmis, mais pas la conformité des dépenses avec le droit de l’Union».

65 Ce taux est en règle générale de 5 %, mais si les OP ont procédé à des contrôles sur place pour un pourcentage différent de bénéficiaires, c’est alors ce dernier taux qui doit être pris en considération.

66 Toutefois, étant donné que l’échantillon n° 2 est sélectionné de manière aléatoire dans une liste de paiements, il peut être considéré que 5 % de cet échantillon ont fait l’objet d’un contrôle sur place par l’OP.

1 Système intégré de gestion et de contrôle

2 Exécution des paiements, comptabilité, avances et garanties, gestion des dettes.

3 ERR – taux d’erreur utilisé pour estimer les déclarations erronées dans l’échantillon et la population audités ayant une incidence financière sur l’exhaustivité, l’exactitude et la véracité des comptes.

4 TNC – taux de non-conformité estimant l’incidence financière potentielle due à des déficiences dans les contrôles d’admissibilité.

5 Exécution des paiements, comptabilité, avances et garanties, gestion des dettes.

6 Il est possible d’utiliser une opération pour différents tests d’audit.

Étape Date
Adoption du plan d'enquête/début de l'audit 13.1.2016
Envoi officiel du projet de rapport à la Commission (ou à toute autre entité auditée) 6.2.2017
Adoption du rapport définitif après la procédure contradictoire 22.3.2017
Réception des réponses officielles de la Commission (ou de toute autre entité auditée) dans toutes les langues 26.4.2017

Équipe d’audit

Les rapports spéciaux de la Cour présentent les résultats de ses audits de la performance et de conformité relatifs à des domaines budgétaires ou des questions de gestion spécifiques. La Cour sélectionne et conçoit ces activités d’audit de manière à maximiser leur incidence en tenant compte des risques susceptibles d’affecter la performance ou la conformité, du niveau des recettes ou des dépenses concernées, des évolutions escomptées ainsi que de l’importance politique et de l’intérêt du public.

Le présent rapport a été adopté par la Chambre I de la Cour des comptes européenne, présidée par M. Phil Wynn Owen, Membre de la Cour, et compétente pour l’audit relatif à l’utilisation durable des ressources naturelles. L’audit a été effectué sous la responsabilité de M. João Figueiredo, Membre de la Cour, assisté de: Mme Paula Betencourt, attachée de cabinet; M. Sylvain Lehnhard, manager principal faisant fonction; M. Luis Rosa, chef de mission; M. Marius Cerchez, chef de mission adjoint. L’équipe d’audit était composée de MM. Ioan Alexandru Ilie, Jindrich Dolezal, Michal Machowski et Michael Spang, ainsi que de Mmes Antonella Stasia et Heike Walz. M. Michael Pyper a apporté une assistance à la rédaction du rapport.

De gauche à droite: Michael Pyper, Paula Betencourt, Sylvain Lehnhard, João Figueiredo, Luis Rosa, Heike Walz et Jindrich Dolezal.

Contact

COUR DES COMPTES EUROPÉENNE
12, rue Alcide De Gasperi
1615 Luxembourg
LUXEMBOURG

Nouveau rôle des organismes de certification concernant les dépenses de la PAC: une avancée vers un modèle de contrôle unique, malgré d’importantes faiblesses à surmonter
(présenté en vertu de l’article 287, paragraphe 4, deuxième alinéa, du TFUE)

De nombreuses autres informations sur l’Union européenne sont disponibles sur l’internet via le serveur Europa (http://europa.eu).

Luxembourg: Office des publications de l’Union européenne, 2017

PDF ISBN 978-92-872-7282-9 ISSN 1977-5695 doi:10.2865/778928 QJ-AB-17-006-FR-N
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